‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 100 sur 121 · TRIBU XL · texte numérisé non relu

TRIBU XL

SCOLOPTÉRIDES.

Sous-menton muni d’un pédoncule large et assez saillant. — Mandibules peu épaisses, en pinces. — Tête allongée, subcylindrique ; rostre presque continu avec elle, assez long et assez robuste ; ses scrobes commençant près de sun tiers antérieur, linéaires et obliques. — Antennes longues; scape atteignant au moins le bord postériour des yeux; funicule de six ou sept articles. — Yeux longitudinaux. — Prothorax sans lobes oculaires ni échancrure antéro-inférieure ; prosternum très-long en avant des hanches antérieures. — Elytres recouvrant le pygidium. — Cuisses postérieures armées d’une grande dent {riangulaire; jambes inermes au bout; leurs corbeilles petites, terminales et ouvertes; crochets des tarses simples ou appendiculés. — Les deux 1 segments abdominaux soudés ensemble et séparés par une fine suture rectiligne, parfois effacée ; saillie intercoxale ogivale. — Métathorax assez long; ses épisternums au plus de largeur moyenne. — Corps naviculaire, glabre.

Cette Tribu ne comprend que le genre Scororrerus, établi par M. A. White sur deux espèces de la Nouvelle-Zélande, qui, ayant à la fois les crochets des tarses simples et le pygidium recouvert par les élytres, n’appartiennent pas, à proprement parler, à la Phalange actuelle. Mais ces insectes sont extrêmement voisins d’une autre espèce du même pays, le Cure. bidens de Fabricius (1), qui a les crochets des tarses fortement appenciculés, et qui, dès lors, les entrainant pour ainsi dire à sa suite, ne permet pas de les placer ailleurs qu'ici. C’est une de ces exceptions qu’on est obligé d'admettre dans la Famille, sans quoi un arrangement naturel de ses genres serait impossible.

(1) Syst. El. IT, p. 457. M. A, White le comprend dans le genre actuel; mais il en diffère, indépendamment des crachets de ses tarses, par ses serobes rostrales aboutissant en arrière dans un large et profond sillon médian, sen funicule äntennaire composé de six articles seulement, et ses élytres pas plus larges que le prothorax à leur base, avec les épaules complètement effacées. On pourrait dès-lors en faire un genre à part,

La grande et large dent triangulaire dont les cuisses postérieures de ces insectes sont armées se retrouvera plus loin , chez les Cératopides et chez les Prronomerus de la section suivante; mais c’est tout ce qu'ils ont de commun avec eux.

SCOLOPTERUS.

A.Waure, Voy. of the Ereb. and Terr.; Entom. p. 14.

Rostre un peu plus étroit et plus long que la tête, presque droit, vertical, cylindrique et plus ou moins déprimé au bout; ses scrobes obliques et dirigées sous lui. — Antennes longues et grêles; scape à peine épaissi au bout, dépassant un peu le bord postérieur des yeux;

funicule de sept articles : 4-2 allongés, obconiques, celui-là plus long |

et plus gros, 3-7 très-courts, subarrondis ; massue forte, allongée, tomenteuse, articulée. — Yeux grands, très-déprimés, brièvement ovales, longitudinaux. — Prothorax plus long que large, très-régulièrement conique, tronqué à ses deux extrémités. — Ecusson très-pelit, variable. — Elytres assez courtes, naviculaires, comprimées, longuement déclives en arrière et munies chacune, au sommet de leur déclivité, d'un fort tubereule, beaucoup plus larges que le prothorax à leur base, avec leurs épaules prolongées en dehors en un cône aigu. — Pattes longues, grèles; cuisses graduellement en massue ; les postérieures armées près de leur sommet d’une très-grande dent triangulaire, les intermédiaires d’une petite, conique, les antérieures inermes ; jambes droites; tarses assez longs, à articles 1 allongé, grêle, 3 large, 4 médiocre ; ses crochets simples. — 2° segment abdominal plus grand que chacun des deux suivants; saillie intercoxale large, subogivale. — Corps naviculaire, aptère.

Les deux espèces (fetracanthus, penicillatus) décrites par M. A. White sont de taille médiocre, d’ur bronzé obscur ou d’un noir brillant, lisses sur le prothorax et ont, sur les élytres, des rangées de points peu profonds et irrégulièrement espacés.

TRIBU XLJI.

ÉRODISCIDES.

Sous-menton muni d’un pédoncule grêle et plus ou moins long.— Mandibules minces, en pinces, parfois un peu saillantes. — Tète petite, globuleuse; rostre très-long, grèle, tiliforme; ses scrobes COmMmengant près de son milieu, linéaires et atteignant sa base. — Antennes longues et très-grêles; leur funicule de sept articles. — Yeux grands, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax imparfaitement contigu aux élytres, sans lobes oculaires; prosternum très-long en

ÉRODISCIDES. 567

avant des hanches antérieures. — Un écusson. — Elytres recouvrant le pygidium. — Pattes longues; jambes onguiculées au bout, rarement inermes; corbeilles des postérieures petites, internes, subcaverneuses; tarses longs, leurs deux 1° articles étroits, en cône renversé, le 1% très-grand; crochets fendus. — Les deux 12% segments abdominaux soudés ensemble, séparés par une très-fine sutureyrectiligne parfois effacée; saillie intercoxale ogivale, aiguë en avant. — Métasternum allongé, ses épisternums étroits. — Corps allongé, faihlement pubescent.

Groupe aussi tranché que le précédent, avec lequel il a plusieurs caractères en commun, tels que la longueur du prosternum en avant des hanches antérieures, le recouvrement du pygidium par les élytres et la soudure des deux premiers segments abdominaux. Ces çaractères le séparent très-forlement des Bazan!Nus et des Loncropro- RUS, dont ses espèces ont le rostre très-allongé et très-grêle. Il ne comprend que les deux genres suivants, qui sont propres à l'Amérique, sauf une espèce de Java qui m’est inconnue.

Funicule antenvaire à art. 2 un peu plus long que 3 : Erodiscus. — — très-allongé : Toeutes.

ERODISCUS.

Scuoenn. Curcul. Disp. meth., p.237 (1).

Rostre au moins de la longueur de la moitié du corps, plus ou moins déprimé au bout, presque droit ou faiblement arqué; ses scrobes conniventes en arrière. — Antennes submédianes; scape légèrement en massue au bout, atteignant les yeux ; funicule à articles subégaux ou 2 un peu plus long que 1 et que les suivants, tronqués ou un peu arrondis au bout; massue oblongo-ovale, articulée. — Yeux grands, déprimés, oblongo-ovales, transversaux, contigus (par ex. picus, gryphus) où non (par ex. motacilla) en dessus. — Prothorax convexe, ovalaire, fortement rétréci et plus ou moins échancré à sa base, brièvement tubuleux en avant et sinué sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson petit, variable. — Elytres allongées, oblongo-ovales, convexes, tronquées ouisolément arrondies à leur extrémité, un peu plus larges que la base du prothorax er avant, avec les épaules obtuses. — Pattes très-longues; cuisses pédonculées à leur base, en massue au bout, armées d’une dent plus ou moins forte en dessous, parfois (motacilla) inermes; jambes droites, onguiculées ou non au bout; tarses longs, spongieux en dessous, à articles { très-allongé, 3 large, 4 assez long; ses crochets bifides. — Corps ailé, glabre ou revêtu de poils peu abondants et redressés.

(1) Syn. Lixus Fab.

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Les espèces typiques (1) sont propres à l'Amérique du Sud et de taille médiocre; leur livrée uniforme varie du noir au brun marron et au ferrugineux brillant; leurs téguments sont glabres ou hérissés de quelques longs poils. Une de Java (grallator), que Schænherr leur associe peut-être à tort, est, à ce qu'il dit, saupoudrée d’écailles cendrées mélangées de grosses soies brunes et aplaties.

TOXEUTES.

Sonoenu. Curcul., VIT, 2, p. 210 (2).

Genre ne différant des Eroniscus que par les particularités qui sui vent :

Rostre plus ou moins arqué; ses scrobes non conniventes en arrière. — Antennes plus longues; le 2° article de leur funicule trèsallongé. — Yeux médiocrement séparés supérieurement . mais trèsrarement contigus. — Prothorax tronqué ou bisinué à sa base. — Jambes toujours onguiculées au bout.

Les plus essentielles de ces différences portent, comme on le voit, sur les scrobes rostrales ei le funicule antennaire. Les espèces sont en général plus grandes que les Eroniscus, et leur livrée, ainsi que leur vestitare sont les mêmes. L'Amérique intertropicale est également leur patrie (3).

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