‹ Histoire naturelle des insectes, composée dáprès Réaumur, Georffroy, Degéer, Roesel, Linnée, FabriciusChapitre 57 sur 66 · j. Andr. plam\ç · texte numérisé non relu

j. Andr. plam\ç

DBS ABEILLES. • iSS

dre d'«Qviron un pouce de hauteur et $ix lignes de diamètre ; une plaque circulaire , composée de plusieurs petites masses de mortier^ fait la base sur laquelle l'abeille bâtit chaque cellule. Ses mandibules font l'ofBce de truelle ; elles lui servent à aplanir son mortier, qu'elle humecte de liqueur à mesure qu'elle le met en œuvre. Quoique souvent son nid soit éloigné de l'epdroit où elle prend ses matériaux, elle construit à peu près une cellule dans la jouiiiée. Dès qu'elle en a élevé une à environ les deux tiers de la hauteur qu'elle veut lui donner, elle va sur les fleurs chercher la poussière des étamines , l'apporte dans le nid , où elle l'humecte ensuite, avec le miel qu'elle a recueilli en même temps; elle forme avec ces deux matières une sorte de pâtée assez liquide , dépose un œuf auprès de cette provision , et ferme la cellule avec la même matière dont elle est construite. Dès que la première cellule est finie, l'abeille en re* commence une nouvelle , qu'elle achève de même et successivement. Chaque nid renferme souvent sept ou huit de ces cellules^

256 HISTOIRE ZIATUBELLE

quelquefois trois ou quatre : elles sont placées les unes à c6té des autres;, et recouvertes d'une couche de mortier d'une si grande solidité, qu'il ne peut être brisé qu'avec un instrument de fer. Quelquefois, pour s'éviter fa peine de construire entièrement leur nid , on voit ces abeilles chercher ceux qui ont été habités l'année précédente ; alors elles se contentent de réparer les dégradations qu'ils ont éprouvées , et y déposent leurs œufs.

Il arrive souvent à ces abeilles , pendant le temps qu'elles sont occupées à bâtir, d'avoir des combats à livrer pour défendre leur propriété : on voit des abeilles paresseuses profiter de l'absence de l'abeille laborieuse pour s'emparer de l'édifice qu'elle a commencé; mais aussitôt que celle-ci aperçoit l'étrangère, elle tâche de la chasser: l'usurpatrice n'abandonne le nid que lorsqu'elle y est forcée. C'est en l'air que ces abeilles combattent avec le plus d'acharnement; il leur arrive quelquefois , en allant à la rencontre l'une de l'autre , de se heurter si rudement qu'elles tombent k terre ; et là ,

DES ABEILLBS. %^'J

le combat coDtinaey jusqu'à ce qu'enCn, épuisées de fatigue y l'une des deui se débarrasse de son adversaire, et prend l'essor: celle qui est restée sur le champ de bataille ne poursuit point celle qui l'a abandonné; elle se contente de la possession de la cellule qui lui a été disputée.

Les lanres qui sortent des œufe de ces abeilles ressemblent à celles des autres abeilles : parvenues au terme de leur accroissement, elles filent une coque de soie blanche, d'un tissu très fin et très serré, dans laquelle elles se métamorphosent en nymphes, les unes vers le milieu de l'automne , les autres plus tard , suivant l'époque où les œufs ont été pondus; mais, sous quelque forme qu'elles se trouvent dans cette saison, elles ne sortent de leur nid, sous la forme d'insecte parfût, qu'au renouvellement de la belle saison. Quand l'abeille a quitté sa dépouille de n3rmphe, elle perce avec ses mâchoires le double mur qui la recouvre, et quitte sa cellule pour devenir habitante de l'air. On trouve ces abeilles au printemps.

l5S HISTOIRE KATURBLLB

Renfermées comme ces larves le sont, il semble qu'elles devraient n'avoir rien à craindre des insectes parasites; cependant elles servent de nourriture à quelques larves d'icbneumons et à une espèce de clairon. Les œufs d'où sortent ces deux sortes de larves sont déposés par les mères dans le nid de l'abeille pendant son absence, et elle les enferme avec les siens.

Elle habite l'Europe : on la trouve, aux environs de Paris, sur les fleurs.

L'Abeille lagopède, Apis lagopoda.

G. MégaehUe, Latb.

( Mâle de l'Abeille coopeote. )

Elle est à peu près de la grandeur de l'abeille à miel ; elle est brune; le devant de sa tète est couvert de poils d'un gris cendré ; Tabdomen est couvert de poils d'un gris fauve; les pâtes sont un peu noirâtres; les jambes postérieures un peu renflées; les tarses des pâtes antérieures sont jaunâtres, aplatis, dilatés; leur partie postérieure est bordée de poils roides très serrés, noirs à

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a6o HISTOIRK HATDRELLK

sidérablement, et en polit rintérieur. Le local ainsi préparé , elle y fait son nid , consistant en plusieurs petites cellules presque cylindriques , placées confusément, et dont chacune renferme un œuf. Le nombre de ces cellules est de douze à quinze; quelquefois, mais rarement, il est porté à vingtquatre : des brins de feuilles de chêne, agglutinées au moyen d'une matière résineuse , en forment les parois intérieures.

L'Abeille à cinq crochets, Apis manicata.

G. Mégaehile. Latb.

Sa tête est brune, avec quelques poils de couleur cendrée sur le derrière; la lèvre supérieure est jaune ; le corselet est couvert de poils de la même couleur que ceux de la tête; l'abdomen est d'un brun clair, avec deux taches jaunes sur chaque anneau; il est terminé par cinq petites pointes courbées en crochets , trois sur le dernier anneau , deux sur l'a vant-demier ; les pâtes sont brunes , avec quelques lignes longitu-

DBS ABE1U.R». a6 f

dioales jaunes sur les jambes et sur les tarses.

Elle habite l'Europe : elle est très commune aux environs de Paris. On la trouve en été sur les fleurs.

L'Abeille coupeuse, Apis centun-

culans.

G. MégachUe, Latb.

Elle est noire ; le devant de la tête et le corselet sont couverts de poils grisAtres; Tabdomen est lisse , noir en dessus, avec le bord des anneaux garni de poils blanchâ> très ; le dessous est couvert de poils roux ; les pâtes sont noires , avec des poils gris ; les mulets sont d'un tiers plus petits que les mAles, auxquels ils ressemblent entièrement.

Cette abeille fait son nid dans la terre ; elle choisit des endroits battus , tels que ceux qui bordent les chemins ; elle creuse un trou d'une grandeur proportionnée à la quantité d'œufs qu'elle veut y déposer; elle y construit plusieurs cellules avec des feuilles : ce sont ordinairement celles du

a6a HisToiAE naturelle

rasier qu'elle emploie; ses mAchoires lui seireot de ciseaux pour couper chaque portion dont elle a besoin. Son adresse mérite que nous l'examinions un moment dans ôe travail décrit par Réaumur. Placée sur une feuille , elle saisit avec ses dents l'endroit du bord dont elle est le plus proche , le coupe , et fait passer entre ses pâtes les bords de la partie qu'elle a détachée. La direction de la coupe est toujours en ligne courbe y et elle continue de couper en s'approcfaant de la principale nervure. Arrivée à ce point y elle retourne vers le bord d'où elle est partie , et marche aussi vite en coupant, qu'elle mardierait sur un terrain uni , quoique la pièce qu'elle détache semble devoir l'embarrassery surtout lorsque l'entaille commence à devenir profonde. Lorsqu'elle a coupé presque toute sa pièce, elle la plie en deux entre ses pâtes, et lorsqu'elle donne le dernier coup «pii doit la détadier, elle la serre entre ses six pâtes ; comme elle n'a plus de point d'appui , elle a recours à ses ailes y prend l'essor, et part chargée du morceau qu'elle a détaché avec

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K NATUBELLF.

la <;ellule qu'elle va conse de ces petits tuyaux est Des , et leur longueur de lUx sont recouyerts d'une i de plusieurs couches de lie ; ils sont couchés ho-

ermées dans les cellules irves des abeilles à miel, ne de leur accroissement , que épaisse et solide dans angent en nymphes , pas- « , et ne pai*aissent qu'au L forme d'insecte parfait, quelquefois de nourriture louche à deux ailes, qui côté de ceux de l'abeille, yec les siens, urope : on la trouve aux

ces abeilles, si ingénieusen'ont pas toujours excité même que le sphinx à tète ; aussi excké la frayeur.

IDS Réanmar qu'un jardi-

DM àBKILLB». a65

ODS de Roaen ayant trouvé IX 9 vint à Paris annoncer à 'on avait jeté un «ort sur sa «pendant eu le courage d*api les pièces qui devaient l'en t il prétendait que son curé »igné de penser comme luL . n'était pas aussi crédule que mais n'ayant aucune connais- 3ire naturelle, consulta son i ne put donner aucun éclairin, ces rouleaux furent pré- L NolJet , qui ne tarda pas à liomme , en lui montrant les mfermaient, que ces tuyaux ge de quelque insecte , et non ier : ce qui rendit au pauvre Sté , que la crainte d'un sort erdre.

«ite velue, ^pis pilipes.

. MégachUe, Latr.

on six lignes de longueur; la ennes est jaune ; le devant de

166 HISTOimS ITATUABLLE

la tète et la lèvre supérieure sont d'un jaune citron ; l'abdomen est noirAtre ; le bord de chaque anneau est terminé par des poils blancs qui forment des bandes transversales ; les jambes et les tarses des pâtes intermédiaires des femelles ont à leur extrémité deux houppes de poils assez longs, de couleur grise. Cette abeille fait , eu volant , un bruit semblable à celui des abeilles bourdons.

Elle habite l'Europe : ou la trouve , au commencement du printemps , sur les fleurs.

L'Abeille Amalthée, Apis Amakhea.

G. MéUpone. Latr.

Cette abeille est petite et toute noire ; elle a les pâtes postérieures très longues; les jambes grandes , comprimées et ciliées; les ailes blanches, transparentes, légèrement lavées d'une couleur obscure*

Cette abeille habite Cayenne et Surinam.

Elles vivent en société très nombreuse.

Elles construisent, vers le sommet des arbres un peu hauts, un nid dont la figure ap-

Dmt ABEILLES. %6j

«Uc d'une oomemiise, mais dont ir Tarie siûvant que U société a moins nombreuse : ces nids irement dix-huit à vingt pouces huit à dix de diamètre ; on les pour une motte de terre apitre l'arbre. Il est très difficile , s impossible y de les avoir sans rbre. Malgré leur solidité, ces sent en tombant de si haut. Les )nt très grands, et contiennent I doux , très agréable , très fluide , leur roussfttre. Ce miel est si u'il fermente peu de temps après retiré des alvéoles, et il fournit ndiens une liqueur spiritueuse qui gréable lorsqu'elle n'est pas trop Pour conserver ce miel, on est le faire cuire, afin de dissiper la 'eajQ surabondante qu'il contient, on a retiré le miel , on met le nid errines de terre : la cire qu'on en u moyen d'un feu modéré, est eur brune obscure. On a tenté en 'à présent de la blanchir. Les in-

a68 BISTOIIB II4TL«I!U.K

diem tnatpent àaaê cette cire foodue de loagna miches de goIod, les Isûtent refyvidir, les roulent ensuite, et en font des bougies très minces qui serr.ent à les éclùrer- Eiu^lopédie, art. Aiuixb, p. yg.

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