FORMICA FUSCA
Linn., Syst. Nat.,t. 1, p. 963, n. 4. — Decéer, Mém. pour servir a l'Hist. des Ins.,t. 11, p. 4082, pl. 42, fig. 19 à 15.— Fas., Syst. Piez., p. 399, n. 13.—GkeoFrr., Hist. des Ins., t. 11, p. 428, n. 5.—Lar., Hist. nat. des Fourm., p.159, pl. 6, fig. A- H. — Hus., Rech. sur les Fourm., p. 322, pl. 2, fig. 8 à 40. — LEP. De Sr-Fare., Hym., p. 205, n.6. —Long. 2 lig. à 2 lig. +.
— Corps d’un noir cendré ; antennes ayant leurs premiers articles d’un brun roussätre ; ailes enfumées, avec les nervures d’un jaune testacé dans le mâle, et noïrâtres dans la femelle ; pattes rousses,avec les hanches noires; abdomen noir, couvert de poils
COELONITES,
courts ei très-fins, de couleur grisätre, avec l’extrémité roussâtre dans le mâle.
Cette espèce est commune dans presque toute l’Europe ; elle établit son nid sous les
HUITIÈME FAMILLE
pierres ou au pied des arbres, et souvent
ses larves et ses nymphes sont enlevées par le Polyergus Rufescens.
— MASARIENS:
MASARIDES, LaTr,
Caractéres. Corps épais. — Antennes ne paroissant composées que de huit articles ; le huitième et les suivans formant une massue à articulations à peine distinctes. — Chaperon échancré dans son milieu, et emboîtant le labre dans son échancrure. — Languetté terminée par deux filets susceptibles de se retirer dans un tube fermé par sa base. — Palpes maxillaires courts. — Ailes supérieures doublées longitudinalement dans le repos, n’ayant que deux cellules cubitales complètes.
Cette petite famille, qui commence la série des Diploptères de Latreille, ne renferme que deux genres, dont les espèces peu nombreuses sont propres à l’ancien continent. Nous ignorons entièrement leur manière de vivre ; mais il n’existe chez elles que des individus mâles et femelles, qui vivent solitaires, et tout porte à croire que leur manière de vivre se rapproche de celles des espèces de Ja famille des Eumeniens et en particulier du genre Odynére.
Cette famille se compose des genres Masaris et Cælonites.
MASARIS, Fas., Larr.
Corps robuste. — Mandibules quadridentées. — Labre presque triangulaire, plus long que large. — Antennes un peu plus longues que la tête et le thorax, composées de huit articles, dont le premier cy- Jindrique, beaucoup plus long que le second ; celui-ci trés-court ; les suivans plus longs; le huitième fort grand, en massue presque cônique et peu obtuse, — Prothorax prolongé en arrière jusqu’à la base des ailes ; celles-ci ayant une cellule radiale al- Jongée, un peu appendiculée, et deux cellules cubitales complètes. — Abdomen allongé.
Le type de ce genre est le
MASARIS VESPIFORMIS.
Fas., Syst. Piez., p. 292, n. 4,—Coo.,
Illust. Icon. Ins., dec. 2, tab. 45 À. — Long.5 à 6 lig. — Corps noir, les antennes entiérement noires; l’abdomen noir, avec six bandes transversales jaunes,
Cette espèce se trouve en Barbarie, mais elle ne paroît pas commune.
COELONITES, Lare.; Masaris, FaB., Jur.
Ce genre ne diffère essentiellement du précédent que par le corps plus court, les antennes guëre plus longues que la tête, avec les deux premiers articles beaucoup plus courts que le troisième, et le huitième formant avec les autres une massue globuleuse ; les ailes supérieures, dont la cellule radiale est ovale et sessile (les cellules cubitales sont également au nombre de deux, et la seconde recoit les deux nervures récurrentes), et par l'abdomen trés-épais, à peine plus long que le thorax.
Nousre connoissons encore qu’une seule espèce de ce genre ; c’est le
COELONITES APJFORMIS.
Lar., Hist. nat, des Crust. et des Ins., t. XIII, p. 354. — Fas., Syst. Piez., p. 292. — Panz., Faun. Germ., fase. 16, n. 19 ©. -— Masaris Apiformis, Jurine, Hym., pl. 10, fig. 17.— Vespa Abbreviata, Vurr., Ent. Lin. Cimbex Vespiformis , Ouiv., Enc. Méth, — Chrysis Dubia, Rossi, Faun. Etrusc., 1, 1, p. 71, n. 849, tab. 7, fig. 10 et 14. — Long. 4 lig. à h lig. 2. — Corps jaunûâtre ; antennes ferrugineuses, avec leurs deux premiers articles noirs ; ailes transparentes, légèrement enfumées ; pattes jaunâtres ; abdomen noir, ayant cinq bandes transversales jaunes.
Cette espèce paroît se trouver dans tout le midi de l’Europe, et on la rencontre quelquefois aux environs de Paris.
SYNAGRYS.
NEUVIÈME FAMILLE, — EUMENIENS ;
GUÉPIAIRES, Lame.
Caractères. Corps oblong, assez allongé.
— ÂAniennes composées de treize arlicies dans les mâles et de douze dans les femelles. — Mandibules beaucoup plus longues que larges, rapprochées en avant en forme de bec, et dentées. — Languette étroite et allongée. — Chaperon ovalaire ou cordiforme. — Ailes généralement repliées dans le sens de leur longueur pendant le repos.
Cette famille renferme quelques genres, dont les espèces sont généralement variées de noir et de jaune. Toutes ces espèces vivent solitaires, à la manière des Crabroniens, et généralement de tous les Fouisseurs, dont les Eumeniens se rapprochent à beaucoup d’égards, et nous n’aurions pas hésité à les placer avant les Formiciens si certains caractères nelesrapprochaient trop des GuêPrens : tel que le caractère assez important fourni par les ailes, qui se repiient sur elles-mêmes; caractère sur lequei Latreille a formé sa famille des DIPLOPTÈRES, qui comprend nos Masariens Euméniens et Guépiens, dont nous avons cru, à exemple de M. Westwood, faire autant de familles distinctes ; non-seulement à cause des caractères que présentent chacune d’elles, mais encore à cause de leurs habitudes particulières, qui doivent bien certainement être prises en considération dans toute classification naturelle.
Les EumÉniens ne sont composés que de deux sortes d'individus (des mâles et des femelles) ; il n’existe point d'individus neutres ; les femelles seules pourvoient au soin de leur progéniture; elles pondent leurs œufs dans des tiges ou dans des cavités fornées par les autres, et leur apportent des insectes qu’elles ont préalablement percées de leur aiguilon.
Ainsi, comme on le voit, les habitudes de ces insectes sont à peu près analogues a ceiles de la plupart des Hyménopières Fouisseurs, el ils devraient être placés à côté de ja famille des CRABRONIENS, si leurs mœurs, prises en considération, et certains caractères semblaient devoir les rapprocher plus de ceux-ci que des Diplopteres Nidifians, et alors tous les Hyménoptères qui vivent de matière végétale, comme les Fourrais,
les Guëpes, les Abeilles, les Bourdons, se lrouveraient rapprochés; mais certainement que les Hyménoptères ont encore trop besoin d’être étudiés pour que nous pensions maintenant pouvoir arrêter une classification qui n’aurait plus à subir de modification.
D’après les caractères fournis par les ailes, la forme de l’abdomen et les habitudes, nous séparons la famille des EuMÉNIENS en trois groupes : les Ceramites, les Odynérites et les Euméniles.
CERAMITES.
Ailes étendues horizontalement pendant le repos.
Peut-être devrait-on regarder ce groupe comme une famille distincte ; mais comme il ne renferme que le seul genre Ceramius, vous différons à lui donner ce nom.
CERAMICS, Larr., KLUG.
Ce genre se distingue facilement de tous ses congénères, par les ailes supérieures, qui sont étendues pendant le repos; les cellules cubitates sont au nombre de deux; les palpes labiaux sont plus longs que iles maxillaires.
M. Klug, qui a donné une monographie de ce genre, en a fait connoîlre quatre espèces, dont deux du cap de Bonne-Espérance, et deux du midi de l’Europe.
EUMÉNITES.
Aïles doublées longitudinalement pendant le repos.
Ce groupe renferme les genres Synagris, Pterochile, Odynerus, Eumenes, Zethus, Discælius.
SYNAGRIS, Larr., Fas.
Mandibules longues, trigones, très-grandes dans la plupart des mâles, et en forme de cornes. — Languetle ou lèvre inférieure trés-longue, divisée en quatre filets longs ei plumeux, sans points glanduleux à leur
ODYNERUS
extremité.— Palpes maxillaires très courts, composés de quatre articles, et les labiaux de trois, mais beaucoup plus longs. — Abdomen très-court, pédiculé, conico-ova- Jaire, n’ayant que ses deux premiers segmens étranglés.
Le type de ce genre est le
SYNAGRIS CORNUTA.
Vespa Cornuta, Lin. Syst. Nat.,t. I, p. 954, n. 2. — Apis Cornuta, Deury, Illust. of Ins. Exot.,t. 11, tab. 46, fig. 3. — Synagris Cornuta, Kas., Syst. Piez., p. 252. — Corps ferrugineux; mandibules plus longues que la tête ; ailes noires, ainsi que l’abdomen. — Afrique.
PTEROCHILE, Kzuc., Lare.
Ce genre a tout à-fait Ie faciès des Odynerus, dont il se distingue par les mâchoires et les lèvres trés-longues, formant une sorte de trompe fléchie en dessous, et reconnaissables encore par leurs palpes labiaux, hérissés de longs poils et n’ayant que trois articles distincts.
Le type de ce genre est le
PTEROCHILE PHALÆRATA.
Vespa Phalwrata, Paxz., Faun. Germ., fasc. 47, n. 21.— Plerochile Phalwratus, KLuG., — Long. 3 à 4 lig. — Tête noire; labre tronqué, pubescent, de couleur jaupe ; antennes noires, avec le premier article jaune en dessous, les bords des yeux et une petite ligne sur le front, jaunes; thorax ayant une bande interrompue, un point lateral et les paraptères jaunes ; l’écusson
tacheté de jaune ; abdomen d’un noir bril-
lant, avec chaque segment bordé de jaune.
— France, Allemagne, etc.
ODYNERUS, Larr.
Corps ovalaire. — Mächoires et lèvres courtes. — Palpes maxillaires et Jabiaux composés de quatre articles, presque glabres, — Thorax ovalaire, — Ailes ayant une cellule radiale et trois cellules cubitales. — Pattes de moyenne longueur. — Abdomen conico-ovalaire , avec le second segment plus large que le premier,
Ce genre renferme un assez grand nombre d’espèces de taille moyenne, toutes de couleur noire, et ornées de taches et de bandes jaunes ; la plupart sont européennes.
Nous devons à M. Wesmaël une Monographie des Odynéres de la Beigique, où il
sépare ces Insectes en trois divisions.
M. Léon Dufour, qui a déja enrichi la science d’une foule d’observations curieuses, a pub'ié récemment dans les 4nnales des Sciences des naturelles un mémoire pour servir à l’histoire de l’industrie et des mélamorphoses des Odynèéres, accompagné de la description de quelques espèces nouvelles. Dans ce mémoire rempli d'intérêt, il rend compte de ses observations sur les habitudes et l'instinct si admirables de ces Insectes ; et dans le même recueil, M. le professeur Audouin, qui a étudié avec le plus grand soin une quantité prodigieuse d’Insectes de tous les ordres, publie une lettre qu’il adresse à M. Léon Dufour, au sujet de son mémoire sur les Odynères, où il ajoute quelques nouvelles observations des plus curieuses, et rectitie la synonymie d’une espèce.
Tels sont les travaux remarquables publiés sur ce genre, qui nous font connaître les mœurs intéressantes de plusieurs espêces,
PREMIÈRE DIVISION
Antennes des mâles roulées en spirale à leur extrémité. — Métathorax ayant sa face postérieure unie et convexe sur ses bords, — Abdomen ayant la surface dorsale de son premier segment formée d’une seule pièce.
À. ODYNERUS SPINIPES.
&. Vespa Spinipes, Linn., Syst. Nat., t. Il, p. 950, n. 10; ejusd., Faun, Suec., D. 4682.— Fas., Syst. Piez., p.263, n. 54.
— Panz., Faun. Germ., fasc. 17, lab. 18.
— 9. Vespa Quinque-Fasciata, Fas., Syst. Piez.. p. 262, n. 48. — Get ©.
Odynerus Spinipes, Ins. Ligur., fase. 1, p. 89, Wesm., Mon. des Brac. de Belg., p.6,n. 2. — Corps noir; la tête noire, avec les palpes, le labre, la base des iandibules, le chaperon, à l’exception de la base, une petite tache entre les antennes, une plus petite derrière chaque æil, et une petite ligne de chaque côté, jaunes dans le mâle; les antennes noires, avec leurs huit premiers articles jaunes en dessous; le thorax noir, avec le prothorax jaune ainsi que les paraptères; ailes légèrement enfumées , avec leur extrémité plus colorée ; pattes jaunes, avec les hanches, les trochanters, la plus grande partie des cuisses et une tache postérieure sur les jambes, de couleur noire, les cuisses
intermédiaires tridentées ; abdomen ayant six bandes jaunes, étroites, sur le bord marginal de chacun des six premiers segment.
La femelle différe du mâle par les parties de la bouche et les antennes noires ; la tête offre une ligne jaune entre les antennes ; les cuisses intermédiaires simples et les tarses bruns.
Cette espèce se trouve en France et dans une grande partie de l’Europe; plusieurs auteurs l’ont rapportée à la Vespa Muraria de Linné, mais ce n’est trés-probablement pas la même espèce. M. Audouin a parfaitement démontré que l’Odynerus Spinipes était la guêpe solitaire décrite par Réaumur, qui, le premier, aobservé qu’elle pratique dans les sables ou dans les murailles un trou profond de quelques pouces, à l’ouverture duquel elle élève un tuyau d’abord droit, ensuite recozrbé et composé d’une pâte terreuse en gros filets contournés ; et qu'après ce travail elle entasse dans la cellule intérieure huit à douze petites larves du même âge, vertes, mais sans pattes, en les posant par lits les unes au-dessous des autres, et qu'après avoir pondu un œuf, elle bouche le trou et détruit l’échafaudage qu’elle a construit.
M. Audouin, ayant étudié cette espèce, a complété cette observation (Ann. des Sc.
nat.) en démontrant que chaque ouverture ne correspond pas seulement à unseul tube, comme le semble croire Réaumur, car il a constaté qu’un trou servait souvent d’orifice à deux ou trois tubes , et qu’alors il y a économie de temps et de peine pour l’insecte, puisque après avoir approvisionné ses œufs , il n’aura qu’une seule ouverture à former pour plusieurs larves. À yant examiné ces Odynères au moment où elles approvisionnoient leurs nids, il les vit aller chercher dans un champ de luzerne voisin de petites larves vertes parvenues à leur plus haut degré de croissance; après en avoir recueillies quelques-unes qui se métamorphosoient en nymphe et puis au bout de peu de jours en insecte parfait, il les reconnut pour appartenir au Phytonomus variabilis de la famille des Curculionites.
D’après le même observateur, l’Odynère ayant filé son cocon le 26 juin 4834, ne se transforma en nymphe que le 21 mai 1835, et ne demeura dans cet état que quatorze jours avant de se transformer en insecte parfait.
ODYNERUS