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LES MANTIENS

Les Orthoptères, que nous avons déjà passés en revue , vivent de matières végétales ou de matières desséchées; ceux que nous verrons après les Mantiens sont tous phytophages.

Les Mantiens seuls, dans l'ordre des Orthoptères, sont carnassiers ; ceux-ci en effet ne vivent que de proie vivante, qu'ils saisissent au passage. Ces insectes se tiennent ordinairement sur les arbustes ou sur les broussailles, demeurant pendant des heures entières dans un état d'immobilité complète , pour mieux s'emparer des autres insectes qui viennent à passer. Leurs* pattes antérieures sont admirablement conformées pour saisir une proie; les cuisses sont épaisses et garnies en dessous d'épines acérées; les jambes se replient contre les cuisses; elles sont un peu arquées et également munies de fortes épines.

(I) fojj. Blanchard, Annal, de la Société Entomol.

D'après cette disposition, les Mantiens sont pourvus d'une pince préhensible , qui ne permet pas à leurs victimes de leur échapper.

Chez ces Orthoptères la tête est verticale et nullement emboîtée comme chez les Blattiens; leur corps ensuite est toujours étroit et plus ou moins élancé; leurs élytres et leurs ailes, très-veinées, embrassent les côtés du corps. L'abdomen, composé de neuf anneaux , est long, un peu déprimé et terminé comme dans les Blattiens par deux petits appendices articulés.

Les femelles sont toujours un peu plus grosses que les mâles; aussi arrive-t-il parfois que ceux-ci sont victimes de la voracité des premières. Au rapport de Rœsel , qui a étudié les habitudes des Mantiens , quatre à cinq mouches par jour suffisent pour la nourriture d'un individu. Quand on place plusieurs Mantis dans la même boîte, elles se livrent des combats terribles, jusqu'à ce qu'il y en ait au moins une qui succombe ; le mâle étant plus petit que la femelle, est souvent dévoré par elle; et il n'est pas rare que celle-ci se jette sur lui après l'accouplement, comme le font diverses araignées.

Il existe une sorte de vénération et diverses superstitions à l'égard des Mantiens dans certains pays; c'est sans doute l'attitude posée, comme méditative de ces insectes, qui y a donné lieu. En outre , leurs pattes antérieures , élevées dans l'attitude d'un priant , ont encore contribué à fortifier cette singulière idée.

Ainsi dans le midi de la France et en Italie on les nomme Préga-Diou ou Prie-Dieu ; ailleurs on leur donne des noms équivalents ; dans quelques parties de l'Afrique, notamment chez les Hotteutots, on rend une sorte de culte à des Mantiens.

Mouffet, ce naturaliste du dix-septième siècle, nous dit gravement, dans une histoire très-détail lée de la Mante : « Si un enfant lui demande le chemin, elle le lui enseigne en étendant une de ses pattes ; et, ajoute-t-il, elle se trompe rarement ou jamais. »

Le nom de Mantis, qui nous vient du grec, signifie Devin; mais on pourrait croire que chez les anciens on l'appliquait pour désigner un corps élancé.

Du reste, dans la science on a adopté les dénominations àeMant/s relifjiosa, sancta, oratoria, qui rappellent cette idée première.

Comme les Blattiens , les Mantiens pondent leurs œufs renfermés dans une sorte de coque de consistance assez friable et recouverte d'une matière gommeuse blanchâtre.

Cette coque varie de forme suivant les espèces : elle est quelquefois presque ronde, souvent ovalaire, ou prolongée en pointe d'un côté. Les œufs sont rangés à l'intérieur, chacun dans une cellule séparée.

Les femelles attachent leur coque ovifère autour des tiges d'arbustes en formant une sorte d'anneau large qui l'empêche de tomber.

C'est à la fin de l'été que la ponte a lieu ; et c'est seulement l'été suivant qu'éclosent les jeunes larves. Elles percent l'enveloppe de la capsule, qui n'est pas très-dure. Les petites larves ont déjà toute la forme des insectes parfaits, seulement elles n'offrent encore aucune trace d'ailes. Après plusieurs mues, les Mantiens ont pris tout leur accroissement.

Ces Orthoptères sont de jolis insectes, dont les formes sont élégantes, dont les couleurs sont généralement assez vives, très-souvent verdâtres ivec des taches de diverses nuances. Les Mantiens habitent toutes les parties du monde,

mais seulement dans les régions chaudes. Ils disparaissent complètement au centre et au nord de l'Europe, ainsi que dans l'Amérique du nord.

C'est une tribu qui ne renferme que des espèces d'une assez grande taille : aussi leur nombre n'est-il pas trèsconsidérable. Nous répartissoivs tous les Mantiens dans trois groupes.

TABLEAU DES DIVISIONS

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