DE LA TRIBU DES PSOCIENS
Famille 1'*. conioptérygi- Tarses de cinq articles. Palpes labiaux
DES. sécuriformes , de trois articles.
Genre l. comopteryx. Halïd.
Faui. V. PSOCIDES. Tarses de deux à trois articles. Palpes
labiaux avortés.
Genre 1. atropos. Leach. Tarses de trois articles. Ailes nulles. (Trocles ,Jimm.) Gre. 2. psoQUE. Fabric. Tarses seulement de deux articles , le premier une fois plus long que le suivant. Antennes longues, très-grèles.
Gre. 3. thyrsopuore. Burm. Tarses de deux articles , le premier deux fois plus long que le suivant.
Antennes renflées et poilues dans leur milieu.
La famille des conioptérygi des ne renferme que le seul genre Coniopteryx, très-remarquable par l'aspect géi.éral du corps, qui ressemble un peu à celui des Phryganiens. Ces insectes, qui à beaucoup d'égards ont des affinités évidentes avec les Psocides, ont été placés tantôt avec les Phryganiens, tantôt avec les Hémérobiides ;mais dans
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ces derniers temps ils ont été rapprochés des Psocides par MM, Burraeister et Rambur. On n'a encore décrit que trois espèces de Coniopteryx ; le type du genre, le Coniopteryx iineiformis, est long d'environ trois millimètres, avec des ailes presque de la même longueur, couvertes d'une poussière blanchâtre ainsi que la plus grande partie du corps.
On a rencontré cet insecte en France, en Allemagne , en Angleterre, etc., où il n'est pas très-rare pendant l'été. Il vole pendant la plus grande chaleur du soleil, et se pose souvent sur les troncs d'arbres. Sa larve est d'un rose rougeâtre, avec une tache noiresur ledos. M. Haliday présume qu'elle mange les feuilles , ce que M. Burmeister regarde comme douteux, à cause de la petitesse de ses mâchoires. On la trouve sur les troncs d'arbres.
Les psociDES ont été observés depuis longtemps. Le genre Atropos a pour type l'A. frappeur [A. pulsatorius, Lin.), petit insecte long de deux millimètres, d'uu gris jaunâtre tacheté de roux ou de brunâtre, principalement sur l'abdomen. Ce Psocide, connu vulgairement sous le nom de Pou, se trouve en abondance dans les collections d'histoire naturelle, dans les Bibliothèques , les vieux papiers, etc. ; il ronge surtout le papier, qu'il détériore beaucoup. On a cru qu'il produisait un petit bruit à peu près analogue au battement d'une montre, comme les espèces du genre Vrillette [Anobium] , de l'ordre des Coléoptères; ce qui lui a fait partager le nom d'Horloge de la mort, et donner scientifiquement le nom de Pulsatorius.
Le genre Psoque ( P^ocms) renferme une assez longue série d'espèces, toutes indigènes , car hors de l'Europe on n'a recueilli aucun insecte de ce genre.
Du reste, dans notre pays même, il n'est pas douteux
que beaucoup de Psoques n'aient pas encore été remarqués ; ces Névroptères échappent facilement, à cause de leur petite taille, et d'ailleurs ils sont toujours difficiles à saisir.
Ou les trouve sous les écorces, sur -les troncs d'arbres , sur les vieilles murailles, etc. La différence qui existe entre les nervures des ailes permet de grouper les espèces dans plusieurs divisions, mais non pas d'en former des genres, comme l'a pensé M. Curtis en établissant le genre Cœcilius.
Le type est le Psoque biponctué [Psociis bipunctatus , Lin.), longdequatre à cinq millimètres, varié de noir et de jaune , avec les ailes transparentes , pourvues d'une petite tache vers le bord marginal et d'une autre vers le bord opposé ; l'une et l'autre noirâtres ainsi que le stigma. On remarque en outre dans leur étendue quelques nébulosités noirâtres. Ce Psoque est assez commun dans presque toute l'Europe.
Le genre Thyrsophore ( Thyrsophonis) se compose actuellement d'espèces de l'Amérique méridionale. MM. Burmeister et Rambur en ont fait connaître trois.
QUATRIÈME TRIBU
LES PERLIENS.
Les insectes de cette tribu sont remarquables par la conformation de leur bouche, qui rappelle à un haut degré celle des Orthoptères , les mâchoires présentant, comme chez ces derniers, un lobe externe qui n'existe pas chez les autres Névroptères. Leurs palpes sont longs, grêles et composés de cinq articles, les palpes labiaux n'en présentent que trois. Le corps est aplati chez les Perliens et d'égale largeur dans toute son étendue. La tête est plane,
souvent plus large que le thorax, et munie de trois ocelles disposés en triangle entre les yeux. Les ailes sont fort larges, surtout les postérieures , qui se replient sur elles-mêmes pendant le repos. L'abdomen est terminé chez plusieurs par deux longs filets articulés.
Les Perliens se rencontrent au bord des eaux, où ils se tiennent sur les pierres, sur les bois , les plantes, etc. Les femelles portent leurs œufs, qui sont brillants et de couleur noire, suspendus à l'extrémité de leur abdomen, dans une sorte de petit sac.
Pendant les premiers temps de leur vie, ces insectes demeurent constamment dans l'eau. Les larves des Perliens paraissent préférer les eaux courantes aux eaux stagnantes : on les rencontre le plus ordinairement dans les rivières, surtout dans les endroits où le courant est rapide et où l'eau se brise contre les pierres. Elles marchent très* lentement, en laissant traîner leur ventre sur le sol. Souvent on les voit se fixer sur une pierre à l'aide de leurs pattes, et y demeurer longtemps en se balançant, sans que l'on connaisse le but de ce mouvement. Elles sont carnassières; mais si on les prive de nourriture, elles peuvent vivre encore pendant plusieurs jours. Les Perliens passent l'hiver à l'état de larve ; c'est seulement au printemps ou en été qu'elles deviennent nymphes après un changement de peau, et que bientôt après elles subissent leur dernière transformation. Alors elles quittent leur retraite aquatique, et vont sur le rivage se fixer, soit sur une pierre, soit une plante. Leur peau se dessèche bientôt , et se fend en dessus. Après quelques efforts,'rinsecte parfait en sort, et abandonne cette dépouille.
Les larves des Perliens ont des mâchoires et des mandibules acérées, des antennes sétacées, des tarses de deux
liES INSECTES. 289
articles, peu distincts, termines par deux crocnets, et un corps se rétrécissant vers l'extrémité postérieure. Plusieurs d'entre elles offrent trois paires d'organes respiratoires externes situés par paires sur chaque segment du thorax ; d'autres, au contraire, en sont dépourvues.
C'est à M. Pictet que nous devons les premières notions exactes sur les larves des Perliens (i).
On avait cru, et tous les auteurs avaient répété jusque là, d'après une erreur de Réauraur, que ces Névroptères subissaient des métamorphoses complètes, et que leurs larves vivaient dans l'intérieur de fourreaux , comme les Phryganiens. Cette tribu est peu nombreuse ; on en connaît encore fort peu d'espèces exotiques.
TABLEAU DES DIVISIONS
DE LA TRIBU DES PERLIExXS.
Genre 1. perla. Geoffroy. Mandibules et mâclioires membraneuses. Abdomen terminé par deux longs filets. Labre peu apparent.
Gre. 2. eusthema. Westw. Mandibules cornées et dentées. Abdomen terminé par deux longs filets.
Gre. 3. NEMouRA. Latr. Mandibules et mâchoires cornées. • Abdomen dépourvu de filets. Labre très-apparent.
Le genre Perla est le principal de la tribu. Ou en connaît actuellement une quarantaine d'espèces, presque toutes européennes. Parmi les petites différences qui existent entre elles dans la forme de quelques parties, on n'a pas manqué de trouver des caractères propres à faire de nouveaux genres; mais leur importance, très-secondaire, ne
(1) Pictet, Annales des Sciences naturelles, deuxième série, et Histoire natur. des insectes !\'évropléres.
nous permet pas de les adopter ( 1 ). Chez les Perles, la différence qui existe entre les deux sexes est quelquefois très-considérable ; les mâles de plusieurs sont beaucoup plus grêles que leurs femelles, et leurs ailes sont très-courtes. L'une des Perles les plus répandues dans notre pays est la Perle bordée ( Perla marginata^ Panz.) , longue de vingt- cinq millimètres, d'un gris fauve, avec la tête d'un fauve rougeâtre, bordée de brun , les ailes transparentes , d'un jaune brunâtre, aveeles nervures noires,
La larve de cette espèce vit sous les pierres, dans les rivières; elle est d'un jaune citron tacheté de noir, le corselet offrant trois lignes longitudinales et une bordure de cette dernière couleur. Le genre Eusthenia a été établi sur une seule espèce de la Nouvelle-Hollande, fort élégamment colorée [E, spectabilïs, Westw.).
Les Némoures ressemblent beaucoup aux Perles, mais l'absence de filets abdominaux les en fait distinguer au premier abord. Ce qu'il y a de singulier, c'est que leurs larves sont pourvues de ces filets aussi bien que' les larves de Perles. Leurs organes respiratoires externes sont nuls ou cachés sous le thorax. Les Némoures , dans leurs premiers états, offrent une grande ressemblance avec les Éphémères ; cependant leurs longues antennes leur donnent un aspect particulier. A l'état parfait, ces Névroptères voltigent au bord des eaux, et se posent sur les plantes, les buissons , les pierres. On en connaît peu d'espèces ; le type, la Némoure nébuleuse [N. nebulosa. Lin.) ,qui est d'un brunnoirâtre, avec les ailes antérieures d'un gris cendré , traversées par des bandes blanchâtres, est commune dans la plus grande partie de l'Europe. Les ailes du mâle
(l)Isogenus, Chloroperla , Pleronarys , IScwman.
sont fort courtes, tandis que celles de la femelle sont une fols plus longues que le corps.
CINQUIÈME TRIBU
LES EPHÉMÉRIENS.
Les Éphémériens ont des caractères particuliers qui les rendent très-distincts de tous les autres Névroptères. Leurs antennes sont d'une brièveté extrême ; les parties de leur bouche sont membraneuses et tout à fait impropres à la mastication; les ailes antérieures sont grandes; tandis que les postérieures sont très-petites ou avortent même complètement Le corps est long, grêle, avec l'abdomen terminé par deux ou trois longs filets. Le nom d'Éphémères donné à ces insectes indique assez la courte durée de leur existence : en effet, à certaines époques de l'année, on voit paraître de ces éphémères en très-grande quantité. Leur éclosion a lieu au coucher du soleil, et ils ont eu le temps de s'accoupler et de pondre leurs œufs quand le soleil reparaît le lendemain matin. Ils ont alors cessé de vivre, et les bords des rivières, des étangs, des lacs où on les avait vus naître , se trouvent jonchés de leurs corps. Leur nombre est quelquefois si considérable que la terre semble, en certains endroits, couverte de neige, et qu'on les i-ecueille, assure-ton, pour fumer la terre.
Les Éphémériens n'arrivent à l'état parfait que pour se reproduire ; la conformation de leur bouche ne leur permet de prendre aucune nourriture. A peine éclos , ils s'envolent dans les airs, s'y rassemblent, et les sexes se réunissent. Les mâles ont l'abdomen pourvu, à l'extrémité, de deux crochets , qui leur servent à saisir les femelles et à les entraîner sur les arbres ou sur les plantes, où
s'effectue l'accouplement. I-,es Éphémériens volent par myriades dans les lieux aquatiques-, lors de ces apparitions, leur vol élégant les a fait remarquer souvent dans les campagnes : ils s'élèvent et s'abaissent continuellement ; en agitant leurs ailes ils s'élèvent, mais lorsqu'ils les laissent planer, ainsi que les filets de leur abdomen, ils retombent.
Les femelles pondent leurs œufs en une seule masse; voltigeant au-dessus de l'eau, elles laissent tomber leur paquet d'œufs d'un seul coup.
Nous avons dit que ces Névroptères ne vivaient pas au delà de quelques heures; ceci est vrai pour la généralité des individus, mais ceux qui n'ont pas trouvé à s'accoupler peuvent vivre plusieurs jours : c'est ainsi que diverses personnes ont pu en conserver de vivants pendant dix ou quinze jours, ou même davantage. Au reste, si la durée de la vie de ces insectes est très-courte à leur état parfait, elle est fort longue à l'état de larve : car, comme Swammerdam l'a observé dans son intéressant mémoire intitulé : Vita Ephemeri, eUe n'est pas moins de trois ans. Ces larves demeurent constamment dans l'eau, souvent cachées sous les pierres ou dans des trous qu'elles se sont pratiqués. Leur agilité est très-grande, et elles nagent avec beaucoup de facilité. Toutes leurs formes retracent celles de l'insecte parfait; et l'on remarque néanmoins des différences assez importantes dans plusieurs de leurs parties. On ne retrouve point chez les larves les ocelles qui existent chez les insectes parfaits. Les antennes, quoique encore assez courtes, sont plus longues. Il existe chez les larves., en avant de la bouche, deux saillies cornées qui paraissent être les mandibules. Les côtés de l'abdomen sont garnis de tubes respiratoires très-frangés , qui leur servent non-
seulement pour respirer l'air dissous dans l'eau, mais encore pour nager. Ces organes sont placés en série longitudinale de chaque côté de l'abdomen, qui, à l'extrémité, supporte deux ou trois longs filets, comme dans les insectes parfaits. Les tarses sont terminés par un seul crochet.
On ne sait pas exactement ce qui sert à la nourriture des larves d'Ephémériens; plusieurs auteurs ont avancé qu'elle consistait dans la vase qui les entoure. Swammerdam a en effet trouvé de la vase dans le canal intestinal de ces larves; mais il est probable qu'elle avait été absorbée par l'animal avec des détritus propres à le nourrir.
Les larves d'Ephémériens sont souvent dévorées par d'autres insectes aquatiques et par des Salamandres; et comme M. Westwood le fait très-bien observer, on s'étonne qu'il en échappe une si grande quantité, car les eaux sont peuplées de larves carnassières.
Les nymphes ne diffèrent des larves que par la présence des rudiments d'ailes. Au moment de leur transformation en insecte parfait, elles sortent de l'eau, et s'attachent après les plantes et les pierres. La peau se fend après s'être desséchée, et les insectes parfaits en sortent. Il leur reste cependant encore à subir une dernière mue, car tout leur corps, et leur ailes sont enveloppées d'une peau mince dont ils ne se dépouillent que quelque temps après, pour être aptes à la reproduction. Avant cette mue les ailes des Ephémériens paraissent opaques; on les désigne dans cet état sous la dénomination de Pseudimago. Leurs ailes deviennent transparentes seulement lorsqu'elles sont débarrassées de cette peau.
Les Ephémériens se conservent fort mal dans les collections ; la mollesse de leur corps est telle, que par la dessic-
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cation ils perdent leurs formes, et la fraplitéde leurs membres est si grande qu'ils se brisent au moindre choc.
Jusqu'à présent les espèces indigènes sont presque les seules qui aient été recueillies; on observe entre elles des différences quelquefois assez grandes, mais très-peu constantes, sur lesquelles néanmoins se sont appuyés plusieurs entomologistes pour en former des genres. La position des ocelles, qui paraît très-variable, a surtout été prise en considération.
La tribu des Éphémériens se compose en réalité du seul genre Ephemera (1) ; la plus grande espèce connue est l'Éphémère à longue queue [Eph. hngicanda^ Swara. ; E . swammerdamiana^ Latr. ;Gre. : Palingenia, Burm.), longue d'un pouce, d'un blanc jaunâtre, avec la partie dorsale et les ailes un peu enfumées; les filets abdominaux seulement au nombre de deux.
Cette espèce se trouve très-abondamment en Belgique, en Hollande et en Allemagne , principalement dans les grandes rivières, comme la Meuse, le Rhin, le Leck, l'Ysgl ; sa larve a la tète prolongée en forme de corne , le premier anneau de l'abdomen dépourvu d'appendices propres à la respiration, et les jambes courtes et épaisses, avec lesquelles elle creuse dans la vase.
Les mâles à l'état de nymphe se distinguent facilement des femelles, par leur tête plus grande et leurs yeux plus développés.
(I) Dans les genres Oxycypha, Burm. {Brachycercus , Curt.), et Cloe, Leach, les ailes offrent peu de nervures transversales. En outre, les premiers ont les yeux semblables dans les deux sexes, tandis que dans les seconds ils sont bilobés dans les mâles. Chez les Bœtis, Leach, Palingenia, Burm., et Ephemera proprement dits, les ailes sont plus distinctement réticulées. Les premiers ont les ocelles rapprochés sur un tubercule frontal ; dans les seconds ils sont écartés et rapprochés des yeux, et le troisième est situé au milieu du front. Enfin chez les derniers cet ocelle médian est oblitéré.
On regarde l'Éphémère vulgaire [E. vulyata. Lin.) {pi. 15, fig. i) comme le type du genre; elle est brunâtre, tachetée de jaune, avec les quatre ailes transparentes, réticulées par des nervures brunes et ornées en outre de quelques taches de cette même couleur ; l'abdomen est terminé par trois filets d'un brun foncé. Cet insecte est commun dans une grande partie de l'Europe ; sa larve est d'un jaune brunâtre, avec le thorax et l'extrémité de l'abdomen tachetés de noir.
SIXIÈME TRIBU
LES LIBELLULIENS.
Les Libelluliens se rapprochent des Ephéméi-iens par la petitesse de leurs antennes , qui sont insérées sur le front derrière une élévation vésiculeuse, avec leur dernier article styliforme; mais c'est la ressemblance la plus grande qui existe entre ces insectes , qu'on a toutefois réunis pendant longtemps dans la même famille. Les Libelluliens ont un corps très-long et de consistance assez solide ; des yeux énormes, occupant la plus grande partie de la tète, et offrant un réseau distinct à l'œil nu , ou avec un trèsfaible grossissement; une bouche composée de pièces trèssolides, une lèvre supérieure très-large, des mandibules fortes et dentelées , des mâchoires offrant un seul lobe denté , épineux et cilié au côté interne, avec un palpe très-court, d'un seul article, et une lèvre inférieure trèsgrande, servant à clore complètement la bouche. Les ailes de ces Névroptères sont grandes, les postérieures presque égales aux antérieures, et les unes et les autres réticulées par de petites nervures transversales extrêmement nombreuses.
Les Libelluliens sont les plus beaux insectes de tout
l'ordre des Mévroptères ; ils sent toujours d'assez grande taille, et plusieurs d'entre eux offrent des couleurs vives et metalliquesquinele cèdentpas en beauté à celle des Lépidoptères. Leursaiies, d'une délicatesse extrême, toujours lisseset luisantes, présentent souvent dos couleurs variées; quelquefois elles sont totalement transparentes et agréablement irisées. Souvent les mâles et les femelles offrent un mode de coloration fort différent. Pendant la plus grande ardeur du soleil les Libelluliens volent avec une agilité et une rapidité extrême au bord des eaux, et par intervalles rasent le liquide, échappant toujours facilement quand on veut les saisir. Rien de plus joli à la vue, que ces Névroptères volant en quantité considérable le longdes étangs et des rivières par un beau jour d'été, alors que le soleil vient donner divers nuances à leurs ailes.
Le nom de Demoiselles^ appliqué vulgairement à ces insectes, paraît devoir indiquer l'élégance de leurs formes. C'est dans l'univers entier que sont répandus ces insectes, dont les espèces sont extrêmement nombreuses.
On a remarqué que la durée de leur existence était assez longue à l'état parfait; ce qui est très-probable, car depuis le commencement de l'été jusqu'à l'automne on ne cesse de voir les mêmes espèces. Il est toutefois à noter que tous les individus n'éclosent pas en même temps, mais a des intervalles plus ou moins éloignés. Chez les Libelluliens mâles, l'orifice des organes de la génération estsituéau second anneau de l'abdomen, ce qui occasionne pour eux un mode d'accouplement un peu différent de ce que l'on observe ailleurs. Le mâle, voltigeant autour de la femelle, la saisit avec les pinces qui terminent son abdomen entre la tête et le corselet. Il la traîne ainsi captive jusqu'à ce quelle se prête à ses désirs en recourbant
son abdomen pour venir en appliquer l'extrémité contre la base du sien. Quelques zoologistes ont regardé cela comme un prélude, et pensent que l'accouplement s'effectue ensuite comme chez les autres insectes.
La femelle pond ses œufs dans l'eau, soit en les faisant tomber au fond , soit en les déposant sur des plantes immergées. Les larves vivent pendant près d'une année sans quitter l'eau. Elles rappellent un peu la forme de l'insecte; mais leur corps est beaucoup plus ramassé, leur tête est plus aplatie, leurs yeux moins grands et plus écartés. Ce qu'il y a surtout de remarquable chez les larves des Libelluliens , c'est le développement énorme de la lèvre inférieure , qui peut permettre à l'animal de saisir une proie à une assez grande distance. Cette lèvre, articulée sur le menton, qui lui-même, est très-long, forme un coude, et se rabat sous le prothorax, de manière que cette lèvre concave, et terminée par une paire de palpes triangulaires, dentés eu scie et articulés aux angles, vient clore complètement la bouche.
A la volonté de l'insecte, sa lèvre peut s'étendre, et sa longueur est presque égale alors à celle du corps. Entre ses palpes, la proie se trouve retenue ; en repliant sa lèvre il la porte naturellement à sa bouche. Les nymphes sont plus allongées que les larves , et elles présentent des traces d'ailes. Chez les unes et les autres, les antennes sont fort petites, et l'extrémité de l'abdomen offre ordinairement des épines. La respiration s'effectue d'une singulière manière chez ces Névroptères pendant leurs premiers états : l'abdomen est terminé par cinq appendices, dont trois plus grands que les autres ; l'animal ayant la faculté de rapprocher et d'écarter ces appendices, il les ouvre par intervalles, et laisse pénétrer une certaine quantité d'eau;
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peu de femps après l'eau est rejetée au dehors, mais l'air qu'elle contenait s'est trouvé absorbé au moyen d'organes communiquant avec les trachées.
Les larves et les nymphes des Libelluliens marchent lentement et comme avec peine; elles sont d'une couleur grise plus ou moins brunâtre ou verdâtre; la vase dans laquelle elles se tiennent les faisaat paraître souvent fort sales , leur aspect est peu agréable.
La nymphe quitte l'eau pour subir sa métamorphose; elle se fixe sur quelque plante. Le soleil dessèche bientôt sa peau , qui se fend longitudiualement sur le dos. L'insecte parfait ne tarde pas à en sortir, mais il est encore mou , et quelques heuies lui sont nécessaires par solidifier ses téguments.
Tant à l'état parfait qu'à l'état de larve ou de nymphe, les Libelluliens sont extrêmement carnassiers. Leur vol rapide leur permet de saisir avec facilité les insectes plus faibles qu'eux. Dans les premiers temps de leur vie , ils dévorent dans les eaux où ils se trouvent une foule d'autres insectes , et même de petits poissons.
TABLEAU DES DIVISIONS