L. Dur., Mem. sur les Odynères, Ann
des Sc.nat.,t. XL, janv. 1839. — Long. 4à 5 lig.—-Gette espèce est extrêmement voisine de l'O. Spinipes et du précédent; mais elle en diffère surtout par les cuisses intermédiaires du mâle dépourvues d’épines ; par le chaperon ayant une ligne arquée, jaune dans la femelle ; le thorax présente à sa partie antérieure une bande transversale, un point huméral et deux points sur l’écusson jaunes ainsi que les paraptéres ; les ailes sont enfumées à leur extrémité ; les pattes ont l'extrémité des cuisses, les jambes et les tarses jaunes ; l'abdomen offre six bandes transversales, linéaires dans le mâle, et cinq seulement dans la femelle.
Gette espèce se trouve en France ; ses mœurs ne sont pas moins curieuses que
celles des espèces précédentes, et elles ont été observées avec le plus grand soin par M. Léon Dufour.
D’après ce savant, l’insecte choisit pour construire son nid une tige sèche de ronce ; mais il ne prend jamais celle qui est perpendiculaire au sol et dont l’extrémité est dirigée en ligne droite vers le ciel, mais toujours celle qui est horizontale ou inclinée vers la terre, qui est assez grosse et assez dure pour supporter les coques qu’elle est destinée à recevoir. L’insecte la creuse d’abord à la profondeur de plusieurs pouces, en enlevant successivement la moelle qui la remplit ; et, ensuite, il va chercher des matériaux pour construire à l’intérieur des coques au nombre de deux ou trois et même jusqu’à dix, placéesà environ deux lignes de distance l’une de l’autre : elles sont allongées, cylindriques, brunes ou d’un gris sale. Formées par une terre bien pétrie, mêlée à des grains de sables et à quelques fragmens de la moelle de la ronce, ces coques sont longues de six à sept lignes sur trois de largeur, placées à la file les unes des autres; et dans l'intervalle qui existe entre chacune d’elles, l’on trouve de la moelle entassée. Quand les larves ont atteint leur entier développement, eltes sécrètent une matière soyeuse , blanchâtre, dont elles garnissent les parois internes de leur coque, dont ie bout supérieur qui correspond à la tête de la larve ou de la nymphe est tronqué, et fermé par un diaphragme formé par une étofle soyeuse analogue à celle qui garnit les parois internes : il est tendu comme la membrane d’un tambour ei débordé par un prolongement du tube terreux; ce diaphragme, ou couvercle, est surtout remarquable en ce qu’il ne consiste pas seulement en une simple membrane; mais parce qu’il estcomposé de deux tuniques séparées par une couche de moelle de ronce très-serrée,
C’esi dans la première quinzaine de juin que l’Odynère femelle construit son nid, et alors elle place au fond de chaque coque un œuf oblong, jaunâtre, qu’elle approvisionne, comme les autres espèces, d’une douzaine de petites chenilles vertes, mais vraisemblablement d’une autre espèce. La larve a acquis son entier développement lorsqu'elle a consommé toutes ses provisions; elle est alors longue de cinq lignes, apode, oblongue et d’une couleur jaune assez vive. C’est à ce moment qu’elle tapisse sa coque , et cénstruit son couvercle pour s’enfermer hermétiquement; ces lar-
ves ne mellent qu’une douzaine de jours pour acquérir toute leur croissance ; mais dés ce moment elles restent dans un état complet d’engourdissement pendant dix à onze mois, et vers la fin d’avril et le commencement de mai de l’année qui a suivi la ponte des œufs, l’on trouve des nymphes qui éclosent à la fin de mai ou au commencement de juin.
M. Dufour a démontré un fait bien digne de remarque à l’occasion des coques placées les unes au dessus des autres, d’où les insectes parfaits doivent tous sortir par la partie supérieure, car si l’un de ceux qui se trouvent en dessous était venu à éclore le premier, il aurait détruit tous les autres sur son passage ; mais il en est autrement :
c’est l’insecte qui se trouve dans la coque placée la plus près de l’extrémité de la tige, c’est-à-dire la dernière formée, qui doit sortir le premier, et frayer le chemin au second, qui en fera autant pour le troisième , et ainsi de suite successivement jusqu’au dernier.
DEUXIÈME DIVISION
Abdomen ayant la face dorsale de son premier segment formé de deux pièces réunies par une suture transversale. — Autennes des mâles ayant leurs derniers articles en forme de crochet, la face postérieure du métathorax présentant de chaque côté un angle saillant.
Le type de cette division est le