CLEONUS
ScnoëN. Cureul. Disp. meth., p. 145 (2)
Tête non déprimée sur le front; rostre plus long qu’elle, médiocrement robuste, parallèle, faiblement arqué, anguleux, diverse. ment sculpté en dessus; scrobes en général médiocrement Séparées, mais non conniventes en dessous. — Funicule antenraire à articles 1-2 un peu allongés ou celui-là un peu plus long, 3-6 courts, obconiques, 7 annexé à la massuo; celle-ci médiocrement robuste. — Yeux ailongés, graduellement rétrécis inférieurement. — Prothorax de forme variable, bisinué à sa base; ses lobes oculaires très-faibles, parfois à peine distincts. — Ecusson variable , parfois presque nul. — Elytres plus ou moins allongées, atténuées en arrière, à peine ou pas plus larges que le prothorax et isolément saillantes à leur base. — Pattes médiocres; jambes muceronées au bout; tarses spongieux en dessous, plus ou moins larges et déprimés, à article 3 aussi long que 2; crochets soudés à leur base. — Métasternum au plus médiocrement long. — Corps allongé ou cblong, pubescent.
M. de Motschoulsky a restreint ce genre aux espèces qui ont le rostre bicaréné en dessus. 11 me paraît nécessaire de lui donner plus d'extension, et j’y comprends toutes celles qui ont à la fois le rostre visiblement anguleux, les deux premiers articles du funicule antennaire égaux ou le premier le plus long, enfin, les tarses spongieux et plus ou moins larges. 11 résulte de là qu’il ne diffère rigoureusement des LeucomiGus mentionnés plus haut, que par les proportions différentes des articles basilaires du funicule des antennes. Dans ces limites , il est assez nombreux et a un habitat très-étendu, ses espèces étant répandues depuis la Sibérie jusqu’au cap de Bonne-Espérance.
(1) A. Rostre légèrement élargi au bout, subarrondi aux abgles ; élytres un peu convexes, atténuées dans leur tiers postérieur ; corps oblongo-ovale : C: cinereus Schranck, alternans O1., cœnobita O1. Schœnh. Curcul. NI, 2, p- 43 sq. Les C. incisuratus, nanus, misellus, cœsus, cinclus et probablement d’autres encore, me paraissent devoir venir ici. Quelques espèces exotiques (par ex. lateralis du Sénégal, lacrymosus de Natal) ont beaucoup de ressem= blance avec les espèces de cette section ; mais elles n’appartiennent pas au genre, et, dans l'état actuel des choses, rentrent parmi les CLEONUS.
B. Rostre parallèle, anguleux ; élytres cylindriques, déprimées sur le disque, brièvement rétrécies à leur extrémité; corps allongé, svelte : C. palmalus Oliv. Schœ@nh. Cureul. IL, p. 213 ; de l’Europe tempérée et mér.
(2) Syn, CLeowts Latr.
CLÉONIDES VRAIS. 431
Les plus petites sont au moins de moyenne taille et beaucoup sont grandes (1).
LIOCLEONUS.
De Morscn. Bull. d. l'Acad. d. St-Pélersb., I, 1860, p. 539.
Tête convexe sur le front; rostre à peine plus long qu’elle, trèsrobuste, parallèle, arrondi aux angles, canaliculé en dessus, — Prothorax aussi long que large, obconique, brusquement rétréci en avant, bisinué à sa base, muni en dessus d’une dépression médiane allongée, renfermant une carène abrégée à ses deux extrémités. — Elytres allongées, parallèles, cylindriques. — Pattes courtes; tarses
(1) D'après les matériaux que j'ai sous les yeux, on peut, d’après la sculpture du rostre, la forme du prothorax et celle de l’écusson, y établir les divisions suivantes :
I. Ecusson relativement grand, en triangle rectiligne très-allongé (*); rostre bicaréné en dessus.
Prothorax obconique, à peine rétréci en avant : C. sulcirostris, d'Europe.
—— brusquement —— C. scutellatus, id.
II. Ecusson très-petit, souvent peu distinct. a Rostre bicaréné en dessus; prothorax brusquement et très-fortement rélréci en avant : C. cincliventris, d'Egypte.
aa — uuicaréné en dessus.
Prothorax obconique, à peine rétréci en avant : C. mordillosus, d'Europe.
— brusquement —— : C.marmoratus,
d'Europo; obsoletus, de Sibéric; hieroglyphicus, lacrymosus, lateralis, d'Afrique, etc.
aaaRostre subobtus aux angles; prothorax brusquement rétréci en avant.
— rugueux, plurisillonné : C. roridus, d'Europe; glacialis, du Cap.
— bisillonné, les sillons abrégés ot peu marqués : C. mucidus, du Cap, — finement unicaréné : C. grammicus, d'Europe; ocularis, d'Algérie.
Ces trois derniers groupes conduisent directement aux LiocLEONUS qui suivent. — Le Cleon. candidus d'Olivier, espèce égyptienne à rostre plan et sans fuiplure, devrait venir immédiatement à Jeur suite, mais ses tarses hispides en dessous, et dont les crochets sont complètement libres, exigent qu'il constitue Un genre à part; son facies, en outre, ne ressemble à celui d'aucune espèce do Cléonides.
(*) Semblable, par conséquent, à celui des Cleon. cinereus, alternans et palmatus, qui sont les types du genre Mecasris. Si le suloirostris et le soutellatus avaient leurs scrobes roslrales confluentes en dessous, ils devraient rontrer dans ce genre,
FR
assez étroits, canaliculés en dessous; leurs articles hispides et spongieux seulement à leur extrémité. — Le surplus comme chez les CLEONUS.
On n’en connaît que deux belles espèces (1) africaines, de grande taille et remarquables par leur livrée, qui consiste en poils tomenteux d’un blanc crétacé, formant sur les élytres des bandes longitudinales très-irrégulières , et accompagnées d’une multitude de goutteim ou une sorte de réseau à mailles serrées (/eucomelas).
Ce ne sont pas les seuls Cléonides qui aient le rostre arrondi sur les côtés; il en est d’autres qui l’ont encore plus cylindrique, mais qui présentent des caractères qui ne permettent pas @e les associer à ceux-ci (2). Dans le nombre, quelques-uns se rapprochent tellement des Larinus et des Lixus qu'il m’est impossible de découvrir aucun caractère, ayant une valeur réellement générique, qui les en distingue nettement (3).
(1) C. clathratus Oliv., d'Egypte et pays voisins; leucomelas, d'Algéric; Schœnh, Gurcul. VE, 2, p. 52.
(2) Is doivent être assez nombreux, mais je ne puis citer que les deux cspèces suivantes : le C. granulosus de Gebler (Schænh. loc cit. p. 69), originaire de la Daourie, et le C. scrobicollis (Schœnh. ibid. p. 51) de Natal, Tous deux, malgré leur forme oblongue, ont le métasternum très-court, mais, du reste, diffèrert profondément. Le second est une des formes les plus anormales qu'on ait comprises parmi les CrLeonus. J'en possède une espèce voisine et nouvelle du même pays.
(3) Je fais allnsion à quelques espèces nouvelles de l’Assam et pays Voisins qui appartiennent au mème type que les C. perlatus, superciliosus, etc. des Judes orientales, mais qui ont le rostre encore plus cylindrique el sans cs rève ni canalicule en dessus. La sculpture de leurs téguments et la fine pubescence qui les voile à peine ajoutent encore à l’analogie de ces espèces iu= diennes avec les Larnnus et les Lixus.
Aux 207 especes de CLeonus mentionnées par Schœnherr (Cureul. VI, 2, pe 1, et VII, 2,p. 425), aj. les suivantes, que je ne sais auquel des genres qui précè= y dent rapporter : Esp. européennes : C. tessellatus, L. Fairm. Ann. d. l: Soc: entom.1849, p. 424; Andalousie.—Miegii, L. Fairm, ibid. 1855, p. 317; Madrid: — Pelletii, L. Fairm. ibid, 1859; Bullet. p. LIL ; France mér. (Béziers). = se nilis, Roscnh. Die Thier. Andal. p. 250; Andalousie. — catlosus, Bach, Kæferfaun. d. Nord. u-Mitteldeutschl. IE, p. 230 ; Provinces rhénanes. — Esp: de l'Algérie : C. margaritiferus, Lucas, Revue zool. 1846, p. 267. — cristulatus, L. Fairm. Rev. et Mag. d. Zool. 1859, p. 59. —- fimbriatus, Chevrol. ibid. 1860, p. 132. — Esp, des iles Canaries : C. Jekelii, Wollast. Ana: ant Magof Nat. Hist. Ser. 3, IX, p. 441. — Esp. asiatiques : C. depressus, Gebler in Ledeb, Reise; Ins. p. 101; Sibérie. — elongatus, Schrenckii, Gebler, Bull. d, l’Acad. d. St.-Pétersb, 1847, p. 103 ; Sibérie. — pygmœus, Renardii, Gebler, Bull. Mosc. 1848, 1, p. 342; Sibérie. — cinerascens, de Sibérie; vittatus, de Turcoménie; Hochh. ibid. 1851, 1, p. 32. — Sumsonowii, Gebler, ibid. 1860, no 3, p. 24; pays des Kirguises et Altaï, — Lehmanni, albolineatus, puditus,
RHINOCYLLIDES, 433
GRouPE II. Rhinocyllides,
Rostre au plus de la longueur de la tête, anguleux, plan en dessus; sus scrobes complètes en avant.
Petit groupe composé de l’ancien genre RaivocyLius de Germar, et d'un autre (MicroLaRINUS) de création assez récente (1).
A ne considérer que le rostre, ces insectes appartiennent complètement aux Brachydérides de Schœænherr, mais, sous tous les autres rapports, ils ont des rapports intimes avec les Lixides dont on ne peut les éloigner. Leurs habitudes, tant à l’état de larve qu’à l'état parfait, leur livrée et l’efflorescence abondante qui les recouvre, tout indique leu» intime analogie avec eux. Il y a même parmi les LaniNus des espèces dont le rostre diffère à peine du leur (2). Si je ne les comprends pas parmi les Lixides, c’est principalement pour rendre plus facile la définition de ces derniers.
Deux larves de ce groupe ont été observées, celles des Rhinocyllus antiodontalgicus (3) et latirostris (4); mais celle-ci seule a été décrite d'une manière suflisante. Elle est molle, blanche, glabre, atténuée d'avant en arrière et arquée au point de pouvoir mettre en contact les deux extrémités de son corps. Les côtés de celui-ci sont garnis de
austerus, leucoyhœus, melancholicus, obsolele-fasciatus, obliquatus, irroralus, dissimulatus, limis, Ménétr. Ins. rec. p. Lehm. part. 2, p. 35; Turcomémio, — Jsomerus quadrimaculatus, Chromonotus variegatus, Conorhynchus argilaceus, Motsch. Bull. d. l’Acad. d. St-Pétersb. If, 1860, p. 541; Turcoméuie, — C, samarilanus, ornatus, Reiche et de Sauley, Ann. d. L. Soc. entom. 1857, p. 671; Palestine. — Esp. de Chine: C. melogrammus, Motsch. Etud. entom. Ann, I, p. 64; Shangaï. — Esp. des Indes or. : C. inducens, Walker, Ann. aud Mag. of Nat. Hist. Ser, 3, IX, p. 263; Ceylan.
(1) Le genre Nerruops, que Schœnherr à placé immédiatement à la suite des lunocyzzus, a eu effet des rapports assez proncncés avec ces insectes; mais Son écusson très-grand, son pygidium découvert et surtout les crochets de ses larses libres et bifides, montrent qu'il appartient à un tout autre groupe.
(2) Par exemple, le Lar. brevis; Schœænherr l'avait primitivement (Cureul. NL, p. 150) placé parmi les Rurnocyzuus.
(3) Gerbi, professeur de Mathématiques supérieures à l'Université de Pise, luia consacré un volume entier intitulé : « Storia naturale di un nuovo Insetto. » in-80, 269 p. 1 pl. Firenze, 1794. Cette larve vit dans le réceptacle d'une espèce de chardon que l’auteur regarde comme nouvelle et qu'il nomme Carduus spinosissinus. 11 entre dans beaucoup de détails oiseux, tant chimiques que pharmaceutiques. C’est à cet ouvrage qu'a été emprunté tout ce qui a été dit, depuis, de la propriété qu'aurait cet insecte de guérir les plus violents maux de dents.
(#) Goureau, Ann. d, 1. Soc. entom. 1845, p. 77, pl. 2, 11, f. 1-4; elle vit Sur le Carduus nutans. M. L. Dufour l'a trouvée également dans les cupitules de li Centaurea nigra; voyez ibid, 1897, p. 49.
Coléoptéres. Tome VI. 28
mamelons bien développés dans la région thoracique, très-faibles sur les segments abdominaux. La région dorsale présente de nombreux plis transversaux. Ces larves, réunies en sociétés peu nombreuses, vivent sur diverses espèces de Carduus et creusent dans le réceptacle charau de ces plantes, et sans nuire au développement de leurs semences, de petites loges qu’elles agrandissent à mesure qu’elles croissent. Quand le moment de leur transformation est arrivé, elles ferment l'entrée de ces loges et en tapissent l’intérieur à l’aide d’une substance noirâtre et visqueuse qu’elles rendent par la bouche et qui ne tarde pas à se dessécher. Chacune d’elles se trouve ainsi renfermée dans une coque particulière. La nymphe ne présente de particulier que des épines disposées transversalement sur les deux derniers anneaux de l'abdomen. D’après les observations de M. Goureau, lesinsectes parfaits, dont les téguments restent longtemps mous et blancs, hiberneraient et s’accoupleraient l’année suivante.
Les Rhinocyllides sont tous de petite taille, et leurs espèces, peu nombreuses, sontrépandues depuis la Russie méridionale aux iles du Cap-Vert. Ils ne forment que les deux genres suivants :
I. Yeux étroits, allongés et trausversaux : Rhinocyllus. I. — arrondis : Microlarinus.
RHINOCGYLLUS.
Genvar, N. Aunal. d. Wetter. Gesellsch. I, p. 137
Rostre au plus aussi long que la tête, plus étroit qu'elle, robuste, à peine arqué, anguleux, plan et finement caréné ou non en dessus; scrobes profondes, brusquement arquées et conniventes en dessous. — Antennes médianes, courtes, robustes; scape épais, obconique; funicule à articles 1-2 un peu allongés, subégaux, obconiques, 3-6 très-courts, subperfoliés, 7 plus épais, annexé à la massue; celle-ci oblongo-ovale. — Yeux allongés, peu à peu rétrécis inférieurement, transversaux. — Prothorax transversal, convexe, fortement rétréci en avant, paraboliquement échancré de chaque côté à sa base, avec un lobe médian assez large, tronqué en avant, échancré sur son bord antéro-inférieur. — Ecusson petit, triangulaire. — Elytres médiocrement convexes, oblongues, parallèles, à peine calleuses sur leur déclivité postérieure, pas plus larges quo le prothorax et isolément saillantes à leur base. — Pattes courtes, robustes; cuisses en massue; jambes droites, assez brièvement onguiculées au bout; tarses assez larges, spongieux en dessous; leurs crochets soudés. — 2° segment abdominal aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 1° par “une suture arquée; saillie intercoxale ogivale. — Métasternum assez long, — Corps oblong, pubescent où tomenteux et plus ou moins pulvérulent,
LIXIDES. 435
La pubescence qui revêt ces insectes est disposée tantôt uniformément, tantôt en forme de touffes ou de courtes bandes irrégulières ; sa couleur est grise où d’un jaune verdâtre, et elle est assez caduque. Leurs espèces s'élèvent en ce moment à six (1).
MICROLARINUS.
Hocun. Bullet. d. Muse., 1847, I, p. 540.
Ce genre m'est inconnu, mais d’après la description détaillée qu’en donne M. Hochhuth, il ne diffère des Rmwocyzrus que par les particularités suivantes :
Funicule des antennes à articles tous égaux, le 4% seulement nn peu plus gros que les autres. — Yeux subarrondis, légèrement saillants. — Prothorax plus long que large, cylindrique, très-faiblement lobé au milieu de sa base, tronqué en avant, non échancré sur son bord antéro-inférieur. — Corps gréle, subcylindrique, tomenteux et hérissé de longs poils.
I ne comprend qu’une petite espèce (rhinocylloides Hochh.) de la Caucasie, d’un gris pâle et variée de cendré, de blanc et de noir sur les élytres (2).
GROUPE III. Lixides,
Rostre le plus souvent beaucoup plus long que la tête, peu robuste chez la plupart, en général cylindrique ; ses scrobes commençant plus où moins loin de son extrémité.
Ces insectes sont plus homogènes que les Cléonides vrais, et jusqu'ici on n'a rencontré parmi leurs nombreuses espèces qu’une seule (Pebleptus scalptus) qui fait exception aux caractères généraux de la Tribu, les crochets de ses tarses étant libres. Leur vestiture consiste
(1) R. antiodontalgicus Gerbi, tatirostris Latr., depressirostris Schh., Olivieri Meg., planifrons Dej., inquilinus Sahlb. ; Schœnb. Cureul. VII, 2, p. 25; tous du midi de l'Europe, sauf le dernier qui habite la Finlande.
(2) Suivant M.H. Jeke! (The Journ. of Entom. I, p. 264), le Rhin. Lareynii des @nirons de Montpellier, qu'a décrit et figuré Jacquelin-Duval (Gener. d. Col. d'Europ. ; Cureul. pl. 17, fig. 81), serait identique avec cette espèce. J'ai sous les yeux plusieurs exemplaires de cet insecte et je vois que leur prothorax est muni de lobes oculaires bien distinels et échancré sur son bord antéro-inférieur; les deux 1ers articles de leur funicule antennaire sont, en outre, plus longs que les suivants. Or, M. Hochhuth, dans une note annexée à la formule du genre, signale expressément comme l’un des principaux caractères différenliels, entre ce dernier et les Runocyzzus, l'absence d'échancrure au prothovax 6 dessous. D’après cela, l'opinion de M, Jekel me parait douteuse. M. Wollaslon (Ann. a, Mag. of nat. Hist. Ser. 3, VIL, p. 102) a décrit, sous le nom de Rlin. lypriformis, un insecte de l'ile St-Vincent (Cap Vert), très-voisin de celui de Jacquelin-Duval,
toujours en poils accompagnés d’une efllorescence plus où moins abondante. Jamais leur prothorax ne cesse d’être bisinué à sa base et son prosternum d’être plan, les tarses d’être spongieux en dessous leurs crochets d’être soudés, ete. J'ai parlé suffisamment plus Dan des passages qui existent entre leur rostre et celui des espèces des deux groupes qui précèdent.
A l’état parfait, les Lixides vivent sur les fleurs et les feuilles, et ce n’est qu'accidentellement qu’on les trouve sur le sol. Leur distribution géographique varie selon leurs genres, mais, pris dans son onsemble , le groupe a des représentants Sur la plus grande partie du globe.
On connait plusieurs larves de ces insectes appartenant aux genres Laruns et Lixus. Elles ont des habitudes différentes qui ont amené quelques modifications dans leur forme et leurs caractères extérieurs.
Celles des Larmus (1) ne diffèrent en rien d’essentiel des larves des Rmocycius. Elles vivent également dans le réceptacle charnu des fleurs composées ; mais la coque dans laquelle elles se renferment, pour subir leur métamorphose, est formée de fibrilles végétales agglutinées par une substance visqueuse (2). Les nymphes sont aussi pareilles à celles des RHINOCYLLUS.
(1) L. maurus, Chapuis et Candèze, Mém. d. L. Soc. d. Sc. de Liége, VILLE, p. 552, pl. 7,f. 7; vit sur le Buphthalmum spinosum, aux environs de Montpellier, où elle a été découverte par Jacquelin-Duval, ainsi que la larve du L. maculosus ; celle-ci vit sur V'Echinops ritro. — carlinæ, Laboulbène, Ann: d. L. Soc. entom. 1858, p. 278, pl.7, 1, tig. 1-9; vit dans les capitules de là Serratula arvensis et du Cirsium palustre.
(2) Geci re s'applique qu'aux coques des deux espèces européennes mens tionnées dans la note précédente. Il existe en Orient quelques Lamnus qui collent les leurs aux rameaux des plantes sur lesquelles ils cnt vécu et qui paraissent être ordinairement des Onupordon ou des Echinops. Ces coques, d'une nature amylacée, et qui, dissoutes dans l’eau bouillante, donnent un mucilage d’une saveur sucrée, sont employées en Orient contre les affections catarrhales et désignées sous les noms de Thrane, Thrale, Trehala et Tricara. Dans ces dernières années, elles ont été l’objet de plusieurs travaux. Voyez principale= ment : Guibourt, Comptes-rendus de l’Acad. d, Science. XLVI, 1858, p. 1219; l’auteur propose de nommer idificans l'espèce qui produite Trebalaset qu'il pense ètre nouvelle. — Hanbury, « Note on two Insect-products from Persia » Proceed, of the Linn. Soc; Zool. I, 1859, p. 178. Le premier de ces produits est attribué par l’auteur au Larinus maculatus de Faldermann. Suivant M. Jekel, qui a coopéré à ce travail pour la partie entomologique, le second serait dù à une espèce nouvelle qu’ildécrit (p. 181) sous le nom de Z. meliificus. Les deux espèces sunt figurées avec leurs coques, p. 182. — Gervais cb Van Beneden, Zoolog. médic. [, p. 12, avec trois figures dans le texte, représentant 16 Trehala et l'insecte qui le produit.
Pour l’aualyse chimique de ces cotques , Voyez Berthelot, Comptes-rendus, loc. cit, p. 1276; l’auteur y à découvert une nouvelle espèce de sucré qu'il
uomme {réhalose,
LIXIDES. 437
Les larves des Lixus, dont un assez grand nombre d'espèces ont été observées (1), vivent dans l’intérieur des tiges de divers végétaux dont elles rongent la moelle. Ce genre de vie n’a amené d’autres diffévences essentielles entre elles et les précédentes que la présence de poils dont celles-ci sont presque dépourvues, et un plus grand développement de leurs mamelons, callosités, etc., dont elles se servent pour cheminer avec facilité, tant en avant qu'à reculons, dans leurs étroites habitations. Quelquefois on ne trouve qu’une seule larve dans la mème tige; mais il peut y en avoir plusieurs et même parfois un nombre très-considérable (2). Les nymphes sont aussi plus épineuses, surtout à leur extrémité postérieure, que celles des Larrnus. Après leur éclosion, les insectes parfaits se mettent en liberté en pratiquant une ouverture latérale dans les parois de leurs demeures.
Les quatre genres qui composent le groupe sont très-voisins les uns des autres et peuvent à peine se reconnaître aux caractèros suivants :
I. Corps oblong ou brièvement ovale ; scrobes rostrales presque toujours confluentes en dessous : Larinus.
Ï, — cylindrique; serobes rostrales séparées en dessous. a Crochets des tarses soudés.
Elytres non ou à peine calleuses avant leur extrémité : Livus. — calleuses —— : Ileomus.
aa Crochets des tarses libres : Peribleptus.