‹ Histoire naturelle des insectes, leurs moeurs, leurs métamorphoses et leur classification, ou Traité élémentaire d'entomologieChapitre 50 sur 152 · DE LA TRIBU DES GRYLLIENS · texte numérisé non relu

DE LA TRIBU DES GRYLLIENS

Famille {. GRYLLIDES. Pattes antérieures simples.

Groupe {. SCHIZODACTY- Tous les tarses de quatre articles.

D LITES. Élytres et aîles très-grandes, ayant Le leur extrémité enroulée en forme de # spirale.

| Genre 1. SCHIZODACTYLE.

| Brullé.

Gpe. 2. PHALANGOPSI- Tous les tarses de trois articles. Pattes TES. postérieures très-longues.

Genre {.PHALANGOPsIs, Serv. Tarses ayant leur deuxième article très-petit ; le premier plus long que les autres réunis. Tarière très-longue et recourbée.

Gre. 2. PLATYDACTYLE. Brullé. Tarses ayant leur deuxième article très-petit; les premier et troisième À des tarses intermédiaires et postérieurs égaux entre eux. Tarière très-

longue et recourbée.

Gre. 3. PODOSCIRTE. Serv. Tarses ayant leur deuxième article assez grand. Tarière des femelles courte et droite.

Gpe. 3. ŒCANTHITES. Tarses antérieurs et intermédiaires de

trois articles ; les postérieurs de quatre articles très-distincls.

Genre 1. OECANTHE. Serv. :

Gpe. 4. GRYLLITES. Tous les tarses de trois articles. Pattes postérieures assez courtes et robustes.

Genre 1.PLATYBLEMMA. Serv. Face antérieure de la tête aplatie. Antennes à premier article grand et aplali.

Gre. 2. GRILLON (Gryllus). Tête très-bombée. Antennes à premier article court et épais.

Gpe. 5. SPHŒRIITES. Corps presque orbiculaire. Tête cachée sous le prothorax. Élytres etl ailes nulles dans les deux sexes. : |

Gre. SPHOERIUM. CAT.

Famille 2. GRYLLOTALPI- Jambes antérieures élargies, plus ou.

DES. moins digitées. | Groupe 1. GRYLLOTALPI- Pattes postérienres pourvues d’un TES. tarse. Jambes antérieures terminées

par une palette dentée en forme de”

main.

Genre 1. GRYLLOTALPA. Latr.Tarses de trois articles, sans crochets.

Gre. 2. CYLINDRODES. Gray. Tarses de deux articles, sans crochets.

Gpe 2. TRIDACTYLITES. Paites postérieures dépourvues de |

tarses. Les jambes terminées par des appendices mobiles et digités.

Genre 1. TRIDACTYLE. Lalr. Tarses de trois articles.

Gre. 2. RHIPIPTERYX, Newm. Tarses de deux articles.

La première famille des Grylliens est celle des GRYLLI- 4

DES, qui est de beaucoup la plus nombreuse: ce sont ces insectes que le vulgaire désigne généralement sous le nom de Cri-Cri, à raison du bruit qu'ils font entendre. C’est unestridulation que l’on remarque souvent dans les champs pendant l'été, et quelquefois aussi dans les maisons, principalement dans les boulangeries et dans les cuisines de campagne. Le vulgaire attache à ce bruit monotone un présage de mauvais augure pour la maison dans laquelle on entend ces Cris-Cris; et autrefois ce singulier préjugé était beaucoup plus enraciné qu’il ne l’est maintenant. Les Gryllides mâles sont seuls aptes à produire cette Stridulation ; et, comme chez les Locustiens, c’est par le frottement de leurs élytres l’une contre l’autre; cependant il existe une différence assez grande : chez les premiers un espace très-Timité est affecté pour cet objet ; au con-

| traire, chez les Gryllides c'est presque la totalité des élytres qui offre des nervures épaisses et dirigées en sens di- | vers.

Les Gryllides ne sautent pas tous avec la même facilité. On s’en rend compte facilement par le plus ou moins grand renflement de leurs cuisses postérieures et la brie- | veté de leurs jambes, qui leur permet difficilement de lan- | cer le corps en l'air.

Lesinsectes de cette famille et même de la tribu tout entière ont un genre de vie très-différent de celui des autres : Orthoptères; on ne les rencontre pas, comme ces derniers, au milieu des herbes ou sur des arbustes, sautant d'espace en espace : les Gryllides vivent solitaires. Chaque individu se creuse un trou profond, dans lequel il demeure ordinairement pendant tout le jour; ce n’est guère que la nuit qu'ils quittent cette retraite, et que les mâles et les femelles prennent leurs ébats; parfois on les aperçoit au bord de leurs terriers, et là les mâles font entendre leur chant dans le but d'appeler leurs femelles. Tout le monde connaît parfaitement ces trous de Grylliens ; les enfants de la campagne saventtrès-bien les prendre, en mettant un brin de paille dans le terrier : car alors le Gryllon le saisit fortement avec ses mandibules, et on le ramène toujours avec le fétu de paille, qu'on retire aussitôt.

Nous ne savons pas encore parfaitement quelle est la nourriture habituelle des Gryllides; on assure qu'ils sont carnassiers, et nous avons aussi quelques raisons pour les croire tels, parce qu'ils se jettent sur tout ce qu’on leur présente. Plusieurs auteurs les regardent plutôt comme phytophages ; et il n’est pas douteux en effet que certaines espèces au moins ne se nourrissent souvent de matières végétales. Le Gryllon domestiqueest dans ee cas ; il mange de

la farine, mais il est possible aussi qu’il recherche les insectes vivant dans la farine.

Lorsqu'on place plusieurs Gryllides dans la même boîte, ils s'entre-dévorent bientôt ; mais ceci n’indique pas leur nourriture: ilest des espèces phythophages qui, étant renfermées, s’entre-détruisent aussi bien que les espèces cçarnassières.

Les Gryllides paraissent rechercher surtout beaucoup la chaleur ; ils établissent leurs terriers dans des expositions méridionales. On assure qu’ils redoutent le froid ; et Degéer nous dit que des individus qu’il exposa au dehors pendant le mois de novembre ne tardèrent pas à périr.

Ces Orthoptères sont d’une extrême timidité ; au moindre bruit ils cessent de produire leur vibrante stridulation, et quand ils sont au bord de leur terrier, ils y rentrent spontanément dès qu’on approche.

Les femelles des Grylilides sont très-fécondes : chacune pond environ trois cents œufs vers le milieu de l'été. Les petites larves qui en naissent bientôt se creusent de petits trous dans la terre ; elles y passent l'hiver. Au printemps suivant elles recherchent une exposition convenable ; et alors dans un court espace de temps, on les voit devenir nympbhes, et ensuite insectes parfaits.

Au rapport de Mouffet, les Gryllides dans certaines parties de l'Afrique constituent un objet de commerce ; on les élève dans de petites cages, eton les vendaux habitants, qui se plaisent à entendre leur chant amoureux.

Les caractères assez variables dans la famille des Gryllides, et surtout le nombre des articles des tarses, nous permettent d’en former plusieurs groupes. Ce sont les SCHIZODACTYLITES , PHALANGOPSITES , OŒCANTHITES ;, GRYLLITES €t SPHOERIITES.

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