‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 47 sur 121 · TRIBU XIV · texte numérisé non relu

TRIBU XIV

LITHINIDES.

Sous-menton muni d’un pédoncule saillant, de forme variable. — Mandibules assez saillantes, en tenailles ou en pinces, dentées au côté interne. — Rostre médiocre, robuste, subeylindrique ou obconique ; ses scrobes profondes, arquées, n’atteignant pas tout-à-fait la commissure de la bouche. — Antennes assez courtes; leur funicule de six articles. — Yeux allongés, transversaux. — Prothorax sans lobes oculaires, profondément échancré sur son bord antéro-inférieur. — Jambes onguiculées à leur extrémité ; corbeilles des postérieures ouvertes; tarses médiocres, larges, spongieux en dessous ; leurs crochets petits. — Métasternum extrêmement court.

Quoique Schœnherr ait fortement séparé son genre RHYTIDOPHLŒUS

(1) P. innocuus, obscurus, insularis, Schœænh. loc. cit. p. 264. — Aj. : P. marginalis, Bohem. Voy. d. l'Eugénie; Entom. p. 124; Sidney.

(2) Erichson, après avoir classé ce genre parmi les Otiorhynchides de Schœnherr, a déclaré plus tard (Archiv, 1843, I, p. 206) qu’il devait être réuni aux Panrorogus du même auteur. En émettant cette opinion, il avait sans doute perdu de vue le genre actuel.

350 CERCULIONIDES.

des Lirmnus de Klug (1), ces insectes ont en commun des caractères si nombreux et si importants, qu’ils ne peuvent manifestement pas être éloignés les uns des autres. Leur fucies singulier, leur grande taille, leurs téguments solides, rugueux et revêtus d’un enduit dans lequel on ne distingue en général ni poils ni écailles, leur patrie qui est la même, tout atteste qu'ils appartionnent à un type commun, mais qui a été trop fortement modifié, surtout en ce qui concerne les organes buccaux et les antennes, pour qu’on puisse, comme l’a fait Dejean, les réunir dans un même genre. Ils sont propres à Madagascar.

L Pédoncule du sous-menton large et très-saillant ; mâchoires grêles : RAytidophlœus.

Il. —— étroit, en triangle renversé; mächoires très. robustes : Lithinus.

RHYTIDOPHLOEUS. ScHoenu. Curcul., VI, 2, p. 290.

Pédoncule du sous-menton lrès-saillant, carré, échancré en demicercle et recevant le menton; mâchoires peu robustes; mandibules courtes, très-épaisses, en tenailles et tridentées au bout. — Rostre plus long et plus étroit que la tête, droit, subeylindrique et un peu déprimé, tronqué et légèrement festonné au bout ; scrobes arquées, obliques et aboutissant au bord inférieur des yeux. — Antennes courtes, robustes; scape grossissant peu à peu, n'atteignant pas les yeux; funicule à articles cylindriques : 1-2 un peu plus longs que les suivants, 3-6 très-courts; massue médiocre, ovalaire, obtuse au bout. — Yeux très-allongés et étroits. — Prothorax plus long que large, médiocrement convexe, graduellement rétréci en arrière, tronqué à sa base, coupé obliquement aux angles en avant, avec son bord antérieur saillant. — Ecusson nul. — Elytres ovalaires, convexes, rétrécies, pas plus larges que le prothorax et échancrées en are à leur base, élargies, verticalement et largement déclives en arrière. — Pattes assez longues, robustes; cuisses en massue au bout ; jambes subarrondies, les antérieures un peu arquées, toutes assez brièvement onguiculées au bout; tarses assez larges, densément spongieux en dessous, leurs crochets courts et robustes. — 2e segment abdominal notablement plus grand que les deux suivants réunis, séparé du 1% par un sillon anguleux ; saillie intercoxale assez large, tronquée en avant. — Corps élargi et convexe en arrière , revêtu d'un enduit épais.

(1) Tous deux figurent dans sa division des Cléonides, et dix-sept genres sont intercalés entre eux. Dejean (Cat. éd, 3, p. 271) a donné dans un excès opposé en les réunissant en un seul genre auquel il à conservé le nom de Larminus.

LITHINIDES. 301

On n’en connait qu’une espèce de grande taille, le Cureulio albipes d'Olivier (4). Sa sculpture consiste en une crète au bord antérieur du prothorax, et quelques tubercules alignés sur les élytres, parmi lesquels les deux postérieurs sont beaucoup plus grands que les autres. L'enduit qui le revêt est brunâtre en dessous, d’un verdâtre sale en dessus, et passe au blanchâtre sur la tranche externe des jambes. C’est dans les organes buccaux et les antennes que résident les plus essentiels des caractères qui distinguent le genre du suivant.

LITHINUS.

KLuc, Ins. v. Madag. p. 28 (2).

Pédoncule du sous-menton assez saillant, étroit, en triangle renversé; mäâchoires très-robustes, ainsi que leurs palpes; mandibules assez épaisses, plus ou moins saillantes, arquées au bout. — Rostre appuyé au repos sur les hanches antérieures, très-robuste, aussi large que la tôte à sa base, arrondi et graduellement atténué en avant; serobes arquées, aboutissant au niveau du bord inférieur des yeux.— Antennes antérieures, courtes, peu robustes; scape grèle, renflé au bout, atteignant à peine les yeux; funicule à articles 1-2 allongés, celui-là le plus grand, 3-6 courts, obconiques; massue oblongo-ovale, articulée. — Yeux allongés, acuminés inférieurement, très-déprimés. — Prothorax plus long que large, subcylindrique , brusquement rétréci en avant, avec son bord antérieur saillant, tronqué à sa base; prosternum largement et assez fortement excavé. — Ecusson petit, subglobuleux. — Elytres allongées, graduellement élargies et subyerticalement déclives en arrière, pas plus larges que le prothorax et chacune un peu saillantes à leur base, avec les épaules tuberculeuses. — Pattes assez longues, robustes; cuisses en massue allongée, bidentées près de leur sommet en dessous; jambes comprimées, un peu arquées, fortement onguiculées à leur extrémité ; tarses larges, leurs crochets courts et robustes. — 2° segment abdominal plus long que chacun des deux suivants, séparé du 1% par une suture arquée; saillie intercoxale médiocrement large, subogivale. — Corps allongé, robuste, inégal, revêtu d’un enduit ou écailleux.

On voit, par cette formule, que tout en étant voisin des Ruyripo- PHLŒUS, ce genre en diffère par des caractères nombreux et très-prononcés. Klug l’a établi sur une grande et belle espèce (superciliosus) de Madagascar, qui est restée unique pendant longtemps, mais à laquelle sont venues depuis s’adjoindre plusieurs autres (3) du même

(1) Entom. V, 83, p. 395, pl. 9, f. 102.

(2) Syn. Arenvus, Guérin-Ménev. Magaz. d. Zool.; Ins. 1833, pl. 98.

(3) L. ludiosus, humeralis, niveus, nigrocristatus, planus, Coquer. Ann. d. 1 Soc. entom. 1859, p. 248.

pays. Outre les inégalités, en général peu prononcées, de leurs téguments, ces insectes présentent sur le prothorax et les élytres quelques tubercules plus ou moins développés et souvent terminés par une touffe de poils ou de cils squammiformes. Leur livrée n’est jamais ornée de reflets métalliques.

Aucun auteur n’a parlé de l’excavation de leur prosternum, qui est aussi prononcée que celle de beaucoup de Byrsopsides, groupe auquel ils sont tout-à-fait étrangers par la structure de leurs tarses.

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