TRIBU XLII
OTIDOCÉPHALIDES.
Sous-menton muni d’un pédoncule grêle et assez long; mâchoires robustes. — Mandibules très-courtes, en tenailles, — Tôte brièvement obconique; rostre médiocre, assez robuste; ses scrobes commençant près de la commissure de la bouche, linéaires et atteignant sa base. — Antennes médiocres; leur funicule de sept articles. — Yeux arrondis. — Prothorax imparfaitement contigu aux élytres, al longé, cylindrique ou en cône renversé, sans lobes oculaires, coupé très-obliquement en avant; prosternum largement échancré, ne lais= sant qu'un mince filet en avant des hanches antérieures. — Un écusson. — Elytres recouvrant le pygidium. — Pattes allongées ; jambes
(1) Schœnherr (Cureul. VIE, 2) en décrit cinq espèces : picus, ciconia Schh.; antilope Fab., gryphus, motacilla Schh.
(2) Syn. Toxorronus, Schœnh. Cureul. I, p.371; olim; nom déjà employé par Meigen pour un genre de Diptères. — Lupovix, De Casteln, Hist. nat. d. Col. IL, p. 342. — Lixus Fab,
(3) Aux trois espèces (atlenuatus, fasciatus, Tantalus) décrites par Schœnherr, aj. : T. argala, Evichs. Archiv, 1847, I, p. 131; Pérou. — brenthoides, Guérin-Ménev. Icon. ; Ins. texte, p. 146; Cayenne.
OTIDOCÉPHALIDES. 569
inermes ou onguiculées au bout; leurs corbeilles tiangulaires et externes; les deux 1°" articles des tarses étroits, en cône renversé, 1 assez long; crochets fendus. — Les deux 1°" segments abdominaux libres; saillie intercoxalo ogivale, aiguë en avant. — Métasternum allongé; ses épisternums étroits. — Corps allongé, en général faiblement pubescent,
Le genre Oriocepnazus de M. Chevrolat est le seul qui présente cet ensemble de caractères. Ses espèces sont intermédiaires entre les Erodiscides et les Anthonomides, et, peut-être, devraient occuper une place plus rapprochée de ces derniers que celle qui leur est assignée ici. Elles en ont, en effet, la tête obconique, le rostre médiocre, le prosternum très-court en avant des hanches antérieures et les antennes assez peu allongées. D'un autre côté, leur forme allongée, leur prothorax imparfaitement contigu aux élytres et beaucoup plus long que large, la structure de leurs pattes, et jusqu’à leur vestiture, leur donnent des rapports manifestes avec les Erodiscides. Ces insectes sont exclusivement propres à l'Amérique.
OTIDOCEPHALUS.
Cnevror. Ann. d. L. Soc. entom., I, p. 100 (1).
Tête brièvement obconique, renflée sur le vertex; rostre plus ou moins robuste, arrondi aux angles, parallèle, très-souvent vertical; ses scrobes obliques, atteignant sa base en dessous. — Antennes médiocres ; scape un peu arqué, en massue au bout, atteignant les yeux ; funicule à articles 1-2 obconiques, un peu allongés, celui-là le plus long, 3-7 courts, subarrondis; massue assez forte, oblongo-ovale, articulée. — Yeux assez grands, légèrement saillants, rarement (boops) contigus supérieurement.—Prothorax le plus souvent ovalaire et trèsconvexe en avant, parfois subeylindrique, rarement resserré à sa base, tronqué en arrière, coupé obliquement en avant. — Ecusson petit, variable. — Elytres allongées, convexes, graduellement élargies en arrière, ou oblongo-ovales, un peu plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à Jeur base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez longues; cuisses longuement en massue, en général dentées en dessous; jambes presque droites, un peu renflées dans leur milieu interne, onguiculées au hout chez la plupart ; tarses assez longs, Spongieux en dessous, à articles 3 large, 4 assez long ; ses crochets appendioulés. — 2° segment abdominal plus court que 3-4 réunis. — Corps ohlong, convexe, ailé, couvert de poils redressés et distants, rarement couchés.
Genre assez nombreux et répandu dans la plus grande partie de
(1) M. Chevrolat avait écrit primitivement OmroceraLus :il a corrigé ce nom loc, cit. p. 442. — Syn. Rmwa Oliv.
l'Amérique, depuis les parties centrales des Etats-Unis jusqu'au Brésil méridional inelusivement. Ce sont de jolis insectes, au plus de taille moyenne et que, pour la plupart, on prendrait, au premier coupd'œil, pour des Fourmis. Leur livrée, toujours uniforme et brillante, est ordinairement d’un noir profond, rarement ferrugineuse (4).
TRIBU XLIIT.
MAGDALINIDES.
Sous-menton muni d’un pédoncule assez long. — Mandibules trèscourtes, en-tenailles. — Tête globuleuse; rostre assez allongé, cylindrique, de grosseur variable; ses scrobes commençant au milieu de sa longueur où un peu au-delà, linéaires et atteignant sa base. — Antennes médiocres; funicule de six ou sept articles ; le 7°, dans ce dernier cas, souvent contigu à la massue. — Yeux transversaux, plus ou moins rapprochés en dessus. — Prothorax sans lobes oculaires ni échancrure antéro-inférieure, bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs aigus et dirigés en arrière. — Un écusson. — Elytres allongées, laissant le pygidium à découvert. —- Cuisses graduellement en massue; jambes onguiculées au bout ; leurs corbeïlles petites, terminales et ouvertes; crochets des tarses simples. — Saillie intercoxale en triangle aigu. — Métathorax assez allongé; ses épisternums de largeur moyenne. — Corps allongé, subeylindrique, en général glabre.
Deux genres seulement constituent cette Tribu, l’un (MAGDALINUS) européen et bien connu, l’autre (Cwrminormorus) propre à l’Amérique du Sud et peu répandu dans les collections. Leurs espèces alfectent la forme cylindrique, sans ressembler toutefois aux Erodiscides ni aux OrrnocepHALUS, et ce facies, réuni aux caractères qui précèdent, les fait reconnaitre sans peine.
Les larves du premier de ces genres, dont deux espèces ont été spécialement observées (2), vivent aux dépens des Pins auxquels elles font parfois beaucoup de tort. Au printemps, les femelles des insectes
(1) Schœnherr (Curoul. VIF, 2, p. 195) en mentionne vingt espèces, dont une seule (Poyei) de Cuba à le rostre foyéolé en dessus et les cuisses inermes; dans toutes les autres (apioniformis, oculatus, pelliceus, etc.) le premier est plus où moins strié et les secondes inermes. — J'en possède une grande espèce inédite d’Oajaca, au Mexique, qui s’éloigno de toutes celles décrites jusqu'ici par sa couleur bronzée, la pubescence couchée qui la revêt en entier, ses élytres fortement contiguës au prothorax, qui est cylindrique, ses jambes ro: bustes et comprimées, ete.
(2) M. violaceus, Ratzeb. Die Forstins. I, p. 125, pl. 4, £.3Bet3G.— M. carbonarius, Ed. Perris, Ann. d, 1. Soc. entom. 1856, p. 253, pl. 5, f.334-
MNAGDALINIDES. 571
parfaits introduisent leurs œufs dans les rameaux morts ou maladifs de ces arbres. La larve qui en naît pénètre jusqu'à la moelle, qu’elle ronge en parcourant le canal médullaire sur une longueur considérable. Dans les premiers mois de l’année suivante, elle se métamorphose, après avoir préalablement préparé la sortie de l’insecte parfait, en creusant à travers le bois une galerie qu’elle prolonge jusqu'à l'écorce exclusivement. L'organisation de ces larves ne présente, du reste, rien de particulier.
1. Jambes robustes, comprimées, dentées en dedans : Cnemidophorus. JL. — plus ou moins grêles, inermes : Magdulis.
CNEMIDOPHORUS.
Scnoënu. Curcut., III, p. 276 (1).
Tôte convexe sur le vertex, globuleuse; rostre vertical, un peu plus long qu’elle, plus ou moins robuste, cylindrique; serobes commençant près de son tiers antérieur, obliques, arrivant sous les yeux. — Antennes submédianes, médiocres, assez robustes ; scape un peu arqué, épaissi au bout, atteignant à peine les yeux ; funieule de sept articles obconiques : 4-2 allongés, subégaux, celui-là plus gros, 3-6 très-courts, très-serrés, 7 plus long, contigu à la massue; celle-ci assez forte, allongée, acuminée. — Yeux grands, oblongo-ovales, transversaux, faiblement séparés en dessus. — Prothorax transversal, gibbeux et sillonné sur la ligne médiane, droit sur les côtés, profondément et angulairement bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs très-saillants en arrière et aigus, brusquement tubuleux et tronqué en avant. —Ecusson assez grand, subquadrangalaire.— Elytres assez allongées, cylindriques, obtusément calleuses avant leur extrémité qui est tronquée et largement arrondie, pas plus larges que le prothorax et chaune très-fortement saillante à sa base. — Pattes courtes, robustes; cuisses brièvement dentées en dessous; jambes comprimées, dentées ou denticulées en dedans, les antérieures un peu arquées, toutes fortement onguiculées au bout; tarses médiocres, spongieux en dessous, à articles 1-2 beaucoup plus étroits que 3, 4 long, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal aussi long que 3-4 réunis, séparé du 4% par une suture arquée. —Métasternum médiocre, muni de chaque côté d’une saillie près des hanches postérieures. — Corps ailé, partiellement pubescent et écailleux.
Le type du genre (fasciculatus Schh.) est un assez rare insecte du Brésil, de taille moyenne, noir, avec les élytres rufescentes. Ces dernières sont saupoudrées de poils et d’écailles jaunes à leur base, ainsi
(1) Le nom de Cneminorronus ayant été appliqué plusieurs années auparavant, par Wagler, à un genre de Sauriens, ne pourra être conservé, :
qu’à leur sommet, et sont traversées après leur milieu par une bande flexueuse de poils fasciculés; les côtés du prothorax et du corps sont jaunes, Je surplus de ce dernier grisâtre. J'en possède une autre espèce inédite du même pays, plus petite et dont la livrée est un peu différente.
C'est des Lxmosaccus que ces insectes se rapprochent le plus par leur facies, mais ces derniers appartiennent à la division des Apostasimérides.
MAGDALINUS.
(German) Scnoexx, Curcul., VIE, 2, p. 135 (1).
Tête plus ou moins saïllante, subeylindrique ou brièvement obconique; rostre rarement plus du double plus long qu’elle, en général médiocre, peu robuste, cylindrique, plus ou moins arqué ; ses scrobes tantôt suhmédianes en avant, tantôt commençant entre son milieu et son extrémité, obliques, arrivant sous les yeux. — Antennes médiocres, imparfaitement coudées; scape un peu arqué, en massue au bout, empiétant plus ou moins sur les yeux; funicule à articles 4-2 allongés, celui-là plus long et plus gros, 3-6 très-courts, subturbinés, 7 plus grand, libre ou contigu à la massue; celle-ci oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux au moins assez grands, ovales, transversaux, médiocrement séparés en dessus. — Prothorax transversal, peu convexe, déclive antérieurement, arrondi sur les côtés, bisinué à sa base, tronqué en avant. — Ecusson de forme variable, — Elytres assez allongées, subcylindriques ou oblongues, peu à peu élargies d'avant en arrière, largement arrondies à leur extrémité, pas plus larges que le prothorax et isolément saillantes à leur base. — Pattes assez longues ; cuisses finement dentées ou inermes; jambes arrondies, droites, fortement onguiculées au bout; tarses assez longs, médiocrement larges, spongieux en dessous; leur 4° article médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdomial à peine aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1* par une suture arquée; saillie intercoxale assez large, ogivale. — Corps allongé, glabre.
Insectes au plus de taille médiocre, en général petits et de couleur uniforme, noire où bleue, plus rarement rougeâtre. Tous ont le prothorax criblé de points enfoncés, très-serrés, et les élytres régulièrement striées, avec les intervalles entre les stries plans ou costiformes, mais constamment pointillés. Ils vivent sur les arbres.
Le genre est assez nombreux et habite principalement l'hémisphère
(1} Syn. Macpauis, Germar, Neue Annal. d. Weiter. Gesellsch. I, p. 131. — Taamnoruizus, Schœnk. Cureul. Disp, meth. p. 51; olim; nom employé longtemps auparavant, par Vieillot, pour les Bataras, oiseaux américains de l’ordre des Passereaux. — RuNones, Dej. Cat. 6d, 1, p.98.— Panus, Steph. Brit. Entom. IV, p. 65.
BALANINIDES. 573
boréal dans l’ancien continent. L'Amérique du Nord en possède quelques espèces, et il y en a même, mais en très-petit nombre, au Brésil et dans l'Australie (1).