TRIBU XX
HYPÉRIDES.
Sous-menton muni d’un pédoncule large et plus ou moins sail- Jant, — Mandibules courtes, de forme variable, — Rostre notablement plus long que la tête (CerHaLauGes excepté), au plus médiocrement robuste, arrondi ou émoussé aux angles chez presque tous, entier en avant; ses scrobes atteignant, ou peu s’en faut, la commissure de la bouche, linéaires (Conratus excepté). — Antennes médiocres, leur funicule de sept, très-rarement de six ({ Limogrus) articles. — Yeux presque toujours transversaux et grands. — Prothorax suns lobes ovulaires chez la plupart; ces lobes, quand ils existent, très-faibles ; échän= cré où noh sur son bord antéro-inférieur. — Jambes inérmes, rare- Ment et alors très-brièvement mucronées au bout ; les corbeilles des postérieures ouvertes, terminales ; tarses plus ou moins larges, leurs crochets libres. — Métathorax médiocrement allongé, parfois assez Gurt; ses épisternums de largeur variable; épimères mésothoraciques en général médiocres. — Corps le plus souvent ailé.
Sauf deux genres placés par Schœnherr, l’un (CernatALGES) dans ses Brachydérides, l’autre (Azopnus) dans sès Cléonides, cette Tribu est empruntée exclusivement à ses Molytides,
Ces insoctes sont généralement petits, et les plus grands d’entre eux sont à peine au-dessus de la taille moyenne. A part quelques Hyprra, leur livrée n’a rien de remarquable. Leur vestiture consiste en poils, et leurs écailles, quand ils en possèdent, sont toujours extrêmement pelites, Comme celui des Gylindrorhinides et des Molytides de la section précédente, leur rostre, qui n’est jamais très-robuste ni fortement
anguleux, devient, chez un assez grand nombre d’entre eux, aussi grèle et aussi filiforme que celui des Erirhinides. C’est encore ici, par conséquent, un des points où il y a passage insensihle des Brachyrhynques aux Mécorhynques.
Les habitudes des Hypérides justifient leur séparation d'avec les Molytides, du moins pour ce qui concerne les espèces européennes, Ils fréquentent de préférence les végétaux , et leurs larves, dont on connait plusieurs appartenant aux genres Hypera (1) et Contarus (2), au lieu d’être endophytes et lignivores comme celles du groupe en question, vivent à découvert sur les feuilles dont elles rongent le pa-
ronchyme. Ce genre de vie a amené comme conséquence la color.
tion des téguments qui est assez variée, et la présence des stemmates qui sont au nombre de deux ou de trois de chaque côté de la tête, Le corps de ces larves, qui est de forme allongée et plus où moins atténué à ses deux extrémités, présente de nombreux plis transver-. saux et latéralement trois rangées de mamelons. A défaut des pattes qui manquent complètement, il adhère solidement au plan de position à l’aide d’une substance visqueuse qui est sécrétée par un mamelon rétractile situé à la partie dorsale et antérieure du dernier segment abdominal. Quand leur croissance est achevée, ces larves, après s'être préalablement fixées sur une feuille ou un pétiole, saisissent avec leurs mandibules une gouttelette de ce fluide, et l’étirant en un fil qu’elles portent alternativement dans toutes les directions, se trouvent ainsi renfermées dans une coque dont le tissu, à mailles plus où moins serrées, ressemble à une gaze grossière ou à du tulle. Leur métamorphose en insecte parfait s'accomplit en peu de jours.
(1) C’est à M. Ed. Perris qu'est due la description complète de l’organisation et des habitudes des larves de ce genre. Voyez son excellent mémoire intitulés « Notes pour servir à l’histoire des Payronowus et des Payromus, » dans les Mém. de l’Acad. d. Lyon, Sér. 2, I, p. 93. L’Hyp. viciæ, qu'il décrit spécia= lement, vit sur l’Helosciadium nodiflorum. — Les espèces suivantes sont, en outre, connues : H. rumicis, De Géer, Mém. V, p. 232, pl. 7, f. 10-16; Goureau, Ann. d.1. Soc. entom. 1844, p. 49; vit sur divers Rurex et le Polygo= num aviculare. —meles, Laboulbèue, Ann. d. L. Soc. entom. 1862, p. 569, pl: 13, f. 29-33; vit sur le Trifolium pratense. — plantaginis, De Géer, loc, cit, p.237, pl. 7, f. 17-21; sur les Plantago.— murina, Heeger, Isis, 1848, p: 979, pl. 8, f. 1-11; sur le Medicago sativa. — maculata, Heeger, Sitzungsber, d. Wien. Acad. VI, p. 348, pl. 12, £. 1-12; sur l’Achillea millefolium.— Schmidt, Stettin. entom. Zeit. 1840, p. 121 ; description du cocon. — Voyez aussi quels ques courtes observations de M. F. Boïé (Stettin. entom. Zeit. 1850, p. 359) sur les larves des H. arundinis, polluæ, rumicis etviciæ; la première se urouxe sur le Siumn latifolium, la seconde sur le Cucubalus Behen.
(2) C. chrysochlorus, Ed. Perris, Ann. d. 1. Soc. entom. 1850, p. 29, el Ann: d. 1. Soc. Lino. d. Lyon, Sér. 2, IV, 1857, p. 138. Cette larve ne diffère en rien de celle des Hyrera; en Algérie, elle vit sur lo Tamarix africana; en France, sur le T. gallica.
HYPFÉRIDES. 397
Sur les huit genres dont se compose la tribu, l’Europe en possède quatre; les autres sont disséminés au Sénégal (Cepurus), aux Antilles (CepmaLaLGes), dans l'Amérique boréale (Lepropnonus) et dans l’Australie (EURYCHIRUS).