DE LA TRIBU DES LIBELLULIENS
Groupe 1. LIBELLULITES. Palpes labiaux de deux articles. Corps assez épais.
Genre 1. libellula. Lin.
Gpe. 2. iESCHNlïES. Palpes labiaux de trois articles. Corps
grêJe. Yeux très-gros, peu écartés ou contigus.
Genre 1. coiiPHts. Leach. Yeux écartés. Appendices de l'abdomen très-petits, sétacés.
Gre. 2. l'ETALURA. Leach. Yeux écartés. Appendices de l'aldo-
men très-grands, el foliacés cliez les màles.
Gre. 3. jESChna Fabr. Yeux contigus. Gpe. 3. AGRIONITES. Palpes labiaux de trois articles. Yeux
petits , très-écartés et comme pédicellés. Corps très-grèle.
Genre I. calopteryx. Leach. Ailes larges à la base, pourvues de nervures basilaires divergentes et de cellules très-petites.
Gre. 2. AGRH»'. Fabr. Ailes pétiolées à la base, pourvues de
nervures basilaires parallèles et de cellules assez grandes.
Les LiBELLULiTES formciit le premier groupe de la tribu des Libellulieus. Pour nous, il se compose du seul genre Libellule, que Ton n'a pas craiut de subdiviser en beaucoup d'autres (1). Il a en effet une étendue très-grande, qui motive la formation de coupes secondaires, mais pas au delà, car leurs caractères sont très-peu saillants. Les Libellules sont répandues dans le monde entier. INous en regardons comme le type la Libellule déprimée [Libellula depressa. Lin.), très-commune dans toute lEurope : le mâle, d'un brun roussàtre, avec l'abdomen bleuâtre en dessus, à l'exception du premier et du dernier segment, brunâtres ; la femelle d'un jaune olivâtre, avec les anneaux bordés de jaune latéralement, sauf le premier et le dernier; cet abdomen large et déprimé dans les deux sexes.
Les .ESCH.MTEs forment un groupe analogue au précédent, reposant principalement sur le genre .Hschne , qui est très-nombreux en espèces, aussi dispersées que les Libellules. Leurs larves sont plus courtes que celles de ces dernières , leurs palpes sontmoins grands et leur languette l'est davantage. On trouve plusieurs .'Eschnes très-com-
(I) royez Rambur, Insectes I\évroptères, Suites à Bitffon ; Paris, lsi2.
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munément daus toute l'Europe; on les distingue facilement des Libellules par leur abdomen cylindrique et en baguette. L'.Eschne grande LEsi'hna grandis , Lin.), la plus grande espèce de notre pays , peut être considérée comme typique; elle a environ sept à huit centimètres de longeur; elle est jaunâtre, avec des bandes de chaque côte sur le thorax; ses ailes, diaphanes , ont leur base costale bleuâtre, ainsi que des points latéraux sur les anneaux de l'abdomen, qui manquent sur le premier et les deux derniers.
Le genre Pétalure est établi sur des espèces de la Nouvelle-Hollande; il est très- voisin du précédent. Les Gom- 2ihus, qui ressemblent encore beaucoup aux .^Eschnes, sont en grande partie exotiques ; nous avons toutefois quelques espèces européennes. Le t\ pe du genre est le Gomphus à pinces [Gomphns forcipatus^ Lin.), commun dans les bois pendant le printemps.
Les AGRioxiTEs Ont une forme plus élégante, plus svelte que les autres Libelluliens ; les couleurs de quelques-uns d'entre eux les surpassent aussi en éclat. Leurs larves sont très-allongées et minces. Le genre Calopteryx renferme les principaux Agrionites, et c'est à tort qu'on ne lui a pas laissé plutôt qu'a ceux qui en ont été détachés son nom primitif d'Agrion. Le type du genre est bien commun dans toute l'Europe; c'est le Calopteryx \itrge (Calopteryx virgo,L]n.), long de six à sept centimètres : le mâle, d'un bleu verdâtre métallique très -brillant, avec les ailes diaphanes, ayant une large bande transversale d'un bleu verdâtre ; la femelle, d'un vert bronzé, avec les ailes d'un vert métallique ayant une tache marginale d'un jaune blanchâtre.
La plupart des Calopteryx ont les aiks colorées. Les
Agrions proprement dits de quelques auteurs ont des ailes transparentes et une taille en général moins considérable. Ou -en trouve plusieurs espèces très-communément dans tous les endroits marécageux ( Agrion barbara^ Fabr.; puella^ Rossi. etc.).
SEPTIÈME TRIBU
LES MYRMÉLÉONIENS.
Les Myrméléonlens constituent une tribu beaucoup plus étendue que la précédente, et renferment un nombre de types principaux assez considérable. Ces Névroptères sous plusieurs points de vue , et principalement sous celui de fleur structure générale, se rapprochent très-manifestement des Libelluliens, malgré des différences importantes. Ils sont surtout très-différents dans leurs premiers états ; leurs métamorphoses ne se ressemblent guère. Les Myrméléonlens, au moins pour ceux dont les transformations ont été bien observées, sont terrestres à l'état de larve, et carnassiers. Leurs larves sont courtes, élargies, avec une large tète supportant de longues mandibules. Elles vivent d'insectes, dont elles s'emparent de diverses manières. Au moment de subir leur transformation en nymphe, elles se forment un petit cocon soyeux, auquel sont ajoutées souvent des matières étrangères. La taille de ces larves paraît très-minime, comparativement à celle des insectes parfaits ; et en voyant le cocon pilluliforme d'un Fourmilion ou d'un Hémérobe , on s'étonne d'en voir sortir un si grand insecte.
Les Myrméléoniens ont des représentants dans presque toutes les régions du monde , mais en plus grand nombre dans les parties les plus chaudes.
Nous admettons la division de cette tribu en quatre
familles, dont le tableau suivant présente les diverses coupes.
TABLEAU DES DIVISIONS
DE LA TRIBU DES MYRMÉLÉOiMENS.
Famille I. myrméléo.mdes. Antennes lenHées à l'extrémité. Groupe 1. MyRMÉLÉONlTES.Anlennes guère plus longues que la tète et le corselet réunis, renflées graduellement vei-s l'extrémité
Genre I. myrmeleon. Lin.
GDe.2. ASCALAPHITES.
Genre 1. ascalaphe. Fabr.
Gre. 2. haplocénie. Burin.
Fam. 2.NÉMOPTÉRI»ES.
Genre 1. nemoptera. Latr.
Fain. 3. hémérobiides.
Groupe 1. NYMPHITES.
Genre \ . nymphes. Leach.
Gpe.'2. HÉiMÉROBIITES.
Genre 1. osmyle. Latr.
Gre. 2 iiémérobe. Lin.
{Mcgalomus , Ramb.)
Antennes presque aussi longues que le corps, renflées subitement en une petite massue.
Yeux divisés par un sillon.
Yeux entiers.
Antennes sétacées. Tête un peu prolongée en bec. Ailes postérieures presque linéaires , souvent dilatées en forme de spatule vers l'extrémité.
Antennes sétacées. Tête non prolongée. Ailes postérieures arrondies , de forme ordinaire.
Tarses ayant entre leurs crochets une pelote allongée et divisée. Abdomen très-long.
Tarspâ ayant entre leurs crochets une petite pelote, courte, non divisée.
Abdomen guère plus long que la tête et le thorax réunis.
Tête pourvue de trois ocelles sur le ver te X.
Tête sans ocelles. .Ailes antérieures sans dilatation.
flre. 3. DRCPAHOPTEUYX. Tête sans ocelles. Ailes antérieures Leacfi. dilatées à la base , au bord externe.
Fana. 4. PANOBPIDES. Antennes sétacées. Tête fortement
prolongée en forme de bec. Ailes postérieures arrondies, étroites.
Groupe 1. PANORPITES. Ailes bien développées. Tête pourvue
d'ocelles sur le verlex.
Genre l . bittacus. Latr. Tarses ayant un seul crochet. Gre. 2. pANonPA. Fabr. Tarses ayant deux crochets pectines. Groupe 2. BORÉITES. Ailes totalement rudimentaires. Tête
sans ocelles.
Gre. 1 . BOR.Eus. Latr.
La première famille de cette tribu , les Myrméléonides, est composée d'insectes bien reconnaissables à leurs antennes, plus ou moins longues, mais toujours renflées vers l'extrémité. Nous la séparons en deux groupes : les myb-
MÉLÉONITES Ct leS ASCALAPHITES.
Les premiers ont un corps long et grêle , des antennes plus courtes que la tête et le thorax réunis; des palpes grêles, de cinq articles ; des mandibules fortes, mais courtes, unidentées intérieurement; des yeux très-saillants, placés sur les parties latérales de la tète, et des ailes larges et longues, très-réticulées.
Le genre Fourmilion (Myrme/eow) est presque le seul genre du croupe. M. Rambur en a formé d'autres à ses dépens, mais nous croyons devoir les considérer comme de simples divisions.
Les larves ont une tête et un corselet étroits, avec un abdomen large, très- volumineux. Les mandibules sont plus longues que la tête, grêles et un peu recourbées , formant une longue paire de pinces propres à saisir fortement une proie. Le type du genre Fourmilion (pi. 15, fig. 2) {Myrmeleo formicariu)n,L\n. ) est long d'environ quatre centime-
très , noirâtre , avec quelques taches jaunâtres , et les ailes diaphanes, offrant quelques points ou taches noirâtres.
Cet insecte est commun dans notre pays ; nous trouvons sa larve (pi. 15, fig. 3) en abondance dans les endroits sablonneux les plus exposés à l'ardeur du soleil. Elle est d'un gris rosé un peu sale, avec de petits bouquets de poils noirâtres sur les parties latérales du corps ; ses pattes sont assez longues et grêles , les antérieures dirigées en avant, aussi bien que les intermédiaires, tandis que les postérieures, plus robustes que les autres, sont très-serrées contre le corps, et ne peuvent servira l'animal qu'à se diriger en arrière. Ceci est à la vérité le seul mouvement qu'exécutent les larves de Fourmilions; les crochets des tarses sont plus forts que ceux des pattes antérieures, et les tarses, comme M. Westwood l'a bien observé, sont soudés avec les jambes , tandis qu'ils demeurent libres aux autres paires de pattes.
Ces larves se tiennent constamment dans les endroits sablonneux les plus exposés à l'ardeur du soleil; là elles se construisent chacune une sorte d'entonnoir dans le sable mouvant, en marchant à reculons et décrivant des tours de spire dont le diamètre diminue graduellement, à l'aide de leurs pattes. Elles chargent de sable leur tête aplatie, pour le lancer au loin. Ordinairement, dans l'espace d'une demi-heure tout le travail est achevé. Elles se placent alors au fond du trou , l'abdomen enfoncé dans le sable (pi. 15,fig. 6), la tête seuleen dehors. Elles attendent ainsi patiemment, et souvent pendant un temps assez considérable , qu'un insecte en passant vienne à se laisser glisser le long des parois de leur entonnoir. Dès qu'elles .s'aperçoivent de sa présence, elles lui jettent aussitôt d« sable avec leur tête pour l'étourdir et le faire tomber au
fond du précipice, ce qui ne manque pas de lui arriver au bout de quelques instants. Dès que la larve du Fourmilion s'est emparée de sa victime, elle la suce pour absorber toutes les parties liquides qu'elle contient; elle rejette ensuite sa dépouille au loin.
Les Fourmis étant très-nombreuses, et ayant plus l'habitude de courir à terre que les autres insectes, sont surtout exposées à servir de pâture aux Fourmilions, c'est ce qui a valu à ces derniers le nom sous lequel ils sont généralement connus. Quand les larves de Fourmilions ont acquis tout leur développement, vers les mois de juillet ou d'août, elles se forment un petit cocon soyeux mêlé de grains de sable (pi. 15 , fig. 5) et parfaitement rond comme une petite boule, dans lequel elles se métamorphosent en nymphes. Celles-ci (pi. 15, fig. 4), dont la forme rappelle déjà beaucoup celle des insectes parfaits , viennent à éclore à la fin d'août et dans le commencement de septembre; il paraît toutefois que certains individus n'éclosent qu'au printemps suivant.
On assure que diverses espèces de Fourmilions ne forment pas d'entonnoirs, et peuvent se diriger en avant , entre autres le Fourmilion libelluloïde [Mijrmeleon libdulloides , Lin.).
Les ASCALAPHiTES renferment essentiellement le genre Ascalaphe , aux dépens duquel on en a formé plusieurs autres. Les Ascalaphes se font remarquer par leurs longues antennes, analogues à celles des Papillons. Ils habitent l'Europe méridionale (Ascalajihus italicus, Fabr., et macaronius , Scop.) et en général les régions chaudes du globe. Leurs premiers états sont encore très-mal connus. D'après une figure donnée par M. Westwood, les larves ressemblent à celles des Fourmilions, seulement elles sont munies d'appendices latérau \ . -'^
i.es Haplogénies diffèrent a peine des vrais Ascalaphes.
La famille des némoptérides renferme le seul genre Némoptère , dont nous ne connaissons qu'un petit nombre d'espèces , plus ou moins répandues dans l'Europe méridionale, en Afrique et en Asie. Elles sont très-remarquables , par la forme longue et étroite de leurs ailes postérieures; plusieurs ont des couleurs et des taches très-variées (pi. 15 , fig. 7). Leurs premiers états ne sont pas connus ; M. Westwood a figuré une larve, qu'il regarde comme appartenant peut-être à ce genre, mais cela sans certitude.
La famille des hémérobudes peut être divisée en deux groupes, les nymphites et les hémérobiites. Le premier est établi sur le seul genre Nymphes [N. nujrmeleonides , Leach), qui est particulier à la Nouvelle-Hollande.
Les hémérobiites sont assez abondamment répandus eu Europe. Le genre Hémérobe renferme plusieurs espèces très communes dans notre pays; nous citerons entre autres l'Hémérobe perle {Hemerobius perla, Lin.), d'un vert jaunâtre, avec des ailes diaphanes , ayant leurs nervures légèrement verdâtres, et leurs yeux d'un vert doré éclatant pendant la vie.
Cette espèce, comme celles du même genre,, exhale une odeur des plus désagréables.
Les Hémérobes, auxquels on a donné aussi le nom vulgaire de Demoiselles terrestres^ sont d'une assez petite taille. Les femelles pondent, à la partie inférieure des feuilles ou des tiges, des œufs de forme oblongue, fixés par un pédicule très-lo!:g et très-grêle, formé par une sécrétion particulière; c'est cette apparence végétale qui les a fait regarder autrefois comme une plante cryptogame. Les larvesdesHémérobesressemblent à celles des Fourmilions;
seulemenl leur forme est plus élancée, avec la tète moins aplatie; elles vivent au milieu des Pucerons, qu'elles dévorent en quantité considérable, ce qui leur a fait donner par Réaumur le nom de Lions des Pucerons. Elles les saisissent avec leurs longues mandibules et les sucent eu peu d'instants. Ces larves attaquent aussi des chenilles. Pour se métamorphoser en nymphes elles se filent un cocon soyeux parfaitement arrondi ; la nymphe n'y reste guère qu'une quinzaine de jours; l'insecte parfait vient àéclore après ce court espace de temps.
Le genre Osmyle a pour type une espèce assez répandue en Europe [Osimjhis maculatus , Fabr.), dont la larve se trouve dans la terre humide, et monte après les tiges des plantes pour se métamorphoser en nymphe.
Le genre Drepanoptenjx a pour type une espèce dont les ailes sont anguleuses [D. phalœnoides , Lin.).
Les PANORPiDEs constituent une petite famille assez singulière, à raison de la forme de la tête des espèces qui la composent , cette tête étant prolongée en une sorte de bec long et grêle.
Les PANORPiTES forment un premier groupe dans cette famille. Deux genres seulement s'y rattachent, le premier, celui de Panorpa, a pour type une espèce trèscommune dans toute l'Europe [P. communis, Lin.]. On trouve les Panorpes sur des plantes, sur les haies, sur les buissons ; elles sont très-agiles , et recherchent particulièrement les endroits humides ; on ne connaît rien encore de bien précis sur leurs premiers états.
Le genre Bittacus, quoique très-voisin des Panorpes, renferme des espèces dispersées dans des régions trèséloignées du globe ; elles ressemblent beaucoup par l'aspect général aux Tipules parmi les Diptères.
Les BORÉiTEs, second groupe des Panorpides, sont représentés par le seul genre Borée [Borœus). Le type du genre [Borœus hijemalis) habite le nord de l'Europe, on en trouve quelquefois des quantités considérables d'individus sur la neige. Les Borées sont d'une taille très-exiguë.
HUITIÈME TRIBU
LES RAPHIDIENS.
Cette tribu renferme encore, eontinne la précédente, des types assez différents entre eux ; seulement ils ont un nombre de représentants bien moins considérable. Quoi qu'il en soit, on trouve les Raphidiens dans toutes les parties du monde, mais toujours en assez médiocre quantité. Leurs larves sont infiniment plus allongées que celles des Myrméiéoniens; et leur genre de vie n'est pas du tout le même : elles vivent, soit sous les mousses humides, soit dans l'eau , selon les familles auxquelles elles appartiennent.
Nous admettons trois familles parmi les Raphidiens, dont le tableau suivant présente les diverses coupes.
TABLEAU DES DIVISIONS