UE HISTOIRE
et brillant ; ils sont de petite taille, et présentent des cou-! leurs rouges, blanches, etc., très-vives.
Le Diorymerus, habitants de l’Amérique, ont aussi pour la plupart des couleurs éclatantes.
Les CRYPTORHYNCHITES n’ont que très-peu de représén- 4 tants en Europe; à peu d’exceptions près, ce sont des Co-* léoptères de l'Amérique méridionale. On trouve cependant en France et dans une grande partie de l'Europe le Cryptorhynche Lapathe (C. Lapathi, Lin.), qui occasionne « de grands dégâts sur les saules, où on le trouve tant à l’état de larve qu'à l’état d’insecte parfait. La larve creuse dans les troncs des trous profonds.
Les Ceutorhynques sont aussi presque tous européens, et se trouvent sur diverses plantes selon leurs espèces (€. echii, Fabr.; suturalis, Fabr.; erysimi , Fabr..).
Les Zygops, tous américains , ont un aspect très-parti- # culier, à cause de leurs longues pattes postérieures. |
Les CIONITES constituent un groupe très-limité.
Les espèces du genre Cionus vivent sur plusieurs plan- « tes, mais principalement sur les bouillons-blances (verbascum). La larve du Cionus verbasei, observée par M. Bouché, vit dans les fleurs et les graines du bouillon-blanc. Uneautre espèce (C. scrophulariæ, Fabr.) vit de même aux dépens de la scrophulaire.
Les Cionus, comme les Gymnætrons, ont une forme globuleuse. Ces derniers passent aussi leurs premiers états dans les graines de certaines plantes. M. Bouché a représenté la larve et la nymphe d’un insecte de ce genre (G. villosulus) qui se trouve dans des galles formées sur une véronique.
Les Mecines et les Nanophyes sont encore propres à l'Europe.
DES INSECTES. 195 La famille des CALANDRIDES se reconnaît à une trompe | toujours cylindrique et assez longue, aussi bien qu'aux | antennes. Elle peut être divisée en trois groupes : les ca- | LANDRITES, [es COSSONITES et les DRYOPHTHORITES. Les | premiers sont les plus nombreux.
Le genre Calandra proprement dit renferme un grand nombre d'espèces ; parmi les plus grosses, nous devons citer la Calandre du palmier (C. palmarum, Lin.) (pl. 10, fig. 9), grand insecte d’un noir velouté, avec les élytres sillonnées. Sa larve (pl. 10, fig. 10) est très-grosse, d’un blanc sale, etest mangée, dit-on, à la Guyane, où elle est très-commune par les habitants, qui la font cuire : elle vit dans les troncs de palmiers qu'elle détériore considérablement. Au moment de subir sa transformation en nymphe, elle se forme une coque ovale, avec des filaments de bois qu'elle détache à cet effet (pl. 10, fig. 11).
Une petite espèce du même genre, la Calandre du blé (Calandra granaria, Lin.) est des plus redoutables. C'est un insecte long de quatre millimètres, d'un brun noirâtre, qui vit aux dépens du blé amassé dans nos greniers. Chaque femelle dépose un œuf sur un grain, et la petite larve, venant à éclore, pénètre bientôt dans l’intérieur et en “dévore toutes les parties amilacées ; un grain suffit à son existence. Quand elle a acquis tout son développement, elle subit sa transformation en nymphe; et un petit trou circulaire annonce peu de temps après que l'insecte parfait en est sorti. Cette Calandre fourmille quelquefois dans des tas de blé qui n’ont pas été remués pendant longtemps; car c’est un moyen d’éloigner ce Charançcon que d’agiter souvent les grains.
On a proposé une foule de moyens pour sa destruction, que nous ne pouvons guère énumérer ici, et qui sont d’ailleurs pour la plupart très-insignifiants. ”
La Calandre du riz (Calandra orizæ, Lin.) attaque le riz de la même maniere.
Les Rhinus et Sipalus ont une trompe extrêmement allongée ; ils sont tous exotiques.
Les COssoniTESs renferment le genre Cossonus, qui est surtout répandu en Amérique.
On trouve quelques Rhyncoles en Europe (R. cylindrirostris, Oliv., etc.).
Le genre Athrotomus est établi sur une espèce de Madagascar.
Le groupe des DRYOPHTHORITES n’a pour représentant que le genre Dryophthore (D. {ymexylon, Fabr.).
DIX-NEUVIÈME TRIBU
LES SCOLYTIENS.
Ces insectes ressemblent à beaucoup d’égards aux Cureulioniens ; leur bouche a tout à fait la même structure : ce sont encore ces parties rudimentaires; mais néanmoins ces ressembiances, la forme des antennes et la forme de la tête, qui n’est qu’à peine prolongée, nous forcent à séparer les Scolytiens ; et cela d'autant plus qu’alors la tribu des Curculioniens perdrait ses limites si bien tranchées. Les Scolytiens sont des Coléoptères de très-petite taille et qui cependant sont peut-être les plus nuisibles de tout l’ordre auquel ils appartiennent. Les plus grands arbres sont détruits par ces insectes en peu d'années. On a discuté longtemps pour savoir siles Scolytiens n’attaquaient que les arbres déjà malades ou ceux pleins de vie. Il paraît en effet que les larves, petits vers blanchâtres et apodes comme ceux des Cureulioniens, ne sauraient vivre dans les arbres dont la séve a toute sa vigueur. Mais il parait certain
aussi, d'après les observations de M. Audouin et de quelques autres naturalistes, que les arbres sont rendus mala-
(es avant de recevoir des larves, par les Scolytiens euxmêmes, qui, pendant une année ou davantage, viennent y puiser leur nourriture. Au moment de la ponte, les femelles pénètrent entre l’écorce et l’aubier, et forment une petite galerie tout le long de laquelle elles déposent leurs œufs. Les petites larves venant à éclore commencent à manger, et forment dechaque côté de nouvelles galeries, partant à angle droit de celle qui a été creusée par la femelle. Ces sillons formés par les larves s’élargissent, plus ils arrivent près de leur extrémité; ce qui s'explique par le développement que la larve acquiert successivement. Au bout de sa galerie chaque larve creuse davantage et se construit une petite loge pour s’y métamorphoser. Quand l'insecte parfait éclôt, il perce l'écorce d’un petit trou circulaire et prend aussitôt son essor.
Les Scolytiens sont quelquefois si nombreux dans les forêts, que les arbres en sont tatoués littéralement dans toute leur étendue. Un tel fléau a attiré l’attention de plusieurs observateurs. M. Ratzeburg , entre autres , a repré-
“senté admirablement bien les métamorphoses et les dégâts de ces insectes : car ce qui est très-remarquable, c'est de voir chaque espèce ayant son mode particulier de galeries si bien arrêté, qu’il est facile de reconnaître les espèces à la simple inspection des galeries. Nous séparons cette tribu en deux familles, dont suit l'exposé.
TABLEAU DES DIVISIONS