ACRIDIENS
Antennes courtes , filiformes ou prismatiques , n'excéilant pas ordinairement la longueur du corselet. Cuisses postérieures très-ren-
fli'^es, propres au saut. Tarses de trois articles. Abdomen n'offraut point de tarière saillante chez les femelles.
PREMIÈRE SECTION
LES EUPLEXOPTÈRES.
Cette section ne renferme qu'une seule tribu, c'est celle des Forficuliens.
PREMIÈRE TRIBU
LES FORFICULIENS.
Les insectes que nous désignons ainsi sont parfaitement connus de tout le monde; partout en Europe on applique vulgairement à ces Orthoptères le nom de Perce-oreilles, ou un nom équivalent dans diverses langues.
Les Forficuliens sont assez communs , au moins en individus sinon en espèces, pour qu'ils n'aient échappé à personne. Leur corps parallèle, leurs élytres courtes, laissant l'abdomen à découvert, donnent à ces insectes un aspect assez analogue à celui des Staphyliniens ; d'autant plus que, comme ces derniers, ils redressent leur abdomen d'une manière menaçante quand on les inquiète. Mais les Forficuliens ont l'extrémité de leur corps armée de deux appendices cornés , très-durs , formant le crochet , et présentant souvent des dents. Ces deux appendices constituent ainsi une pince, qui est une arme offensive ou défensive. C'est peut-être encore ce qui n'a pas peu contribué à faire croire que ces Orthoptères, s'introduisant dans les oreilles , pouvaient ainsi faire beaucoup de mal ; de là leur nom de Perce-oreille, qui n'est pas réellement justifié, car il est bien positif que les Forficuliens ne s'introduisent pas dans les oreilles , et ne sont nullement à redouter. Si par hasard des Forficuliens ont pénétré dans les oreilles de
personnes endormies, c'est seulement parce qu'ils recherchent toujours des cavités pour s'y réfugier. D'ailleurs, ils ne sauraient exister dans de semblables circonstances : ce sont des insectes ne vivant en général que de substances végétales, souvent décomposées; ils mangent quelquefois d'autres insectes , mais le cas paraît plus rare. On assure, d'autre part, que le nom de Perce-oreille ne leur vient pas de la ferme croyance qu'ils pénètrent dans les oreilles; mais parce que la pince dont est muni leur abdomen ressemble à celle dont se servaient autrefois les bijoutiers pour percer les oreilles auxquelles on voulait attacher des pendants.
Au reste, comme ceci n'a qu'un très-médiocre intérêt, nous ne nous y arrêterons pas davantage.
Les Forflculiens sont remarquables par leur structure, et leurs ailes mêmes suffiraient pour les distinguer de tous les autres insectes. Quand ces ailes sont étendues, on s'étonne que des membranes aussi grandes puissent se loger sous des élytres aussi petites. Mais leur texture est très-délicate : elles se plient d'abord exactement dans le sens longitudinal comme un éventail; puis elles se replient sur elles-mêmes au point où les nervures sont épaissies ; et enfin un second repli leur permet de se placer sous les élytres. Ou aperçoit leur extrémité, qui les dépasse un peu et dont la consistance est aussi assez coriace. L'abdomen , comme chez tous les insectes chez lesquels il n'est pas recouvert, n'est pas moins solide en dessus qu'en dessous. Il offreseptanneaux distincts dans lesfemelles; mais dans les mâles on en compte neuf : en outre, chez ceux-ci on remarque à l'extrémité du dernier un appendice dans les mâles , qui n'existe pas chez les femelles.
Les pinces terminales sont toujours un peu plus fortes
DES INSECTES. 2l l
chez les mâles que chez les femelles. Les antennes des Forficuliens sont moniliformes , et le nombre d'articles dont elles sont composées est extrêmement variable.
Ces Orthoptères ont des habitudes un peu nocturnes; ils se montrent rarement dans le jour. On les trouve dans toutes sortes de cavités, sous des détritus et sous des écorces. Ils volent avec une grande facilité et avec beaucoup d'agilité.
On a observé que les femelles veillaient maternellement surleursœufs, après les avoir déposés, soitsous une pierre, soit dans tout autre endroit ; elles ne les quittent pas , et si quelque danger paraît les menacer, elles les transportent ailleurs.
Les petits qui naissent de ces œufs ressemblent complètement aux insectes adultes; la consistance moins grande de leurs téguments et l'absence totale d'ailes sont les seules différences.
Après plusieurs changements de peau successifs, ces insectes arrivent à l'état parfait.
A l'exemple de la plupart des entomologistes, nous n'admettons qu'un seul genre dans la tribu des Forficuliens ; nous n'avons donc point à donner de tableau de ses divisions. On n'a pas manqué cependant d'établir dans cette tribu des coupes génériques très-nombreuses par rapport à son étendue ; mais elles ne reposent sur aucun caractère saillant. Les Forficuliens offrent seulement de légères différences dans la forme et la longueur des pinces de l'abdomen , dans l'aplatissement du corps, dans la longueur proportionnelle des articles des tarses, dans le nombre d'articles composant les antennes : ce qui varie entre toutes les espèces ; mais il n'existe pas un caractère important , ni même un caractère léger bien limité : il ne faut
donc admettre que de simples divisions ou tout au plus des sous-genres dans le grand genre Forficule [Forficula). On rencontre des Forflculieus dans tous les pays du monde, dans les régions les plus chaudes et sur les terres les plus froides ; et cependant leurs espèces ne sont pas très-multipliées : car on n'en a pas décrit plus de cinquante à soixante.
Le type du genre est la Forficule- Perce-oreille {Forficula aurioularia. Lin.) (pi 13, fig. i) , longue de quinze à vingt millimètres jd'unbrun foncé luisant, avec latêteroussâtre , des antennes de quatorze articles , un corselet bordé de jaune, desélytres brunes également bordées de jaune et des pattes d'un jaune pâle. Cette espèce est très-commune dans toute l'Europe.
Une petite espèce de notre pays , la Forficule petite [Forficula minor. Lin.), dont on a formé aussi le genre Labia, voltige quelquefois le soir autour des fumiers. Elle n'a que cinq à six millimètres de long ; son corps est d'un jaune brunâtre; ses antennes n'ont que douze articles.
La Forficule ^éaiite [Forficula (/igantea. Lin.) est commune dans le midi de la France, sur les bords de la mer; ses antennes ayant un grand nombre d'articles, on en a formé le genre Forficesila.
On a nommé Chélidura des Forficules dont les élytres et les ailes sont rudimentaires.
DEUXIÈME SECTION
LES DERMAPTÈRES.
C'est sous ce nom que de Géer le premier désigna l'ordre
des Ortlioptères, Comme ce dernier nom a prévalu dans
la science, quoique venu plusieurs années plus tard, nous
avons restitué la dénomination de Dermaptèrcs , comme
nom de section. Les Dermaptères, ainsi opposés aux Euplexoptères , sont divisés en six tribus; chez eux leur ailes ne se replient jamais que dans le sens longitudinal ; en outre, l'abdomen ne porte pas d'appendices cornés ni d'appendices analogues aux pinces des Euplexoptères : ce sont seulement des filets articulés.
DELXIÈ3IE TRIBU. .
LES BLATTIENS.
Ces Orthoptères sont encore parfaitement connus dans tous les pa^'s : ils le sont d'autant plus, qu'ils sont en général fort nuisibles. Les Blattiens sont, la plupart, des insectes omnivores, attaquant toutes les substances mortes, végétales ou animales. Ils dévorent nos provisions de bouche, abondent quelquefois dans certaines maisons, principalement dans les cuisines. Ils sont un fléau à bord des navires marchands. Ils attaquent non-seulement les provisions, maisaussiles cuirs, lesvêtements. Ils parviennent même à ramollir le bois au moyen d'un liquide qu'ils ont la propriété de sécréter; leur corps aplati leur permet de s'introduire facilement entre les plus étroites fissures des caisses et les plus étroits intervalles des barils : c'est ainsi qu'il arrive parfois que des caisses renfermant des comestibles se trouvent entièrement remplies de ces insectes, qui en ont bientôt dévoré tout le contenu.
Les Blattiens sont des insectes d'une extrême agilité , courant avec la plus grande vitesse ; ils exhalent une odeur nauséabonde des plus repoussantes, persistant souvent sur les objets qu'ils ont touché. Ces Orthoptères sont la plupart nocturnes, et ne se montrent jamais pendant le jour : de là vient la dénomination de Lucifuges, que leur appliquaient les anciens, car on a connu ces insectes
depuis les temps les plus reculés. Les Grecs les appelaient Si/lj)hes, et les LaXins Blattes.
Les Blattiens ont en général un corps plat, large , une tête enfoncée dans le prothorax, sous lequel elle est totalement cachée. Des antennes très-longues , sétacées , multiarticulées, des pattes essentiellement propres à la course.
Quelques auteurs, s'attachant à l'aspect très-particulier de ces insectes, ont voulu en former un ordre à part; mais on ne voit pas réellement d'après quelles raisons; car les Blattiens n'offrent pas de caractères qui permettent de les séparer des autres Orthoptères. Leur conformation, tant interne qu'externe, est la même ; leur mode de développement est tout à fait semblable.
Les sexes peuvent être distingués chez les Blattiens d'après le développement de l'abdomen : il est beaucoup plus renflé dans les femelles que dans les mâles. En outre, dans ces derniers on compte huit anneaux , tandis que dans les premières on n'en distingue que six ou sept. Ces insectes, comme beaucoup d'Orthoptères, pondent leurs œufs renfermés dans une coque de consistance plus ou moins coriace. A cet effet, les Blattiens sont pourvus d'une glande sérifique, appai'eil qui consiste eu de nombreux vaisseaux sécrétant la matière propre à former cette enveloppe , ou sorte de capsule. Elle a un peu la forme d'une fève ou haricot, ayant aussi deux sortes de valves à l'intérieur; elle offre un certain nombre de compartiments renfermant chacun un œuf. Cette capsule affecte de légères différences dans la forme, selon les espèces; cependant elle est toujours plus ou moins en carré long avec les angles émoussés, ayant une série de dentelures très-serrées sur une des arêtes par où doit se faire l'ouverture lors de l'éclosion des petites larves.
Les femelles portent pendant quelque temps cette capsule appendue à l'extrémité de leur abdomen; mais elles finissen**j:)ar l'abandonner au hasard. Au moment dePéclosion, les jeunes larves ramollissent cette enveloppe, au moyen d'un liquide qu'elles dégorgent et qui facilite la déchirure de la capsule.
Le nombre de larves qui est fourni par chaque capsule explique la prodigieuse multiplication des Blattiens. Chez la Blatte germanique il est de trente-six ; dans leKarkerlac des cuisines il est seulement de seize; des enveloppes de Blattes exotiques nous en ont montré souvent une quantité bien plus considérable.
Nous devons à M. Hummell des observations sur les changements de Blattiens faites sur notre petite Blatte germanique.
Cet entomologiste plaça sous un verre et l'enveloppe d'œufset sa mère. « Celle-ci, nous dit-il, la prit en tout sens entre ses pattes, et lui fit une ouverture longitudinale d'un bout à l'autre. A mesure que cette fente s'élargissait, sortaient de petites larves blanches roulées et attachées deux à deux. La femelle, continue M. Hummel , présidait à cette opération et les aidait à se développer, en frappant doucement avec ses antennes. Toutes ces petites larves commencèrent par agiter leurs antennes, puis leurs pattes, et bientôt elles marchèrent. »
Dès que ces jeunes larves furent sorties, la femelle ne s'en occupa plus. Il y en avait alors trente-six de couleur blanchâtre, n'ayant que les yeux noirs et un point sur l'abdomen, indiquant le canal intestinal, qu'on voyait un peu par transparence. Mais elles ne tardèrent pas à prendre une autre couleur, d'abord verte et ensuite noire , nuancée de ffris.
Pour la Blatte germanique, comme pour tous les autres Blattiens, on compte six mues successives ou changements de peau. »
La première a lieu huit jours après la naissance des larves; la deuxième a lieu une dizaine de jours ensuite ; la troisième, quinze jours après ; la quatrième au bout d'un mois après la troisième mue.
A chacune de ces mues les Blattes ont sensiblement augmenté de volume , et à la dernière on commence surtout à mieux distinguer les anneaux du thorax de ceux de l'abdonien.
La cinquième transfiguration a lieu encore un mois après la quatrième; et on peut alors considérer les larves comme devenues nymphes ; car on aperçoit le commencement des ailes, et toutes les formes de l'insecte sont déjà bien arrêtées. La Blatte demeure à l'état de nymphe pendant un mois ou six semaines ; elle s'accroche enfin sur un objet quelconque; sa peau se déchire bientôt et il en sort un insecte parfait. La Blatte germanique en naissant est d'abord blanche; mais dans l'espace de quelques heures elle prend les couleurs qu'elle doit conserver pendant tout le reste de sa vie.
Comme tous les insectes omnivores, comme des insectes qui vivent d'objets transportés par les navires, les Blattiens sont extrêmement cosmopolites ; ce sont même les plus cosmopolites de tous les insectes. Il est certaines espèces très-communes, auxquelles on a donné dans l'origine des noms de pays et dont nous ignorons totalement la patrie primitive. Le Kakerlac oriental est répandu dans l'Europe entière. Le Kakerlac américain est commun dans tous les pays,, mais plus peut-être aux îles Bourbon et Maurice que partout ailleurs. Dans les colo-
nies, OÙ lesBlaltiens sont un véritable fléau, on leur donne les noms généraux de Kakerlac, Kakkerlaques^ Cancrelats, Ravets, Bêtes noires , etc.
Dans ces derniers temps on a divisé les Blattiens en un assez grand nombre de genres. Nous avons adopté tous ceux qui reposent sur des caractères tranchés et facilement saisissables , et nous les avons répartis dans deux groupes, basés sur quelques caractères, et correspondant en même temps à un genre de vie particulier. Le tableau suivant présente ces diverses coupes.
TABLEAU DES DIVISIONS
DE LA ÏRIBU DES BLATTIENS.
1er Groupe. BLATTITES.
Genre 1. blabère. Serv.
Gre. 2. panchi-ora. Burm.
Gie. 3. BLATTA. Lin.
Gre. 4. pseudomops. iierv.
Gre. 5. KAKEKLAC. Latr.
Pariplaneta, Burm.)
Élytres planes, coriaces, ayant une strie arquée autour de l'écusson .
Corselet très-grand , couvrant entièrement la tête. Tarses ayant leurs deuxième, troisième et quatrième articles égaux entre eux ; le dernier sans pelote entre les crochets.
Corselet laissant le front à découvert.
Cuisses mutiques. Quatrième article des tarses plus petit que les précédents. Corselet laissant le front à découvert.
Cuisses épineuses. Anteimes sétacées.
Abdomen d€s mâles sans filets articulés.
Corselet laissant le front à découvert.
Cuisses épineuses. Antennes poilues, très-renflées au milieu.
Corselet laissant le front à découvert.
Cuisses épineuses. Antennes au moins aussi longues que le corps. Abdomen des mâles muni de filets articulés,
Gie. 6. PARATROPE. Serv Corselet laissant le front à découvert. Cuisses épineuses. Antennes s'épaississantde. la base au milieu, devenant ensuite très-grêles et sétacées. Abdomen muni de filets très-courts.
Gre. 7. brachycola. Serv. Corselet laissant le front très à découvert , ayant son bord postérieur épaissi. Antennes courtes, épaisses, un peu moniirformes. Cuisses sans épines.
Tarses offrant une pelote entre leurs crochets.
Gre. 8. panesthia. Serv. Corselet laissant le front très-à-découvert , ayant son bord échancré et le bord postérieur épaissi. Antennes moitié moins longues que le corps et épaisses. Cuisses sans épines. Tarses sans pelote entre les crochets.
Gre.9.poL\zosTÉRiA.2?itrm. Ailes nulles dans les deux sexes. Antennes plus courtes que le corps.
Gre. 10. voLYPBKGX. £rullé. Ailes nulles dans les femelles. Corse- (Heterogainia , Burm ) letanguleux antérieurement. Antennes plus courtes que le corps. Cuisses sans épines.
Gpe "i. PHORASPITES. Ailes convexes, assez cornées, n'ayant pas de strie arquée autour de l'écusson.
Genre 1. cortdia. ^erv. Antennes épaisses. Cuisses mutiques. Corps orbiculaire.
Gre. 2. PHORASPis. Serv. Antennes minces. Cuisses épineuses. Corps ovale.
IVotre premier groupe, les blattites, renferme toutes ces espèces si nuisibles et si essentiellement omnivores.
Le genre Blabère [Blabera] se compose d'un petik nombre d'espèces propres aux contrées les plus chaudes du globe. On les reconnaît aisément à leur corselet, formant
un large bouclier, sous lequel la tête est complètement cachée.
Le type du genre est la Blabère géante [Blabera gigantea. Lin. ), l'une des plus grandes espèces de la tribu que l'on rencontre dans l'Amérique méridionale, au Brésil et à la Guyane.
Les Panchlores sont répandus en Amérique, en Asie en Afrique. Le Panchlore de Madère ( Panchlora 3Iaderœ , Lin.), assez commun dans les diverses parties du monde, est le type du genre : on le reconnaît aisément à ses élytres , couvertes de petites stries transversales noirâtres, sur un fond clair.
On rattache au genre Blatte proprement dit les petites espèces européennes. La Blatte germanique ( Blatta germanica)^ observée par M. Hummel, est du nombre : sa couleur jaunâtre en dessus, avec deux lignes noires longitudinales sur le corselet, la distingue de ses congénères.
La Blatte lapone (B^a^fa laponica. Lin. ) est aussi trèsrépandue dans toute l'Europe.
Elle est, comme la précédente, longue de cinq à six lignes, d'une couleur pâle en dessus, avec une large tache médiane noire sur le corselet et quelques petits points de cette couleur sur les élytres.
On assure que cette espèce est très-nuisible dans le Nord, et qu'elle se trouve en abondance dans les huttes des Lapons, où elle dévore le poisson que les pauvres pêcheurs font sécher pour leur nourriture.
Les Pseudomops [Thyrsocera, Burm.) sontaussi de petite taille, mais tous exotiques, la plupart américains; leurs antennes renflées leur donnent un aspect étrange. Les Kakerlacs sont les plus nuisibles des Blattiens,
surtout deux espèces de ce genre. L'une, leKakerlae oriental {Kakerlac orientalis , Lin.), est très-commune souvent dans les cuisines, les boulangeries, etc.; c'est un insecte long de vingt-cinq millimètres, entièrement d'un brun foncé , avec des pattes et des ailes plus claires , ces dernières plus courtes que l'abdomen, surtout chez les femelles.
L'autre est le Kakerlac américain {Kakerlac americana. Lin.), qui est d'une taille un peu plus considérable, avec les ailes plus longues ; celle-ci est très-nuisible à bord des navires et dans toutes les colonies. (PI. 1 3, fig. 3.)
On a décrit une seule espèce du genre Paratrope du haut Brésil. Cet insecte est remarquable par sa forme générale, qui est entièrement celle d'un Lycus.
Les Braehycoles et les Panesthies sont tous exotiques et peu nombreux en espèces.
Il en est de même des Polyzostéries, dont toutes les espèces sont aptères.
Chez les Polyphagas les mâles seuls sont ailés. Le type est le Polyphaga d'Egypte [Polyphaga egyptiaca. Lin. ), noirâtre, avec le corselet bordé de jaune pâle, des élytres très- ridées, ayant des stries transversales, et leur bord interne blanchâtre. On trouve ce Blattite dans l'Europe méridionale , la Barbarie, l'Egypte, les Indes orientales.
Les Blattiens, qui constituent notre deuxième groupe, les PHOBASPiTES , out uu geurc de vie bien différent des précédents. Ceux-ci sont d'ailleurs fort peu nombreux, mais ils ne sont aucunement nuisibles : ils se trouvent sur les végétaux , comme certains coléoptères.
Leur forme est un peu convexe et montre qu'ils ne doivent pas vivre cachés dans des fissures comme les Blattes. En outre, les couleurs vives dont ils sont revêtus annoncent qu'ils fréquentent la lumière.
Deux genres seulement se rattachent à ce groupe.
L'un, celui de Corydia, a pour type une espèce des Indes orientales [Corydia peliveriana , Lin.) ; l'autre, celui de Phoraspis, comprend actuellement une quinzaine d'espèces américaines et quelques-unes indiennes.
On trouve ces Blattieas blottis entre les feuilles, qui forment les spathes des mais, des cannes à sucre et des graminées ; mais aussitôt qu'on agite ces végétaux, ils se laissent choir ou s'envolent brusquement pour aller se réfugier dans une autre gerbe.
C'est au moins ce qui a été observé pour les espèces du Brésil et de la Guyane (i).
TROISIÈ3IE TRIBU.