‹ Histoire naturelle des insectes, leurs moeurs, leurs métamorphoses et leur classification, ou Traité élémentaire d'entomologieChapitre 68 sur 152 · LES TRICHOPTÈRES · texte numérisé non relu

LES TRICHOPTÈRES

Nous avons exposé précédemment les motifs qui nous font regarder les Trichoptères comme une section dans l’ordre des Névroptères, et non pas comme un ordre distinct, ainsi qu'ils ont été considérés par quelques naturalistes. Les Trichoptères forment un lien entre Îes autres Névroptères et les Lépidoptères ; ils serapprochent de ces derniers par les parties rudimentaires de leur bouche, et par leurs ailes sans réticeulations et portant des poils implantés comme les petites écailles des ailes de Lépidopteres. Une seule tribu se rattache à cette section.

NEUVIÈME TRIBU

LES PHRYGANIENS.

Ces Névroptères ont presque complétement l'aspect de certains Lépidoptères de la tribu des Phaléniens ; ils onë

en général des couleurs grisâtres, assez sombres ; des antennes longues, filiformes, souvent beaucoup plus longues que le corps. Les tarses présentent toujours cinq articles, : dont le dernier muni de deux crochets. Les parties de la bouche sont impropres à la mastication, aussi bien qu'à Ja succion. Les Phryganiens, comme certains Lépidopteres, ne prennent aucune nourriture à leur état d'insecte parfait. Les mandibules sont totalement rudimentaires ; les mâchoires sont également très-petites, et supportent des palpes ordinairement de quatre articles dansles mâles, et de cinq dans les femelles.

Les Phryganiens paraissent répandus dans presque toutes les régions du globe; mais c’est principalement en Europe qu'ils ont été recueillis en grande quantité. Ces insectes se trouvent dans les endroits marécageux, au bord des eaux. Ils volent le soir en grande quantité pendant les beaux jours d'été.

Leurslarves sontaquatiques ; elles ont une tête écailleuse, les trois premiers anneaux de leur corps également coriaces. les autresextrémement mous, le dernier constamment muni de deux crochets. Les parties latérales des anneaux de l'abdomen sont garnies de sacs respiratoires, dont la forme et la disposition varient suivant les genres et les espèces.

Ces larves, ayant la plus grande partie de leur corps d'une consistance très-molle, seraient facilement dévorées par les insectes carnassiers si elles ne savaient se protéger. Maisellesse construisent des étuis ou fourreaux soyeux, recouverts de corps étrangers, tels que des fragments de bois, de petites pierres, de petits coquillages, etc., ou même de grains de sable. Chaque espèce emploie presque toujours les mêmes matériaux , à moins qu’elle ne s’en

trouve privée et ne soit obligée d’avoir recours à d’autres. |

Ces larves en général traînent leur fourreau en mar- | chant ; mais il en est quelques-unes qui se construisent | seulement des abris immobiles. |

Les nymphes sont immobiles ; elles subissent leur trans- « formation dans le fourreau formé par les larves; leur tête supporte deux crochets à sa partie antérieure ; elles. sont munies d’appendices respiratoires comme les larves, et sur les anneaux de l’abdomen, excepté le premier et le dernier, elles présentent deux petits espaces garnis de: - pointes recourbées. Au moment de l’éclosion, leur peau se fend longitudinalement sur le dos, et l’insecte parfait, après s’être un peu raffermi, prend son essor.

Les œufs des Phryganiens sonttoujours envéloppés dans des boules d’une espèce de gelée transparente, qui s’accrochent aux pierres, aux plantes aquatiques jusqu’à ce que les petites larves en sortent.

La forme des fourreaux de larves varie beaucoup selon les divers matériaux dont ils sont construits. Lorsqu'ils sont dépouillés de corps étrangers, ils sont toujours réguliers et cylindriques chez toutes les espèces ; les brins d'herbes, les morceaux de bois, les pierres et les coquillages seuls, disposés et entrelacés de différentes mauières, donnent à ces étuis les formes les plus irrégulières et les plus variées.

Les Phryganiens, quoique très-nombreux en espèces, se ressemblent cependant beaucoup; ce qui n’a pas empêché, dans ces derniers temps, les entomologistes d'en forme une quantité de genres très-considérable. Nous avons relaté tous ceux qui nous paraissent avoir des caractères assez faciles à saisir, quoique peu importants en général ; nous leurrattachons les autres comme de simples divisions.

DES

DE LA TRIBU

Groupe 1. PHRYGANÉITES.

Genre {. PHRYGANE. Lin.

(Oligotricha, Ramb.)

Gre. 2. LIMNÉPHILE. Leach.

(Monocentra, Ramb.)

Gpe. 2. SÉRICOSTOMI- TES.

Genre 1. TRICHOSTOMA. Pick.

Gre. 2. SERICOSTOMA. Latr.

Gpe. 3. HYDROPSYCHITES.

Genre 1. RHYACOPHILA. PiCt.

Gre. 2. TINODES. Leach.

(Anticyra, etc., Curt.)

Gre. 3. RHILOPOTAME. LeaCh.

e tableau suivant présente les diverses coupes de cette

TABLEAU DES DIVISIONS

DES PHRYGANIENS.

Palpes presque glabres, beaucoup plus longs queles labiaux, et de quatre articles dans les mâles. Ailes pourvues de nervures transversales.

Jambes intermédiaires et postérieures pourvues de deux paires d'éperons.

Jambes intermédiaires pourvues d’un seul éperon, vers le milieu.

Palpes maxillaires dilatés dans les mâles,de deux à trois articles. Ailes sans nervures transversales ; les postérieures pliées. Antennes sétacées.

Jambes intermédiaires et postérieures ayant deux paires d’éperons. Antennes à premier article très-grand, cylindrique.

Jambes intermédiaires et postérieures ayant deux paires d’éperons. Antennes à premier article court, globuleux.

Palpes maxillaires simples dans les deux sexes, Ailes sans nervures transversales. Antennes sétacées.

Jambes antérieures ayant trois éperons. Dernier artile des palpes ovoide.

Jambes antérieures ayant deux éperons. Dernier article des palpes ovoide.

Jambes antérieures ayant deux éperons. Dernier article des palpes filiforme, très-long.

re. 4. HYDROPSYCHE. Pict. Jambes antérieures ayant trois pe rons. Dernier article des palpes il forme, long.

Gpe. 4. MYSTACIDITES. Palpes maxillaires très longs et por Leack. lus,de cinq articles dans les deux sexes Ailes pourvues de nervures transver«

rales. Antennes sétacées. *

Genre {. mysracipa. Latr. Jambes postérieures ayant deux épe-" (Setodes, Ramb.) . rons.

Gre. 2. ononrocère. Leach. Jambes postérieures ayant quatre épe rons.

Gpe. 5. CHIMARRITES. Palpes maxillaires glabres , de cinq ar | | ticles. Ailes postérieures non pliées Antennes sélacées.

Gre. 1. cHimARRA. Leach. Jambes antérieures sans éperons. Gpe. 6. HYDROPTILITES. Palpes maxillaires hérissés, de cing articles. Antennes filiformes ou pec

tinées. Ailes postérieures non pliées.

Genre {. NARYCIA. S{eph. Antennes pectinées.

Gre. 2. AGRAYLEA. Curé. Antennes simples. Jambes intermé" diaires ayant un seul éperon.

Gre. 3. yproprILa. Dalm. Antennes simples. Jambes intermé diaires ayant deux éperons.

Les entomologistes anglais (1) ont formé plusieurs grow pes dans cette tribw; nous en avons admis six. |

Le premier, celui des PHRYGANÉITES, renferme les plus grandes espèces de la tribu. |

Le type du genre Phrygane est la P. grande (Phrys" ganea grandis), qui se trouve assez communément dans | nos environs.

Les séricosromiTes ont en général un vol lourd. Leurs, larves n’ont ordinairement de corné que la tête et le pro-…

{1) MM. Stephens, Westwood, Curtis.

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thorax; les deux autres anneaux sont mous comme ceux de l'abdomen.

Les principaux genres de ce groupe sont ceux de Serisostoma et de Trichostoma (1).

Le groupe des HyproPsycuiTes est nombreux en espèces. Le genre Rhyacophile en renferme une très-grande quantité, et toutes se ressemblent, au point qu'il est trèes- difficile de les distinguer entre elles.

- Les Hydropsychées s’en éloignent peu (7. atomaria, Pictet).

- Les mysracipiTes renferment essentiellement le genre Mystacide, dont les espèces sont communes, pour la plupart, au bord des eaux. Leurs larves se construisent des fourreaux minces et allongés ; leurs filets respiratoires sont courts et disposés par bouquets.

Les caimarriTes forment le groupe le plus restreint de cette tribu. Il est basé sur le genre Chïmarra.

Les HYDROPTILITES sont de petits Phryganiens à corps grêle et à ailes étroites.

Les larves se forment des étuis aplatis, et ont un abdomen volumineux par rapport à leur tête et à leur thorax ; elles ne présentent pas d'organes respiratoires externes (2).

(1) Rambur a établi le genre Poyonostoma, Dasystoma sur des espèces . qui différeraient des autres Séricostomites par le nombre d’éperons. 12} Foy., pour celte tribu, Pictet, Recherches pour servir à l'Hist. et a l’Anat. des Phryganides ; 1834, Genève.

Curtis, London and Edinb. Phil. Mag., 1831; Burmeister, Handbuch der Entomologie, t. 2; Rambur, Znsectes Névroptères, Suites à Buffon,

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