‹ Histoire naturelle des insectes, composée dáprès Réaumur, Georffroy, Degéer, Roesel, Linnée, FabriciusChapitre 62 sur 66 · partie que Ton trouve les principaux stigmates · texte numérisé non relu

partie que Ton trouve les principaux stigmates

Les lépidoptères u'ont ni plus ni moins de six pâtes; elles sont faibles, et souvent 1res velues. Dans quelques espèces de papillons , il ne paraît y en avoir que quatre ; mais nous ferons remarquer alors que les deux premières, courtes et velues, sont appliquées contre le corps, et que Tinsecte n*en peut faire aucun usage.

Les métamorphoses des lépidoptères sont les plus faciles à étudier, les plus remarquables, et par cela même les plus anciennement connues; elles ont dû frapper l'attention des observateurs les plus superficiels, par l'extrême différence qui existe entre une chenille souvent hideuse et un papillon orné des couleurs les plus agréables.

Les larves des lépidoptères ont reçu le nom particulier de chenilles; elles sont allongées , molles , tantôt lisses , souvent poilues , quelquefois épineuses ; leur corps cylindrique est distinctement partagé en douze anneaux : à la partie antérieure est la tête ; elle est composée de plusieurs pièces écaiU

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^88 HISTOIBK IIATURELLB

les fleurs, les fruits, les jeunes pousses des arbre», leurs racines , qui servent de nour> riture aux chenilles ; ces animaux , comme toutes les larves, consomment en peu de temps une grande quantité de ces alimens. On ne connaît que trop les dégâts que ces petits animaux font, par leur nombre et leur voracité, dans les forêts, les vergers, les jardins ; c'est en vain que le propriétaire excite mille mains à les détruire , ils savent échapper par leur nombre , leur petitesse , leurs ruses même. On ne s'aperçoit de leur présence que par le mal qu'ils font ; cachés d'ailleurs , pendant le jour, sous des feuilles, dans les aisselles des branches , dans la terre même, ils savent se soustraire à ceux qui les recherchent pour les punir du mal qu'ils commettent, ou pour s'en saisir comme d'un aliment agréable, ainsi que le font les oiseaux.

La plupart des chenilles mangent les feuilles des arbres et des plantes, mais chaque espèce ne peut s'accommoder qoe d'un certain nombre de plantes différentes; elle sait les reconnaître plutôt au goàt ou à

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'490 HISTOIEB IfATUEELLE

savent s'y creuser des chemins couverts qui les mettent à l'abri des attaques de leurs ennemis, et dont les déblais leur servent d'aiimens : telles sont celles de la plupart des alucites et de quelques teignes ; d'autres espèces vivent de lichens coriaces qui croîs* sent sur les ccorces et sur les murs. On ne conçoit pas qu'elles puissent trouver dans ces matières desséchées, qui ressemblent presque à de la pierre , la quantité de sucs nutritifs suffisante pour produire un animal.

Il est des chenilles dont. les goûts sont tout-à-fait diflerens de ceux du plus grand nombre; elles préfèrent les matières animales aux matières végétales, et se nourrissent de peau desséchée, de plumes, de cire, de graisse, de laine : elles savent même te faire avec ces substances des habillemens légers et solides qu'elles portent avec elles.

Nous avons dit que le corps des chenilles était long, cylindrique, et divisé par des anneaux ; on a remarqué , sur les côtés de neuf de ces anneaux , un point brun qui est une ouverture en forme de boutoanière : ce sont les stigmates ou les ouvertures de

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bées qui portent l'air dans toutes es dn corps, que nous aTons dé- I traitant de la respiration des in-

>nibre des pâtes dans les chenilles on les espèces depuis huit jusqu'à n'y en a jamais plus de seize ni 3 huit. Ces pâtes sont disposées sous deux à deux ; il n'y en a jamais que r un anneau.

que soît le nombre total des pâtes, i toujours six antérieures qui sont es, c'est-à-dire qui ressemblent à le petites griffes peu arquées et , parce qu'elles sont composées IX écailleux qui s'emboîtent Tun utre, à la manière des cylindres nette.

litres pâtes sont situées plus postéîut ; elles sont d'une consistance et ructure tout-à-fail diiïérenle : ce protubérances cylindriques et mem- !S , tronquées net à leur extrémité, nnées de deux rangées de crochets ts , mais très aigus.

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a9a HisToiBB vatueells

C'est avec ces dernières pâtes plutôt qu'avec les pâtes écailleuses que les chenilles se cramponnent solidement contre les corps sur lesquels elles marchent; elles emploient deux moyens pour s'attacher avec ces pâtes; elles enfoncent dans le corps la doable couronne de crochets qui les garnit, et, retirant la partie moyenne , elles font le vide sous leurs pâtes , et augmentent ainsi leur adhérence comme par une sorte de succion.

C'est le nombre des pâtes membraneuses qui varie dans les chenilles; le plus grand nombre est celui de dix, ainsi que nous l'avons dit : alors il y a entre les pâtes écailleuses et les deux premières membraneuses deux anneaux privés de pâtes. Viennent ensuite huit pâtes, puis deux anneaux sans pâtes, et enfin deux pâtes qui terminent le corps et sont placées aux deux côtés de l'anus. Ces deux pâtes ne manquent jamais ou presque jamais ; au lieu d'avoir une couronne entière de crochets, elles n'ont qu'une demi-couronne.

Lorsque les chenilles marchent, elles allongent d'abord la partie antérieure de leur

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moins de temps , selon les espèces y elles se préparent à se changer en chrysalides. Cette préparaftion est encore diflerente selon les espèces ; quelques unes , sans quitter le lieu qui les a nourries, réuuissent plusieurs feuilles avec de la soie , et se transforment sous cet abri ; d'autres , plus inquiètes y mais peutêtre moins prudentes, quittent les plantes qu'elles habitaient , elles gagnent les rochers ou les murailles , se fixent contre leurs parois, dans leurs fentes, sous leurs saillies , s'y suspendent par un fil, et y subissent leur métamorphose ; une troisième sorte choisit un refuge plus assuré , elle se cache sous les pierres , ou s'enfonce dans la terre.

Enfin , des chenilles plus industrieuses se construisent, avec un art admirable, des retraites commodes, solides, et d'une forme souvent remarquable ; elles y sont à l'abri des intempéries de l'air et de la poursuite de leurs ennemis.

Les fils qui suspendent les chenilles, les coques dont elles s'enveloppent , sont de soie ; elles produisent cetie matière particu-

DBS LliPIDOPTÉRES. ^qS

lièrc , ellos savent la filer et remployer convenablement.

Nous devons faire connaître les organes qui la contiennent dans le corps de la chenille, et ceux par lesquels cette substance est portée an-dehors. ^

La matière de la soie qui n'a point encore eu le contact de Pair, est une substance visqueuse , variable dans sa couleur ; elle est renfermée dans deux longs canaux torueux qui régnent sur les côtés de l'estomac; es canaux se terminent antérieurement par eux vaisseaux déliés qui vont se réunir ins la bouche ; ils s'ouvrent datis la lèvre ^érieure, qui porte la filière: c'est un tnyan t grêle, tronqué obliquement à son exooité ; le fil qui sort par l'extrémité de e filière est donc composé de deux fils se réunissent dans l'intérienr même de ière : cette réunion n'est pas tellement faite y qu'on ne puisse voir encore an tsoope des traces de la suture, fil , en sortant de la filière ^ est mon , (tible de se coller aux cotps sor le9^ a chenille l'applique ; mais il n'a pa5

agÔ HISTOIRR NATUEELLE

plus tôt pris le contact de l'air qu'il se dessèche, et a perdu la propriété de se ramollir de oouveau.

C'est à Taide de leur tête et de leurs pâtes antérieures que les chenilles conduisent , dans difTérens sens y et fixent , dans divers points , la soie qu'elles font sortir de leur filière ; elles en construisent des tissus plus ou moins serrés , en tapissent ou en lient des feuilles, l'emploient pnre, ou y mêlent les corps étrangers qu'elles trouvent à leor portée.

Ces préparations, nécessaires à. leur sûreté , terminées , elles sont prêtes à se transformer. Cette opération est , chez les chenilles, accompagnée des mêmes circonstances et des mêmes accidens que chez les autres insectes : nous l'avons décrite, nous ne devons point y revenir.

Les chrysalides des lépidoptères sont de la division des chrysalides dans lesquelles les parties de l'insecte parfait sont visibles sans être séparées. Ces chrysalides sont ovales , coriaces , souvent brunes; quelquefob , cependant, elles sont ornées de couleurs

DBS LipiDOPTimis. «97

liliques très brillantes , et c'est à cette icularité qu'elles doivent le nom qu'on a donné.

n voit à la partie antérieure la saillie ireux ; au-dessous est celle de la trompe , due entre les jambes, dont on compte ix empreintes; les ailes sont courtes et es, elles sont appliquées sur les côtés I chrysalide, et semblent envelopper partie du corps, comme le ferait un teau. Sur le dos de cette chrysalide, et mt sur son abdomen, se remarquent mn saillies anguleuses , disposées régu- \ent.

lépidoptères restent asses long-temps

\ de chrysalides. Lorsqu'ils éclosent ,

1 coriace se brise , les parties qui

ondent au dos s'écartent, et l'insecte

?ette première enveloppe , très mou ,

!e , rempli de sucs qui le gonflent :

adant quelquefois une autre enve-

s forte à rompre , et il est souvent

9 concevoir comment peut y par-

«pillon privé d'armes offensives;

%gS HISTOIEE NATURELLE

cependant il n*y a point de dqiitc qu'il n'y réussisse.

On remarque que les lépidoptères , au moment de leur dernière métamorphose, laiment évacuer quelques gouttes d'une liqueur opaque et colorée; cette liqueur, d'une couleur rouge analogue à celle du saog 9 déposée sur les murs , les rochers , les troncs d'arbre, a fait croire au peuple superstitieux , qu'il était tombé des pluies de sang, et c'est probablement à cette cause qu'il faut rapporter ces pluies effrayantes dont il est fait mention dans les auteurs anciens.

On peut attribuer à cette liqueur une propriété dissolvante de la soie , et on observe, en effet, que les cocons de certaines chenilles sont percés d'un trou rond , qui , par la netteté de ses bords , paraît avoir été fait par une liqueur dissolvante.

Au reste , tous les lépidoptères ne se servent pas de ce moyen pour percer leurs cocons; il est des chenilles douées d'une sorte de prévoyance inexplicable , qui laissent

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du cocon uno partie faible , d'une telle manière , qu'elle nt au plus léger efTort qne fait our en sortir.

Itères, parvenus à ce point de int aussi arrivés bien près du ' vie ; ils ont changé une vie » cachée y contre une existence ve ; mais ils ne doivent point -temps, et ce dernier période *ra d'autant plus court, que la ârconstances leur permettront er davantage les jouissances :

de facultés, ils s'empresseront ge , et lorsqu'ils auront rempli jet de la nature , en assurant de leur espèce, ils périront le temps de ressentir tous les I décrépitude , de cet état où , le aux autres, on serait tou- ^e à soi-mcme, si on n'était e souvenir de ses bonnes acouru par des amis auxquels utiles. Les animaux , qui n'ont

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ni œ modf de consolation , ni ce moyen de socdAgement 9 paraissent exemptés, la plupart, d'une longue vieillesse, qui serait pour eux un long et douloureux martyre.

Dans la méthode de M. Latrçille, les lepidcpières sont divisés en trob grandes familles, ainsi qu'il suit.

orrKEBs. 3oi

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