‹ Histoire naturelle des insectesChapitre 11 sur 435 · HAS M'OTRE NATURELLE · texte numérisé non relu

HAS M'OTRE NATURELLE

Le caractère le plus saillant des Tipulaires culiciformes est la ressemblance qu'indique leur rom. Ils ont, dans le genre Corèthre surtout, tant de rapports avec les Culicides, que l'on ne peut apercevoir qu'une seule différence; mais c'est celle de la trompe, c'est-à-dire, de l’organe qui, par l’importance de ses fonctions, semble exercer le plus d’influence sur l’économie animale , et dont les modifications sont presque toujours liées à d’autres. En voyant deux races d'insectes si semblables, dont l’une est munie de l’ap pareïl le plus fortement organisé et le plus offensif, et l’autre, de l'instrument le plus simple et le plus innocent, l’on éprouve le même étonnement qu exciterait la vue de deux oiseaux qui ne différeraient que par le bec, robuste , crochu et ensanglanté dans l’un, mou, plat et souillé de vase dans l’autre. Cependant les ressemblances entre ces deux tribus ne sont pas également grandes dans les différens genres qui les composent : quant aux habitudes, elles sont les mêmes, à l'exception de celles qui ont rapport à la nourriture. Les Tipulaires culiciformes ne sont avides ni de sang, ni même du suc des fleurs; ils semblent seulement se nourrir des fluides répandus sur le feuillage; quelques-uns cependant, et ce sont ceux qui ressemblent le moins aux Culicides, ont aussi la faculté de nous piquer, ou de vivre de petits insectes dont ils font leur proie, quoique leur trompe n'oîire qu'un sucoir de deux soies, comme celui des autres Lipulaires. Ils restent pendant le jour posés sur les plantes, Îles pieds antérieurs dirigés horizontalement et dans un mouvemeut lent, alternatif et mesuré. Le soir, ils quittent leurs retraites et

DES DIPTÈRES. 43 remplissent les airs de leurs troupes innombrables. Dans leur prenier âge, ils n'ont pas moins de rapport avec les (:ulicides que dans l’état adulte. Les œufs, déposés écalement dans les eaux stagnantes, mais en masse ct sans l’industrie qu'y mettent les Cousins, donnent naissance à des larves qui diflèrent plus entre elles que les insectes ailés. Celle de Ja Corèthre culiciforme, qui à été figurée par Dexeer, ne diffère presque pas de celle du Cousin; celle de la C. plumicorne, au contraire, décrite par Réaumur, lui ressemble fort peu; celle est hyaline, allongée, épaisse antérieurement. La tête est munie de deux pointes crochues et de deux espèces de palpes en forme de mains unguiculées. Le dernier segment du corps est pourvu d'une nageoire ovale, et il est terminé par deux pointes charpues .et divergentes. La nympbe est fort semblable à celle du Cousin.

Les larves des Tanypes, que Deccer à décrites, sont cylindriques, d’un beau fauve; la tête est allongée et munie de petites antennes. Sous le thorax soni insérés sur une base commune deux tentacules pédiformes, ciliés à leurs bords. L’abdomen est très-allongé ; le dernier segment est garni c'e quatre appendices ; les deux inférieurs pédiformes, les supérieurs plus courts, munis de soies à leur extrémité ; de plus, quatre petites lames mar:inales et triangulaires. Les nymphes ressemblent à celles des Cousins, avec Îles cornets aérifères plus lirges, et Pextrémité de Fabiomen velu et muni de deux appendices coniques. D'autres larves que j'ai observées, et que je rapporte aussi au genre Tanype à cause de leur ressemblance avec les précédentes, ont le corps diaphane; la tête est srande,

pourvue de deux mâchoires , de deux antennes et de deux ocelles. Les deux appendices du thorax sont courts et épais. Chaque segment de l'abdomen porte une soie de chaque côté. L’exirémité présente, entre les deux tentacules pédiformes, quatre petits corps coniques , d'inégale grandeur , et deux mamelons à la base supérieure du dernier sesment, garnis chacun de cinq à six longs filets. Ces fans a avec beaucoup d’agilité ; ce ne se liennent pas LabiineHoment à Ja mr de l’eau, comme celle des Cousins, et je présume que l'organe de Ja respiration consiste dans les soies qui garnissent le dessus du dernier segment. Elles sont fort communes dans les fossés; mais je n'en ai jamais observé dans les baquets où fourmi!lent celles des Cousins.

Les larves des Ghironomes sont vermiformes , ordinairement d’un rouge sanguin. La tête présente deux points noirs qui sont probablement des ocelles et deux sortes de palpes courts et de bi-articulés (1); la bouche est peu distincte. Sous le premier segment du corps sont deux tentacules inclinés vers EL tête et bordés de petits crochets. Deux lonss filets charnus sont insérés sur les côtés de l’avant-dernier segment. La base du dernier en présente deux semblables ; il est terminé par deux tubes ovales, allongés, dont l'ouverture est ciliée, et par quatre mamelons plus petits. Ces larves, douées d'un instinct social, habitent en famille des demeures qu'elles construisent assez grossièrement au fond des eaux ou sur les rives.

(1 Ces veux et ces palpes que j'ai observés n'ont pas été décrits par Réaumur.

DES DIPTÈRES. 49 Les matériaux qu'elles emploient sont des particuies de feuilles décomposées que Réaumur a cru leur voir réunir au moyen de fils de soie. Chaque larve se fait ainsi un fourreau tortueux, et leur réunion forme des masses irrégulières dont la surface offre l’ouverture de chaque tuyau. La têle sort souvent , tandis que là partie postérieure reste cramponnée dans l’intérieur. Les larves abandonnent quelquefois leurs fourreaux pour en coustruire d’autres; alors elles se meuvent dans l'eau en se contournant vivement comme les vers, aucun de leurs organes ne remplissant les fonctions de nageoires. Les deux tubes dont elles sont munies à l'extrémité du corps servent sans doute à fa respiration. C'est dans leurs fourreaux qu'elles passent à l'état de nymphes, et elles ne diffèrent de celles des autres Tipulaires culicifermes que par d’élégans panaches qu'elles portent sur le thorax et à Ja partie postérieure du corps, et qui sont placés à l'extrémité des trachées. Les jambes intérieures de l'insecte parfait que l'on aperçoit à travers l’enveloppe de fa nymphe, sont trop longues pour étre appliquées contre le corps comme dans les autres insectes , et elles sont contournées d’une manière particulière. Les étuis qui renferment les ailes ressemblent à des nageoires et en remplissent peut-être les fonctions, lorsque la nymphe quitte sa celluie et vient à Ja surface de leau pour opérer sa dernière transformation. M. de Saint-Fargeau a observé qu'en sortant de sa peau de nymphe, linsecte tient ses pieds posés sur l’eau comme les Cousins, jusqu'à ce que le développement de ses ailes lui permette de prendre son essor. Deseer a décritla larve du Chironomestercoraire qui vitdans les fumiers ; elle est évale-

ment vermiforme. Sa Lête est munie de deux palpes coniques et de deux crochets. Cette Tipulaire paraît être la même que celle que Réaumur a trouvée vivipare, et dont äl fait mention dans le mémoire sur les Mouches (sarcophages),qui offrent également ce mode de développement si rare parmi les insectes.

Les larves de deux espèces de Cératopozons ont été tout récemment observées par M. Guérin; elles ne sont point aquatiques ; mais elles se sont trouvées sous des écorces humides d'arbres morts. Le corps est blanc, étroit, un peu renflé en avant , composé de douze seamens. La tête est petite, ovale, rétractile, armée de deux petites mandibules et de soies assez raides. Chaque segment du corps porte en dessus deux poils assez longs, à l'extrémité desquels il y a un petit alobule sphérique, opaque, d'un blanc de lait. Cette série de petites perles, dit M. Guérin, placées ainsi sur le dos &e la larve, présente un aspect bizarre et très-remarquable. La nymphe est un peu plus courte et beaucoup plus renfiée en avant.

Le développement des Macropèzes n’a p:s encore été observé.

1”, Genre. CORETHRE. — CORETHRA , Meig., Lat. — Chironomus, Fab. S. Antl.

Caractères. Les trois derniers articles des palpes d'égale longueur. Antennes insérées immédiatement sur le front , de quatorze articles dans les deux sexes, oklongs, un peu renflés à leur base; les deux derniers un peu plus longs, surtout dans les mâles ; tous garnis dans ce sexe de longs poils verticillés qui diminuent progressivement de longueur; poils courts 7. Ecusson ovale. Pieds peu allongés. Ailes étroites ; nervures velues ; bord postérieur garni d’écailles lancéolées ;

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deux cellules sous-marginales ; quatre postérieures. (PI. r, 2 VA fig. 9 AE

1. C. rrumiconxe.—Corethra plumicornis, Meig. n°, t (PI. 1, fig. 22). — Chironomus plumicornis, Fab. S Ant. 42, 22 ; — Réaumur, T. 5, tab. 6, f. 4-15.

Long. 3 lig. D'un gris brunâtre. Tête d’un brun clair. Thorax à bande blanchâtre sur les côtés.

Près des eaux.

2. C. curicirorme —Corethra culiciformis, Meig. n°. 3. fig. 23. — Tipula id. Deg. Ins. 6, 144, 16, tab. 23, f. 3-12.

Long. 2 ‘ lig. D'un gris brunâtre. Tête brune. Quatrième article des palpes plus menu et plus long que dans l’espèce précédente. Nervure anale des ailes différant en ce que, parvenue prés du bord interne de l'aile, elle se courbe et le rejoint plus près de Pextrémité.

Près des eaux, assez rare.

3. C. pare. — Corethra pallida, Meig. n°. 2 (PL x, — Chironomus pallidus, Fab. S. Antl. n°. 19.

Long. 3 lig. Blanchâtre. Cuisses à douze points noirs aux côtés intérieur et extérieur ; jambes à six points.

Je lai vu voler en troupes nombreuses près des eaux.

4. GC. sAUNATRE. — Corethra flavicans , Meig. Supp. n°. 4. Long. 2 =lig. Jaune. Côtés du thorax blanchâtres . De France? et d'Allemagne.

2e. Genre. CHIRONOME.—CHIRONOMUS, Meg. , Lat. Fab.

Caractères. Quatrième article des palpes un peu plus long que les autres. Antennes de treize articles ; premier court, cylindrique; les onze suivans, lenticulaires ou sphériques ; le dernier, tres-long ; tous garnis de longs poils, diminu:nt progressivement de longueur; de six articles 2 : premier court; les quatre suivans turbinés , garnis de petits

poils verticillés ; sixième long, eylindrique. Poitrine fort proéminente; Ceusson étroit; métathorax lunulé, à ligne enfoncée. Abdomen fortement tronqué, muni de deux petits crochets. Pieds antérieurs insérés loin des autres; tarses antérieurs souvent très-allongés. Cellule basilaire intérieure des ailes confondue avec la deuxième postérieure; trois postérieures (PL x, fo. 5).

ÉrYMoLOG:IE : ho ee qui meut les bras avec méthode.

A. Ailes nues. B. Balanciers blanchâtres.

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