DIVISION NÉMOCÈRES
NEMOCÉRA, Lat. Familles naturelles. — TIPULARIÆ, at.
Genera. — Meigen.
Caractères. Corps ordinairement menu et allongé ; tèle petite. Trompe tantôt longue, menue et renfermant un sucoir de six soies ; tantôt courte et épaisse , à sucoir de deux soies. Palpes de quatre ou cinq articles. Antennes filiformes ou sétacées, souvent de la lonsueur au moins de la tête et du thorax réunis, de six articles au moins. Thorax grand et élevé. Abdomen étroit. Pieds longs et grêles. Aïles allongées et souvent étroites; cellules basilaires ailongées.
A. Trompe longue et menue; suçoir de six soies.
Palpes droits.
1'e, Fame, CUXLICIDES.
AA. Trompe courte et épaisse; suçoir de deux soies. Palpes recourbés.
2e. FAmILLE TŒTIPULAIRES,
Ds
Les Némocères forment la première des deux crandes divisions que nous établissons dans l'ordre des Diptères, d’après les deux principales modifications du type que nous présente la nature. Ils sont, par leur organisation , d’un rang plus élevé que l’autre dans la chaîne des êtres ; et, considérés d’une manière abstraite, ils composent avec cette seconde deux chaïinons successifs ; cependant, l’une et l'autre de ces divisions formant chacune une longue série très-distincte de l’autre, et qui parcourt également divers degrés de composition organique, elles se présentent plutôt à l'esprit sous la figure de deux lignes parallèles à peu près d’égale étendue, dont la base de la première dépasserait un peu la base de la seconde, et ainsi de même de l'extrémité. Il résulte de cette disposition binaire que les diverses tribus de l’une et de l'autre série sont en quelque sorte en regard, et que les Culicides, par exemple, se rapportent aux Tabaniens, comme les Tipulaires florales aux Muscides.
L'espèce de supériorité que présente l’organisation des Némocères sur les Brachocères consiste dans la conformation moins simple des antennes et des palpes, à l’état adulte ; et dans celle de la tête, toujours de nature écailleuse et de forme constante, à l’état de larve. Du reste, les autres organes, et particulièrement les parties de la bouche, ne paraissent pas prendre part à cette sorte de progression; et si, dans les Culicides, la trompe présente le plus haut degré de composition , elle se montre c'ans les T'ipulaires inférieure à celle de la plupart des Brachocères.
On distingue généralement les Némocères d'avec les autres Diptères, indépendamment des différences caractéristiques des antennes et des palpes, à la forme
plus étroite du corps, à la petitesse de la tête, à l’élévation du thorax, à la longueur des pieds; les aïles sont aussi plus allongées. Il résulte de cette organisation une forme svelte, lésère, pour ainsi dire aérienne, et une extréme délicatesse de complexion. Cependant toutes les parties du corps se modifient de manière que le facies général s'aflaiblit quelquefois. C’est ainsi que certaines Tipulaires ressemblent à des Mouches, d’autres à des Xylophages. Quelques organes, tels que les antennes, s'y diversifient extrêmement, tant par le nombre de leurs parties que par les formes qu'elles affectent. Ces modifications ont donné lieu aux nombreuses coupes de tribus et de genres que l’on a introduites dans la classification de ces insectes, et dont la principale est celle qui les distingue en Culicides et en Tipulaires, d’après une différence essentielle dans la conformation de Ja trompe.
Les modifications dans les organes en déterminent d’analogues dans le genre de nourriture, l'habitation, les mœurs, et elles y jettent une grande diversité. Les Némocères, répandus dans tous les lieux, vivent, les uns du sang des hommes et des animaux , d’autres des petits insectes dont ils font leur proie, tantôt du suc des fleurs ou de la miellée qui couvre le feuillage. Nous en rencontrons dans nos appartemens, dans les bois, les prés, les champs, dans les climats les plus divers et à toutes les latitudes.
Cependant leur destination particulière est de vivre dans les lieux frais et ombragés; c’est au bord des eaux, à l'ombre des vergers, dans l'épaisseur des forêts, qu'ils habitent de préférence ; ce n’est que le soir qu'ils s’exposent aux rayons du soleil. Nous les voyons alors se rassembler en troupes innombrables, animer les airs
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de leurs légers tourbillons, et s’y livrer à leurs amours. Peu après, les femelles déposent leurs œufs, suivant leurs différens instincts, dans les eaux, dans la terre, sur les bourgeons des plantes, sur leschampignons, etc. Le jeune âge des Némocères n'est donc guères moins varié que l’état adulte, l'organisation étant appropriée à des habitations si différentes. Les larves qui se développent dans la terre sont vermiformes ; celles qui vivent dans les eaux ont des organes de locomotion et de respiration très-remarquables, et qui leur sont propres. Il y en à qui se filent des habitations; d’autres qui occasionent sur les plantes des excroissances qui leur servent de retraites; un grand nombre vit au pied des végétaux. Dans l'état de nymphes, les Némocères sont nues, à l'exception de quelques-unes, qui s’enferment dans une enveloppe soyeuse ; elles ont assez souvent les stigmates silués à l'extrémité de deux cornets aérifères et à la partie antérieure du corps. La plupart restent inactives; mais celles qui habitent les eaux conservent la faculté du mouvement qu'avaient les larves.
Le développement des Némocères est lent dans les uns, rapide dans les autres : souvent plusieurs générations se succèdent dans la même année ; ce qui, joint à une grande fécondité, les multiplie extrêmement. Enfin, si ces Diptères ne sont pas aussi nombreux en espèces que les Brachocères, ils le sont au moins autant en individus, et ne remplissent pas une destination moins importante dans les desseins de la Providence.
1e. Faire. CULICIDES.— CULICIDES, Lat.
Fam. nat.
Caractères. Trempe longue, menue, avancée, ordinairement droite, terminée par deux petites lèvres ; sucoir de six soies. Palpes droits, souvent al- Jongés, de cinq articles (PI. 1, fig. 1 bis et 2). Antennes filiformes, plumeuses , poilues 9. Yeux lunulés, contigus . Point d’ocelles. Aïles couchées ; nervures couvertes d'écailles ; point de cellule discoïdale, une marginale, deux sous-marginales, quatre postérieures.
CPLSr, fe, x Dis.)
A: Palpes aussi longs que la trompe au moins dans les mâles.
B. Palpes longs dans les deux sexes, 1°". Genre. ANOPHÈLE.
BB. Palpes longs dans les mâles seulement.
2°, Genre. Cousix.
AA. Palpes plus courts que la trompe dans les deux sexes.
3e, Genre. Ænës.
Les Culicides occupent le premier rang parmi les Némocères et les Diptères en général, par leur orsanisalion supérieure; ils semblent même dominer la sénéralité des insectes, si l'on considère le degré de composition des principaux organes; et lorsque Pline exprime l'admiration profonde que lui font éprouver
DES DIPTÈRES. 20 les merveilles de la création dans les plus petits êtres, la
structure du cousin est ce qui paraît le frapper davantage : Ubr tot sensus collocavit in Culice ? C’est particulièrement la conformation de la trompe qui établit la prééminence des Culicides sur les autres Némocères : cet organe, composé de toutes les parties que présente la bouche des insectes dans le plus haut degré de l’organisation, forme un appareil de succion dont rien n’égale la délicatesse. Pourquoi faut-il que nous ayons tant à nous plaindre de objet de notre admiration, et que ce soit surtout dans notre sang que se plonge cette arme non-seulement façconnée avec tant d'art, mais encore enduite de sucs vénéneux qui irritent les blessures? Les habitans de la plus grande partie du £lobe trouvent dans les Culicides des ennemis redoutables qui les obsèdent le jour et la nuit; l’ombrage des forêts, la fraîcheur des eaux, l’intérieur même de nos aicôves, sont également troublés parleur présence importune. Leurs piqüres douloureuses, leur bourdonnement aigu, nous harcèlent sans cesse; et c'est de cette faculté malfaisante que dérive leur nom, sil est vrai qu'il est contracté de cutilex, quod cutem laciat, suivant l’étymolosie que l’on en trouve dans le savant ouvrage sur les Origines, de saint Isidore de Séville. Cependant cette avidité pour le sang ne se manifeste que dans les femelles; et, au défaut de ce fluide, ellés se nourrissent, comme les mâles, du suc des fleurs. Il parait même que tous les Gulicides ne nous sont pas nuisibles : Linné dit que le Culex bifurcatus , qui est un Anophèle, ne pique pas.
Ces insectes se montrent peu pendant le jour, excepté dans Îles bois, et paraissent offusqués par la
lumière du soleil, comme la plupart des autres Némocères. C’est le soir qu'ils nous poursuivent avec Île plus d'acharnement; c’est alors aussi qu'ils se rassembient en troupes dans les airs pour s'accoupler. Peu après , les femelles effectuent leur ponte d'une manière trèsingénieuse, et qui paraît propre à celte tribu. Les larves étani du nombre de celles qui vivent dans ies eaux , le cousin y dépose ses œufs au nombre de 200 à 300 , un à un, en les collant l’un à l'autre , et en formant de la totalité une espèce de petit radeau qui surnage. Pour parvenir à les ranger ainsi , il se pose, au moyen de ses pieds antérieurs et intermédiaires, sur un corps flottant sur l’eau, de manière que l'extrémité de son abdomen dépasse ce corps; ensuile, il croise ses pieds postérieurs et dépose un premier œuf dans une position verticale, à l'angle formé par ces pieds, un second est collé au premier, et ainsi de suite. C’est ordinairement Île matin que se fait cette opération, et toujours sur des eaux stagnantes.
Les jeunes larves ne tardent que äeux jours à éclore. Leur organisation, appropriée au milieu dans lequel elles doivent vivre, est assez semblable à celle de quelques autres Némocères aquatiques. Le corps est allongé, la tête très-distincte est munie de deux mâchoires ciliées, dont le mouvement, presque continuel, en avant et en arrière , ne paraît avoir d'autres destination que d’agiter l’eau et de l’attirer à la bouche avec les corpuscules alimentaires qui s’y trouvent disséminés. Deux espèces de palpes arqués, et garnis de toufles de poils, paraissent coopérer à l’action des mächoires. Ces larves respirent au moyen d’un stigmate situé à l'extrémité d’un tube allongé , inséré à l’extré-
mité du corps et dirigé obliquement. Ce tube servant a introduire l'air atmosphérique aux trachées , l'extrémité doit en être appliquée à la surface de l'eau, ce qui oblige la larve à y vivre dans une position renversée ; cependant elle a la faculté de naer et de plonser assez long-temps, à l'aide d’un autre organe ésalement situé à l’extrémité du corps , au côté opposé du tube aérifère , et composé de quatre lames ovales, entourées de longs poils à leur base, et qui sont trèspropres par leur forme et leur mobilité à servir de nageoires ; au reste, ces larves usent peu de ja faculté de se mouvoir; mais, au moindre objet qui jes eliraie, elles quittent ia surface de l’eau pour y remonter bientôt apres.
Quinze jours suffisent à ces larves pour arriver à l'état de nymphes. Sous cette nouvelle forme , la partie postérieure du corps s'applique contre l'antérieure, ce qui donne à la nymphe une forme arrondie; eile respire encore à la surface de l’eau ; mais, au lieu du tube postérieur de la larve, la respiration s'opère par deux cornets antérieurs , semblables à ceux de diverses autres nymphes de Némocères. Elle jouit également de la faculté de se mouvoir au moyen de deux nageoires situées à l'extrémité du corps et accompagnées de deux longues soies.
Lorsque le moment de la dernière transformation arrive, la peau de la nympie se fend, Îe cousin paraît la tête la première. Par les contractions du corps, il parvient à se hisser verticalement hors de son enveloppe devenue une espèce de nacelle sur laquelle il reste quelque-temps immobile , et que ie vent fait voguer, et quelquefois chavirer. Quand ses organes sont
aflermis , il pose ses pieds sur l’eau sans y enfoncer, déploie ses ailes et prend son essor.
Les Gulicides produisent plusieurs générations par an;ce qui rendrait leur multiplication effrayante, 2. . . r r < s'ils ne servaient, dans leurs différens états, de nourriture abondante aux Oiseaux et aux Poissons.
Gexxe ANOPHÈLE. — 4NOPHELES, Meig., Lat.
Fam. nat.
Caractères. Palpes de la longueur de Ja trompe dans les deux sexes.
Erymorocte : Anopheles, importun.
1. A. BIFURQUÉ. — Anopheles bifurcatus, Meig. ,n°. 1. — Culex bifidus, Lion. F.S. 1901. — C. trifurcatus et claviger, Fab. S. Antl. n°. 5 et 6.
Long. 3 lig. et demie. Presque glabre, cendré , d’un brun jautre 9. Thorax à lignes brunes. Abdomen annelé de brun. Pieds bruns; articulations jaunâtres. Ailes sans tache (1).
Assez rare.
2. À. MAGULIPENNE, — A. maculipennis, Hoffmannse og — Meig. n°.2, tab. 1, f. 17.
Long. 3 lig. Semblable à V4. bifurcatus. Ailes à cinq points bruns.
Commun.
me
(1) La larve del Æropheles bifurcatus est transparente ; elle a quelques poils à la bouche, deux tumeurs grises, ovales, derrière la tête, et deux autres plus petites avant la queue. Sous la queue se trouvent un grand nombre de longs poils, qui servent probablement à la natation. Elle se métamorphose en nymphe contournée, dont la partie antérieure est plus épaisse que la postérieure, et dont la tête est munie de deux cornes. (Meig Suppl. 242.)
DES DIPTÈRES. 1 3. A. vais. — Anopheles minuta, Kob.
Long. 2 Hg. Gris. Palpes à anneaux blancs. Aïles à bord brun, et à Urois petites taches blanchätres 92. Du Sénégal. Muséum d'histoire naturelle à Paris.
2°. Genre. COUSIN.— CUZEX, Linn. , Fab., Lat., Mfeig., Wied. , Rob. D.
Caractères. Palpes plus longs que la trompe œ, trèscourts, © . (Pl.:r, fig. 6 bis: 2.)
A. Trompe fort iongue, courbée à l'extrémité. (Genre 7e-
garhina, Rob. D.) (1).
1. C. mémonnuoïpaz. — Culex hæmorrhoidalis, Fab. S. Antl. n°. 8. — Wied. Auss. Zweif. n°. 2. — Megarhina id: Rob: D: n°. "T.
Long. 5 lig. D'un bleu d'acier. Thorax à reflets verts ; côtés et écusson jéunâtres. Abdomen à ligne dorsale , et taches latérales ferrugineuses ; derniers segmens à cils rouges @.
De Cayenne.