‹ Histoire naturelle des insectes, composée dáprès Réaumur, Georffroy, Degéer, Roesel, Linnée, FabriciusChapitre 20 sur 66 · ÉPHÉMÈRE · texte numérisé non relu

ÉPHÉMÈRE

Caractères génériques, AntnuMs très oourtes et ■■bnléei; aiticUt nomlMciix, k peme diidiicts. — Qoatre antennolet très courtes , peo appatentes, égales, filiformes; les antérieores composées de

' ^pmtf articles, les postérfeores de tnis. — Abdomen terminé ptr deoK on trois filets longs et ses. — Trois petits yeox lii

Ima épiiémères cmi les antennei drès eourtas, peu visibles.

La tète plus étroite que le corselet ; les ye«x à réseau arrondis» les petits yeux lisses placés au-devaot de la tête» quelquefois plus grands que les yeux à réseau.

Le eorsdet est oonvexe; rabdomeo long , quelquefois cylindrique, oonposé de dix anneaux tenninés par deux ou trois filets plus kmgs que le corps.

Les pâtes sont assez longues, les antérieures plus que les autres, et Tinsecte les porte en avant.

L'éphémère a quatre ailes menibranenses.

DIS iPHinAmis. 123

réticulées; les sapérieures beaucoup plus grandes qne les inférieures, qui dans quelques espèces sont si petites , qu'elles ne pa*raissent pres(]ne pas; elle les porte élevées ou perpendiculaires au plan de position.

Le nom d'éphémère a été donné ii ces insectes à cause de la courte durée de leur vie : il y en a qui meurent le jour même qu'elles sont nées; il y en a qui ne voient jamais le soleil ; elles naissent ou elles sortent de Teau après qu'il est couché, et meurent avant' l'aurore : enfin , la vie de quelques unes n'est que d'une heure ou de quelques heures.

D'autres éphémères vivent cependant plusieurs jours dans la province dIJpsal. M. de Gioma, qui habite Turin, dit dans son Calendrier entomologique , que son père a vu au mois de janvier une éphémère attachée extérieurement à un carreau de sa croisée ; elle y est restée jusqu'au mois de février, et l'air s'étant réchauffé, elle s'est envolée.

Plusieurs naturalistes modernes ont fait des observations sur les éphémères. Swaro* merdam et Blankaert parient de celles de la plus grande espèce , qui sortent des ri?ièrcs

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de la Hollande en été pendant trois ou qoatre jours, dans une abondance surprenante : elles ne vivent que quelques heures. Réaumur a donné l'hbtoire d'éphémères plus petites y qui vivent dans les rivières de la Seine et de la Marne , et qui, pendant quelques jours d'été, paraissent en l'air par milliards vers le coucher du soleil, mais qui meurent toutes en deux on trois heures.

Toutes les éphémères ont été des larves, et ensuite des nymphes; c'est sous ces deux formes qu'elles ont pris leur accroissement au milieu de l'eau. Swammerdam prétend qu'il y a fia espèces qui restent trois ans sous l'eau. Réaumur en a vu y demeurer deux ans , et beaucoup d'autres environ une année. Mais quand ces insectes sont parvenus à être habitans de l'air, ce moment est pour eux le terme fatal ; malgré le grand appareil qui a été employé pour les y amener, ils doivent périr dans l'instant où ils y arrivent. Si l'histoire des éphémères, dit Réaumur, eût été mieux connue de ceux à qui nous devons des leçons de morale, ib n'eussent pas manqué de proposer la vie de ces

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insectes comme ua« image de celle Jes hommes , dont les plus henreux, après avoir été tourmentés une longue saite d'années par des projets inspirés par l'amour de la gloire, ou par celui des ricfaeues, ne les voient pas plus t6t remplis , qu'ils se troDvem anÏTés à un terme où tout leur devient inutile, oji tout ce qui les environne est pour eux un pur néant.

Les larves d'éphémères ont six pâtes.

Sous l'état de njmphes , elles ne diffèrent des larves qu'en ce qu'elles ont des fourreaux d'ailes attachés au corselet; dans quelques espèces , le corselet est divisé en deux parties , dans d'autres il semble l'être en trois; mais la partie du milieu est étroite en comparaison des deux autres ; la tète est triangulaire , un peu aplatie en dessus et en dessous ; en dessus elle est couverte d'une plaque écaîllcuse qui s'avance entre les antennes, et j forme deux espèces de cornes-, les yenx à réseau sont] assea grands , ils sont placés près de la base de cette plaque ; les antennes sont k fileU coniques. Aa-desaous de la téie , on voit deux

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parties écailleuses , longues et pointues , un peu courbées en flehors , qui se terminent en pointe fine ; elles partent des deux côtés de la bouche, et s'arancent comme deux cornes au-derant de la tête ; elles sont artioolées, et mobiles à la rolonté de l'insecte : la bouche est composée d'une lèvre supérieure y d'une lèvre inférieure et de deux dents écailleuses à dentelures : le corps est divisé eo dix anneaux ; il sort de l'extrémité du dernier trois filets presque aussi longs que le corps; dans plusieurs de ces insectes/ces filets sont écartés les ims des au> très y et forment une queue remarquable ; ceux de quelques espèces sont, depuis leur origine jusqu'à l'extrémité , bordés des deux côtés d'une frange de poils disposés comme les baribes d'une plume , et aussi proches les uns des autres que le sont ces barbes ; d'autres n'ont de ces poils que ju^ qu'aux deux tiers de leur longueur ; d'autres n'ont que le filet du milieu barbu , et seulement le côté intérieur des deux autres. La plupart de ces larves sont brunes ou jaunAtres ; elles diffèrent entre elles par les in>

clinatiotis que la nature leur a données ; les unes passent leur rie dans des 'habitatioi» fixes; chacnne a la sienne , qni n'est qu'un trou qu'elle a crensé au-dessous de la surface de l'eao , dans la terre qui en rorme le bassin ; rarement elles quittent ce trou pour nager, ce n'est guère que dans les circonstances qui demandent qu'elles se creusent un DouTcan l<^;ement. Les autres sont poar ainsi dire errantes; tantôt il leur plaît de nager, et tantAt de marcher sur les corps qui se trouvent sous l'eau , oix elles se cachent sous des pierres ou sous des morceaux de bois, ou se denueot tranquilles sur les mémas, corps. OUes qni ne diangent point de place et qui sont i portée d'être vues , fixent l'attention de l'obsCTrateDr; il Toit avec plaisir l'agiution vive dans laquelle sont des espèces de houppes , d'une grandeur sensible, placées de chaque cùtt de la plus grande partie du corps. Chacnne de ces houppes paraît, an premier coup d'<nl , laite de filets déliés , et il y en a qui en sont composées. On ne saurait exprimer la vitesse avec laquelle chacune dé-

cric en même lemp* un arc d'une petite étendue dam un sens, et eniuite dans ud ■ras contraire. Si on r^rde ces houppes an microecope , on juge qu'elles sont les onïes de l'infecte. Toutes les espèces ne les portent pas de la même manière -, les ones tiennent les leurs parallèles au plan sur le~ qnel eties sont posées; elles sont placées comme les rames d'kme galère; d'autres portent leurs ouïes perpendiculaires au plan de position, où elles les tiennent droites et éle- Tées au-dessus de leur corps ; dans quelques e^iéces , dies sont couchées sur l'insecte , et dirigées ven la queue. Le nombre de ces ouïes n'est pas le même pour tontes les espèces : les unes en ont six de chaque cAté , les autres sept La première paire part du premier ou du seotHid anneau , et chacune des autres paires, d'un des anneaux suivans : les trob derniers en sont dépour- Tus. Dès que le port des ouïes n'est pas le même , et que leur nombre varie , on peut juger que toutes ne sont pas faites sur le mime modèle. Nous renvoyons à Réanmar pour en voir la description ; nous nous bor-

■erons à (ioiuier celle de l'espèce la plui commiiae aux environs de Paris. Cette espèce est celle dont les ouïes «ont couchées sur le corps : ces ouïes sont composées de deux feuilles posées parallètement l'uae à l'autre , et souveot appliquées l'une coDtre l'autre , mais de grandeur inégale ; la pins petite a en tout sens environ un quart de dimension de moins que la plus grande ; l'une et l'autre sont plus longues que larges , et c'est assez près de leur origine qu'elles ont le plus de largeur ; un de leur» côté* est concave , c'est celui qui s'applique sur te corps obliquement, en se dirigeant vers la queue ; l'autre , le supérieur , est convexe : ce dernier est bordé par une frange de petits corps oblongs, d'no diamètre i peu près c^al dans toute leur longueur. Des corps plos gros et plus pointus partent de distance en distance de la surface concave, mais ils ne sont pas asseï proches les uns des autres pour former une frange : enfin , chaque feuille des ouïes , comme celles des plantes , est partagée en deux parties à peu près égales, par une espèce

iBo HISTOIAB ITATURBLLE

de grofse nervure qui va de son origine à son extrémité. Cette nervure est creuse , et est probablement le vaisseau destiné à recevoir l'air et à te distribuer jusqu'aux franges, jusqu'aux bords du c6té convexe et du cM concave : de ce principal vaisseau partent des vaisseaux plus petits , qui prennent leur route vers le bord , et qui , en s'en approcbant , se ramifient.

De toutes les larves qm doivent se changer en éphémères, celles-ci , comme nous l'avons dit, sont les plus communes aux environs de Paris ; elles offrent , la plupart des an* aéeSy sur la fin de l'été , pendant trois ou quatre jours, une sorte de phénomène aux habitans des bords de la Seine. Les éphémèresi qui naissent et meurent toutes en peu d'heures, sont en si grand nombre, qu'après leur mort elles couvrent entièrement le pavé sur lequel elles tombent, et y forment une couche si épaisse , que la terre n'est pas mieux couverte en hiver par la neige.

Les larves de ces éphémères ne nagent pas dans l'eâu ; elles sont de celles qui se tienaent cachées dans des trous percés dans

DU iFHiviku. i3i

les bnnos d'une terre compacte. Ordinairement cei troos Kint dirigés horiiontalemeat ; la plupart de lenra onTertures «Mit un peu oTalea:onpeutnéaBmoiDaen obaerror d'autres plu oblongnes. QuMqne la distribution des nnes et des autres n'offre d'abord rien de (art régulier, on remarque «pendant que les onrertiires peu orales sont placées deux à deux snr nue même ligne horisonlale , et qu'il y en a toujaors denx tris proches l'mie de l'antre. Après un léger examen, on reconnaît anasi que oe n'est pas sani raison tfae denx ourertnres prei^ que ârcalairea sont si profites; on recoonaît qn'etles appartiennent à on seul etménw logement, etqu'une ouverture tris oblongue tient lien à d'autres des denx similaires. Cette dmùère est formée de deux oarertnres qui cmt été réunies, parce qne la ' doiisn qui les séparait » été emportée ; bientAt on apprend que le logement de diacnoe de nos larves n'est pas aussi simple qne le trou cylindrique dans lequel se tient un ver de terre. Notre larve k^e dons une cavité à deux bronches , semblable k celle

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qui le trouTmir dam nn tube de verre qu'on aurait plié en deux. L'habitation de chaque larve est composée de deux pièce*. C'est toujours dans une terre de la consisunce de œlle de la glaise que ces trous sont percés ; on n'en trouve jamais dans les bancs de gravier. Le logement est proportionné i la grandeur de l'insecte qui l'habite ; mais il a totijours une longueur double de celui de sou corps. Tous les vides que le corps de l'insecte y laisse sont remplis par l'eau. Les ouvertures de l'un et de l'autre tron se trouvent au-dessous de son niveau : l'insecie en est environné de toutes parts , comme il le serait au milieu de la rivière , sans courir autant de risque d'être dévoré par les poissons voraces. Outre que son habitation sert à te mettre en sAreté , elle met i sa portée les alimens dont il se nourrit : la transparence de son corps permet de voir que sas intestins , qui sont faits à peu près comme ceux des chenilles , sont remplis de terre. Les excrémens qu'on Ini voit rendre en certain temps, ne sont que des grains d'une terre à qui a été

DIS rirsrivikit. i33

«nleré ce qu'elle avait de succulent. Ces larres , qui nous paratuent li Taibles, ont cependant des organes propres à digérer une nonrritnre ansn grossière , et la nature les a pourvues d'iqstroiDens propres fc se la procurer et i se creuser un logement : ce sont les espèces de cornes qu'elles ont au^erant de la télé. D'antres larres d'éphémères nous présentent des dlFfiérences : celles-ci sont d'une grande viracité quand elles nagent, ce qu'elles exécutent par le moUTcment du ventre , en le haussant et le baissant altematÎTement avec beaucoup de vitesse ; mais elles mardwnt lentement sur le fond des eaux et sur les plantes aquatiques dont elles se nourrissent. Lorique les larves d'épbénièrcs ont acquis toute levr grandeur, les unes après un an , les antres après deux on trois , elles deviennent nymphes , et ne diffèrent des larves, comme nous l'avons vu, que par les fourreaux d'ailes. Pour se transformer en épNmères , ces nymphes sortent de l'eau et se rendent dans qvelque endriMt sec ; elles ne tardent guère à j quitter lenr peau de

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njmçhe, qui se fend au-dessus de la iêle et du corselet ; elles s'en dépouillent avec la plus grande facilité. Après avoir quitté U peau de nymphe , oes éphémères s'enrôlent et y ont se placer sur des murailles , des arbresy ou dans des endroits semblables. Quoiqu'elles soient alors pourvues d'ailes , et que nen ne semble leur manquer, elles ont cependant encore àse défaire d'une dépouille. Pour achever cette (opération , elles se fixent quelque part , au moyen des crochets de leurs pâtes : l'éphémère se tient ensuite fort tranquille, et attend le moment où elle pourra se tirer de la peau dont elle est couverte : elle se met le phis souvent dans une position verticale , la tête en haut ; elle reste dans cette position des heures entières : enfin , la peau du corselet et de la tête commence à se fendre, et à mesure que cette fente aiigmenle, l'éphémère en tire toutes ses parties les unes après les autres. Les ailes se dépouillent comme tout Le reste : elles sont tirées peu à peu d'une pellicule qui lesicouvrait. La première dépouille que quitte la nymphe tient quel* quefois aux filets de la queue, surtout 4

celles qui Dussent les premières ; elles femportent tivec elles et t'en ddurranent pendtnt ([u'ellcs volenL Cette d^pooiUe est un Tâtement auquel restent attachées tontes les parties de la njniphe qn» a vécu dans l'eau, et qui (leriennent inutiles à l'éphémère qui doit habiter l'air. La seconde dépouille reste attachée à l'endroit où l'éphémère l'a quittée. Swammerdam prétend que, dans l'espèce sur laquelle il a donné des obterration*, le mAle est seul assujetti à ce second dépouillement.

Les éphémères ont les mémea parties après Goonne avant cette dermère mne;elles n'augmentent ni ne diminuent en nombre.

Il se fait cependant du changement dans quelques unes. Avant cette mue, la peau qui courre le corps , les ailes et les pâtes , est mate et terne, d'un brun obscur presque noir , sur laquelle les taches qm paraîtront après la mue ne sont encore que faibles et à peine marquées ; mais, après le dernier dépouillement , la peau de l'inMcte est luisante ; les ailes , dans quriques espèces , sont comme vemiuées. Les couleurs de celles de

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la femelle sont presque les mêmes dans les deux états. Ayant le changement de peau , les ailes sont molles et flasques : cependant l'éphémère peut s'en senrir pour voler; mais son vol est lent et pesant : après le dépouillement , les ailes sont sèches et friables.

Ce. n*est qu*après avoir quitté cette dernière dépouille, que les éphémères sont dans leur état de perfection et capables de se reproduire. Parmi les éphémères , il y en a qui ont une queue faite de trois filets égaux en longueur , et d'autres qui n'ont que deux grands filets ; celui du milieu est extrêmement court y il n*a pas la sixième ou la huitième partie de la longueur des autres. Celles à qui .le filet du milieu manque presque en totalité, sont les m&les : en échange de ce filet , ib en ont quatre courts en dessous du ventre , et qui semblent analogues aux parties données aux autres mâles pour saisir leurs femelles. A l'extrémité de l'abdomen , le mâle a deux parties qui lui sont propres, et qu'on ne voit point à celui de la femelle; œ sont deux crochets cour-

bés en arc et attachés *u-4le«ou<s du ucu- Tième ou dernier anneau ; il s'en ,scri piobablement pour s'accrocher au corps de la femelle dans l'accouple ment. Chaque crochet est composé de (]uatrc pièces : la première, qiû tient au ventre, est courte et solide ; elle est conime la base du crochet qui y est attaché par une articulation ou jointure au moyen de 1a(|Uelle il se donne les mouvemetis nécessaires; car l'insecte se sert de ces crochets comme de pince» : la seconde pièce est longue et courbée en arc ; elle a, du câié concave, une infinité de petites pointes eu forme de dentelures, qui apparemment sont faîtes ponr arrêter le corps de la femelle : la troisième pièce est courte, et la quatrième, dont le bout est arrondi, l'est encore davanta(;e : l'inspectioti seule de ces crochets du mâle pourrait servir de preuve que les é[^émères s'accouplent comme les autres insectes. L'abdoroen de la femelle diffère de celui du mAle : en^re le septième et le haitième aimean , on y voit en dessous une ouverture par laquelle elle pond ses ceufs. Les éphémèrea n'ont point

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sur-le-cbtmp au fond de'la rivière: là [et aab y sont MeoiAt séparés les uns des autres; mais comment , dit Réaumur, cestcufs sont-ils fécondés 7 commoit ont-ils le temps de l'être ? car il semble que chaque femelie ne s'est pas plus tôt élerée en l'air, qu'àpeine y a-t-elle volé quelques înslans, qu'elle se rabat sur la surface de l'eau pour faire sa ponte. En qncl temps les mUes s'accouplenlils avec les femelles ? C'est sur quoi Réaumur ne sait rien de précb: Svrammerdam , qui a observé une autre espèce d'éphémère , prétend que les oeufs sont fécondés sans accouplement; que les miles des éphémères jetteut sur les ceufs que les femelles viennent de pondre , une laite , une liqueur vivifiante, comme on croit communément que le font les mAles de la plupart des poissons. Hais notre célèbre observateur , qui n'a pu voir l'accouplement de ces insectes , avait de la p«ne h croire Swammerdam ; il lui paraissait impossible que des ceufs qui tombent dans l'eau an niomeut oit iU sortent du corps de la femelle , pussent être fécondés de la manière que Swammerdam

DK5 ÉPSÉMKBKS. l4>

1« prétend i mais Degéer, qui a été plus heureui que Réaumur, va dous apprendre commeat s'accouplent les éphémères. Il dit que dans leurs assemblées aérietittes , qui sont composées uniquement de mâles, il a remarqué qne dès qu'une femelle se rendait dans la mêlée, ce qui arriTait fort souvent, ceusHÀ se mettaient d'abord à sa poursuite, et semblaient se disputer deux ou trois à la fois sa conquête; qu'enGn l'un d'entre eux parvenait k s'envoler seul avec la femelle. Ordinnirement ce conpie gagne les airs, et *a se placer au haut d'une muraille, ou sur un arbre; maïs deux ou trois couples s'ctaut posés sur un buisson, il Au à portée de les observer. Il vît que le mdie s'étaot placé au-dessous de la femelle, recourbait son ventre par en haut , et qu'il en appliquait l'eiirérailé contre l'ouverture qui se [ronve au ventre de la femelle, entre le septième et le huitième anneau, et que nous avons vu plus hant donner issue aux œufs. L'affaire fut achevée dans un instant , après quoi le mâle s'envola ; mais la femelle étant restée sur la feuille, Degéer eut la

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curiosité de s'en saisir, et faisant an rentre one légère pression , il yit sortir de l'onvertore une |>etite goutte d'une liqueur transparente y qui peut-être était une partie de la semence que le mâle venait d'y verser. Enfin, cette action du mâle était très certainement un accouplement réel. Il n'a pu observer comment le mâle s'était saisi en l'air du corps de la femelle avec ses deux longues pâtes antérieures, qu'il soupçonne destinées à cet usage, et comment il embrassait le ventre de sa femelle au moyen des deux crochets qu'il porte au derrière. On ignore aussi combien les œufs sont de temps à édore ; mais on ne doit pas douter que dès que les larves en sortent , elles savent se faire des trous dans lesqueb elles sont à l'abri de la voracité des poissons. La fécondité des mères étant très grande, comme nous l'avons vu , et les petits peu exposés, il n'est pas étonnant que certaines années on voie sur les rivières des nuées et des pluies de ces insectes , qu'on voit naître en deux ou trois jours , et dans deux ou trois heures de temps.

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Il en e$t de ces différentes espèces d'insectes aquatiques, qui sont une sorte de production de différientes rivières, comme des fruits de la terre, qui ne sont pas tous à maturité dans le même temps. Les éphémères de Hollande , on celles dont Swam* merdam et celles dont Clnsius ont parlé, sont, par rapport aux nôtres, ce que sont les espèces de fruits précoces par mpport aux fruits d'élé ou d'automne. C'est vers le commencement de cette première saison que paraissent des nuées d'éphémères dans un pays plus froid que le nôtre, et ce n'est guère que vers le milieu de l'été que de pareilles nuées se montrent aux environs de Paris ; enfin , ce n'est qu'à une certaine heure de chaque jour que ces insectes commencent à sortir de l'eau pour devenir habitans de l'air , et cette heure n'est pas la même pour les éphémères des différentes espèces : celles du Rhin, de la Meuse , du Lech , de l'Isael et du Wahal ; celles , en un mot, dont a traité Swammerdam», commençât à voler sur ces rivières vers les six heures du soir, c'est-à«dire environ deux

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heures avant que le soleil se couche. Les plus diligenles de celles de la Marne et de la Seine ne s'élèvent en l'air que lorsque le soleil est prêt à se coucher, et ce n'est qu'après qu'il l'est que le gros de ces insectes forme des nuées : aussi les saisons des différentes récoltes ne sont pas mieux connues des laboureurs, que le temps où les éphémères doivent paraître sur une rivière l'est de ses pécheurs; ils savent encore que ce temps est compris entre quelques limites , et elles ont quelquefois plus d'étendue qu'ils ne leur en donnent; plus de chaud ou plus de froid , des eaux plus hautes ou plus basses, et d'autres circonstances, peuvent rendre une année plus avancée ou plus tardive. Réaumur a observé que, quelle qu'ait écé pendant le jour la température de l'air, l'heure à laquelle nos éphémères commencent à se tirer de leur fourreau est la même, et une autre heure paraît marquée, par-delà laquelle il ne leur est plus permis de le faire. Leur nombre est assez immense pour former en l'air des nuées, et tomber comme une grosse pluie. Pendant deux

lieures, elles obscurcissent Tair, qui au bout de ce temps se trouve dépeuplé.

Les éphémères que Degéer a observées se font voir vers la fin du printemps , en très grande quantité , et toujours vers le coucher du soleil. Elles se rassemblent au nombre de quelques centaines , et voltigent continuellement du haut en bas; elles s'élèvent en Tair, et descendent tour à tour : ordinairement elles forment des nuées qui voltigent au-dessus de quelque grand arbre , et qui s'en écartent rarement : elles représentent des essaims d'abeilles assez nombreux. Quand elles veulent s'élever, elles battent l'air fort rapidement avec les ailes ; mais dès qu'elles sont arrivées à cinq ou six pieds ati-dessus de l'arbre, elles se laissent descendre jusque fort près de son sommet, en tenant les ailes étendues et dans un parfait repos; elles planent alors comme font les oiseaux de proie. Pendant ce temps, la triple queue est élevée en haut, et ses filets sont écartés les uns des autres , au point de faire entre eux des angles droits. Il semble que cette queue donne une espèce d'équilibre au corps, VII. 1 3

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qui descend paralMetseat à la surface du terrain : elles Toltigeot ainsi sans cesse pendant deux ou trois heures. Ces éphémères commencent constamment à Toler les jours où il fût beau , une heure avant le coucher du soleil; alors on ks yoit s élerer en l'air, et s'attrouper dans différans endroits, maïs toujours peu éloignés d'un canal , d'une ri- TÎère ou d'un ruisseau. Elles j restent jusqu'à oe que U rosée s'élève en trop grande abondance ; alors elles disparaissent toutes les unes après les autres c elles se retirent sur les murs des maisons; mais le plus ordinairement sur les plantes qui environnent les eaux ; c'est là qu'eUcs se tiennent pendant la journée dans un repos parfiût. Elles ne quittent leur place que quand on les teiM>mente. Dès que le soir arrive, elles eammencént à se raniuMr et à s'élever ée nou-^ veau en l'air. Le nombre des mâks surpasse toujours de beaucoup eékà des fetnclhs : oelles-ci voltigent au-dessus de la snrfisee des eaux, afin d'y déposer leors etufs. Begéer croit que les femelles meurent peu de temps après la ponte : le nombre de œUes

BU ipKiMlmst- 147

qu'il a observées dimmuait de jour en jour ; de sort* que sur 1« fin il se renofWlrkit plu qao dn mUm. Aiiuî, luivaM D<gé«r, le»

mUo viveDtplas que les EmwUes. n parait difficile de faire des obscrraiioni déoiirei ■or la j'iute dorée de la vie des éphénèreaj elles sont û délicates et si faibles , qu'elles menrent an boat de deux on iroii heures, quand on les renfenne dnns un poudrier. Cet obserraienr croit qu'elles vivait plus long-temps dam l'airlibre, parceqn'ila vu, pendant plusieurs soirées de suite, dans le même endroit , des réunions d'éphémères qui Ini semblaient on même nombre. Hais Mtteprenve peut paraître équivoque, parce que les mortes pouvaient être remplacées par d'antres nouvellement nées. La vie de ces éphémères parait cependant être de plus longue durée que celles dont SvrammerdsB et Réanmur ont écrit l'histoire. Celles-ei ne vivent que quelques heorei , et ne sortent de l'ean que pendant trois ou quatre jours de l'année. C^les de Suide se montrent beaucoup plus de jours desoîle, mais ne sortent pas de l'eau en si grande quantité. La durée

de leur vie n'est donc pu U même pour tantes; mais elle luffit pour leur domier le temps de remplir l'ol^et pour lequel elles sont nées : elles «rriTent k l'ctal parfait, et ne parais^t dans les airs que pour petpétner leur espèce. Hais qu'est devenue, dit Réaumur, cette prodigieusequantité d'éphémères, quand il n'en parait plus dans l'air? BMei sont d^à mortes ou mourantes pour la plupart : une grande partie est tombée dans la rivière même oA elles ont vécu. Les poissons n'ont aucun jour dans Vannée ofi ik puissent faire une ausù ample chère , où il leur soit aussi aisé de se rassaàer d'un mets délicat , auquel les pécheurs ont doimé le nom de manne. Celles qui en tombant daml'eau n'ont pas été la proie des poissons, n'en péri.ssent gnère plus tard; elles sont bientôt noyées. Le reste des éphémères tombe sur les bords de la rivière ou aui environs. La durée de 1b vie de celles-ci n'est p«s si courte ; mais autant vaudrait-il pour ellet que leur fin eût été pins proche : entassées les unes sur les autres , sans avoir «sseï de force pour changer de place, sans se

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donoer aucun mouvement coDsidérable, elles meurent les unes après les antres : celles qui poussent leur vie le plus loin, et qui sont par rapport aux autres plus que des centenaires , voient tout au plus le lever du soleil. C'est ainsi que ces insectes singuliers tenninent leur vie, qui est si longue tant qu'ils sont sons la fomic de larves, et si courte sous celle d'insecte parfait. On en connaît une vingtaine d'espèces, qui toutes habitent l'Europe : nous décrirons quelques unes (le celles des environs de Paris. ■

On les a divisées eu deux familles ; la première est composée de celles qui ont trois filets à l'exlrémité de l'abdomen, et la seconde , de celles qui en ont dcus.

PREMIÈRE FIXILLE.

Qusiie aïK troi* fiUti.

L'Ephémère commune, Epkemera ■vulgata.

Cette espèce est la plus grande de ce pays ; elle a près d'un pouce et demi d'envergure; elle est brune ; ses ailesont cinq ou six taches

l5o BISTOIIB RATUaBLLB

d'un bnm pins foncé; le cotps est mélangé de jaunâtre et de bran; les pâtes sont pâles» arec des taches obscures ; les tms filets d» la qoeoe sont beaucoup plus longs que les ailes.

Elle habite l'Europe , près des lacs et des rivières : on la trouve aux environs de Paris.

Lx|>hëmère jaune, Ephemeru lutea.

Elle a cinq lignes de long ; le corps est jaune , avec les yeux noirs, et un peu de brun à rextrémité supérieure des anneaux de Tabdomen; les trob filets de la queue sont un peu plus longs que le corps, et entrecoupés de jaune et de brun; les ailes sont transparentes , blandies, avec les nervures peu obscures.

On trouve cette espèce dans toute l'Europe y sur le bord des eaux : elle est très conunune aux environs de Paris.

L'Éphémère à ceinture, Ephemera

haberaia,

EUe a environ trob lignes de long; hi léte et le oortskt sont obscurs , sans tnehes ;

rsbdonwn mI blsac, itM! l'eitréBilé obscure; U quene est fonnée de trois «ue» <l«nx fois plus loogues que ke cXiip* } les dmx ailes supvrienres aoot grandes , tran^ parentes, avec It bord extérieur noir; les pâtes antérieures sont avancées , blandies. Cette espèce est comanne dont ton te l'Europe.

L'Éphémère marginée, Ephemera margiaata.

Cette espèce est un peu pins petite que l'épbémèrecommiuie; son corps est obscur; ses ailes sont réticulées, arec le bord extérieur obscur ; les trois filets de la queue sont de la codeor du corps.

Commone aux euTirons de Paris.

Qnaot STSC dmx fileti.

L'Ephémère Teinée, Ephememvemtsa,

Elle est à peu près de la grandeur de l'^hémëre Tulgaire , et de conteur brune

l52 BltTOni MlTDBKLLl

noirâtre f le cortelet et l'abdomen sont nnao' cé« de bmn et de gris sur les côtés; le dessous de l'abdotnen est entièrement gris ; les filets de la queue sont gris, avec quelques taches brunes ; les pâtes antérieures sonttrès longues et noiritres ; les antres sont grises , avec des taches brunes ; les ailes sont brunes , transparentes, sans taches et sans couleur ; elles ont toufts leurs nervures noires.

Ces éphémèi'es, qui n'ont constamment que deux filets , en ont trois sous la forme de larves ; le troisième r«ue en entier à la dépouille de nymphe. Avant le dernier dépouillement de peau , les filets ne sont guère plus longs que le corps, et les pâtes antérieures n'ont qu'un peu plus de longueuique les autres; mais après la dernière mue, toutes ces parues s'allongent conùdérablement.

Cette espèce se trouve près des eaux marécageuses du Danemarck.

DES iPHSMi&ES. i53

L'Éphémère spécieuse , Ephemera

spedosa.

Elle a près de six lignes de long , depuis la tète jusqu'à l'anus ; le corps est obscur ; les pâtes antérieuressont longues, avancées , bleuâtres; la queue a ses deux filets le double plus longs que le corps ; les ailes sont réticulées et transparentes.

Elle se trouve communément dans toute l'Europe.

L'Éphémère horaire, Ephemera

horarinç

Elle a environ trois lignes de long ; le corps est brun ; la tête a deux gros tubercules posés sur les yeux; les pâtes sont blanchâtres , et celles de devant sont très longues; les anneaux de l'abdomen sont bordés de blanc; les deux filets de la queue sont blancs, ponctués de noir; les ailes sont transparentes , blanchâtres, avec le bord extérieur plus épais et noirâtre.

On la trouve dans toute l'Europe : on la

lS4 HltTOIBB HATUEBLUE

voit souvent à Paris y sur les fenêtres y où elle laisse sa dépoaille.

L'Éphëioère à deux ailes » Ephemera

diptera.

Cette éphémère fait une exception à la rè^e générale, qui veut que tous les insectes de ce genre aient quatre ailes : celleci n'en a que deux ; elles sont transparentes, sans couleur ; leurs nervures sont très fines y d'un brun obscur ; elles ont extérieurement me brge bordure d'un bran pâle , marquée de plusieurs taches blanches transparentes près de l'origine de l'aile; cette bordure est traversée par tme petite ligne ol>Kque de couleur rousse; le corps est d\ni gris ardoisé obscur, avec quelques lignes d'un ronge foncé; les pâtes sont d'un gris dair, un pen verdfttre ; les filets sont blancs , avec des points noirs.

Elle se trouve en Europe, sur le bord des eaux.

Nous croyons devoir parier d'une espèce doot Degéer fait la description , à cause de

Mt ir^tMiaia. iSS

la reuembluioe de quelques unes de ws parties arec cMm de la préc^deole. N'ayant pas l'individii , nous donnerons seulement ta figure de la tête, tdle que nous la trouvons dans cet auteur. Cette tifèce n'a ausù que dciix ailes «xtiéneaMBt traniparenlM , arec les Bcmma blanc^tes , penatarquéea; le corps est d'an trran obscur, avec de petites lignes obliques d'un rouge foncé ; ses pâtes sont grises , les antérieures très longncsi les filets de la quene blancs, arec des pcHBts aoÏTs. Hais ce qoe oetle éphémère a de pins remarqnaUa , ce sont dcNX yeux à réseau , )d«oét perpendiculaireniMit aor le dessus de la tète , entre les deux yeux i résean qu'ont ordînaircHiesit ces insectes; ces yetix sont aasea élerés , Leur partie snpérieure est convexe , taillée à faoeitei trds finei{ ils daunent à la tête nae fenne singulière ; ils ssat d'nn jaune roux. On^ cet quatre jeux à facettai , en voit rocore sur le milîea de U tète trais petits ycox liiioa. Deféer cmit que cette ^pfaéatère est le naUe del'e^tèce pfMdcBieiflUe habile las méoMs

HISTOlKB I(«.TUKRLLB

XXIIP GENRE.

Carottent ginériqutt. Antcnoa monEUrannet de là loDipiieDT da conelct ; qutor» 4rtida arrondh el dùtincU. — QDiln uiwiuinlo ëgila, fiij. (ottatt; la «itéricnru compotéo de atum .^

LEt termes ont li tête srrondie , placée verticalemeot ; leurs ailes sont très grandes , coucliées , horiiontales , cIlipCtques.

La plupart de ces insectes sont exoti- (]ues : les moeurs de ceux d'Afrique oe nous sont connues que par les détails intéressans que Spannann nous a donnés sur (eur industrie et leur manière de vivre. Ils causent des ravages soudaini et immenses dans les propriétés de l'homme sous la lone torride. La plopart des voyageurs dont ils ont atbré l'attention par la grandeur et la structure de leurs logemenc , les ont appelés fourmis blaoches. Linné a regardé les termes comme le pins grand fléau des deux

DIS TBBIfÈS. iS?

Tndes. Ils le sont eFTecliveiiient par les dommuges qu'ils font en dévorant et perçant tous les bâtimens en bois , les ustensiles , les meubles, les étoffes et lesmarchaudisesqu'ib ont bicntât détruits , si on ne les prévient à temps; car il ne faut pas moins que la dureté des métaux et «le la pierre pour résister à leurs mâchoires destructives. Les termes , dans leur manière de vivre , ont plusieurs ressemblances avec les fourmis; comme elles, ils sont réunis en société , ils bâtissent des nids fort extraordinaires, la plupart snr la superficie de la terre, d'où ils sortent par des passages souterrains, on des galeries couvertes , qu'ils construisent dès que la nécessité les y oblige , ou que l'avidité du butin les y porte ; et de là ils vont faire au loin des excursions et des dégradations. Comme les fourmis , ik sont omnivores; comme elles , dans un certain temps de leur existence, ils oA quatre ailes , et font des émigrations et des colonies dans la même saison. Les lemiès ressemblent encore aux fourmis dans lenr activité laborieuse; mais ils les surpassent, elles, les

l5ft HlSTQimB «ATUABLLX

abeiilesy les guêpes et les eastors y et tous les animaux coonos dans l'art de bâtir. Chaque oommunauté est composée d'un mâle, d^une femelle et d'ouvriers. Sparmann désigne ces derniers par les noms de travailleurs et de soldats, parce qu'il a vu les uns travailler et les autres combattre. Les mâles et les femelles n'acquièrent des ailes que peu de temps avant d'être propres à reproduire leur espèce. Nous sororocs porté à croire que œox que Spaimaan appelle les ouvriers, soat les larves, et que les soldats sont les nymphesy dans les termes b^qiieux. Lq nombre des premiers, suivant cet autev^est toujours le plus considérable ; il jr a cent travailleurs pour un soldat. Dans le premier état , ils ont à peu près trrâ lignes de longueur» et vingt-^dnq insectes pèsent environ un grain ; kar Corme extérieur, et leur emosr peur k bois, leur ont fait donner, sUHout par les Français, le nom de poux de bois. Us oourent plus vite que tout autn ioseele de leur grosseur, et sont sans oeiae empressés dans leurs fonctions.

DU TBBMiS. iS^

Les KMati oa ajnplm om wm fonM différente desInTaînmn. QudqtKt autrar»

ont ara qnc ceux-n étaient le» mllei , et les

vaut Spannann , c'est une errenr. Les aoldais ont Mnlement mbi an changcnimt de fbnne, et se atmt approchés d'an degr^ de Vitmt paraît. Ib sont alors beawgpnp plo» fn» , longs d'an demi-ponce, et tganx en pmdsàquinsetraraillenn. La forme delà tête et des mandibnlet , que notre antenr nomme {«ncM, présente encore entre ces deux indiridas une difFéimce remarquable. Dans le premier état , ces parties sont éridemment ronferméeï pour ronger et retenir les corps; mais dans le second, lem^ pittces ont exactement la forae de deui alânes fort aignêt, un peu dentées; elles ne penvent serrir qu'à percer ou Mesier, objet qu'elles remplissait parfaitement , car elles sont ausn solides qne les pfaices des écrerisses , et placées sur une tête forte , dnre comme U corne, d'une coolenr rembrunie, et plus groawq^c towtWreatc du oorpa, gai paraît la tnuner avec benneovp de peine. Cest

l6o HISTOI&S VATUBBLLE

peut-être, ajoute Sparmann, ce qui les empêche de monter sur les plans perpendiculaires.

Le troisième ordre , ou Tinsecte dans son état parfait, a changé de forme encore plus que dans la première métamorphose.

La tête , le corselet et l'abdomen diffèrent presque entièrement des mêmes parties dans les travailleurs et les soldats ; et de plus , l'insecte est alors pourvu de quatre ailes , grandes, transparentes , de couleur brune , et qui, dans le temps de l'émigration, doivent lui servir à aller chercher un nouvel établissement '. Cet insecte est très différent sous cette nouvelle forme de ce qu'il était dans les deux autres états. On peut cependant ouvrir vingt nids sans en trouver un seul : on ne les y voit qu'immédiatement avant le commencement de la saison pluvieuse; et c'est à cette époque qu'ils subissent la dernière métamorphose préparatoire à leur émigration. L'insecte ailé a

' Il j en a une espèce dont les aîles sont ronges. Ces insectes sortent des pins grandes foormilières « et sont très acti& et industrieux.

DBS T»Mit. l6l

auisi changé de grosseur-, mo corps a alws unviron huit lignes de longueur, et ses ailes à peu près deux pouces et demi d'une extrémité k l'autre. Ces insectes sont ^aus en poids à trente travailleurs .- ils ont deux grands yeux très saillans placés de chaque cûté de la tète. Si cet organe , dit Sparinann , existe dans les deux prealers étaU , il n'est point apparent ; et il ajoute , que , ùtant desiiués à vivre sous terre , il ne leur serait d'aucune utilité, mais qu'il leur est iiùccssaire sous leur nouvelle forme , parce qu'ils doivent parcourir l'immense plaine de l'air, et découvrir des régions lointaines et inconnues. L'insecte ailé sort de son nid lorsque la saison des pluies commence; il attend rarement la seconde ou la troisième ondée : si la première arrive dans la nuit , et laisse après elle beaucoup d'humidité , le lendemain matin coule la surface de la terre, et surtout celle des eaux , en sont couvertes ; car leurs ailes ne sont faites qtte pour les porter quelques heures, et après le lever du soleil ou n'en trouve guère qui les aient conservées, à moins que la matinée ne çon-

If1«

tinne d'être plamiue. On les voit ci et U éptn t± isolés , voltiger d'nne place à l'antre. Une wole inquiétude semble les agiter : c'ett d'Mter Imn nombreox ennemis, surtout ue espèce de fontmis qui , sur diaque ai^ brissean , snr duqne fndlle , donnent la dtasse k cette race infortunée , dont il est probable ^iie sur plnnenra millions il no •en pas donné à un seul coaple de trouver on Ben de sAreté, ponr accomplir la première loi de la nature , et de poser le rondement d'une aonvelle république.

Les tenues ont nou seulement pour ennemis les oiseaux , les fourmis de toute espèce , les reptiles camirores et tous les inseetes; mais les hsbiians de plusieun oontrées,et particulièremeut ceux de la Guinée, qui les mangent ' . Cependant au milieu de leur détrCMe, ajoute Sparmanu, ib on-

àmua, fit ^M iim fnJqasi pMtlM d

iiriMtiIsi o> lUt pmdn «iTutat aox

b niDii dai ttrailM [c'aM aio^ qn^ n

hmAt) pour In fertiOtr, et qna 1m

ont OH mIAùàt poor atlrtpar Iw tonolM aBfa

DBt TBAM^t. l63

blient qnelquefob le danger ; la plupart n'ont pins d'ailes ) mais ils courent excesslTement vite, les mAles après les femeUes, sans songer alors à lenrs ennemis. Il a quelqnefbu remarqué deux mâles poursuivant une femelle f et se disputant le prix avec ardeur ;

mnt la tsmpi dé rémigntfcm. Ib font deux troos an nid, I*aii ta naît, Ftatre tout !• Tenl; à Foo- Tertort aoot U >rent, flt adaptitnt on pot fWiHé d*inie beilM aimnttlqiM; Ja ûSté da Tent, Dt tant un feu arao des mstérianx dVine odmir dëtagréable » qui chtitent non leidttnentlfls ioMcltt daite le pot, mail qodqoafbb anni det aerpens à diaperon ; anal pfvnnent-ils beanooop de prioaoâon «a lee délogeant. Par oette médiode, fia attrapent betoeonp de teimltei , dont Os font , airec de la Ikiine, dMttfentaa pâtiateriea, qn'ila Tendent à bon maidié an peuple. M. Komlg ajoute qne dana la saiion oà cette nonrrftnre est abondante, Tabos qoPon «n fidt produit une colique ëpldémiqué, accompagnée àà dyaenterie, tjpà emporte les mdades en tro2s on quatre benres.

Les Aftiflrins sont moini ingènleuk l lèè prendre età les apprêter. Us se contentent denmaaserdansles eauzceux quiylombeutlon de fémlgratlon. Us en remplissent de grandes diandières, et les font griDer dans des pots de for , sur un ftn doux , en les rsnniaat comme on fait le caft. Us les mangent ainsi sans

maû depuis leur métaraorphose, iU sont atwoluinent di^vnérês. tTn des plus actifs , des plus industrieux , «les plus ardeos à la proie, un des plm famucbes petits animaux qui soient au monde , est tout à coup devenu le plus innocent , le plus poltron de tous les

Ib les portent à la boodie à plànea maini, Notie «Ueni «u ■ goAlc idnùcDti foii fipprf (éi de octta auoiècc, et ili lui ont pam nu nungEr déliât,

■BÛi p(Hnt iDiM gru ni inMi nMUÛu», ijoale SpaToiinD,qae te ver pa)mitte,UlirTedacureir/ùi pabnanim , qu'on «ett tar In meilleurei ublt* de* ladei ocddcnlkla, «t «Drloal nir cdlo da PnDqui, OHUDe le met* le plu déliàcDx de cet con-

A U Biite de catte note, nom trouTOiu que «r Haiu SlouM dit qne le nr da cotonnier egi eilimé p«r le* Indien) et le* nègre* ui-deaiai de U moelle. Ce*t nn gro* TCr Mine , qui e*t la l*r*e dn lamût tritulm de Fabricîiu , qn'on apparie *aiù d'Afrique , où cet antnir ■ m*ngé de cet ven rôti*.

Iliaiieai* Toyagent* wmi d'accord tar le goût de* foormli blaoehei; H* troavent qn'elle* «ont nn nungn uct détkat et bon. Un d'eux lei oompare i de 1* nodle inetée, qd autre à de U crime *itci«e (I à nne pite d'amande* donou.

DBi TBmi». i6S

ûtrei, iûcapable de fairo réusUDCc au mmiiilre insecte. On te voit entouré d'un millier de fourmis qui traînent à leurs nids cette victime. Quelques uns cependant ont le t>onhcur d'échapper à tant de périls. Ils sont rencontrés par quelques insectes travailleurs qui courent continuellemeut près de la surface de la terre , sous leurs galeries couvertes , et alors ils sont élus rois et rehics de nouveaux états. Tous ceux qui ne sont pas ainsi conservés , périssent infailliblement , et sans doute dans l'espace d'un jour.

C'est parce que les Iravailleun protègent ce couple heureux le jour du massacre et encore long-temps après, que Sparmaan a cru devoir employer le terme d'élection. Aussitôt qu'ils l'ont mis à l'abri du danger, les travailleurs les enferment dans une petite chambre d'ai^île proportioonéc à leur grandeur, à laquelle ils ne laissent d'abord qu'une petite entrée , qui ne peut donner passage qu'aux travailleurs et aux soldats : aiun ces sujets volontaires s'imposent l'obligation de pourvoir aux besoins de leurs souverains, et à ceux de leur nombreuse

lignée; de même que relie de les défendre joMju'i ce qu'ils aient produit une famille capable de partager au moins celte tiche avec eux. Spamiann, qui n'a janais vu l'accouplement de ces iosectes, croit que c'en alors qu'il a lieu; peuaprèa cette époque, l'abdomeu de la Temelle commence A s'étendre par degrés, et à s'élar^r k un point,' que dans une vieille reine, il est qninse cents fob on deux mille toi» plus volumineux qne le reste de son corps, et égale en pesanteur vingt ou trente mille fois an travaillenr. La peau entre les segment de l'abdomen s'étend dans toutes les directioDs, et k la fin, ces segmens sont éloignés d'un dcmi-pcnlce les uns des autres, quoique d'abord la longneur de l'abdomen entier ne fAt pas d'un demi-pouce. Ces segmens conservent lenr couleur bruniltre, et la partie supérieure de l'abdomen est marquéepardcs raies brunes, transversales, régulièrement placées- Les intervalles qui sont entre ces raies sont couvcrU d'une peau transparente. Sparmann présume qav lorsque l'abdomen a atteint la longueur

nu TMMài. 167

de tfoit pouces , U Cemell* dmt itn Agée de plus de deux «ni. Il en a trouvé qui avaient praque desK fait oetta laaMirc.

L'abdoneB est alors d'usé forme oUMigoe et irrégtilièrei il eu oontracté pv les miucles de dwque MgnMat, et il est «ne mte matrice renf>lieid'flBufs. Cette siiigHltèiie natiice est ausfi étOBtunie, suivant notre >■teur, par son mouvement périsUltique que par sa grosseur : elle poassa mb* relAeke ses œuf* au-deboïs, jus«fa'aD noe^re de soixante du» une BÛo«le , et il a vu de Tieilles raioes en pondra quUfvvingt mille et pins dans les rwgt-^uatre heures. Quelle étoHunte fécondité, si Spannson ne s'est pas trantpé dans MB calcul!

Le roi t après aveu- pcrdn ses ailes , ne ^ange plus d« fome , ft ne partit pas au^ ■Dealer en grossenr : il se tient ordinaire- BWM onché soHS nn des r4tés du rasie abdomen de la femelle, II ne parait,pas tee le piinoipa) ol^et des seins des rïtras in-

flflCUB.

A mesura <|«e la EsoMlle pend , les esufs sont pris par les travaiUenra, dont tl y a (ou-

jours ou nombre suffisant en artentcdans ),i cbnmbre de In fcmella cl dans Its galeries adjacpnlea , et sont portés dans des logemens séparé; que .Spannaim appelle nouniceries. Là, les petiL<i, lorsqu'ils sortent de l'œuf, sont pourvus de tout jusqu'à ce qu'ils scient en état de se procurer eux-mêmes leur anb- »>Kuice, et de prendre part aux travaux de la société.

Après avoir suivi Sparmann dans l'inléreuante description du termite belliqueux , termes fatal de Linné et de F8t)ricius, espèce la plus {grande et la mieux connue en Afrique, relie qui bâtit les nids les plus grands, les plus cutieux et les plus muitipUcs dans 111e des Bananes, et dans toutes les parties adjacentes du continent, et dont les sociétés sont l« plus nombreuses, il nom reste h voir l'industrie de ces insectes singuliers dans la construction de leurs nids.

Parmi les dnq espèces de termites que décrit notre auteur, qui sont le fattl, l'atroce, le destructeur, le mordant et cefni des arbres , les uns bAtisscnt leurs nids sur

DIS TBBMiS. 169

la snrfac« de la terre , ou partie denns , partie dcsious; les autres siir tes branches (les arbres, et quelquefois à une très grande hauteur. La figure extérieure des édifices du termes fatal est celle d'un petit mont plus ou moins conique, d'une forme élégaDie et approchant de celle d'un pain de sucre; leur hauteur perpendiculaire est de dix 011 douze pieds au-dessus de la surfan de la terre, souvent recouvert de gazon et autres plantes dont les graines ont cté apportées par les vents. Chacun de ces édifices est composé de deux parties distinctes, l'extérieur et l'intérieur. L'extérieur est une large écaillede la forme d'un dâmc, assez vaste et assez forte pour protéger l'intérieur contre les vicissitudes de l'air, etleshabitans contre les attaques de letfrs'ennemis. Chacun de ces édidces est divisé en un grand nombre d'appartemens, qui sont le domicile du mAle et de la femelle, le lieu oA est nourrie leur nombreuse lignée, et les magasins, qu'on trouve toujours pleins de provisions. Ces provisions, au premier coup d'oeil, ne semblent être que de la rlpnre des, bois on

wffw

179 RISTOII^ m^rVUMhLB.

plantes que ces insectes détruisent; mais œ sont des gommes ou jus épaîssb des plantes. Ces gommes sont rassemblées en petites masses : les unes ressemblent au sucre qu'on Yoit autour des conserves de fruits, h» autres à de petites larmes de gomme. Les pièces qui sont occupées par des osufii et des petits , sont entièrement composées de parcelles de bois, qui semblent unies ensemble par des gommes. Ces édifices sont extrêmement serrés et divisés en plusieurs petites chambres de Ibrme irrégnlière; on n'en trouve pas une de la grandeur d'un demî-ponoe; dks sont placées autour des appartemens de la mère, et aussi près qu'il est possible. Quand le nid ne bât que commencer à se former, ces pièces sont attenantes à la illimini de la femelle ; mais à mesure qn'dle pond, les ouvriers les élargîflsent on en construisent de pbis grands. Les logemens on mmmcenes sont renfermés dans des envek>ppes d'argile, pareilles à celles qui contiennent les magasins, mais beaucoup plus larges. A la naissance du nid, elles ne sont pas plus grandes (fu'une coquille

de nf^; man dans les grands taoBticnlfs , elles tont sourent aussi groues que la télé d'an enfant d'nn an.

La chambre rcyale est à pen près de aivean arecl a snrft oe de I a tenV) à nne ifistaBce ^le de tons les etnia du corps de lo^ et direetement sons le sommet do oAne. Tons les appartemens qui renrironnenl coM^useut nn labyrinthe compliqué , qm s'étend de toos côtés à on pied et à même plus de disttnee de cette chambre. Les pièces sont tép^réa les unes des antres pur des galeries qui se omnmnniqaent, et qui se prolongent de tons les cAtés jnsqn'à la coque sopérienre qoi Gonne le tont. Les galeries ou conduits qui sont pratiqués dans les pièces tes pins btase* de l'édifice, sont plut larges que le calibre d'un gros canofi. Tous sont enduits d'une couche fort épaisse de la mAne argile dont le monticule est formé ; ib aboutissent i tous les appartemetis tant anciens qne Dooveanx ; ils descendent sous terre jusqu'il la profendeur de troîson quatre pieds. Cest là que les ouTtiets vont prendre le grarier fin , qui , travaillé dans lenr bondie, prend

172 HI8TOI&K HATU&BLLE

la oonsistaDce d'un mordery et devient une argile solide et pierreuse, dont le monticule et tous les bâtimens sont construits, excepté les nonrriccries. Les galeries souterraines sont les principaux passages par où les tra- Tailleurs et les soldats vont et reviennent , portant du bois , du mortier, de l'eau ou des provisions. Ces insectes ont soin de donner à ces chemins une pente douce, parce que las travailleurs montent très difficilement un terrain à pic, et les soldats ne le peuvent point du tout.

On voit encore d'autres nids qui ont une forme cylindrique, hauts d'environ deux ^

pieds ; ils sont construits par le termes atroce et le termes mordant. La figure extérieure de ces nids est plus curieuse que celle des nids du termes fatal ; mab Tintérieur n'est pas aussi bien dbtribué. Ces cylindres sont si solidement bâtis , qu'on les renverse plutôt à leur fondement qu'on ne les rompt dans leur milieu. Ceux que bâtit le termes des arbres ne res<kemblcnt , ni pour la foime ni pour la matière, à ces deux sortes de nids ; ils sont sphériques et bâtts

doBs les arbres.' Ib sont quelquefois posés «Dire les tiges, et souveiit sur une .seule branche qu'ils environneiit à la luuteur de 30ixanie-dix ou quatre-vingts piecjs. iQa en voit d'aussi spacieux qu'uue barrique <}i» sucre : cependant ceux de cette grosseur sont rares. Ils sont composés de parcellei de bois et de difTérentes gommes, cl, de sucs d'itriices dont les insectes forment une pAte avec laquelle ils construisent de petites cellules irréguliùrei. Ces nids renferment uue immense quantité d'insectes jeunes et vieux: les habitans les recherchent pour en nourrir la volaille. Tous ces nids renferment, comme ceux du fatal, troij sortes d'individus. Les termes des arbres placent quelquefois leurs nids sur les tcûts , ou snr quelcpie autre partie des maisons, et y font de grands dégâts; mais la plus grande espèce est ta plus destructive : ils s'avancent sous terre, descendent sous les fondemeiu des maisons et des magasins, pénètrent dans les poteaux qui forment les côtés des bitimens ; ils les percent d'un bout à l'autre, et les vident ealièrement. D'autres entrent dans les.

174 nSTOrWB VATVBItLLE

soKres, panrieBtieM jusqu'au toit, mangent les finiilles et les branches de palmier qm servent de coaTertore, et en peo de temps ils niiqent me maison de fond en comble. On ne voit le mal qoe lorsqu'il est sans rtraMOy parce que ces insectes ne percent jamais la surface en aucun endroit; de sorte qu'une planche épaisse d'un pouce, qui parait solide, n'a pas plus de poids que deux feuilles de carton. Lorsque les termes des «arbres entrent dans un cofflre, ib j font asses souvent leurs nids ; ils le dévastent à loisir, et détruisent tout ce qu'il contient Ils attaquent rarement les arbres vivans; mais jamais, à ce que présume Sparmann, avant qu'il ne paraisse aux racines quelques signes de corrupticm. EnfiU, dit cet auteur, il est presque impossible de rien laisser sur terra de pénétrable qui y soit en sûreté : placea-le où vous voudres, ils sauront le découvrir avant le lendemain , et sa destruction, ordinairement, ne farde pas k suivre. Les forêts ne restent pas long-temps embarrassées des arbres tombés , et la destruction totale des villes abandonnées est si

Dss TEmvit. 175

ooroplétement opérée, que dans deni on trois années nn bois épais les a remplacées ; et à moins qn'on n*ait employé des poteanx de bois de fer, anqnet ils ne tondient jailhds, on ne tronrera pas le moindre vestige d%|w maison. Le premier objet dont on est frappé à Tonrertare d'un de leurs nids , est la conduite des soldats. Si on fait une brèdie dans une des parties les plus minces du monticule y et qu'on la fasse brusquement, dans Tespace de deux ou trois secondes un soldat parait et rôde autour de la brèche ; il rentre quelquefois, comme pour donner l'alarme ; mais le plus souvent il est suivi par deux ou trois autres , courant le plus vite qu'ils peuvent , et en désordre. Ceux-ci sont bientôt suivis par une troupe nombreuse, qui sorte aussi promptement que l'ouverture le permet. Il est difficile , dit Spannann , de décrire la furie de ces insectes ; dans leur précipitation, ils manquent souvent leur proie , et roulent le long des côtés du dôme ; mais ils se remettent aussitôt ; ils mordent tout ce qu'ils rencontrent. Tant que l'attaque

I'j6 HISTOIAB ITATURELLB

condoue , ils sont dans la plus violente agirtatioD. Si l'un 4*^ux peut s'attacher à quelques parties du corps d'un homme , il fait sortir en un instant assez de sang pour ba> layer le poids de son corps entier. Ils accifiililient profondement leurs mâchoires dès le premier coup, et jamab ne lâchent prise ; ils se laissent arracher le corps par mor> ceaux sans faire la moindre tentative pour se sauver. Mais des qu'on s'éloigne, en moins d'une demi-heure ils sont retirés dans le nid.

Telle est l'histoire de ces insectes destructeurs dont on ne peut s'empêcher d'admirer l'industrie. Nous donnerons la (igure du termes fatal.

Le Termes fatal, Tarmes fatale.

Cet insecte a plus de deux pouces d'envergure , les ailes étendues ; il est en dessus de couleur brune; ses antennes sont de la longueur du corselet ; le corselet est composé de trois segmens ; l'abdomen est gros , cy-

...^^M^Aaa^afe^hdfebU

DES TXBiies. 177

lindrique ; les ailes sont pâles , le bord extérieur des sBpérieures est testacé ; les pâtes sont de longueur moyenne.

Le mulet a près de sis lignes de loug; la tète et les mandibules forment la moitié de cette longueur.

On le trouve dans les Indes et en Afrique.

Nous renvoyons auu généralités pour voir les mœurs de cet insecte.

HISTOIRE NATUBELLE

ORDRE TROISIÈME

LES HTMÉNOPTÈRES.

CARACTÈRES DES GENRES

PREMIÈRE SECTION

BoodM MBt lioaipe.

G. Fourmi.

AnTsmiBs filiformei , brisées ; premier artide très long et cyHndriqae.

Quatre antemiiiles courtes, filiformes; les antérieures un peu plus longues, composées de six articles égaux ; les postérieures de quatre.

l8o HISTOnV irATI7ABLI.B

Venti^ attaché aa corselet par un pédicule; petite écmlle saillante entre deux. Point d'ailes dans les mulets.

Trois petits yeux lisses.

G. MutiUe.

Antennes courtes , filiformes ; premier article long.

Quatre antennules inégales; les antérienres un peu plus longues , composées de six articles, dont le troisième conique est assez gros, le dernier cylindrique et plus mince; les postérieures composées de quatre articles moniliformes , dont le dernier plus petit.

Aiguillon simple et très fort caché dans Tabdomen.

Point d'ailes dans les mulets.

'f rois petits yeux lisses.

G. Frelon.

Antennes courtes, filiformes ; premier article long et cylindrique; les autres très courts.

Quatre antennules inégales ; les antérieures composées de six articles, dont le second, le

DBS HTMÏHOPTKRF.S. l8l

trcnsième et ie quatrième gros et coniques ; les postérieures composées de quatre articles , dont le premier très mince à sa base.

Aiguillon simple, pointu, caché dans l'abdomen.

Trois petits yeux lisses.

G. Guêpe.

Antennes filiformes , brisées ; premier article long et cylindrique; le second long et presque conique.

Quatre antennules filiformes; les antérieures un peu plus longues , composées de silL articles; les postérieures de quatre, dont le dernier très court et très petit. •

Aiguillon simple et très pointu, caché dans l'abdomen.

Corps ras.

Trob petits yeux lisses.

G. Ltueopsis,

Antennes courtes, droites, un peu plus grosses par le bout; articles courts, peu distincts.

Quatre antennules courtes; les aniérieures

iSft HISTOIRB HATUABLLE

composées de quatre articles , les postérieures de trois.

Ventre attaché au corselet par un pédicule court.

Aiguillon triple, recourbé^ relevé et appliqué sur le ventre dans la femelle.

Trois petits yeux lisses.

G. Chrysis,

Antennes courtes, filiformes; premier artide un peu plus long , les autres courts et égaux.

Quatre antennules filiformes, inégales; les antérieures une fois plus longues , composées de cinq articles ; les postérieures de quatre , dont le premier à |)eine distinct.

Ventre attaché au corselet par un pédicule court.

Aiguillon simple, pointu, caché dans l'abdomen.

Trois petits yeux lisses.

G. TiplUe,

Antennes courtes, filiformes, roulées en spirale ; premier article un peu plus gros et plus long.

DES HTMiNOPTÈEKS. l83

Quatre aDtennules inégales, filifomieB; les antérieures un peu plus longues, composées de six articles égaux ; les postérieures de cinq.

Ventre attaché au corselet par un pédicule court.

Aiguillon simple, caché dans l'abdomen.

Trois petits yeux lisses.

G. Èvanie,

Antennes filiformes , asseï longues ; premier article très long , presque cylindrique ; les autres courts , égaux , peu distincts.

Quatre antennules inégales; les antérieures plus longues, filiformes, composées de six articles; les postérieures de quatre, dont le dernier en masse.

Ventre comprimé, presque triangulaire, attaché au corselet par un long pédicule.

Aiguillon très petit, caché dans l'abdomen.

Trois petits yeux lisses.

G. Ichneumon,

Antennes sétacées, longucs«^ vibratiles; articles nombreux , très courts , peu distincts.

l84 HliTOIIB NATURILLK

Quatre antennales iiiégale&, filiformes; les antérieilres un peu plus longues^ oomposëes de «X articles ; les postérieures de quatre.

Ventre attaché au corselet par un pédicule long et mince.

Aiguillon flexible, long et divisé eo trois pièces dans la femdle.

Trois petits yeux lisses.

O. Vrocere.

Antennes filiformes ; articles courts , égaux , cylindriques et distincts.

Quatre antennules très courtes, inégales; les antérieures composées de deux articles égaux, les postérieures de quatre articles, dont les derniers plus gros.

Ventre joint au corselet , et terminé par une pointe forte, un peu aiguë.

Aiguillon dentelé, caché sous une gaine creusée en gouttière , dans les femelles.

Trois petits yeux lisses.

G. Cùnbex,

Antennes ai masse » un peu plus courtes que le corselet.

DIS HTMiKOFTÈUBS. l85

Quatre antennules filiformes ; les deux antérieures un peu plus longues , composées de cinq articles ; les deux postérieures de quatre*

Ventre joint au corselet.

Aiguillon dentelé , caché dans l'abdomen , dans les femelles.

Trois petits yeox lisses.

G. Tenthrède,

Antennes filiformes, plus longues que le corselet; articles égaux, dbtincts, eyliiMriques.

Quatre antennules inégales, filiformes; les antérieures plus longues , composées de six articles; les postérieures de quatre.

Ventre joint au corselet.

Aiguillon dentelé, caché dans Tabdomen.

Trois petits yeux lisses.

G. Dipiolèpe.

Antennes filiformes, longues; quatorze articles cylindriques, égaux , très distincts.

Quatre antennules courtes; les antérieures filiformes , composées de cinq articles égaux ; les postérieures de trois, dont le dernier en masse.

l86 HISTOIBB HATUEBLLB

Ventre un peu comprimé.

Aiguillon caché entre deux, lames du ventre.

Trois petits yeux lisses.

G. Cimps.

Antennes filiformes , brisées ; premier article très long et cylindrique , le second petit, les autres courts, égaux, peu distincts.

Quatre antennules courtes, inégales, presque en masse; les antérieures un peu plus longues, composées de six articles; les postérieures de cinq.

Ventre un peu comprimé.

Aiguillon courbé et caché entre deux lames du ventre.

Trois petits yeux lisses.

Des HYlli90PTJC«£8. 187

DEUXIÈME SECTION

Bouche avec une trompe.

G. Chalcis.

Antennes courtes, filiformes, un peu plus grosses par le bout ; premier article plus long et cylindrique.

Quatre antennules filiformes; les antérieures un peu plus longues, composées de six articles presque égaux ; les postérieures de quatre.

Ventre presque globuleux, attaché au corselet par un long pédicule.

Aiguillon caché dans l'abdomen.

Cuisses postérieures renflées.

Trois petits yeux lisses.

O. Sphex.

Antennes un peu plus longues que le corselet, filiformes, en spirale; onze articles égaux, cylindriques, distincts.

Quatre antennules filiformes, presque égales; les antérieures un peu plus longues, composées de six articles; les postérieures de quatre.

l8B KlfTOIAS HATVAILLB

Ventre attaché au corselet par un pédicule plus ou moins long.

Aiguillon pointu, simple, caché dans l'abdomen.

Trois petits yeux lisses.

G. ScoUe,

Antennes épaisses, filiformes, un peu renflées au milieu ; premier article allongé, les autres à peine distincts , courts , égaux et cylindriques.

Quatre antennules courtes , un peu plus épaisses à leur base; les antérieures composées de six articles^ les postérieures de quatre.

Ventre attaché au corselet par un pédicule court.

Aiguillon simple, très fort, très pointu , caché dans Tabdomen.

Trois petits yeux lisses.

Gw Thinne,

Antennes courtes, cylindriques; premier article court , gros , presqne rond ; les antres égaux , peu distincts.

Quatre antennules égales, filiformes; les

ORS HTMÏHOPTillki. 189

aDtérieiires composées de quatre articles , les postérieures de trois.

Ventre attache au corselet par un pédicule court.

Aiguillon petit , simple , caché dans l'abdomen.

G. Bembem,

Antennes filiformes, courtes; premier article long et cylindrique , les autres courts et égaux.

Quatre antennules courtes , inégales , filiformes; les antérieures composées de six articles, dont le pénultième très court; les postérieures composées de quatre , dont les deux derniers plus courts que les autres.

Ventre attaché au corselet par un pédicule court.

Aiguillon simple et pointu , caché dans l'abdomen.

Tarses antérieurs ciliés.

Trois petits yeux lisses.

G. Andrène, Antennes courtes , filiformes ; premier

190 KMTOIAE HATUBBLLB

ardde long , mince à sa base ; le second très petit; les autres égaux, cylindriques.

Trompe divisée en trois pièces ; suçoirs enfermés dans une gaine.

Quatre antennules filiformes, inégales; les antérieures composées de six articles, les postérieures de deux.

Aiguillon simple , caché dans l'abdomen.

Trois petits yeux lisses.

G. AheiUe.

Antennes filiformes , courtes , brisées ; premier article très long, les autres courts, égaux.

Trompe divisée en cinq pièces ; suçoirs libres, enfermés à leur base dans une gabie.

Quatre antennules sétacées, très courtes; les antérieures composées de six articles, ies postérieures de cinq.

Aiguillon simple , très pointu , caché dans l'abdomen.

Trois petits yeux lisses.

DES BTMiirOPTillBS. I91

G. Eucère.

ADtennes longues , filiformes ; articles égaux , presque cylindriques.

Trompe divisée en sept pièces; suçoirs libres.

Quatre antennules courtes, filiformes, inégales ; les antérieures un peu plus longues, composées de six articles; les postérieures de deux.

Aiguillon simple et pointu , caché dans Tabdomen.

Trob petits yeux lisses.

G. Nomade.

Antennes filiformes, courtes; premier article un peu plus long que les autres.

Trompe divisée en cinq pièces ; suçoirs libres.

Quatre antennules filiformes, très courtes ; les antérieures composées de six articles, et les postérieures de quatre.

Aiguillon simple , pointu , caché dans Tabdomen.

Trois petits yeux lisses.

19^ KltTOIBI irâT0BBU.K

ORDRE TROISIÈME

DES HTBIÉNOPTÈRES.

LiBft insectes les plos industrieux , les plus coonigeux , les plus intéressans , sont placés dans l'ordre nombreux des hyménoptères; c'est surtout parmi ces animaux que se rencontrent ces espèces remarquables par un instinct voisin de l'intelligence; c'est ce qui les a fait étudier de tout temps avec plus d'attention , et ce qui a rendu plusieurs d'entre eux l'objet d'une admiration devenue quelquefois exagérée. Les abeilles , les guêpes , les ichneumons ^ les sphex , les cinips , n'offrent-ils pas assez de faits singuliers et ▼rais, pour piquer la curiosité de l'homme le plus indifférent aux phénomènes de la nature? Fallait-il rendre la vérité suspecte, en l'enveloppant de tous les omemens de la fable ?

Nous allons présenter l'histoire des hyménoptères dépouillée de tous ces omemens

DRS HYMiNOPTiBBS. ig?

étrangers et inntiles : nous espérons qu*il restera encore assez de faits singuliers pour intéresser lliomme le plus léger, et faire méditer celui qui est accoutumé à réfléchir sur les phénomènes de la nature.

Quoique plusieurs hyménoptères aient des couleurs métalliques assez éclatantes, ce ne sont cependant pas les pltis brillans des insectes ; ils n'approchent point , par cette qualité , des papillons et des coléoptères. Dans les plus petits animaux comme chez les hommes , l'éclat extérieur se trouve rarement réuni dans le même individu avec de grandes qualités morales. Les abeilles , les fourmis, les bombyces à soie , ne sont point couverts de l'or ni des brillantes couleurs que l'on voit sur les lourdes cétoines , sur les buprestes, les cantharides, etc. La vertu , l'esprit , ne sont pas une suite nécessaire des grandes richesses ; c'est une consolation que la nature semble avoir réservée pour le pauvre, et dont elle lui offre sans cesse des exemples parmi les animaux. Les plus brillamment habillés sont rarement les pins industrieux oo les plus utiles, vu. 17

194 H19TOiaB ZTATITBSLLB

Maïs si les coulears de la plupart des hymeDoptères sont ternes , leurs membres sont déliés , ce qui rend leurs mouvemens légers et faciles.

Us ont quatre ailes membraneuses ; les nervures qui soutiennent la membrane mince et traqsparente qui forme ces ailes sont moins nombreuses, moins anastomosées que dans les névroptères; elles partent de la base de l'aile en divergeant, et forment seulement entre elles quelques anastomoses. C'est cette structure de leurs ailes qui leur a fait donner le nom à' hyménoptères ^ qui veut dire ailes membraneuses par excel« lence. C'est aussi un des caractères distinotifs de ces insectes. Les limites sont difficiles à établir , il est vrai , entre ces deux structures des ailes ; mais aussi ce caractère n'est pas le seul, comme nous le verrons. Ces quatre ailes sont de grandeur bien différente. Les inférieures, qqisont aussi un peu postérieures , sont beaucoup plus petites que les supérieures : elles sont Tune et l'antre étroites, rétrécies à leur insertion, et j^en grandes relativement à celles des névropté-

DBS STMrillOfTÈaBS, 1^5

res; cequi n'empêche pas ces insectes de Toler arec légèreté et rapidité, et beaucoup mieux que certains névroptères & grandes ailes, tels que les paoorpes, myrméléons, ascalaphes , perles , etc.

La tête des hyménoptères est grosse, souvent plua large que le corselet; les yeux sont saillans , surtout ceux i réseau ; de petits yeux lisses, au nombre de trois , sont placés sur le sommet de celle téie.

Les antennes sont rarement filiformes; elles sont peu longues et presque toujours coudées , comme brisées dans leur milieu.

Les diHërentes parties qui composent généralement le corps des insectes sont ici très distinctes.

La tête , dont nous venons de parler, est tronquée net postérieurement, et ne tient au corselet que par un tube grêle et fort court.

Le corselet est souvent bombé , quelquefois comme partagé lui-même en deux parties : la partie la plus mince est postérieure ; elle o'est séparée de ruiiériea» que par un sillon transversal assea profond.

196 BISTOIEB VATUEBLLK

L'abdomeo est presque toujours ovoïde et «Uongé , formé d'anneaux écaiileux très distincts, qui sont à recouvrement les uns sur les autres.

Dans quelques hjrménoptères , cet abdo> rneoy long et étroit, très mobile, et cependant susceptible d'une action asses forte , ne tient au cprselet que par un pédicule si délié , qu'on peut le comparer à un fil. Il est ainsi dans quelques guêpes^ quelques spbex, quelques ichnenmons. On conçoit difficilement qu'un tuyau si grêle puisse donner passage à l'œsophage, à des nerfs , à des vaisseaux aériens et à des tendons qui doivent être forts et asses nombreux , puisque les mouvemens de cet abdomen sont très variés.

Cette disposition donne aux hyménoptères cette sorte de grâce qui accompagne presque toujours la légèreté et la vivacité.

Ces facultés sont augmentées par la forme et la position des pâtes ; elles sont toujours asses longues, et semblent partir d'im même point, de la partie postérieure du corselet. Cette pièce des pâtes que nous avons nom«

DES HTMÉHOVTiaKfl. I97

mée la handie , est plus longue et plus visible dans les hyménoptères que dans la plupart des autres insectes ; les pâtes sont déliées , les postérieures sont quelquefois un peu renflées ; dans d'autres espèces, ce sont les antérieures qui sont dilatées ; et on doit deviner quelle est la cause ou la suite de oette disposition , d'après ce que nous en avons dit dans le discours préliminaire. La dilatation des pâtes antérieures ne se voit que dans les mâles de quelques espèces , et sert à faciliter l'accouplement de ces insectes. Le renflement des cuisses postérieures donne aux cinips et aux chalets, qui les ont ainsi, la faculté de sauter.

Aux parties que nous venons de décrire , s'en ajoute une qui ne se trouve dans aucune autre espèce d'insectes , et qui devient, par cela même , un très bon caractère distinctif des hyménoptères , c'est l'aiguillon souvent très piquant que les femelles de tous ces iniectfs portent à l'extrémité de leur abdomen.

Nous avons déjà décrit d'une manière générale la structure de cet aiguillon : nous

igS HISTOIBB HATUBKLLB

n'y reyiendrons point. Nous nous oontenteroDs de répéter que dans les hyménoptères , il est tantôt caché dans Tintérieur de l'abdomen, et son principal usage est d'être alors une arme défensive ; que dans d'autres espèces , il reste constamment visible, et qu'il est quelquefois même fort allongé; il sert alors de canal conducteur des œufs. C'est à l'aide de cet instrument , dont la forme et la position varient, que les hyménoptères entament les végétaux , percent la peau des animaux ou pénètrent dans les trous et les fentes profondes, et dans tous les autres lieux où ils veulent déposer leurs œufs.

D'après ce que nous venons de dire , on se représente facilement la plupart des hyménoptères ayant un corps léger et mobile, porté sur de longues jambes , enlevé par des ailes dont la rapidité des mouvemens supplée à l'étendue ; on conçoit combien la longue et bonne vue dont ils sont doués , et l'aiguillon poignant dont leur abdomen mobile est armé, doivent augmenter leur hardiesse. Voyons actuellement quel usage ils font de cesmembres pour la conservation et la mul-

DBS HTHllirOPTàaKS. I99

tiplicadon de leur espèce ; car les animaux n'ont point d'autre but. Ils ne font servir les moyens qu'ib ont reçus de la nature qu'à satisfaire les besoins peu nombreux qu'elle leur a donnés. On a fait l'histoire d'un animal^ quand on a dit comment il se conserve et se multiplie.

Les alimens des hyménoptères sont , comme ceux de presque tous les autres insectes 9 de deux sortes , animaux et végétaux; mais tous ne les prennent pas de la même manière : les uns les prennent solides , tandis que d'antres les prennent liquides ; cela établit dans leurs organes de la manducation deux modes déstructure différens. Mais comme les hyménoptères forment un ordre d'insectes trèsi naturel y et qu'il est bien reconnu que la bouche est un organe assez important pour ne point différer considérablement dans les insectes de même ordre y la nature a su adapter celle des hyménoptères à des usages qui paraissent opposés , sans cependant changer le principe sur lequel elle a construit la bouche de ces insectes. Ainsi, quoiqu'il y ait réellement

lOO HISTOUB VATOAELLK

de ces iosectef qoi mâchent leurs alimens | tandis que d'autres les prennent liquides , ils n'ont cependant pas pour cela les uns une bouche à mâchoires , et les autres une bouche à trompe on à suçoir. La bouche de tous est composée des mêmes parties : ces parties seules sont modifiées , comme nous alloDsle voir, en prenant d'abord une guêpe poor exemple.

On voit à la partie supérieure , ou plutôt antérieure , une lèvre supérieure concave ; ensuite deux mandibules très fortes et dentelées; au-dessous sont deux mâchoires presque entièrement membraneuses sur leur dos, et dans une échancrure très sensible , sont les palpes antérieurs ; enfin , la bouehe est fermée postérieurement par la partie que nous avons nommée la lèvre inférieure ; elle esc aussi presque entièrement membraneuse , et porte à son extrémité les palpes poatérieurs.

Jusqu'à présent cette bouche ne paraît pas différer de celle des insectes à mâchoires nommés coléoptères. Mais on remarquera, dans les hyménoptères , que les mâchoires

DBS BYMiHOPTÀftBS. aOI

et la lèvre inférieure sont soudées par leur base y et forment, par ce moyen, une espèce de canal.

La différence qui existe entre la bouche des abeilles, qui lèchent, pour.iiinsi dire, les matières sucrées dont elles se nourrissent, et celle des guêpes, semble énorme au premier moment Les premières paraissent avoir une longue langue ou trompe. Ce n'est point ici le lieu de décrire la structure curieuse de la bouche des abeilles; mais nous verrons alors que cette différence n'existe que dans les proportions des mâchoires et de la lèvre inférieure, qui sont très allongées dans les hjrm'énoptères qui , comme les abeilles , semblent avoir une langue.

Quoique tous les hyménoptères ne se nourrissent point de matières solides , ainsi que nous venons de le dire, tous cependant ont des mandibules cornées très fortes. Mais si elles ne leur servent point à broyer leurs alimens , ils en font usage pour préparer les matériaux dont ils se servent dans la construction de leurs nids.

L'accouplement de la plupart des hymé-

aoa HisTOiaE itatubblle

noptères est très peu connu ; et l'ignorance où l'on est , à cet égard , est d'autant plus fâcheuse, que cette fonction doit présenter certainement des singularités remarquables dans une classe d'insectes dont les femelles , souvent plus grosses que les mâles , sont armées d'aiguillons dangereux ou incommodes. Elles sont aussi presque toujours beaucoup moins nombreuses. La nature multiplie oi^ dinairement ses productions en raison des difficultés qu'elles doivent éprouver à remplir l'objet pour lequel elles sont créées , et de l'importance qu'elle met à le voir exécuté. Elle semble donc nous indiquer, par cette multiplicité des mâles parmi plusieurs espèces d'hyménoptères , que la réunion des sexes éprouve» chez ces insectes, plus de difficulté que ches les autres animaux.

Les femelles sont, en général, remarquables parleur grosseur, la petitesse de leurs yeux et de leur tête. Les mâles, au contraire, ont la tête et les ye^x plus forts; mais ils sont constamment privés de l'aiguillon dont les femelles surtout sont très bien armées.

DES HTMiROFiiass. ao3

si le soin que l'en prend des objets est souvent une suite des difficultés que l'on a trouvées à les acquérir, la nature semble encore nous donner une indication des entraves qui existent dans l'accouplement des hyménoptères y par la prévoyante et industrieuse tendresse qu'elle a inspirée aux mères de beaucoup de ces insectes pour leurs enfans. C'est en effet parmi les hyménoptères, et peut-être seulement parmi eux, que l'on trouve dans les mères une tendresse presque égale à celle que nous observons avec plaisir chez les animaux à sang chaud. Nous aimons à retrouver en eux ce sentiment, parce qu'il semble fait pour amener le bonheur, et qu'il y parait même si inhérent, que les chagrins qui résultent de son excès portent souvent avec eux leur consolation.

La plupart des hyménoptères femelles s'occupent non seulement de chercher un lieu où leurs larves puissent vivre dans l'abondance et la tranquillité; mais elles leur construisent des habiutions aussi curieuses que solides, et propres aux usages auxquels elles sont destinées. Une femelle

ao4 MISTOIâK ITATIJEKLLK

toute feule, privée, fiar conséqumt, de tout secours, n'ayant pour instrument que ses dents et ses pâtes, jette les fbndemens d'une habitation spacieuse qui doit un jour nous étonner par sa régularité et par sa structure. Tanl6t c'est dans de semblables habitations, dont nous connaissons quelques unes sous le non de ruche , que cette mère laborieuse dépose ses œufs ; tantôt plus courageuse qu'industrieuse, c'est dans le corps d'autres intectes, on dans l'intérieur des végétaux , qu'une mère d'une autre espèce va déposer ses oeufs.

On peut établir comme une règle à laquelle je ne connais peut-être point d'excep* tion réelle, que jamais les. orafs des hyménoptères ne sont déposés à découvert ; et les tentbrèdes ne seraient point ceux qu'on pourrait citer contre cette espèce de loi, ainsi que nous le verrons. Mais si, dans ce cas, ces hyménoptères n'établissent point d'exception , ce sont aussi presque les seuls dont les larves s'éloignent des autres hyanénoplères.

Les larves des «sectes de cet ordre sont

DBS HTMifcNOPTàmEs. ao5

la plupart prirées de patcs, ou, quand elles en ont, elles sont si faibles, qu'elles ne peuvent leur être d'aucun usage. On conçoit que ces animaux , dépourvus de tous mo3rens de se mouvoir, privés du secours de leurs parens, qui , suivant la loi établie pour tous les insectes , meurent avant la naissance de leurs petits , on conçoit , dis-je, qu'ils seraient morts de faim si la nature n'avait pourvu à leur subsistance par des moyens nouveaux, même inattendus , et qui nous prouvent encore la fécondité de ses ressources.

On remarque parmi plusieurs genres d'hyménoptères, des individus plus petits que les au très,. mais armés, comme les femelles, d'un aiguillon; lorsqu'on les dissèque, on les trouve privés d'organes sexuels , et lorsqu'on les observe , on voit bientôt qu'ils ne remplissent ni les fonctions de mAle ni celles de femelle. Ces individus , que l'on a nommés mulets ou neutres y ne pouvant jouir des plaisirs qui épuisent si promptementlef^ insectes pourvus de sexe, puisqn'ils meurent peu après les avoir goûtés, ont une vie pins longue, et peuvent voir se «accéder vu. i8

206 HISTOIEK MATURELLB

plusieurs générations de mâles et de femelles.

La nature , en les privant du plaisir de donner l'existence à de nouveaux êtres, leur a confié le soin de les élever et de les mettre en état de remplir leur place dans l'univers.

Ce sont eux qui remplissent les véritables et honorables fonctions de la paternité , puisque ce sont eux qui ont toutes les solli^ citudes de la tendresse paternelle et tous les soins de l'éducation. Ces individus appartiennent aux espèces d'hyménoptères qui vivent en société et qui construisent de grandes habitations. Ce sont eux qui travaillent à ces constructions , ce sont eux qui vont chercher des alimens pour les larves, qui , privées de pâtes , ainsi que nous l'avons dit y ne peuvent sortir de la place où leur mère a déposé l'œuf qui les contenait; ce sont eux aussi qui les défendent et les soignent avec tous les signes de l'attachement le plus vif.

Tel est le premier moyen employé par la nature pour nourrir les larves apodes de

DBS HiTMI&IIOPTÀEES. 207

plusieurs hyménoptères. Le second est plus simple, et se retrouve chez des insectes d'autres classes : il consiste à placer les larves au milieu même de la substance qui doit leur servir de nourriture. Les hyménoptères obtiennent ce résultat de deux manières : les uns percent la peau d'un insecte mou, ou l'écorce d'un végétal ; ils déposent dans ces lieux des œufs d'où sortent de petites larves qui se nourrissent des sucs qui les environnent; elles font périr l'insecte qui les leur fournit , ou font naître sur les végétaux des excroissances où ces sucs viennent s'épancher plus abondamment.

D'autres mères , douées d'une prévoyance encore plus admirable, renferment leurs œufe dans des cellules solides qu'elles construisent exprès. Elles remplissent ces cellules de la nourriture végétale ou animale qui doit convenir et suffire à la larv^ qui naîtra pour atteindre son entier accroissement. Elles referment la cellule hermétiquement, et meurent après avoir pourvu, par cet ingénieux moyen, à la notirriture de petits incapables d'aller chercher des

ao8 BiSTOlBE VATUâBLLE

alimens que personne ne peut leur ap« porter.

Il résulte de ce que nous venons de dire , qœ les larves des hyménoptères , à l'exception de celles des tenthrèdes et genres semblables, sont des espèces de vers mous , blanchAtreSy ovoïdes et apodes ; que leur bouche est ordinairement une simple ouverture y un simple suçoir; que presque toutes y par conséquent, se nourrissent de matières liquides qu'elles trouvent dans les corps où leur mère les a déposées, ou dans ceux qu'elle a mis eu provision à côté d'elles, ou enfin qu'elles vivent d'alimens également liquides , qu'une troisième sorte d'individus nommés neutres , leur apporte et leur dégorge dans la bouche , après leur avoir fait subir une altération convenable.

Les larves de quelques hyménoptères ont la faculté de se filer une coque composée d'une soie très fine et toujours peu épaisse. D'autres se changent en chrysalide à nu : leur chrysalide est de l'ordre de celles qui sont immobiles, mais dans lesquelles les parties de l'insecte parfait sont non seule-

P£S BTlliHOfTÈAlS. %Og

ment visibles, mais encore très distinctes et séparées les unes des autres , quoique enveloppées dans une pellicule commune. La métamorphose des hyménoptères est donc complète dans l'acception que nous sommes . convenus de donner à ce mot.

Les hyménoptères sont peu abondans au printemps : la plupart des espèces se repeuplent chaque année au moyen de mères fécondées qui ont passé Thiver cachées dans quelques trous. Il faut donc qu'elles aient eu le temps de construire à elles seules une habitation y d'y pondre, d'élever leurs petits, pour que ces insectes puissent paraître en nombre Remarquable. Aussi est-ce à la fin de Tété qu'on les voit en grand nombre voltiger sur les fleurs , dont la plupart sucent la matière sucrée , ou auprès des fruits qu'ils dévorent ^ aucun ne se nourrit de matières corrompues ou desséchées.

Cet ordre est fort nombreux en espèces ; les genres sont difficiles à caractériser, et les espèces, privées deeoitleurs tranchées et distinctivos, le sont encore phis. Cequi ajoute à la difficulté, et ce qui a produit un grand

ai a HisTOims «atueelle

a. hàbn saillant et très apparent ; tête paraisiint plos large que longue , Tue en dessus.

1^ G. CiXBEX, CimbeJL',

Anteones de cinq à sept articles , terminées en bouton , ou en massue épaisse , et presque ovcude; fausses chenilles ayant en tout vingt-deux pâtes.

a* G. Hylotome, Hyhtoma,

Antennes de trois articles , dont le dernier beaucoup plus long , formant, dans les miles y une massue grcle prismatique, et quelquefois une fourche; fausses chenilles ayant dix-huit à vingt pales.

3* G. TEifTHmioE , Tenthredo.

Antauies tantôt légèrement plus grosses vers le bout, ou filiformes, tantôt sétacées ; simples dans les deux sexes, de neuf articles dans le plus graud nombre, et de onze dans les autres.

Fausses chenilles ayant dix-huit à vingt pâtes.

DE» HYM£irOPTÈB£8. 21 3

4' G. LopHiRE, Lophirus.

Antennes en [>eigne , ou en panache dans les mâles, et en scie dans les femelles.

b. Labre caché on pea saillant; tête, Tue en dessos , paraÎMant presque carrée.

5* G. MiGikLODON'SE , Megahdontes, Antennes en scie ou en peigne.

6« G. Pamphilib , Pamphilius.

Antennes simples dans les deux sexes; larves n*ayant point de pâtes membraneuses.

7* G. Cephus, Cephus,

Antennes insérées près du front, plus grosses vers le bout

8' G. XiPHioaiEs , Xiphidria,

Antennes insérées près de la bouche, et plus grêles vers le bout.

II. Mandibnies courtes et épaisses; languette entière; tarière des femelles tantôt très saillante et composée de trois filets, tantôt ronlée en spirale dans rintériear de l'abdomen , et soos nne forme capillaire.

ai4

HISTOlâE HÀTURBLLS

I* O. Ortsse, Oryssus.

Antennes insérées près de la boache, de dix à onse articles ; mandibules sans dents ; palpes maxillaires longs de cinq articles; extrémité postérieure de Tabdomen presque arrondie y ou faiblement prolongée, et dont la tarière est capillaire et roulée en spirale dans rintérienr de l'abdomen.

a* G. SiREX , Sirex, Antennes insérées près du front ,

de

treize à vingt-cinq articles; mandibules dentelées au côté interne ; palpes maxillaires très petits , presque coniques , de deux articles , avec l'extrémité du dernier segment de l'abdomen prolongé en forme de queue ou de corne y et la tarière saillante, de trois filets.

DBS HYIAK50PTiliB8. 2x5

DEUXIÈME FAMIIiLE.

Lss PupiYORES, Pupivora,

Abdomen attaché au corselet par une simple portion de son diamètre transversai , et même plus souvent par un très petit filet ou pédicule , de manière que son insertion est très distincte, et qu'il se meut sur cette partie du corps ; femelles ayant une tarière qui leur sert d*oviducte.

I. Les quatre ailes Teînées; antennes pceaqne toajoars filiformes on sétacées, vibratfles, composées d*an grand nombre d'articles; palpes maxillaires apparens; tarière des femelles toojoars de trois fileto.

i** G. PÏLi^ciirE, Pelecinus,

Abdomen inséré à l'extrémité postérienre et inférieure du corselet, filiforme et très long ; languette à trois divisions.

»• G. ÉvAiriE , Evania.

Abdomen inséré à l'extrémité postérieure et supérieure du corselet, très petit, fort comprimé, triangulaire ou ovoïde , avec

ai 6 HISTOIRR KATURBLLB

un pédicule brusque à sa base ; antennes coudées.

3« G. FoENE , Fœnus,

Abdomen inséré comme dans les évauies, mais allongé en forme de massue , avec les jambes postérieures en massue ; les antennes droites, filiformes, et la tète portée sur un cou.

4* G* AuLAQUE , Auiacus.

Très voisin des fœnes, mais avant l'abdomen ellipsoïde et comprimé, les antennes sétaoées , et les jambes grêles.

5' G. IcsvEuiiov, Ichneumon.

Antennes de vingt articles ; tête fi[lobuleuse; mandibules toutes terminées par une seule dent, ou sans échancrure sensible, tantôt refendues et terminées ainsi par deux dents.

IL Ailes ioféneoves n*étant point vtinèmj tarière filiforme, missant de la partie inférienre de Tabdomen , et n*ayant point d*aîgnîtlon an boot ; palpes très couru, et qnclqnefoia nnla; antennes droites on sans eonde , filiformes on un pen pUis grosses Ters le bout, et ordinairement composées de treiae i qninse artides.

nSft HTMÉNOPTEmES. 217

!«' G. Cykips, Cymps,

Antennes de treize à quinze articles; palpes y mâchoires et lèvre très distincts ; pédicule de l'abdomen très court

a* G. EucHARis, Eiicharis.

Antennes de douze articles grenus; mandibules seules distinctes; abdomen porté sur un long pédicule.

m. Antennes brisées et formant, à partir da oonde, ane massne allongée on en fosean; dles n^ont pas an-deU de deox articles.

I*' G. Chalcide, Chalcis.

Jambes des pieds postérieurs très arquées, avec les cuisses très grandes; abdomen attaché au corselet par un pédicule apparent , ovoïde ou conique , pointu au bout, avec la tarière cachée ou extérieure; ailes étendues.

a« G. Leucospis , Leucospts.

Pieds postérieurs semblables à ceux des chalcides; abdomen paraissant appliqué contre l'extrémité postérieure du corselet, com- VII. 19

aiS HMTOIRB HATURELLB

primé dans toute sa hauteur, arrondi postérieurement, avec la tarière recourbée sur le dos ^1^ supérieures doublées.

3' G. EuLOPHE, Eukpkas.

Pieds postérieurs simples , ou n'ayant ni les cuisses à la fois très renflées et lenticulaires , ni les jambes très arquées.

lY. Ailes infériénres aaiis iiferraras; abdomen des femelles terminé par nne tarière tnbnlaire , ooniqoe , on en forme de qnene, toit d*ane pièce, soit de deox on trois réonies longttndinalement ; palpes maxillaires longs et pendans.

i*'^G. Béthtlb, Betfylus.

T. Ailes inférieures sans nermres; tarière fi>rmée par In demien anneanx de l'abdomen, à la manière dea taiws d*nne Innetie d'approche , et se terminant par nn petit aiguillon ; abdomen Tonté on plat en dessons, et pouvant se replier sous la poitrine, ce qui donne à Finsecte la faculté de prendre la forme d'une boule.

1*^0. pARNOpis, Pamopes,

Mâchoires et lèvre très longues , composant une fausse trompe , fléchie en dessous ; palpes très petits , de deux articles.

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21 ao HlSTOiaK HÀTUBELLE

DEUXIÈME SECTION

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