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une petite masse cotouoeuse, qui sert de base à la coque de chaque larve. Chacune* d'elles s'en fait une d'une belle soie qui diffère peu pour la forme de celle du ver à soie. Cette soie est très forte , d'un beau jaune, ou très blanche , selon l'espèce. Réaumura obsenré des larves qui étaient sorties du corps d'une chenille de l'aristoloche : lorsqu'il les vit , elles étaient presque toutes fixées sur une tige de cette plante , peu éloignées de la chenille. Elles avaient travaillé à se faire chacune une petite coque : celles qui sortaient se rendaient auprès des autres, et prenaient la coque commencée pour point d'appui de celles qu'elles allaient faire. Ainsi, c'est la bourre que chaque larve file avant de faire sa coque , et qui tient à celle que chaque larve a filée , qui forme cette masse cotonneuse qui enveloppe la totalité des coques. La vitesse avec laquelle ces larves filent est étonnante : en moins d'une demi-heure, la masse est commencée et finie.
Quand on voit tant de larves sortir du corps d'une chenille, on a peine à concevoir comment elles ont pu y être contenues , et
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comment elles ont pu y vivre sans la faire périr. Non seulement cette chenille ne périt pas , elle croît elle-même , pendant que tant d'ennemis si terribles se nourrissent de son intérieur. Tant que les larves doivent croître, jusqu'à ce qu'elles soient prêtes à se transformer, elles ne portent pas d'atteintes mortelles à la chenille ; elles savent aussi épargner les parties qui lui sont essentielles ; jamais elles ne percent ni n'attaquent le long canal qui est composé de l'cesophage, de l'estomac et des intestins ; elles trouvent moyeu de vivre à ses dépens , sans lui faire des blessures mortelles : c'est le corps graisseux , dont le volume est considérable , et qui parait être une partie plus essentielle k l'insecte , sous la forme de chrysalide, qu'elle ne lui était lorsqu'il avait la forme de chenille , que les larves d'ichneumons attaquent. Les parties intérieures de la chenille ne sont pas autant ménagées par toutes les espèces de larves , qu'elles le sont par les espèces dont nous venons de parler. Une larve ou deux font quelquefois périr la chenille pendant qu'elle est encore jeune. C'est que
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celles-ci , pour prendre tout leur accroissement, n'ont pas besoin que la chenille ait pris totalement le sien.
On trouve sur toutes sortes de plantes des masses de coques semblables à celles des tiges de Tarbtoloche , principalement sur les tiges du gramen. Les ichneumons qui en sortent , sont extrêmement petits. D'autres larves arrangent leurs coques les unes auprès des autres, de manière qu'elles forment ensemble une espèce de petit gâteau , terminé par deux plans parallèles. On trouve ces gâteaux sur les branches d'arbres et d'arbrisseaux.
Parmi les coques d'ichneumon, on en trouve qui sont de deux couleurs , disposées par bandes : les unes ont une bande jaune ou blanche dans le milieu , et le reste de la coque est brun ; d'autres ont plusieurs bandes de l'une de ces couleurs. Nous verrons par la suite conmient ces larves parviennent à faire des coques semblables.
Toutes les larves ont leur filière placée coDune celle des chenilles , et on sait que la matière de la soie contenue dans les réscr-
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voirs de la chenille , est quelquefois de deux couleurs ou de différentes nuances de la même couleur; de là il arrive que l'extérieur d'une coque est quelquefois de soie blanche, ou d'un blanc jaunâtre , et que l'intérieur de la même coque est d'un beau jaune.
Nous avons vu ailleurs que la qualité des feuilles dont se nourrit une chenille , et la dis|>osidon où elle est elle-même , peuvent influer sur les couleurs que prend la matière à scûe; et comme celle qui se- trouve dans le milieu du réservoir n'est filée que quand la portion de la matière soyeuse qui la précède l'a été , il s'ensuit qu'une partie de la coque est d'une couleur, tandis que le reste est d'une autre, mais jamais par bande. Si la variété de la distribution des couleurs des coques de nos larves dépendait précisément de cette cause , il faudrait que certaines portions de la matière à soie fussent alternativement blanches , et d'autres alternativement brunes , mais avec des variétés incomparablement plus grandes que celles que la coque même fait voir. Il n'y a ici, ni tant d'art de la part de l'insecte, ni autant
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de préparatifs faits psr la nature , que Texteneur de ces coques semble en demander. Tout se réduit à ce que la lanre peut faire» sa coque de deux couleurs , et que la soie qui sort la première de la filière est blanche ; et à une circonstance de plus, qui est celle qui donne le dénoàment : c'est que quand la lanre commence sa coque , la solidité de son ouvrage exige qu'elle donne plus d'épaisseur à certains endroits qu'à d'autres. Le milieu d'une coque commencée doit être soutenu par un cerceau de soie plus épais que le reste ; d'autres parties de la même coque ont besoin d'un pareil cerceau près de chaque bout. Supposons que la matière blanche qui sort la première ne peut suffire qu'à ébaucher la coque , qu'elle ne saurait fournir la soie nécessaire pour lui donner l'épaisseur convenable y et que la matière contenue dans les réservoirs donne de la soie brune ; cela supposé, il s'ensuit que tout l'intérieur de la coque sera brun , et tout l'extérieur paraîtra à peu près de cette couleur , dans les endroits qui ne sont faits que d'un réseau de soie blanche, mince et transpa-
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rente; mais la coque paraîtra toujours blanche dans les endroits qui ont ctt* fortifiés par des couches de soie assez épaisses pour être opaques. Il est aisé de se convaincre que c'est de là que dépend la variété extérieure des couleurs des coques dont nous parlons. On en a une preuve décisive, en ratissant avec la pointe d'un canif quelques portions d'un endroit blanc , la portion qu'on gratte devient brune à mesure qu'on enlève ce qu'elle avait de plus d'épaisseur que les autres endroits. La soie de ces coquet est d'une finesse extrême ; elle a un brillant et un édat pareil à celui des vernis, ou des corps durs les mieux polis. On trouve ces coques au commence* ment de l'automne sur le genêt ; les larves qu'elles renferment sont d'un blanc verdâtre. Après être sorties du corps de la chenille, elles passent l'hiver dans leur ooque sans se métamorphoser.
Les chenilles qui se renferment dans des coques pour se métamorphoser, ne sont pas pins exemptes que les autres d'être mangées par les larves des ichneumons. Pendant
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qu'elle se prépare à sa transformation , 1 larve vit et croît dans son intérieur ; ell sort par la suite du corps de la chrysalide et lorsqu'elle est de l'espèce de celles doi nous venons de parler, elle se file une joli coque dans celle de la chenille. Ainsi, 1 travail même de la chenille qu'elle a dévc rée , sert à la mettre plus à couvert.
Il y a des larves de différentes espèces qi ne filent point de coque dans le corps di chenilles ou des chrysalides ; elles s'y tram forment en nymphes , et n'ont pour tout enveloppe que la peau de la chenille , o celle de la chrysalide.
On trouve sur le chêne une espèce d coque qui mérite de fixer l'attention : eU est suspendue par un fil de soie, dont u des bouts est attaché à un de ceux de I coque , et l'autre k une petite branche ou une feuille. Cette coque est de même form que celles don! nous avons parlé y mais ui peu moins allongée : elle a dans son miliei une bande d'une couleur blanchâtre. Ce coques ont offert à Réaumur un phénumèn* qui l'a surprb. Celles qu'il a détachées e
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renfermées dans des boîtes, y sautaient assez souvent On les déterminait à faire ce mouvement en les posant sur la main ; elles faisaient des petits sauts qui ne les portaient qu'à huit lignes de l'endroit d'où elles étaient parties , et quelquefois elles sautaient à trois ou quatre pouces , en s'élevant à une hauteur égale. Noas allons rendre compte du moyen que Réaumur a imaginé y et auquel il a cru que cette larve doit avoir recours pour faire sauter sa coque ; c'est celui d'un ressort qui se débande. Représentons-nous, dit Réaumur, la larve logée à Taise dans sa coque , et couchée sur un de ses côtés ; qu'elle se' recourbe ensuite peu à peu , de façon que le milieu de son dos soit le milieu de la convexité de la courbure qu'elle a prise ; que la partie la plus convexe touche la surface intérieure et la plus élevée de la coque y mais que son ventre ne touche pas la partie intérieure et inférieure de la même coque ; que cette dernière soit seulement touchée par la tète et par le derrière de l'insecte. C'est dans cet état que Réaumur a vu la larve dans le moment où elle allait faire
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sauter sa coque. Accordons , ajoute-l-il , à cette larve un principe de force et de mouvement , par lequel elle peut donner a son corps, et très subitement , nne courbure contraire à celle que nous venons de lui voir ; que le milieu de son ventre qui était concave se redresse , qu'il devienne convexe; le ventre va être porté vers le bas de la coque , le derrière de la tête sera porté vers la partie supérieure de la même coque. Mais supposons que la partie supérieure de la coque soit frappée brusquement , avant que le ventre soit parvenu à toucher la partie inférieure , les deux coups donnés par la tête et par la queue pousseront la coque en haut , relèveront , la feront sauter , et la détermineront à s'élever obliquement, À aller en avant, en s'élevant selon la direction composée qui résulte de l'obliquité avec laquelle les deux coups ont été donnés. On ne voit pas trop, ajoute Réaomur , quels avantages peut tirer un ver dû talent de savoir faire sauter une coque , qui , dans l'état naturel , est suspendue en Tair par une petite corde. Cependant , si l'on
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considère que la situation qui lui convient le mieux est d*étre dans cette position, puisque c'est celle dans laquelle on la trouve ordinairement, et que le vent ou d'autres circonstances peuvent la déplacer et la porter sur une feuille ou sur un autre corps, on ne doutera pas qu'il est nécessaire à notre larve desavoir sauter, pour se remettre dans sa position naturelle. Réaumur a vu que la larve fait effectivement sauter sa coque lorsqu'elle se trouve dérangée ; mais il n'a pu savoir quel était le véritable habitant de cette coque , parce que de celles qu'il a trouvées au printemps, il en est sorti les premiers beaux jours de l'année suivante un ichneumon de chacune. Ayant ensuite ouvert deux antres coques , il y a trouvé des mouches à quatre ailes , dont le corps était court et d'un bl^u noir, l'abdomen gros, les antennes aases courtes. Ainsi , l'un des deux insectes est venu d'une larve qui avait mangé l'autre.
Nous avons vu que la nature a donné aux ftfmelles des ichneumons un instrument propre à percer les corps durs qui rcnfer-
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ment des alimens convenables à leurs petits ; elle les a douées en même temps d'une intelligence admirable qui leur fait découvrir les insectes les mieux cachés ; elles savent trouver les chenilles plieuses, rouleuses et mineuses des feuilles des arbres , les habitans des galles, les teignes des pelleteries renfermées dans leurs fourrures. Les araignées mêmes , tapies dans leurs trous , malgré leurs toiles, qui sont des espèces de pièges toujours tendus , si dangereux pour les insectes ailés, et qui semblent devoir les mettre à Tabri de la tarière des ichneumons, subissent le sort commun, et deviennent, comme les autres insectes , la proie de leurs larves. Les ichneumons , et quelques autres insectes , paraissent donc destinés à détruire la plus grande partie des animaux de leur classe, qui, sans doute, finiraient par devenir nuisibles aux animaux des autres classes , par leur prodigieuse fécondité.
Ce genre renferme plus de cinq cents espèces. Les auteurs modernes ont établi , aux dépens des ichneumons, un grand nombre de genres difBcîles à distinguer, et
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dont les caractères minutieux ne peuvent entrer dans le plan de cet ouvrage. M. Olivier partage (d'après Linné ) les ichncumons en six familles , qu'on distingue par les antennes et Técusson.
PreiAière famille , écusson blanc ou jaune, antennes avec un anneau blanchâtre.
Deuxième famille , écusson blanc ou jaune , antennes entièrement noires.
Troisième famille , écusson de la couleur du corselet, antennes avec un anneau blanc.
Quatrième famille , écusson de la couleur du corselet , antennes entièrement noires.
Cinquième famille, antennes jaunes ou fauves.
Sixième famille, corps très petit, an* tennes filiformes, abdomen ovale, aessile.
On trouve une grande quantité d'ichneumons aux environs de Paris.
Nous allons passer à la description de quelques espèces de ce genre nombreux.
viu.
■ISTOimi VATVBILLE
PEBMIEEE FAMILLE.
ÉcoMon bUnc oq jaane , antennes arec on anneao
blanc.
L'Iehneumon saturé, Ichneumon saturaîorius.
Sa tête est jaaoe antérieurement , noire postérieurement; les antennes noires, avec un anneau blanc; le corselet noir, avec un point blanc sur Técusson , et trois de chaque côté ; l'abdomen noir, avec une tache blaqchc à l'extrémité; les pales sont ferrugineuses , avec les jambes postérieures noires.
n habite l'Europe.
Degéer a trouvé la larve de cet ichneumon dans le corps de la chenille du Bombyx vinula.
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