‹ Histoire naturelle des insectes, leurs moeurs, leurs métamorphoses et leur classification, ou Traité élémentaire d'entomologieChapitre 51 sur 152 · DER ES RE · texte numérisé non relu

DER ES RE

Ga DES INSECTES. 249

Legroupe des D renferme le seul genre Schizoda yle (Schizodactylus), dont nous ne connais-

sons nonplus qu’une seule espèce; @'est le S. monstrueux

| (S.monstrosus, Drury). Cet Orthoptère se trouve aux. | Indes néteritiiets :ilest de plus remarquable par ses ély-

| tres et ses ailes, dont l’extrémité est enroulée en forme de

| spirale et appliquée sur les appendices terminaux de l’ab-

| domen. Les tarses de cet insecte ayant tous quatre arti-

| cles, comme ceux des Locustiens, semblent le rapprocher

| de ces derniers; mais l’ensemble deses caractères le place

! néanmoins parmi les Grylliens.

Les PHALANGOPSITES SOnt tous étrangers à l’Europe ; on les reconnaît à leur corps, plus allongé que celui des Gryllites, et surtout à leurs pattes, très-longues.

Les Phalangopsites et les Platydactyles renferment quelques espèces de l'Amérique méridionale et des Indes | orientales.

. Une seule espèce de Madagascar constitue actuellement “le genre Podoscirte.

. Le groupe des OEcanthites a pour unique représentant

le genre OEcanthe (Ecanthus) ; on en connaît peu d’espèces , qui habitent des régions fort diverses : on en a décrit jusqu’à présent trois espèces , une de l'Amérique sep-

tentrionale , une des Indes orientales et une autre du midi

ne l’Europe : c’est le type du genre, OEcanthe transparent

» (ŒEcanthus pellucens, Scop.) (pl. 14, fig. 3). Les OEcan-

“ thes sont des Grylliens d’une délicatesse extrême ; leur

corselet est long , presque conique et un peu rétréci anté- - rieurement. Les élytres sont extrémement minces et plus - larges dans les mâles que dans les femelles; les ailes les

dépassent toujours un peu. Chez ces OEcanthes on ne dis- » tingue point d’ocelles.

La couleur de ces petits Orthoptères | est d'un B nâtre uniforme. On les trouve sur les plantes ; ils même sur les fleurs. Un observateuritalien, M. Salvi, e. a transmis les détails suivants sur cet insecte. La femelle, |

‘au moyen de sa tarière, perce les fibres les plus tendres ou les sarments encore verts de certains végétaux, et y À pratique une ouverture jusqu’à la moelle, où elle dépose ses œufs. Le premier dépôt, qui n’est ordinairement que d’un œuf, une fois fait, elle recommence un peu plus loin, Ces œufs n’éclosent que dans le solstice d’été. Après l’éclosion, les jeunes larves se retirent parmi les plantes dans des lieux très-fourrés. mn.

Les cRYLLITES constituent le groupe le plus nombreux de toute la tribu. Le genre Gryllon (Gryllus , Oliv.) ren- M ferme une quantité considérable d’espèces dispersées dans toutes les parties du monde. Quelques-unes sont propres à M l'Europe, et y sont fort communes. De ce nombre sont le « Gryllon des champs (Gryllus campestris, Lin.), long de près de trois centimètres, ayant une tête grosse, bombée, d’un noir brillant, avec l'extrémité de la lèvre supé- à rieure rougeâtre, le corselet noir, les élytres brunes ; ayant “ à la base une petite tache jaune, mal circonserite, les ailes plus courtes que les élytres, les pattes noires, avec le côté interne des cuisses postérieures rougeâtre.

Ce Gryllon est très-commun dans notre pays; on rencontre ses terriers dans tous les endroits un peu sablonneux , et généralement exposés au midi. à

Une seconde espèce, qui n’est guère plus rare que la 4 précédente, mais qui vit seulement dans les maisons, où » elle se tient derrière les plaques de cheminée, dans les” crevasses et les interstices des vieilles murailles, est le Grylion domestique {Gryllus domesticus, Lin.), un peu plus

petit que le précédent et de couleur jaunâtre, avec deux signes sur la tête et une tache carrée sur le corselet de couleur brunâtre ; les élytres d’un jaune brunâtre, etc.

Les espèces de Platyblemmes se font remarquer par la forme singulière de leur tête; le type du genre, le Platyblemme ombragé (£/atyblemmus umbraculatus, Lin.), ‘est surtout commun en Barbarie; il vit sous les pierres, sous les feuilles sèches, ete.

+ Les spHÆRIITES, ont pour seul représentant le genre Sphærium , auquel se rattache une seule espèce (S. acervo- \rum , Panz.), de très-petile taille, et fort rare partout; on l’a trouvée quelquefois en es en Allemagne; elle vit dans des fourmilières.

La seconde famille des Grylliens, les GRYLLOTALPIDES, renferme des Orthoptères dont la forme générale est trèsparticulière et dont les pattes sont disposées de manière | à leur permettre de fouir; leurs antennes sont assez courtes, leur corps est allongé. Cette famille peut être divisée en | deux groupes, les GRYLLOTALPITES et les TRIDACTYLITES. | Au premier de ces groupes se rattache essentiellement le | genre Gryllotalpa, plus connu vulgairement sous celui de

de Courtilière ; dénomination qui provient du vieux mot

| courtille, indiquant que ces Orthoptères fréquentaient

| surtout les courtilles : c’est ainsi qu’on désignait autrefois certains jardins ( Gr. vulgaris) (pl. 13, fig. 6). Quoi qu'il en soit à cet égard , les Courtilières, nommées aussi Gryllons-Taupes, Avant-Taupes, etc. , à raison de la forme de leurs pattes antérieures, qui représentent assez bien celles des taupes, ont été observées fort ancienne- | ment.

Les ravages qu’elles occasionnent dans les lieux eulti-

vés ont dû en effet attirer l’attentior des observateurs.

Les Taupes-Gryllons ou Courtilières , par la structure de leurs pattes antérieures , ne ressemblent à aucun autre in secte ; les jambes sont très-élargies et dentées de manière: à représenter une sorte de main. Cette conformation sin-! gulière était indispensable aux habitudes de ces Orthoptè=. res, qui secreusent des galeries souterraines, et élèvent à la surface du sol de petits monticules avec la terre, qu’ils en ont retirée.

Le corps est gros chez les Courtilières ; leur corselet out prothorax ressemble assez à une carapace d’écrevisse, et | enveloppe presque entièrement le sternum. Ce grand développement semble avoir pour but de donner aux pattes antérieures une insertion plus solide, et qui puisse leur permettre de faire des efforts considérables pour creuser la terre. Les pattes postérieures sont courtes et peu renflées,,. ce qui explique pourquoi les Taupes-Gryllons n’ont pas la! faculté de sauter, et cela d'autant plus que leur abdomen: est assez volumineux. Les élytres des mâles ont à leur base les nervures plus écartées que chez les femelles et. aussi plus fortes, ce qui leur permet de produire une sorte de stridulation , mais qui est bien loin d’être aussi pénétrante que celle des Gryllons. Les ailes sont larges chez: ces insectes, et se replient en forme de lanière ; leur lon-. gueur dépasse beaucoup celle des élytres. |

On à regardé pendant longtemps les Courtilières: comme des insectes phytophages; on supposait qu’elles ne creusaient [a terre que pour dévorer les jeunes racines: des plantes, et certains auteurs qui ont écrit l’histoire de la Courtilière n’ont pas hésité à lui attribuer une prévoyance et des instincts merveilleux.

Un observateur, M. Féburier, le premier qui ait tracé. rigoureusement l'histoire de cet Orthoptère, et, depuis,

quelques nouvelles observations , qui ont confirmé celles de ce naturaliste, ont fait connaître aux entomologistes “les mœurs des Taupes-Gryllons.

M Onles rencontre surtout dans les champs cultivés, dans les jardins potagers ; elles demeurent dans un trou prati- | |qué sous terre , à une * CPp plus ou moins considéra-

le est pendant |’ hiver, Une Sléri ie, ordinairement Veritele.

communique du sol à l'habitation de la Courtilière. En

outre, notre insecte se creuse de nouvelles galeries dans } toutes les directions, qui aboutissent de différents côtés au trou vertical. Un tel travail exécuté par des insectes d’une fécondité prodigieuse, explique les ravages que le cultiva- | teur redoute tant des Taupes-Gryllons ; car, bien que l’on

ait démontré que cet Orthoptère ne se nourrisse pas de végétaux, tous ceux qui se trouvent sur son passage sont bientôt détruits. Enfin M. Féburier s’attache à démontrer que toutes ces galeries sont construites seulement pour pouvoir rechercher les insectes qui doivent servir à la nourriture de la Courtilière ; il ajoute qu’elle passe indistinctement à côté des plantes ou à travers de leurs racines, et ne les détruit que lorsqu'elles sont tendres et plus faciles à entamer que la terre qui les environne.

Plusieurs fois on a vu des Courtilières se dévorer lorsque plusieurs se trouvaient ensemble, et de là on en a conclu encore qu'elles étaient carnassières ; mais, comme nous l’avons déjà dit, ce fait prouve très-médiocrement, parce que des insectes réellement phytophages s’entre dévorent lorsqu'ils sont réunis dans un espace resserré.

Au reste, malgré les observations consciencieuses de M. Féburier, il ne faut peut-être pas regarder les Taupes- Gryllons comme vivantexelusivementd’insectes. Quelques faits recueillis isolément tendraient à prouver que leur

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nourriture consiste plutôt en végétaux. M. Turpin en vit

plusieurs individus qui mangeaient avidement des feuille

de romaine. On a remarqué, d’autre part, des racines qui avaient été rongées dans une grande partie de leur lar-* geur, et certainement ce n’était pas dans le but de former

un passage.

Les localités ravagées par les Courtilières n’offrent qu’une végétation jaunie et flétrie; ensuite çà et là on peut apercevoir, avec un peu d'attention, de petits mon- | ticules de la terre qu’elles ont retirée en creusant leur

trou et leurs galeries. Plusieurs moyens ont été proposés

pour détruire ces dangereux insectes ; mais ils sont d’une exécution bien difficile, sinon impossible, dans des éten-

dues considérables.

Ils consistent à rechercher leur trou, qu’on emplit d’eau ou d'huile, ce qui ne tarde pas en effet à leur faire évacuer leur retraite; ou à placer en terre des vases remplis d’eau dans lesquels il viennent souvent se noyer.

C'est vers le milieu de l'été que l’accouplement a lieu chez les Taupes-Gryllons ; les mâles, pendant la nuit ou le soir, font entendre leur chant pour appeler leurs femelles. Celles-ci établissent leurs nids ordinairement dans des terres assez fermes; elles creusent d’abord une galerie circulaire, et ensuite une autre retraite un peu éloignée de celle-ci. C’est dans la galerie circulaire, placée à une

profondeur variable, suivant les circonstances, que sont

déposés les œufs, au nombre de deux ou trois cents. D’après M. Féburier, les Courtilières n’arriveraient à leur état parfait qu’au bout de trois ans. Tous les observateurs assurent que les femelles prennent le plus grand soin de leurs petits, et vont leur chercher leur nourriture.

Le second genre du groupe des Gryllotalpites, celui de

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ylindrodes, a été formé sur une seule espèce , de la Nouelle-Hollande, très-longue, cylindrique comme un tube, t privée d'ailes. Ce singulier Orthoptère vit dans des tis de végétaux.

Le deuxième groupe de la famille des Gryllotalpides, es TRIDACTYLITES , est surtout représenté par le genre ridactyle (Tridactylus) proprement dit, dont nous trouons une espèce assez communément dans le midi de la rance, en Italie, .etc.; c’est le Tridactyle varié (7°. varieatus, Latr.), long de cinq millim., d'un noir bronzé, avec e tour des yeux, les bords latéraux du corselet, et des cuisses postérieures blanchâtres, ainsi que quelques taches sur les pattes de devant.

Les Tridactyles sont les plus petits Orthoptères connus ; ont des habitudes assez analogues à celles des Taupesryllons, mais ils sautent avec une agilité remarquable et à une hauteur très-considérable relativement à leur petite taille : aussi leurs cuisses postérieures sont très-renflées. Leurs jambes sont grêles, et portent des appendices mobiles allongés et Rtéent: aplatis, la plupart situés l'extrémité. Cette disposition permet à ces petits Orthoptères d'exécuter des sauts sur un sol très-peu solide, comme le sable, et de s’élancer de la surface de l’eau avec autant defacilité que sur le sable lui:même.

: Les Tridactyles ont des habitudes très-semblables à celles des Taupes-Gryllons ; comme ces derniers ils creusent des galeries dans toutes les directions. Ils forment abord un trou vertical , et ensuite des galeries horizontales en nombre considérable.

Les mandibules de ces insectes , assez fortement denées et creusées en dessus, paraissent bien conformées NT entamer le sable; les jambes antérieures, élargies

; | et munies en dessous de fortes épines, permettent à l’ani- | mal de rejeter en arrière les grains de sable détachés par les mandibules. | C’est toujours dans les sables près des rivières , des lac ou des mares, qu’on trouve les Tridactyles; ils y vivent ea très-grande quantité ; ils sont extrêmement abondants | sur les bords du Rhône, et en général près de toutes less rivières dans le midi de la France aussi bien qu’en Italie.d C’est à M. Foudras, entomologiste de Lyon, que nous de-" vons les observations les plus intéressantes sur. les habi-* tudes de cet Orthoptère. D'après lui, leur nourriture ne“ consisterait qu’en grains de sable; il lesa vus en manger avec avidité et les rendre dans leurs excréments. Il a re—* marqué qu’ils choisissaient leurs grains de sable, et reje-4} taient ceux qui ne leur convenaient pas. Le travail qu’ilssf exécutent semble n’avoir d'autre but que de chercher leu nourriture. FA Il est plus probable, comme on l’a déjà avancé, qu ils rencontrentdanslesable, soitde petits animaux, soit de petits détritus végétaux, et qu’un peu desable se trouve ingérés en même temps; car il est certain qu’une telle matière} ne peut pas servir à la nourriture d’un animal articulés C’est dès le commencement du printemps qu’on aperçoit} les Tridactyles, dans les lieux bien exposés au soleil ; ilss y sont à des états de développement très-différents, quelques-uns, à l'état parfait, ont passé l'hiver dans leum trou , les autres sont à l’état de larve, et sont éclos très probablement à la fin de l’année précédente. | Les œufs des Tridactyles sont arrondis, transparents et, jaunâtres ; les femelles les déposent au fond de leur trou, au nombre d’une quarañtaine environ. L’éclosion des! larves a lieu à des époques différentes, ce qui explique

sis‘

pourquoi on rencontre en même temps des individus à us les degrés de développement.

Ces petits Orthoptères entrent toujours dans leur trou a tête la première, et n’en sortent jamais qu’à reculons ; aussi est-ce également la tête en bas qu’on les découvre lottis dans leur retraite. |

Le genre Ripipteryx est très-voisin du précédent. Nous m'en connaissons que deux ou trois espèces américaines ; elles ne sont pas beaucoup plus grosses que les vrais Tridactyles. Le nombre des articles des tarses établit la principale différence entre ces insectes ; en outre , les ailes des Ripipteryx sont plus grandes et les filets terminaux de l'abdomen leur manquent.

SEPTIÈME TRIBU

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