‹ Histoire naturelle des insectes, composée dáprès Réaumur, Georffroy, Degéer, Roesel, Linnée, FabriciusChapitre 36 sur 66 · ICHNEUMON · texte numérisé non relu

ICHNEUMON

CanMirei génén^aei. Animât» Ktacé«, longue., TÏbratn»; arliclu nombrcni. irèj coniii, pea dntinm. — Quatre anlcnniiln inrgaln, liliforni») In (Dtcricurca nn p«u plus lon|;nn. compotiers île lîx articlrs; la pottcriEnrca de qnilre. — Vïntre attacbè au corselet par un p*dicole loD); et mince. — Aigiuiloa flexible, long ^ ri diïisé en \tiih pircM dans h fcmdle. — Troii ^ pelila ytOK lîurs.

,£ Lira ichnounions ont quelques rapports ^ avec les sphex ; on les distingue facileroent ^ lie ces insectes par In forme de leurs an- ^. tcnncs ; ir^ï.sphexles ont ronlées en spirale; X. celles des ichnciimor s sont longue*, droites,

filifomirs, vtbrariles, insensés nn milinn du

front.

i ■■•rniNis ratvhblle

La tt>h- rient au rorscict par un col cuiirt

I^- corseli-l est tcvs court ; le dos grand et

1^ forme de l'abdomen n'est pas la même dans loiilet les espèces; dans les unes il est ovale, ^rvs i-l court; dans d'autres il est alloniic, cvlindri({Ue , en forme de fuseau; il'anirrs l'ont comprimé, aplati des deux côtrs, recourbe en faurilli'; enfin dansi|tielqui-s csfiècex il se termine en masse; il tient au corselet par un |)édicule plus ou moins luntc. Dans la plupart des femelles , il sort de l'cxiri^mité du ventre une tarière plus ou moins longue , comjtosée de trois pièces.

I.es quatre pales antérieures sont de litniïueur moyenne; les poslrrieure% plus l<)n(;u(M.

Les ailes sont membraneuses ; la plupart des nervnres sont Innptiidinalen; les supérieures plus longues que les inférieures, tlans l'état île repos ces insectes 1rs aillent asseï souvent, de même que \run antennes, ce qui leur a fait donner, par qndques auteurs, le nom di' mnarhet vihmioet, fjuel-

DRS ICBREUMOlfS. 3

ques autres, à cause de la longue tarière des feinelles , les ont nommés musca tripilis. Les na'.ura listes ont donné à ces insectes le nom â*ichneumon, qui est ci*lui d'un petit quadrupède, décrit par les anciens, qui se trouvait sur les bords du ?^il , et que les Égyptiens adoraient parce qu'il ca^it les œufs du crocodile , ou le faisait mourir luimême en s'intrôduisant, à ce qu'ils prétendaient, dans le corps de cet animal, pour lui ronger les intestins. Les ichneumons, dont nous allons parler , sont , pour les insectes en général , et principalement pour les chenilles, des ennemis aussi redoutables que richneumon quadrupède l'était alors pour le crocodile. Lc^s femelles de nos ichneumons ne tuent point les insectes, mais elles déposent leurs œufs dans le corps de ceux qui sont encore sous leur première forme. Noué avons dit que ces femelles sont armées d'une tarière, qui est un instrument propre à percer. Pressée du besoin de pondre , la femelle va se poser sur une chenille ou sur un ver, dont le corps est quelquefois beaucoup plus grand que le sien ; elle le parcourt , le perci*

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dans Tendroit qui lui coavietit , et laisse ensuite un ou plusieurs œufs au fond de la plaie. Quelques espèces déposent vingt ou trente œufs dans le corps d'une chenille; d'autres n'y en introduisent que deux ou trois , quelqucfob qu'un seul , suivant la grandeur de l'espèce.

Quelques espèces d'ichneumons sont assez petites pour qu'un de leurs œufs soit logé à Taise dans l'œuf d'un papillon de grandeur médiocre, et pour que la larve qui en sort y trouve suffisamment d'aliment |>our la faire vivre jusqu'à ce qu'elle se change en nymphe. Après y avoir subi sa dernière métamorphose, elle perce la coque, et en sort sous la forme d'insecte parfait. Ces petits ichneumons vont à leur tour percer les œufs de différens insectes avec leurs petites tarières , qui viennent à bout de pénétrer dans l'intérieur, malgré la consistance et la dureté de la coque. Environ quinze jours après que l'œuf a été déposé , la larve a déjà ehaugé de forme : elle a pris celle de nymphe , et cinq à six jours après elle passe à l'état d'insecte parfait.

SES ICHNEUMORl. 5

D'autres ont une manière plus simple de placer leurs ceufs; ils se conteoleat d'en Roller un ou plusieurs sur le corps de l'insecte qu'ils ont choisi pour alimenter les petits qui doivent en sortir. Enfin d'autres savent pourvoir à l.i subsistance de leur postérité d'une manière différente. Ib sont ît l'afrùt des nids (jue la plupart des insectes préparent pour y déposer leurs ŒUfs. Quel- (jues soins que ces insectes prennent pour les rendre inaccessibles, les ichneumons se jouent de la prévoyance et des précautions des mères, malgré les enveloppes solides dont celles-ci les recouvrent. Avant qu'une Temelle qui construit un nid ait eu le t«nps de le fermer, pendant qu'elle va chercher dans la campagne les matériaux qu'elle est obligée d'y employer, souvent un ichneumon SB glisse dans le nid , et y pond un ceuT à coté de celui qtu y a été déposé. L'insecte <{ui vient achever de boucher l'ouTerlure , igniire que lorsque le petit qui est l'objet de SCS soins sera ué , il en naîtra un autre auprès de loi qui le dévorera peu à peu. D'autres ichneumons, tjui ne sont pas

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et qu'il le soit dans ce moment autant qu*il est possible, comme chaque pâte n'est pas posée perpendiculairement au point d'appui, et qu'elle n'est pas la moitié de la longueur de la tarière, Tichneumon est obligé de la recourber, et de la plier pour en ramener le bout sous son ventre. Lorsqu'il y est arrivé, l'ichneumon la conduit le plus loin qu'il lui est possible, en applique le bout contre l'enduit ; il fait alors des mouvcmens alternatifs de gauche à droite , et de droite à gauche. Il parait que cette oi)ération est difficile , car il faut à l'insecte environ un quart d'heure pour qu'elle soit achevtV. Pendant que l'ichneumon perce, la pointe de la tarière est constamment placée en devant de la tête : quelques espèces ont alors la tête tournée en haot , d'autres en bas.

Des ichneumons de même taille que ceux-ci, et d'autres lieaucoup plus grands, à très longue tarière, savent trouver dt*s larves de différentes espèces que leurs mères ont cru loger bien sûn*ment , en les faisant naître au-dessous de l'écnrre épaisse de fort gros arbres, et dans l'iotérienr du bois

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même. Les ichneumoDs rôdent autour des arbres comme les autres autour des murs. Réaumur eu a surpris un doi^l la tarière était enfoncée en partie dans le tronc d'un gros orme, où le bois commençait à se pourrir. Cette tarière n'était pas dirigée comme celle de l'espèce précédente : elle l'était en arrière ; l'insecte l'avait fait entrer le moins obliquement qn'il lui avait été possible dans le tronc; elle était entièrement hors de ses deux fourreaux ; ceux-ci étaient parallèles entre eux , et soutenus en l'air dans la ligne du corps.

TjCS ichneumons ne trouvent pas autant de difficultés à percer le corps des chenilles : aussi sont-elles plus sujettes que les autres insectes à renfermer de leurs larves. Les chenilles de la plus belle des espèces qui vivent sur le chou, sont de toutes les chenilles celles qui nourriftsent le plus ordinairement des larves d'ichneumons qui vivent en société, et surfont une espèce qui^file de très jolies coques, que ces larves attachent les unes auprès des autres. Ce sont ces larves que Gœdaert , et beaucoup d'autres avant

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lui , ont regardées comme les vrais cnfans des chenilles ; ils ont même cru voir que la chenille s'intéressait pour ses enfans nouvellement nés ; que dès qu'ils étaient sortis de son corps , elle filait pour les envelopper de soie. Les vers qui paraissent naître des chenilles n'ont pas trompé les observateurs qui avaient de plus justes idées de l'invariabilité des productions de la nature , tels qu'ont été Swammerdam , Leuwenhoek , Yalisnieri et autres. Il a dû paraître certain que les larves qui s'étaient élevées dans le corps des chenilles, qui en sortaient, et qui ensuite se transformaient en mouches, devaient leur naissance à des mouches semblables à elles. Sur quoi seulement il devait V avoir de l'incertitude, c'est sur la manière dont ces larves étaient entrées dans le corps de la chenille. Toutes ces larves , tant celles qui vivent en société que celles qui vivent solitaires, doivent subir les mêmes métamorphoses. Réaumur appelle larves qui vivent en société, celles qui sont en grand nombre dans le corps d'une chenille , et qui en sortent ensemble pour se métamorphost^r

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les une4 auprès des antres. Les larves solitaires sont celles dont on ne trouve qu'une ou deux dans le corps d'une chenille. Il y en a de plusieurs espèces , tant de celles qui vivent en société que de celles qui vivent solitaires, qui se filent des coques de soie pour se métamorphoser , et d'autres qui se transforment sans se renfermer dans des coques. Il arrive tantôt que les larves sortent du corps de la chenille, tantôt qu'elles sortent de la chrysalide, selon que l'accroissement de la chenille était plus ou moins avancé lorsque les œufs ont été déposés dans son corps.

Les larves qui vivent dans l'intérieur des chenilles du chou sont rases et sans pâtes. Dès qu'elles sortent du corps de la chenille, et souvent avant d'en être entièrement sorties, elles commencent à filer : leur filière est placée comme celle des chenilles, à la lèvre inférieure. Toutes celles qui sortent d'un des côtés de la chenille, descendent du mcrn^ côté sans s'éloigner les unes des autres , ni du corps de la chenille; elles continuent à filer quelques fils qu'elles placent en différens sens. Elles se forment de ces fils

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