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TRIBU XVI

TANYRHYNCHIDES.

Rostre au plus médiocrement robuste, allongé, arqué, comprimé: soit en dessous, soit en dessus (SoLENORHINUS excepté); ses scrobes variables, mais commençant assez loin de la commissure de la bouche: — Antennes antérieures ou médianes, longues, grêles; leur scape empiétant en général sur les yeux ou les dépassant en arrière ; leur fus nicule de 7 articles; massue allougée, à articles lächement unis. = Yeux variables. — Prothorax sans lobes oculaires ou n’en ayant que de faibles. — Jambes inermes au bout, les corbeïlles des postérieures variables; 2° article des tarses notablement plus court et plus étroit que le 4 et le 3°; le 4€* dilaté, carré ou triangulaire. — Métasternum extrèmement court.

De même que les derniers Molytides, les genres peu nombreux de cette Tribu qu'a connus Schænherr, étaient pour lui des Erirhinides. Il avait bien reconuu leurs analogies et les avait placés à côté les uns des autres.

Chez trois d’entre eux (SrercoruyNcnus, MYORHINUS, SYNAPTONYX) le rostre affecte une forme singulière. Il est comprimé de telle sonter que sa coupe transversale donnerait un triangle curviligne à sommet dirigé en bas. Dans les autres, en y regardant de près, on aperçoit ens eore quelques vestiges de cette forme. Chez tous, les scrobes rostrales commencent à une plus ou moins grande distance de la commissurer de la bouche. Elles sont en même temps, sauf chez les SOLENORHINUS; situées plus haut que de coutume, au point d’être, au moins en grande partie, visibles d’en haut. Après le rostre, la structure insolite des: tarses constitue le caractère le plus essentiel de ces insectes. Pour le surplus, ils présentent au plus haut degré tous les traits essentiels de la section actuelle.

Ils sont de taille au plus moyenne, souvent assez petits, ef leur livrée est plus où moins modeste. L'Afrique australe est leur'patrié

TANYROAYNCHIDES. 369

principale, mais un de leurs genres (Myonminus) étend son habitat dans l'Europe méridionale, et un autre (Sxxarronyx) est propre à l'Australie.

Quoique ces genres soient peu nombreux, il y a des motifs suffisants pour les répartir dans trois groupes.

J. Corbeilles des jambes nostéricures ouvertes. Rostre arroudi en dessous; yeux grands, laté-

l'AUX, TANYRHYNCHIDES YRAIS.

— triangulaire — ÿ; — petits, supéricurs. Myonuinipes.

JI. Corbeilles caverneuses; rostre triangulaire; yeux latéraux. SYNAPTONYCIDES,

GROUPE I. Tanyrhynchides vrais.

Rostre arrondi en dessous. — Yeux grands, latéraux. — Prothorax muni de faibles lobes oculaires, échancré sur son bord antéro-inférieur, — Corbeilles des jambes postérieures ouvertes; crochets des tarses libres.

I. Scape des antennes altuignant à peine les yeux : Sulenorhinus. Il, —— empiétant sur les — Tanyrhynchus.

SOLENORHINUS.

Scuoëns. Curcul. Disp. meth., p. 256 (1).

Mèmes caractères que les TANYRayNCEUS qui suivent, sauf les deux points que voici :

Rostre subquadrangulaire; ses scrobes latérales, profondes dans foute leur étendue, et arrivant jusqu'aux yeux. — Scape des antennes atteignant à peine ces derniers.

Après avoir fortement séparé ce genre des TANYRaYNcuus, Schœnberr l'a réuni à ces derniers. Les deux caractères qui précèdent, Surtout le second, me paraissent suffisants pour le conserver (2). 1] ne comprend, à ma connaissance, que le Cure. porifer de Sparmaon (3), insecte du Cap, de moyenne grandeur, remarquable par son prothorax

(1) M. de Motschoulsky (in Schrenck, Reis. im Amur-Lande, Il, 2, p. 158) a récemment nommé SoLENOnHINUS un genre qui m'est inconnu et dont il n’a pas exposé les caractères, D'après le peu qu’il en dit, ce ne serait qu’un démembrement des EntRuinus.

(2) On peut y ajouter que tandis que chez les Tanxruvneuus, les épisternums métathoraciques sont excessivement étroits, et les hanches postérieures touchent les élytres, ici ils sont relativement assez larges ct s'interposent entre les élytres et les hanches en question,

(3) Schœnh. Cureul. HE, p. 519.

Coléoptéres. Tome VI. 24

370 CURCGULIONIDES.

qui est hérissé, comme celui du Cyclomus coronatus, d’un grand nombre de petites épines cylindriques et trouquées à leur extrémité.

TANYRHYNCHUS.

Scnoenx. Curcul. Disp. meth., p.212.

Rostre allongé, plus ou moins grêle, subanguleux où émoussé aux angles et presque plan en dessus, aplani et muni de deux Sillons À son extrémité; ses scrobes situées très-haut, commencant au tiers environ de sa longueur, subrectilignes et dirigées vers le haut des yeux, parfois très-superficielles en arrière. — Antennes longues, grèles; scape en massue au bout, empictant plus ou moins sur les yeux; funicule à articles 1-2 très-allongés, noueux au bout, celui-ci un peu plus grand, 3-7 obconiques, décroissant graduellement; massue allongée, articulée, acuminée au bout. — Yeux grands, oblongo= ovales, transversaux, — Prothorax transversal, brusquement et for tement rétréci en avant, légèrement arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant. — Ecusson nul ou à peine distinct. — Elytres convexes, ovales où oblongo-ovales, arrondies sur les côtés en avant, rapidement rétrécies et très-souvent prolongées en arrière, à peine plus larges que le prothorax et un peu échancrées en arc à leur base, — Pattes assez longues; cuisses fortement en massue, munies en dessous d’une petite dent parfois obsolète; jambes droites, inermes au bout; tarses plus ou moins longs, assez larges, spongieux en dessous, à articles 1-2 triangulaires, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdomiual plus court que 3-4 réunis, séparé du 4% par une suture arquée, 5 en triangle allongé; saillie intercoxale assez large, tronquée en avant. — Corps ovale ou oblongo-ovale, éeailleux.

Insectes de l’Afrique australe, ayant beaucoup de rapports avec les Cyczomus par leur facies et leur livrée. La plupart sont de taille moyenne, quelques-uns petits, mais tous ont une livrée assez insignifiante. Les mâles se distinguent des femelles par leurs tarses sensiblement plus larges, du moins chez les espèces que j'ai sous les yeux (1).

GROUPE II, Myorhinides.

Rostre triangulaire en dessous. — Yeux petits, supérieurs, subtontigus. — Prothorax sans lobes oculaires, coupé obliquement de haut en bas et d'avant en arrière — Curbeilles des jambes postérieures ouvertes.

I. Tète allongée; crochets des tarses libres : Stereorhynchus. IL. — giobuleuse; —— soudés : Myorhinus.

(1) Schœnh. (Careul. VIL, 2, p. 413) en mentionne 19 espèces (T. affaber, libialis, etc.)., — Aj. : L. asiaticus, Ménétr, Ins. rec. p. Lelun. part, 2, p. 46; Turcoménie.

MYORHINIDES. 371

STEREORHYNCHUS (1).

Tête et rostre continus, comprimés et aplanis sur les côtés, rétrécis de haut en bas; la première fortement prolungée en arrière des yeux, arquée en dessus ; le second très-robuste, arqué, graduellement rétréci de sa base à son sommet, comprimé et caréné en dessus en avant des yeux, aplani en avant; ses scrobes placées en haut, consistant en une fossette médiane, étroite et sinueuse d’où part un sillon atteignant presque la commissure de la bouche (2). — Antennes médianes, longues et grêles; scape brusquement en massue au bout, dépassant beaucoup les yeux en arrière; funicule à articles 1 très-allongé, 2-3 de moitié plus courts, 4-7 encore moins longs, 7 subcontigu à la massue; celle-ci faible, oblongo-ovale, articulée. — Yeux assez grands, ovaies, longitudinaux, faiblement séparés sur le front. — Prothorax très-court, convexe, fortement arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant. — Ecusson à peine visible. — Elytres convexes, très-régulièroment cblongo-ovales, pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées en arc à leur base ; leurs épaules nulles. — Pattes assez longues ; cuisses fortement en massue, inermes; jambes droites ; larses assez courts, spongieux en dessous, à articles 4 large, presque Carré, 4 petit, ainsi que ses crochets ; ceux-ci libres. — 2° segment abdominal pas plus long que 3-4 réunis, séparé du 4% par une suture anguleuse; saillie intercoxale médiocrement large, tronquée en avant. — Corps oblongo-ovale, finement écailleux et hispide.

La forme particulière de la tête et du rostre rend ce genre trèsdistinct. Les deux espèces (setipennis, suturalis) inédites de l'Afrique australe, sur lesquelles Schænherr l’a fondé, ont la plus grande ressemblance avec les Myormnus qui suivent. Comme eux, elles sont petites et d’un vert doré blanchâtre à peu près uniforme, mais sujet à passer au cuivreux.

MYORHINUS, Scuoent. Curcul. Disp. meth, p. 213 (3).

Mmes caractères que les Srenronyxcuus, sauf les différences sui- Yantes ;

Tète arrondie; rostre sensiblement moins robuste, parfois (incisis

(1) Syn. Srexocerwarus, Schænh. Mantis. sec. Cureul. p. 77; nom déjà em- Doyé par Latreille (Fam. nat, p. 421) pour un genre d’Hémiptères.

(2) Schœnherr 1es indique comme atteignant les yeux en s’affaiblissant peu à Peu; mais les fossettes qui les constituent sont si nettement limitées, que le large sillon qui en part et se rend en arrière ne peut guère être considéré Comme en faisant partie.

(8) Syn, Arsis, Germar, Magaz, IL, p. 340; genre simplement indiqué,

72 CURCGULIONIDES.

rostris) séparé du front par un sillon transversal, parallèle où élargi au bout (1). — Scape des antennes atteignant à peine le bord postérieur des yeux. — Crochets des tarses soudés.

Tout le reste est exactement semblable, si ce n’est que là forme générale, du moins chez les espèces que j'ai sous la main, est encore plus courte et se rapproche beaucoup de celle des CNEORHINUS.

Ces insectes sont d’un vert doré, tantôt assez pur, tantôt blanchätre; dans le premier cas, ils prennent parfois des reflets cuivreux plus où moins vifs; tous ont les élytres régulièrement striées-ponetuées, Jls sont propres à l'ancien continent et répandus depuis l'Europe méridionale à l'extrémité de l’Afrique (2).

Groupe {li Synaptonycides.

Rostre triangulaire en dessous. — Yeux latéraux. — Prothorax muni de lobes oculaires, échancré sur son bord autéro-inférieur, — Corbeilles des jambes postérieures fortement caverneuses ; crochets des tarses soudés.

Ce groupene comprend que le genre SYNAPTONYX de M. Waterhouse, Ce savant entomologiste l’a placé parmi les Erirhinides, sans s'explis quer davantage sur ses analogies immédiates. C’est une forme partis culière de Tanyrhynchides qui, à des particularités qui lui sont pro-

pres, réunit des caractères empruntés aux deux groupes précédents,

et qui doit par conséquent en former un à part.

SYNAPTONYX.

Warenu. J'ans. of the entom. Soc, Ser. 2, IL, p. 187:

Tète glohuleuse; rostre de moitié plus étroit et d’un tiers au inoins plus long qu’elle, assez robuste, arqué, triangulaire en dessous, {rèslisse sur les côtés, anguieux, plan en dessus; ses scrobes supérieutes, entièrement visibles d'en haut, très-courtes. — Antennes submédianes, médiocres, grèles; scape en massue au hout ; funicule à articles 1-2 obconiques, allongés, subégaux, 3-7 de mème forme, gross sissant et décroissant peu à peu; massue assez petite, ovale, obtuse au bout, articulée. — Yeux médiocres, ovales, obliques. — Prothorax

(1) Ses serobes dounent lieu aux mêmes observations que celles du genre précédent; elles sont seulement rectilignes et non flexueuses. Je ne vois pas qu'elles se prolongent en arrière.

(2) M. Steveni (lepidus, Brullé, Expéd. d, Morée; Entum. p. 246), albelineatus, d'Europe ; limis, incisirostris, selarius, de la Caffrerie; Schœonh, Cut: cul, NUL, 2, p. #21 — AJ.: M. Brullei (Steveni var.?), Guérin-Ménev. Icon: Ins.; texte, p. 194; Grèce. — siculus, Kraatz, Berlin. entum. Zeitscbr. NM, p. 26; Sicile.

SYNAPTONYCIDES. 3173

très-court, convexe, fortement rétréci et brièvement tubuleux en avant, arrondi sur les côtés, fortement et paraboliquement coupé de chaque côté en arrière ; ses lobes oculaires assez distincts, larges et arrondis. — Ecusson nul. — Elytres convexes, brièvement et régulièrement ovalüres, verticalement déclives en arrière, avec leur extrémité fortoment rétrécie et déhiscente, à peine plus larges que le prothorax, et profondément échanerées à leur base. — Pattes médiocres ; cuisses robustes, graduellement en massue; jambes droites, épaissies et inermes au bout; tarses assez courts et assez larges, spongieux en dessous, à articles 4 subquadrangulaire, 4 médiocre, assez grèle; ses crochets petits. — 2° segment ahdominal à peine aussi long que 2-3 réunis, séparé du 4° par une suture faiblement arquée; saillie intercoxale large, tronquée en avant. — Corps ovalaire, pubescent.

Le très-rare insecte (ovatus Waterh.) de l’Australie, qui constitue le genre, est de taille médiocre , d’un noir assez brillant et entièrement revêtu de poils blanchätres, sublanugineux et couchés. Son prothorax est très-lisse et ses élytres présentent des rangées régulières de points enfoncés. Son dernier segment abdominal est acuminé et porte, sur la ligne médiane, une carène obtuse ; mais ce caractère peut être sexuel, comme le fait remarquer M. Waterhouse.

Nole.

Les pages qui précèdent étaient imprimées lorsque je me suis convaineu que les trois genres suivants, sur le classement desquels j'ai longtemps hésité, appartiennent à la tribu des Molytides, telle que je l'ai constituée (1). Tous trois en possèdent les caractères essentiels.

(1) L'introduction de ces genres dans cette tribu exige qu'elle subisse un remaniement. Il n’y a rien à changer au groupe des Molytides vrais; mais ce= lui des Cyclotérides, qui est basé uniquement sur là forme très-courte desélytres, qui donne un facies particulier à ses espèces, m'est pas suilisamment distinct des Plinthides et doit être réuni à ces derniers. J'ai vu, en effèt, récemment des AncHonus qui ont les élytres aussi courtes et anssi convexes que les Avexius. Ce groupe devant en outre recevoir les trois genres mentionnés dans le texte, il est nécessaire d’en donner une nouvelle définition. Elle peut êlre conçue en ces termes :

Funicule antennaire de cinq à huit articles; le dernier libre ou contigu à la mussue. — Elytres de forme variable. — Hanches postérieures globuleuses, rarement transversales ; dans ce cas, les jambes grèles, atténuées et obliquemeut arrondies à leur extrémité (Srenemmus), ou la saillie intercoxale de l'abdomen étroite et triangulaire (Ecmnosoma); lames mucronales rarement bien développées, souvent nulles. — Les deux 1er segments abdominaux soudés ensem= blé (ANcronus et Ecmnosoma exceptés); leur suture deséparation peu distincte, äu moins uns son milieu.

1 Funicule antennaire de 6 à 8 articles.

A Hanches postérieures globuleuses où très-brièvement ovaluires,

374 CURCUI1ONIDES.

TRACHODES.

German, Îns. Spec. nov., p. 325 (1).

Rostre allongé, grêle, atténué en avant, cylindrique, arqué ; ses scrobes commençant vers le milieu ou le tiers de sa longueur, ar quées et atteignant sa base en dessous. — Antennes courtes, assez robustes ; scape en massue au bout ; funicuie à articles obconiques : 1-2 allongés, subégaux, celui-là plus gros, 3-7 courts, graduellement plus larges ; massue assez furte, ovale, obtuse au bout, articulée, — Yeux médiocres, ovales, transversaux. — Prothorax transversal, con-

a Saillie mésosternale de largeur médiocre; crochets dés tarses libres.

&ü Elytres planes, oblongues on parallèles; funicule de 7 articles, 7e art, du funicule libre; point d’écusson : Plinthus. —— contigu à la massue; un écusson : Oncorhinus. bh Elytres plus ou moins convexes, souvent courtes. © Funicule antennaire de 8 articles : Anchonus. ce —— 6 ou 7 articles.

d Antennes médianes ou submédiares : Trachodes. dd — antérieures.

Leur funicule de 6 art.; le er de la massue allongé : Cycloteres. —— 7 —— court : Adexius.

aa Saillie mésosternale en curré transversal ; crochets des tarses soudés: Elassonyx.

B Hanches postérieures transversales : Sferemnius. IT, Funivule antennaire de 5 articles.

Honches postér. fortement transversales : Echirosoma. —— subglobuleuses : Nesiotes.

Ces modifications dans la composition et l’arrangement des Molytides rendent naturellement inexactes en partie les généralités qui les concernent. Le lecteur saura aisément reconnaître celles qui sont dans ce cas.

Au premier coup-d'œil, les Molytides, tels que je les entends, paraissent composés d'éléments hétérogènes. Mais une fois que l’on admet que les Pin- Taus en font partie, ces derniers entrainent nécessairement avec eux tous les Senres mentionnés dans le tableau qui précède. D'ailleurs, ce nom de Molytides D'a qu'une signification générale, comme ceux de Brachydérides, Otiorhynchi= des, etc., etu’implique nullement un facies absolument pareil à celui des Mo» LYTES et genres voisins. .

(1) Syn. Sruereus, Motsch. Bull. Mose. 1845, 1, p. 373; genre établi sur quelques espèces du Kamtschatka et de l'Amérique russe, qui me sont incous nues, La formule assez détaillée qu’en donne l’auteur convient rigoureusement aux TracuonEs. Mannerheim (Bullet. Mosc. 1852, I, p. 355}, qui a décrit de nouveau uue (quadrituberculatus) des espèces mentionnées par M. de Motschoulsky, l’a rapportée simplement à ces derniers.

SYNAPTONYCIDES. 375

vexe, arrondi sur les côtés, rétréci en avant, tronqué à ses deux exirémités, parfois muni de lobes oculaires faibles et largement arrondis (1). — Ecusson nul. — Elytres convexes, régulièrement ovales, à peine plus larges que le prothorax et très-faiblement échanerées à leur base. — Pattes assez courtes et assez robustes; cuisses fortement en massue, inermes (par ex. costutus, ptinoides) où armées d’une forte dent (Aystriæ, hispidus) ; jambes comprimées, bisinuées en dedans, onguiculées au bout; tarses assez courts, spongieux en dessous, à articles 1-2 étroits, 4 médiocre; ses crochets petits. — 2° segment abdominal aussi long que 3-4 réunis, soudé au 4 et séparé de lui par une très-tine suture anguleuse ; saillie intercoxale très-large, subarrondie en avant. —- Corps oblongo-ovale, inégal, recouvert d’un enduit écailleux, et plus ou moins hérissé de grosses écailles redresstes.

Petits insectes ressemblant beaucoup, comme je l'ai dit précédemment (p. 333), aux Srypnzus, près desquels, à l'exemple de Schœnherr, on à coutume de les placer; mais cette ressemblance est de même nature que celle qui existe entre une foule d’espèces de la Famille, qui n’en appartiennent pas moins à des groupes différents, et me parait n'être qu’une simple analogie. lis diffèrent des SrypnLus par leur rostre cylindrique et plus grêle, leurs scrobes qui restent très-loin de la commissure de la bouche, et leurs jambes onguiculées au bout. Par le second de ces caractères, ils s’éloignent des autres Plinthides, et c'est ce qui m'a fait hésiter longtemps à les comprendre parmi ces derniers.

Le genre ne compte qu’un petit nombre d’espèces (2) qui sont disséminées depuis l’Europe jusque dans l'Amérique russe. Leur sculpture varie beaucoup , et leur livrée offre ordinairement un mélange de noir, de brun et de cendré.

ECHINOSOMA.

WozLasr. Ins. Maderens., p. 395.

Rostre médiocre, peu robuste, à peine arqué, subquadrangulaire, arrondi aux angles, tronqué au bout; serobes complètes en avant, obliques, dirigées sous le rostre et atteignant sa base. — Antennes

(1) Aucun auteur re parle de ces lobes, qui sont très-distincts chez l’Aispidus.

(2) Des six mentionnées par Schœpherr (Cureul. VIE, 2, p. 408), il faut en retrancher deux : l'exsculptus Germar, qui est le type du genre Corasrer, du &roupe des Cossonides, etle contractus Klug (fus. v. Madag. p. 111, pl. 4, £. 10), que Schænherr cite sans l'avoir vu; c’est très-probablement un GxeLoTenes. Lis quatre espèces restantes sont : T. ptinoides, d'Unalaschka; costutus, de Bavière ; hispidus, de toute l'Europe; Aystrix, de Crimée. — Aj. : Sther. fas- Ciculatus, borealis, Kamtschatka; quadrituberculatus, Sitkha; Motsch. Bull, Mosc, loc. cit, — 7, horridus, Mannerh. ibid. 1852, I, p. 354; Sitkha,

médiocres, très-grêles ; scape atteignant les yeux, un peu dilaté et cilié en dessous à son extrémité ; funicule de cinq articles obconiques : 1 médiocre et assez gros, 2 près àe trois fois plus long, 3-5 aussi longs que 1, égaux; massue forte, ovale, obtuse au bout, articulée. —Yeux petits, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax plus long que large, subcylindrique, un peu rétréci dans sa moitié antérieure, tronqué à sa base, très-fortement coupé obliquement en avant, et ne laissant qu'un mince filet en avant des hanches antérieures, — Ecusson nul. — Elytres convexes, brièvement ovales, pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base. — Pattes courtes; hanches postérieures transversales ; jambes cumprimées, graduellement élargies et arquées en dehors, les quatre antérieures onguiculées au bout; tarses très-courts, à articles 3 plus large que 1-2, 4 très-grôle, médiocre ; ses crochets extrêmement petits et grèles, soudés dans toute leur longueur. — 2° segment abdominal plus grand que 3-4 réunis, séparé du {°° par une suture droite; saillie intercoxale courte, étroite, rétrécie en avant. — Métasternum excessivement court. — Corps oblongo-ovale, revêtu partout d’écailles et de cils redressés.

Ce genre et le suivant sont très-remarquables par suite de leurfuniculé antennaire , composé de cinq articles seulement (1). Celui-ci l'est, en outre, par la forme transversale de ses hanches postérieures, et, ce qui lui est exclusivement propre parmi les Plinthides, par lé troitesse et la forme triangulaire de sa saillie intercoxale. Le second de ces caractères le rapproche des SrereMNius , à la suite desquels il me paraît devoir être placé, mais dont il s'éloigne, du reste, considérablement par le surplus de son organisation. M. Wollaston l'a classé dans les Byrsopsides ; mais il lui manque, pour appartenir à ce groupe, deux particularités essentielles : la largeur du prosternum en avant des hanches antérieures et des tarses filiformes.

Il ne comprend qu’une petite espèce (2) qui rappelle complètement les TRacHODES par sa sculpture et sa livrée. Elle se trouve, mais ra= rement, à Madère, sous les pierres et les troncs d’arbres renversés, dans les forêts situées à une hauteur moyenne.

NESIOTES, Wozrasr. The Journ. of Entom., I, p. 211.

Rostre médiocre, peu robuste, cylindrique, faiblement arqué; ses scrobes complètes en avant, obliques et atteignant sa base en des: sous, — Antennes assez courtes, subterminalés, grèles; scape brus-

(1) Au fond, ce n’est que la contre-partie de ce qui existe chez les ANCHONUS, dout :e funicule antennaire se compose de huit articles, nombre tout aussi rare que celui qui existe ici.

(2) E. porcellus, Wollast, loc. cit. p. 396, pl. 8, f. 5, avec des détails.

SYNAPTONYCIDES. 377

quement renflé au bout, atteignant les yeux; funicule de cinq articles : 1-2 obconiques, allongés, celui-ci le plus grand, 3-5 très-courts; massue assez forte, brièvement ovale, subcompacte. — Yeux médiocres, arrondis. — Piothorax convexe, graduellement rétréci en atrière, tronqué à sa base, obliquement coupé en avant et ne laissant qu'un mince filet en avant des hanches antérieures. — Elytres convexes, ovales, atténuées dans leur tiers postérieur, pas plus larges que le prothorax et faiblement échancrées à leur base, anguleuses luéralement, avec leurs épipleures très-planes et obliques. — Pattes courtes, robustes ; cuisses longuement et fortement en massue, surtout les antérieures ; jambes comprimées, atténuées et un peu arquées à leur base; les antérieures onguiculées au bout; tarses très-courts, à article 3 à peine plus large que 1-2, 4 médiocre; ses crochets trèspetits, très-grêles et libres. — 2° segment abdominal notablement plus long que 3-4 réunis, séparé du 1° par une suture presque droite; saillie intercoxale très-large, tronquée en avant. — Corps ovale, écailleux,

L'unique espèce (1) du genre est originaire de l’île Sainte-Hélène, petite, lisse en dessus, et recouverte d’écailles analogues à celles des TracHoDEs, caduques et accompagnées d’une fine pubescence peu abondante et couchée. Il est très-remarquahle qu'ayant en commun avec l'Echkinosoma porcellus un si grand nombre de caractères, elle en dilfère si fortement par ses hanches postérieures, ses segments abdominaux et sa saillie intercoxale.

M. Wollaston est resté dans la plus grande incertitude sur la place du genre. Dans la classification que je suis, il ne peut donner lieu à aucune incertitude; c’est évidemment une forme du groupe actuel.

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