I. Eni-opcrii- ^, G- Frelon F
, CrihW'. J. G. Commun»
i.l,-,lo.i M.
nEs guAprs.
nid dans le creux des vîèax troncs d* Ces sociétés sont composées d'indivi< trois sortes : les mâles , les femelles, ouvrières. Ces dernières ont envir pouce de long ; la taille des mâles femelles va jusqu'à quatorze lignes.
Le nid de cette espèce de guêpes e leur feuille-morte, ou plutôt de cette c jaunâtre qu'ont assez souvent les p d'un bois à moitié pourn. Dans diff< saisons de Tannée , on trouve quel une grande quantité de menues br de frêne dépouillées en partie d4 écorce, et l'on entend voltiger auto grand nombre de nos frelons , probabi occupés à récolter les filamens de écorce , qui , broyés par leurs mandî fourniront la matière la plus propn construction de leur nid. Us y reçoit même temps une liqueur claire et snci s*écoule des endroits nouvellement ro
Nos frelons semblent savoir que tière dont leur guêpier doit être ff résisterait pas à de grandes pluies i forts vents. Us le construisent à l'abi
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dans des greniers , soit dans les trous de quelque vieux mur, mais le plus souvent dans de gros troncs d'arbre dont Tintérieur est pourri; là, ils parviennent sans peine à faire une grande cavité, en détachant des fragmens d'un bois prêt à tomber en poussière. Le trou , qui est la porte pour y arriver , n'a souvent qu'un pouce de diamètre , et ne laisse pénétrer^ par conséquent, que très peu d'humidité.
La grosseur des frelons leur donne une grande supériorité sur la plupart des mouches qu'ils attaquent; mais ce qui sauve beaucoup de celles-ci, et en particulier beaucoup d'abeilles , c'est que le vol des frelons est un peu lourd ; il est accompagné d'uu bourdonnement qui doit également avertir leur victime de les fuir. Les frelons sont armés d'un aiguillon très fort ; leur piqûre est très douloureuse , mab ils ne se jettent sur l'honune que lorsqu'ils sont inquiétés.
Revenons à la description de leur nid , en le prenant dès son origine , pour mieux faire sentir son développement et sa construction. Au printemps, les femelles fre-
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Ions, ranimées par la chaleur de l'alroosplièi^ , sortent de leur retraite , et se mettent en quête d'un endroit convenable pour y établir leur guêpier. Ce lieu trouvé , elles y posent les premiers fondemens de Tédi* fice , c'est-à-dire un premier pilier gros et solide , de même matière que le reste , mais beaucoup plus dur et beaucoup plus compacte. Il est toujours placé dans la partie la plus élevée de la voûte. A ce pilier , elles attachent une espèce de calotte de même matière, qui doit servir de toit à l'édifice, et empêcher que les ordures qui se détacheraient de la voûte ne tombent sur les gâteaux. C'est en dedans de cette voûte qu'elles posent un deuxième pilier, qui n'est en quelque sorte que la continuation du premier; c'est celui qui va servir de base au premier gâteau de cellules. Ces cellules sont hexagones , et leur ouverture est tournée par en bas. La mère en cor> struit quelques unes. Comme on ne trouve au printemps que des femelles, il est probable qu'elles ont été fécondées avant l'hiver. Ce qui est certain , c'est que nos fc-
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melles commencent leur ponte «lés qu'elles ont quelques cellules à leur disposition. Bientôt ces œufs éclosent, et la mère nourrit de sa chasse les petits vers qui en sortent. Gêux-ci , après avoir pris tout leur accroissement, tapissent de soie leur cellule lorsqu'ils se disposent à la transformation , et la bouchent d'un couvercle de soie. C'est sous cette enveloppe qu'ils subissent leur métamorphose ; ils en sortent insectes parfaits, c'est-à-dire avec leurs ailes développées. Ces premiers nés sont de ceux que Kéaumur et les anciens auteurs ont regardés comme privés de sexe , et qu'ils ont appelés mulets. L'analogie nous porte à croire que ce sont des femelles dépourvues d'ovaires. An reste , ce sont les ouvrières , c'est-àdire oe sont elles qui s'occuperont dorénavant des travaux de construction ^ et de la nourriture des vers. La femelle continuant à pondre, la famille s'augmente, et le logement se trouvant trop petit , nécessite des augmentations; les ouvrières augmentent l'enveloppe et le gâteau qu'il contenait ; et quand celui - ci est poussé jusqu'au bord
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de cette envdoppe , un autre est sur-lechamp commencé. Ce dernier est attaché au premier par un ou plusieurs piliers. Bientôt l'enveloppe est achevée, de nouveaux gâteaux la remplissent; alors il ne reste plus qu'une ouverture au nid qui correspond à l'ouverture du trou où il est logé. Ce n'est que dans le mois de septembre , et dans le commaicement d'octobre , que de jeunes femelles et de jeunes mâles quittent leur état de nymphe. Toutes les guêpes de cei deux sortes, et celles de la troisième, c'està-dire les ouviières , qui ne pourraient paraître hors des gâteaux que vers le com> mencement de novembre , sont ordinairement mises à mort avant la fin d'octobre , surtout si les froids ont commencé à se faire sentir.
Les frelons, au lieu de continuer à nourrir les vers , ne s'occupent alors qu'à les arracher de leurs cellules, et à les jeter hors du nid; ils ne font pas plus de grâce aux nymphes. Les mulets et les mâles périssent eux-mêmes joumdlement; de sorte qu'à la fis de l'hiver, il ne reste que des femelles
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qui ont passé cette saison engourdies au fond du nid.
On rencontre en automne les mâles et les femelles sur les arbres d'où découlent des liqueurs acides et sucrées. Elles ne retournent plus au nid, et périssent misérablement aux premiers froids. Ainsi finit cette société, dont la plus grande population n'excède guère cent à cent cinquante individus.
La Guêpe commune, Fespa vulgaris,
La femelle a de huit à neuf lignes de long; les antennes sont noires; la tête est noire, avec le tour des yeux et la lèvre supérieure d'un jaune obscur ; les mandibules sont jaunes, avec l'extrémité noire; le corselet est. noir, légèrement pubescent, avec une tache oblongue irrégulière, de chaque c6té, au-devant des ailes; un point calleux à l'origine des ailes, une tache au-dessous et quatre sur l'écusson , jaunes ; l'abdomen est jaune, avec la base des anneaux noire, et un point noir distinct de chaque côté ; le. premier a une tache noire en losange au
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milieu , et les autres ont une tadie presque triangulaire 9 contigue au noir de la base; les i>ates sont d'un jaune fauve, avec la base des cuisses noire.
Le mâle est plus petit 9 et a une forme plus allongée; les antennes sont plus longues que le corselet, et le point latéral de chaque anneau est souvent réuni au noir de la base.
Cette espèce, qui fait son nid sous terre, n'est pas seulement avide de fruits, elle est au rang des insectes les plus carnassiers. Elle fait une guerre cruelle à toutes les auti-es mouches ; mais surtout à celles du genre des abeilles.
On les voit souvent auprès des ruches se saisir d'une abeille prête à rentrer dans son habitation , et la porter par terre. Elle sépare ensuite l'abdomen du corselet, et emporte celui-là apparemment comme plus succulent, en ce qu'il renferme le miel et les intestins.
Elles ne se contentent pas du petit gibier
que leur chasse leur peut fournir, nos viandes
les plus solides sont à leur goût ; elles savent
trouver^ les lieux où nous allons les prendre;
vu. a 5
ir
290 HISTOIRE HATURELLE
elles se rendent en grand nombre dans les boutiques des bouchera de campagne. Là , chacime s'attache à la pièce qu'elle aime le mieux : après s'en être rassasiée, elle en coupe ordinairement un morceau pour le porter à son guêpier. Ce morceau surpasse souvent en volume la moitié du corps de la mouche. Les bouchers sont obligés de leur abandonner un morceau de rate ou de foie, pour les empêcher de gâter leurs autres viandes.
Après avoir pris un bon repas , et s'être chargées de proie, elles retournent à leur nid. La porte est un conduit d'environ un pouce de diamètre ; il va rarement en ligne droite, et n'est pas toujours de la même longueur, parce que le guêpier est tantôt plus près, tantôt plus loin de la surface de la terre. Il est rare cependant de trouver des guêpiers dont la partie supérieure soit à moins d'un demi-pied; les bords extérieurs de ce conduit sont comme labourés.
Ce trou est le chemin qui conduit à une petite ville souterraine, qui n'est pas bâtie
DES GUÊPES. %gi
dans le goût des nôtres , mais qui a sa symétrie : les rues et les logemeus y sont régulièrement distribués; elle est entoui*ée de murs de tous côtés, murs de papier, mais forts du reste pour les usages auxquels ils sont destinés, et qui ont quelquefois plus d'un pouce et demi d'épaisseur.
Cette enveloppe extérieure a différentes figures et grandeurs, selon celle des ouvrages qu'elle renferme ; leur figure extérieure la plus commune est celle d'une boule de ti*eize à quatorze pouces de diamètre.
C'est un papier , avons-nous dit , qui sert à la former : et en effet , l'on connaît peu de matière à quoi elle ressemble davantage, quoique ce papier diffère un peu du nôtre. Sa couleur dominante est un gris cendré « mais de diverses nuances ; quelquiefois elle tire sur le blanc, et quelquefois elle approche du brun ou du jaunâtre; ces couleurs , dbposées par bandes , donnent une singularité à tout l'extérieur du guêpier.
La surface de cette boule creuse est raboteuse; elle paraît faite de coquilles bivalves, cimentées les unes sur les autres,
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de façon qu'on ne Toit que leur exiérieur cooTexe.
Quand cette enveloppe est finies elle a au moiiis deux portes qui ne sont que deux trous ronds. Les guêpes entrent continuelleaient dans le. guêpier par l'un de ces trous , et sortent par l'autre; en sorte qu'elles n'éprouvent aucun retard dans leurs travaux.
L'intérieur est occupé par plusieurs gâteaux , parallèles et à peu près horizontaux. Ib ressemblent à ceux des moudies à miel , en ce qu'ils ne sont qu'un assemblage de cellules hexagones très régulièrement construites ; mais ils en diffèrent par beaucoup de circonstances. Ils sont faits de la même matière que l'enveloppe du nid , et la cire n'y entre pour rien. En outre , les gâteaux des abeilles ont deux rangs de cellules qui ont leurs ouvertures les unes opposées aux autres ; celles de nos guêpes n'ont qu'un rang, et leurs ouvertures sont dirigées en bas. Les gâteaux des abeilles sont perpendiculaires à l'horizon, tandis que ceux-ci sont horizontaux .
Les guêpiers ont quelquefois jusqu'à
qainie ou seize gàtetax d'un diamètre proportionné à celai de l'enveloppe. Tous ces gAteaux sont comme autant de planchers disposés par étages, qui fournissent de quoi loger un nombre prodigieux d'habîtans. Ik laissent entre eux des chemins libres. Ces intenralles sont décorés par un grand nombre de colonnes 9 qui ne sont autre chose que les liens nécessaires pour soutenir les gâteaux. Ici les fondemens de l'édifice sont à sa partie la plus élevée ; c'est toujours en descendant que nos guêpes bâtissent Ces liens I faits de même matière que le reale des gâteaux , sont massifs ; leur base et leur chapiteau ont plus de diamètre que le reste.
Il fallait aux guêpes des dieoDÔns pour arriver à ces étages. Ces chemins ont été réservés entre les bords des gâteaux et les parois intérieures de l'enveloppe : ceUe»-ci ne tiennent qu'en quelques endroits à la circonférence des gâteaux.
Après avoir pris une idée grossière de l'édifice y il est temps de voir comment les guêpes le bâtissent, de quel usage il leur est, et à quoi elles s'occupent dans son intérieur.
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Mais ce sont des mystères qui se passent sous terre, et qu'il a été impossible de dévoiler sans les tirer des lieux où elles ont fait leurs établissemens. Mais ii est facile d'enleyer le guêpier, et de le transporter sous une ruche vitrée. Un dérangement plus considérable encore , ne forcerait point les guêpes à l'abandonner : une fois mises dans une ruche, elles sont pacifiques, elles n'attaquent point l'observateur qui se contente de les regarder.
Après qu'elles ont été logées, elles commencent par travailler à réparer les désoiv dres qui ont été faits au guêpier. Elles transportent toutes les ordures qui peuvent être tombées dans la ruche , attachent solidement le nid contre les parois de cette ruche , et travaillent à en réparer les brèches , à le i
fortifier et à augmenter considérablement !
l'épaisseur de son enveloppe. |
Cette enveloppe est un ouvrage particu- I
lier à nos mouches; il mérite une description plus étendue. Son épaisseur a souvent un pouce et demi : mais elle n'est point massive ; elle est formée de plusieurs couches
DES GUÊPES. ai)5
qui laissent «les vides entre elles, de petites voûtes mises les unes sur les autres. Chacune de ces voûtes est aussi mince qu'une feuille de papier. A mesure que les guêpes épaississent cette enveloppe , elles bâtissent une autre couche sur celles qui sont déjà formées , et le nombre de ces couches excède quelquefois quinze ou seize. Cette enveloppe est une espèce de boite , faite pour renfermer les gâteaux.
Rien n'est plus amusant que de voir nos guêpes travailler à l'étendre ou l'épaissir; un grand nombre sont occupées à cet ouvrage, qu'elles font avec la plus grande célérité et sans confusion. Elles vont chercher, dans la campagne, les matériaux nécessaires : la guêpe qui les a ramassés, revient chargée d'une petite boule faite d'une pâte molle; elle la tient entre ses mâchoires. Arrivée dans le guêpier, elle la porte à l'endroit où elle veut travailler , et l'y applique aussitôt. La guêpe marche à reculons; à chaque pas qu'elle fait, elle laisse devant elle une portion de la boule, sans la détacher du reste qu'elle tient entre ses deux
agS HISTOIkB RlTVaRI-Ll
premières pâtes. Lonqu'elle l'a api^iqi eutièremeat , elle Tuait, en repassant p sieun toi» dessus de la même manière. ] mitérians qn'elle emploie mde des filami dn bois qu'elle enlève avec ses mâcbtHii elle les humecte et les pétrit avant de mettre en œuvre.
Les guêpiers, de même que les ru<^es i abeilles, reofermeot trois sortes d'tudivid qui sont les mâles, les femelles et les < vriéres. Ces dernières sont iocapaliles contribuer k perpétuer leur espèce : li nombre surpasse de beaucoup celai mâles et des femelles; les plus grands t vaux roulent sur elles. Ce sont elles tpiî I tissent, qui nourrissent les mAles, les feras et même les petits. Ollesqui sontcharg de l'approvisionDcnieni , sont cootinnei ment à la chasse : les unes attrapent de v force des insectes qu'elles portent quelq fois tout entiers au guêpier ; les autres ] lent les boutiques des bouchers; d'anl ravagent les fruits île nos jardins; elles itmgeni, lessucenl, et enrapporlent l«a T'uiles font part de cr que leurs eonr
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leur ont pcodnit, aux mâles, aux fenaelles et même à d'autres ouvrières qui, pour avoir été occupées dans l'intérieur, n*ont pu aller chercher de quoi vivre. Dès qu'une de celles qui sont chai^gées de l'approvisionnement est arrivée , plusieurs guêpes s'assemblent autour d'elle, chacune prend sa part de ce qu'elle apporte , mais tout se fait de gré à gré sans combat. Celle qui n'a trouvé que des fruits ne pouvant rapporter une nourriture solide, régale quelques hafcitans du guêpier de deux on trois gouttes d'une liqueur sucrée qu'elle fait sortir de sa boudie.
Les ouvrières sont les plus petites, les plus vives et les plus actives; les femelles sont les plus grosses et les p)us pesantes; dans de certains temps , il n*y en a qu'une seule dans le guêpier ; mais quelquefois il y en a plus de trois cents. Les mâles sont de grosseur moyenne ; ils sont aisés à reconnaître par leurs antennes f qui sont plus longues que celles des mères et des ouvrières , et recourbées à l'extrémité ; leur abdomen
agB HISTOIRE raturellb
est composé de sept annekoxy celui des mères et des ouvrières n'en a que six.
Les mères ne volent dans la campagne qu'au printemps et en automne ; pendant l'été , elles sont renfermées dans l'intérieur du guêpier , occupées à pondre, et surtout à nourrir leurs petits.
Un guêpier qui a tous ses gâteaux » contient ordinairement quinze à seize mille cellules y dont chacune est remplie par un œuf, un ver ou une nymphe ; ce sont 1^ vers qui occupent principalemen^ les guêpes qui se tiennent dans l'intérieur du guêpier ; celles-^i les nourrissent de la même manière que les oiseaux nourrissent leurs petits , en leur donnant de temps en temps la becquée , après avoir ramolli dans leur bouche les alimens que les vers ne pourraient digérer.
Vingt jours après que les œufs ont été pondus, les vers sont prêts à se métamorphoser en n3rmphes ; alors ils bouchent l'ouverture de leur cellule avec un couvercle de soie qu'ils filent, comme fout les che-