PUopée. Latr
Il a environ dix lignes de longueur; les VIII. i3
l46 HISTOIRE NATURELLE
antennes sont de la longueur du corselet*; le premier article est renflé , jaune , les autres noirs ; la te te est noire , un peu velue ; le corselet est de la m<^me couleur, avec six taches jaunes un peu élevées, une à sa partie antérieure , deux sur le milieu , une à l'origine des ailes, et une près du pétiole; l'abdomen est ovale, terminé en pointe, un peu velu, avec une grande tache jaune sur le premier anneau ; il est attaché au corselet par un long pédicule d*un noir luisant ; les pâtes sont jaunes ; les cuisses des quatre pâtes antérieures ont une tache noire, les postérieures sont noires; les ailes sont plus courtes que le corps et d'un brun obscur. On le trouve en Pensylvanie.
Le Sphex du gravier, Sphex arenaria.
Il est noir, velu, avec le pédicule de Tabdonien formé brusquement par son premier anneau ; le second , le troisième et la base du quatrième sont rouges.
Il se trouve dans toute l'Europe.
DES SPHCX. I/|7
Le Sphex azuré , Sphex cyanea.
G. PompUe. L|àTB.
Les auteDnes sont noires , de la longueur du corselet ; tout le corps est d'un bleu foncé luisant ; la tète et le corselet sont un peu velus; les yeux bruns , allongés; l'abdomen ovale, attaché au corselet par un long pédicule ; les cuisses et les jambes de la couleur du corps; les tarses noirs; les ailes de la longueur du corps, brunes, avec une forte teinte d'un violet foncé brillant.
On le trouve en Pensylvanie.
Le Sphex de Pensylvanie , Sphex Pen-^
sjlyanica,
G. PompiU. Latb. ^
Il a environ quinze lignes de longueur ; il est entièrement noir; les antennes sont de la longueur du corselet; la tête est grande; les yeux sont bruns ; les mandibules sont très grandes , pointues; le corselet est velu , l'abdomen ovale , pointu à Textrémité, atta-
l48 RlSTOiai HATUBELLE
ché au corselet par un pédicule court; les ailes sont d'un violet foncé très luisant, brunes à Textrémité.
On le trouve en Pensylvanie, dans les vieux bdtiroens.
Le Sphex bleu , Sphex cœrulea*
G PompUe. Lâtb.
Il est de la grandeur du précédent , d'un bleu foncé luisant ; les antennes sont de la longueur du corselet ; les cinq premiers articles sont noirs y les autres jaunes ; le corselet est un peu verdâtre; l'abdomen est ovale f allongé , attaché au corselet par un pédicule court ; il est garni de poils à l'extrémité ; les quatre pâtes postérieures sont très longues; les ailes de couleur rousse très foncée, noires à la base, blanches à l'extrémité.
On trouve cette belle espèce à Surinam.
Le Sphex tourneur, Sphex spirifex.
Il est noir ; le corselet est un peu velu , sans tache; l'abdonien est globuleux, atta*
DE» SPHIX. ' 149
dié au corselet par un pédicule très long , de couleur jaune; les pâtes sont jaunes, avec des taches noires ; les ailes sont beaucoup plus courtes que l'abdomen , de couleur rousse.
On le trouve dans les départemens méridionaux de la France.
Le spbex tourneur fait son nid dans les maisons; il l'attache au plandier, et le compose d'une certaine quantité de petits tuyaux de terre y dans lesquels il dépose un insecte qu'il a tué et un œuf. Les nids d'une e^ pèce voisine sont décrits par Réaumur^ qui a reçu de Saint-Domingue des nids de guêpes ichneumons et maçonnes , construits d'une terre grise qui , quand elle est sèche , est friable. Chaque nid est composé d'un grand nombre de tuyaux , tous pareils les uns aux autres : la masse formée de leur assemblage est souvent attachée au plancher d'une chambre. Les mouches qui bâtissent ces sortes de oids entrent hardiment dans les maisons. Toutes les cellules ou tuvaux ont leur ouverture en bas, ordinairement sur un même plan. Quelques uns de ces
iSa RISTOIAB HATOEELLE
dans laquelle se sont faites les transformations de la larve en nymphe, et de la nymphe en mouche.
Le Sphex comprimé, Sphex corn-
près sus.
Cette espèce a huit à dix lignes de long ; die est verte, avec les quatre cuisses postérienres rouges.
Ce sphex est très commun à l'ile-Kle- France, et ses habitudes ont été décrites avec soin par Kéanmur, qui avait reçu les observations de M. Cossigny sur cet insecte.
Ces mouches, dit R«aumur d'après le rapport de Cossigny, assez rares dans l'Ile- Bomrbon , sont très communes dans Tlle-de- France; elles volent avec agilité; ce sont des guerrières qui ne nons craignent pas; elles entrent volontiers dans les maisons, elles volent sur les rideaux des fenêtres, pénètrent dans leurs plis, et en ressortent: lorsqu'elles y sont posées , elles sont aisées à prendre. La piqàre de leur aiguillon est plus à redouter que celle des aiguillons des
DB» ftPHBX. l53
abeilles et des guêpes ordinaires; cette guêpe ichneumon darde le sien bien plus loin hors de son corps que ces autres mouches ne peuvent darder le leur. Cossigny n'a pas eu occasion d'observer si ces guêpes ichneumons , d'une couleur si belle et si éclatante y^en voulaient aux abeilles ; mais il leur a vu livrer des combats dont il ne pouvait que leur savoir gré : c'était à des insectes qui leur sont fort supérieurs en grandeur, et sur lesquels néanmoins elles remporteut une pleine victoire. Tous ceux qui ont voyagé dans nos îles connaissent les kakerlagues (blatta americana)\ souvent même ils les ont connues avant que d'y être arrivés : nos vaisseaiui n'en sont que trop fréquemment infectés. Dans nos îles, elles s'introduisent partout, elles hachent tout; elles n'épargnent rien , ni habits ni linge. On doit donc aimer des mouches qui , comme les guêpes ichncumons dont il s'agit actuellement , attaquent ces insectes destructeurs et les mettent à mort. Cossigny, qui a été témoin de quelques uns de leurs combats, les a très bien décrits.
l:>4 IIISTOIBR NATUBELLE
Le Sphex Ichneumoii , Sphex Ichneu-
monea.
Il a environ douze lignes de longueur; les antennes sont de la longueur du corselet; la tête est très grosse, noire, couverte antérieurement de poils courts , d'un*jaune doré très brillant; le corselet est noir; il a en dessus et sur les côtés des lignes et des taches d'un jaune doré et velouté , formées par des poils courts; l'abdomen est ovale, renflé, conique à l'extrémité; les premiers anneaux sont d'un rouge jaunâtre, les derniers noirs; il est attaché au corselet par un pédicule assez long; les pâtes sont rousses et épineuses ; les ailes sont d'un brun foncé, luisant, avec une teinte pourpre.
On le trouve à Surinam.
Le Sphex brun , Sphex fusca^
G. PompUe, Lata.
Il a environ six lignes de longueur; ses antennes sont grosses, noires, à peine de la longueur du corselet; la tête et le corselet
DRS SPHIX. l55
sont noirs*, l'abdomen est noir, avec les trois premiers anneaux rongeàtres; il est attaché au corselet par un pédicule court ; les pâtes sont noires, les ailes brunes.
La femelle de cette espèce se sert de ses mâchoires et de ses pâtés pour creuser la terre dans l'endroit où elle veut déposer un œuf; elle emporte avec ses dents tous les grains de sable et les petites mottes de terre qu'elle rencontre dans son chemin ; elle les jette à quelque distance , et rentre de nouveau dans le trou. Elle écarte et jette le sable et la terre en arrière, en grattant avec ses pâtes postérieures , et parvient en peu de temps à creuser un trou assez profond ; elle lui donne une direction oblique à la surface du terrain. Dès qu'elle l'a fini, elle s'envole pour aller chercher une araignée, qu'elle fait entrer dans le trou; ensuite elle comble la galerie qui y conduit , en y jetant du sable et de la terre , qu'elle y fait entrer en les poussant avec les pâtes de derrière. Degéer a vu une de ces femelles apporter une araignée deux fois plus grande qu'elle, dont la couleur était grise, de l'es-
l56 HISTOIBB VATOABLLB
pèce de celles qu'on voit marcher sur la terre et qu'où trouve souvent sous les pierres : l'araignée ne paraissait avoir aucune blessure , et elle était absolument sans mouvement et comme engourdie. Il paraît que le sphex sait la piquer de manière à l'engourdir pour le moment, et qu'elle meurt ensuite. Godeart a vu une de ces femelles prendre une araignée au milieu de sa toile , et lui casser les pâtes avant de la porter dans son nid.
Celte espèce est commune aux environs de Paris.
Le Sphex voyageur, Sphex viatica,
G. PompUé. Latb.
Il ressemble beaucoup au précédent ; ses antennes sont courtes, noires; sa tète est très grande, noire, velue; son corselet est long , renflé et velu ; l'abdomen est attaché au corselet par un pédicule court ; il a les deux ou trois premiers anneaux d'un jaune rougedtre, les autres noirs ; les pâtes sont noires; les ailes ont ime forte teinte de brun.
DCS tPHIX. • 167
La femene, après avoir crèiiaé im trou en terre , y porte une chenille , dépose vraisemblablement un œuf dans ce trou , et le referme ensuite.
Il habite l'Europe : on le trouve aux environs de Paris.