liemoptèrc rinuc
DBS FAHOBFBS. lo3
milieu ; elles s'élargissent peu , et ont trois taches blanches et deux noires , alternes , la première et la dernière étant Blanches ; les pâtes sont pâles , avec des poils roides, ou piquans , noirs , et les tarses obscurs.
On trouve cette espèce dans les îles de l'Archipel grec. M. Olivier l'a rencontrée abondamment en juin , dans l'île de Nègrepont et aux environs d'Athènes.
La Panorpe tipulaire, Panorpa Hpur
laria.
G. Biitaque. L4TB.
Cette espèce a le corps long de prés de six lignes ; ses ailes étendues peuvent avoir environ dix-huit à vingt lignes d'envergure; elle est d'un brun obscur roussâtre ; ses ailes sont tachées, avec le bord externe cilié; les pâtes sont très longues , ce qui donne à cet insecte l'aspect d'une tipule; l'abdomen du mâle n'est pas terminé par une queue recourbée et articulée.
On trouve cette espèce dans le midi de la France et en Espagne»
■OUI le nom de Ugni-pardœ, quoiqu'elk»
ne glwnt point \o bois, comme Héaumur l'a remarqué- Belloa les a nommées ckar-
Le corps de ces larves est logé dans un tuyau de soie dont l'intérieur est lisse et poli. Sur l'extérieur de ce tuyan sont attadiés des fragmens de direnes matières propres à ts fortiGer et à le défendre. Les dehors du fourreau sont souvent hérissés, pleins dlnégalilés; d'antres se (ont des hatuis dont les pièces qui les composent sont airangécï arec symétrie les nnes auprès des antres. Quand l'habit devient trop conrt ou trop étroit, elles s'en font an de grandeur convenable. QoelqDefob le oeuf diffère pins de celui qu'elles ont laissé , que nos habits d'aujonnl'hai ne dîfEireni de ceux de nos ^enx, parce qu'elles se serrent de difTérens matérianz : elles emploiait des feuilles entières ou presque entières de différentes etpèoes de plantes , de petits bitoos de figure i^Iindriqne ou irrégulîère, des tiges de plantes, de meanx, des brins de paille, dagnuiND, da jonc, des gnines, deagraina
DES FElOAireS. 107
<le terre , des coqailles de limaçons aquatiques; enfin , de presque toutes les matières qu'elles trouvent dans l'eau. Tels fourreaux ne son t. faits que de quelques unes des matières précédentes , et ce sont les mieux façonnés ; d'autres sont composés de toutes ces différentes matières si peu propres à être assorties ; aussi paraissent-ils des habits de guenilles et de haillons.
L'intérieur de chaque fourreau a assez exactement la figure d'un cylindre creux : il a une ouverture à chaque bout; celle qu'on peut appeler l'antérieure , et par laquelle l'insecte fait sortir sa tète et ses six jambes , est plus grande que la postérieure : cette dernière est placée au milieu d'une plaque circulaire appliquée au bout du tujan pour le boucher en partie.
Les fourreaux recouverts de portions de feuilles sont plats; ils sont peu épais par rapport à leur largeur; mais on eu voit rarement de faits sur oe modèle : communément ib sont cylindriques. Il y en a dont touf l'extérieur est composé de brins de joncs collés les uns contre les autres , et disposés
lo8 HISTOIBE NATUIELLB
selon la longueur du fouiTeau. Quelquefois ces brins sont si bien arrangés, qu'on ne roit point leur assemblage : on croit voir un cylindre cannelé dans sa longueur ; mais il est rare d'en trouver cpii n'ait pas quelque pièce, quelque lambeau qui dépare le reste : ce lambeau est cependant nécessaire à la perfection de l'habit. D'autres larves font leurs fourreaux avec un assez grand nombre de morceaux de roseaux plus petits que ceux des fourreaux dont nous venons de parler, et au lieu de les placer en longueur, ils sont arrangés de manière ■qu'ils posent , par un bout, sur le tuyau de soie , et se trouvent croisés en dtfVerens endroits par d'antres petits brins qui sont également appuyés sur le tuyau. A mesure que la larve allonge son habit , elle fait un assemblage de pareils brins croisés qui bctvent à soutenir la portion de soie qui sera Alée par la snite. Tous les habits coAstmits de la sorte sont ^e^rrèmenient hérîsaiés^feliais Ife h(« Ibisscrtt pas d'avoir une sorte de réq^folarité.
Ql1e^qtl^s fotirreaux stmr nmstrnîVs en
DES FB1GÀ1CE8. IO9
partie de pièces posées longitadinalement ou transversalement ; quelques unes de leurs portions sont faites de matériaux mal assortis , qui en gâtent la symétrie ; quelquefois c'est un morceau de pierre, un caillou ou une coquille : souvent on en voit qui sont entièrement couverts de petites coquilles de limaçons aquatiques , ou de coquilles de moules qui renferment les animaux vivans. Les larves qui recouvrent leurs fourreaux de sable ou de petits fragmeiis de coquilles, y attachent de chaque côté une petite branche qui Texcède par les deux bouts , de sorte qu'il se trouve placé entre deux espèces de bâtons plus grands qu'il n'est lui-même.
Ces fourreaux, construits de matériaux si pesans, deviendraient un fardeau pour rinsecte , s'il était obligé de marcher toujours sur terre ; mais , comme il doit marcher, tantôt au fond de l'eau , tantôt monter et descendre au milieu de ce liquide, sur les plantes qui y croissent , il lui coûte peu à porter, si les différentes pièces dont il est construit font un tout d'une pesanteur à VII. 10
IIO
■ISTOIBB HÀTUBBLLB
peu près «gale À celle de Teaa ; aussi la larve a grand soin de choisir des corps dont la pesanteur spécifique est moindre que celle de l'eau , et ce qu'elle semble se proposer principalement, c'est d'attacher k 9on fourreau des espèces de calebasses.
Quand cette larve, qui ne sait point nager, veut marcher^ >elle sort sa tète et la partie antérieure de son corps hors de son fourreau ; elle cramponne les six pâtes écailleuses dont elle est pourvue, et marche en s'appuyant dessus ; elle trouve d'autant BOÎBs de difficulté à marcher, que le poids ée son corps et celui de son fourreau sont, comme nous l'avons dit, d'une pesanteur à peu près égale à celle de l'eau.
Les larves des friganesont six pâtes éca illeuaes; leur corps est composé de douze anneaux : les trois premiers, auxquels tiennent les pâtes, sont écailleux, de mémecou> leur que la tête, qui est brune et écail> leoae ; les autres sont blanchâtres et trans> parens : le quatrième a trou énâinenoes charnues, par lesquelles Réaumur croit que la lanre aspire et rejette l'eau ; les knit au-
très ont des filets auxquels oet obienrMear soupçonne de l'analogie arec le» omes de* poissoDS. Outre ces filets, elles ont de* poiU sur diffirenta parties du corps , surtout d'asses longs k l'extrémité , qui est on pea fourchu; la bouche est «tmëe de ntchoires propres k couper la matUce que la lam fait entrer dans la composition de son fourreau, ou qu'elle veut manger. Réanmnr, et avant lui Valisnieri , ont cru, avec ndsoB , qu'elles se noorrissent de feuilles des plantes aquatiques. D^éer a en occasion de s'en assurer; mais il a vu aussi de ces larves manger une larve de tipule et une Djmphe de libellule; ce qui prouve qu'elles sont carmvores et herbivores.
Réaumorn'a pu découvrir dans ces larves la partie par où elles fmit sortir la soie qu'elles emploient pour faire leur fourreau ; mais il a vu que lorsqu'on en dépouille unede son vêtement , elle y rentre aussitAt , la tête la première, si on le laisse près d'elle. Ces larves sont moins imbéciles que les chenilles des teignes , qui ne connaissent pins leur hahit dés qu'elles en sont sorties, et
lia SiSTOiaK VATUaBLLE
qui aiment mieux s'en faire un neuf que de vêtir une seconde fois Celui qu'on leur a enlevé.
Ce n'est pas dans la construction de leur fbarreau que les larves des friganes font voir le plus d'industrie. Toutes doivent se dianger en nymphes avant d'être insectes ailés f et devenir habitans de l'air , après être nées dans l'eau et y avoir crû. C'est dans leur fourreau qu'elles subissent leur métamorphose ; mais la nymphe n'y serait pas en sÀreté contre les attaques de ses ennemis I si la larve n'en fermait l'entrée , en bouchant les deux ouvertures avec la soie dont elle est pourvue : elle en forme des fils avec lesquels elle construit une gnlle de chaque côté ; les mailles en sont assez rapprochées pour empêcher les insectes carnassiers de pénétrer dans l'intérieur , et assez écartées pour laisser un libre passage à l'eau que la nymphe a besoin de respirer ; mais avant de giiller son fourreau, la larve a soin de l'assujettir contre quelque corps solide.
La nymphe est couleur de citron ; l'ex-
DES FEIOANES. Il3
trémité de son corps est fourchue : elle a sur le dos les mêmes paquets de filets blancs qu'on voit sur la larve , et on y distingue toutes les parties que doit avoir l'insecte parfait; sa tcte, qui est petite par rapport à son corps y a une singularité remarquable : c'est une espèce de bec formé par deux crochets qui sont placés de chaque côté de la tête , et qui se réunissent à leur extrémité. Yalisnieri croit que les crochets, qui ne sont d'aucune utilité à la nymphe tant qu'elle reste sous cette forme , lui servent à détacher la grille lorsque l'insecte parfait sort de son fourreau. C'est ordinairement quinze ou vingt jours après que la larve s'est métamorphosée en nymphe y que la frigane sort de son enveloppe ; elle ne la quitte point dans l'eau : pendant qu'elle est encore nymphe, elle abandonne son fourreau y marche sur la surface de l'eau avec ses quatre pâtes antérieures, qui , de même que les autres, sont renfermées dans une enveloppe particulière ; elle cherche un endroit sec où elle puisse rester tranquille , et attendre que sa peau se sèche et se fende ;
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c'est au bout de quelques minutes qu elle panrient à en être débarrassée.
On voit voler les friganes au bord des eaux y où elles vont déposer leurs œufs sur des plantes aquatiques : ces œufs sont renfermés dans une matière glaireuse , transparente comme de Teau , de la consistance d'une gelée molle et adhérente à la plante sur laquelle sont déposés les œu£i.
Ce genre contient plus de cinquante espèces , qu'on trouve presque tontes en Europe ^ et une grande partie aux environs de Paris : nous en décrirons quelques unes des plus remarquables par leur couleur.
La Frigane striée, Phriganea striata.
Cette espèce est la plus grande de celles qu'on trouve aux environs de Paris ; sa longueur est de près d'un pouce ; elle est entièrement de couleur fauve; elle a quelques poils bruns sur la tète et le corselet ; les antennes sont à peu près de la longueur du corps ; les yeux sont noirs ; les ailes sont presque du double plus longues que
BBS FEIGAVlft. IlS
le corps; elles ont des stries longitudinales très marquées , d'une couleur plus foncée que les ailes, dont le bord intérieur est garni de poils.
Les pâtes sont longues et épineuses.
Elle habite l'Europe ; on la trouve aux environs de Paris au bord des eaux.
La Frigaue bimacalëe , Phriganea bimaculata.
Cette espèce a environ quatre lignes et demie de long; ses antennes sont très longues, composées d'un grand nomlxv d'articies noirs et blancs; ses ailes supérieures soat d'un brun foncé ; ellas ont vers le nûlien du bord intéiieur une petite tadM d'un blanc jaunâtre; les inférieures sont noires; lea pâtes sont d'un brun dair. Le mâle diffère de la femelle par la couleur de ses ailes, qui sont noires , avec des bandes transversales d'un gris jaunâtre; leur extrémité est un peu pliée en dessous.
Elle habite l'Europe : on la trouve aux environs de Paris*
Il6 HISTOIKE aiTUlkLI-B
Sa ]*cr« se fait un fourreau qui a la fonne d'un cornet ; il est composé de grains de sable mêlés avec du limon. Lorsqu'elle est prête à se changer eu nymphe, elle eu retnncbe le petit bout , et ne lui laiste qu'une longueur proportionnée à celle qu'elle aura sous la funne de nymphe. On irouTe ces fourreaux au commencement du l'été : leur grandeur est alors de quatre lignes, et chaque exU-émité est à peu prés de même diamètre. lU M>nt couchés horizon tviement sur les feuilles du nénuphar, auxquelles ils tiennent par les deux bouts, au moyen d'une petite plaqua de saie que la larre Gle audessoiu de l'un et l'autre de ces bouts, entre le fourreau et la feuill»; ils y sont attachés de manière que les deux ouvertures restât libres.
Ces petites larves, qui ontaussi leurs ennemis, ne grillent cependantpas leurs fourreaux comme font les grandes espèces; nuis elles ontsoin d'eu fermer les deux extrémités avec une plaque ou cloison solide, oHnposée de grains de sable et de terreau fort menu qu'elles unissent ensemble avec des fils de
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soie comme ceux da foDTTeaa même ; ce qui fait présimier qu'elles k servent de la partie superflue du fourreau qu'elles out retranchée. Mats ce qu'il y a de remarquable, c'est que, comme elles ont besoin sans cesse d'une nouvelle ean, parce que, si elle croupissait, elle leur deviendrait funeste, elles out soin de ménager une petite ouverture au centre de cette cloison. Ce trou, quoique fort petit, est sufËsant pour leur donner la communication nécessaire arec l'eau extérieure, et les met en même temps, par sa petitesse, à l'abri de toute insulte.
La n jmphe est petite ; elle n'a que quatre lignes de longueur. Sa couleur est verte; elle a sur les anneaux quatre lignes longitudinales brunes formées par de petits traits noirs; les antennes, les pâtes et les fourreaux des ailes sont blanchâtres et tran^u^ rens. Le devant de la tête est armé de deux pciits croehels bruns et écailleux , destinés aux mêmes usages que ceux qne portent les nymphes deS grandes larves de friganes. Les ailes sont flottantes; elles se tieniwnl au corps qne par leur origine. Les antennes
llS BISTOI&B «ATUIB&LB
sont remarquables par leur loogaeur; elles s'étendent au-dalà du corps de la nymphe , et leur extrémité est ronlée en spirale ; le dernier annean est terminé par deox petits corps déliés, écainenxy de couleur brune, un peucoiurbés en crochets à leur extrémité. En général, cette nymphe a le corps allongé; son ventre est à proportion plus long que celui des autres nymphes de ce genre , et on ne lui voit que fort peu de ces filets membraneux qu*ont toutes les lanres de
C'est environ quinze jours après que la larve s'est changée en nymphe, que paraît l'insecte parfait. Pour prendre cette forme , la nymphe quitte son fourreau ; car, comme nous l'avons dit, la frigane ne serait pas en état de forcer la plaque qui en bouche l'ouverture. La nymphe fait sauter cette plaque avec les deux crochets de sa tète ; ensuite elle nage dans l'eau jusqu'au moment où elle doit quitter sa peau ; ce qui a lietl peu à peu ; les pâtes de la nymphe sont garnies d'un grand nombre de poils fins et serrés ; de sorte qu'ibforment une espèce de frange :
DIS IBIOlVEl. t 19
c'en rai frappant l'eau arec «es patei, qu'elle parvient à uager. On remarque la même chose sur d'autres nymphes plus grandes ; celles des dîtiques, des hydrophiles, des punaises aquatiques , etc. Les poils appartiennent uniquement i la nymphe : on ne les Toit plus sur la frigane. La njmphe, qui a en besoin de nager nue ibis dans sa vie, a reçu de la nature des iostruaiens propres à cette opération. Pour se défaire deaa peau, «Ile ne sort point lout-à-fait de l'eau ; elle se place simplement de manière que le desins du corps , et surtout du corselet, louche la superfiàe de l'eau , comme font lea njmphesdescousios;el1e reste comme suspendue contre cette superficie. C'est là ^e la frigane quitte sa dépouille , en fusant cmer ta peau qui couvre le coraelet et la tête. La dépouille vide reste flottante sur l'eau.
La Frigane grande , Friganea granàis.
Elle a de dis à unie ligne* de long ; set ailes supérieures smt d'un bnin grisAtre, avec des naancvs cenduée* , u^ raie longita-
I20 HISTOIEB ITATUEKLLE
dinale noire , des taches irréguUères d'un brun obscur, et deux points blancs vers Textrémité ; les ailes inférieures sont transparentes, brunes, avec les bords jaunâtres; les pâtes sont d'un brun jaunâtre , avec des taches noires ; les antennes sont de la longueur du corps, brunes, annelées de gris.
Elle habite l'Europe, et est commune aux environs de Paris.
Sa larve se forme un fourreau avec des petits morceaux de bois disposés longitndioalement sur les côtés du corps.
La Frigane noire, Friganea nigra.
Cette petite frigane a quatre à cinq lignes de long; elle est remanjuable par ses antennoies; les antérieures sont extrêmement longues, d'égale grosseur, depuis leurorigine jusque vers l'extrémité, qui est cylindrique ; elles sont couvertes de poib assez longs et serrés ; les inférieures sont courtes, peu visibles : son corps et ses ailes sont d'un noir bleuâtre, brillant : on- voit sur les ailes supérieures quelques Uches d'un noir foncé; ces ailes
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paraissent chiffonnées à l'extrémité; les antenues ont des anneaux blancs depuis la base jusque vers le milieu , le reste est noir ; elles sont pins longues que le corps.
Elle habite l'Europe : on la trouve aux environs de Paris. Ces petites friganes sont très vives.
La Frigane rhombifère, Friganea
rhombœa.
Cette belle frigane a près de neuf lignes de longueur; elle ressemble à une teigne ; ses ailes supérieures sont d'un jaune un peu brun , avec des taches brunes , irrégulières ; son corps est jaune , avec une ligne longitudinale brune de chaque côté.
Elle habite l'Europe.
Sa larve, suivant Linné et Fabricius, se fait un fourreau avec des brins de gramen, €|a*elle croise en difFérens sens. Geoffroy dit qu'elle le recouvre de petites pierres et de débris de coquilles.
On la trouve aux environs de Paris, au bord des eaux, où elle va déposer ses amfs.
vn. II
lai HISTOIAS VATUABLLE
XXIP GENRE.