‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 71 sur 121 · LARINUS · texte numérisé non relu

LARINUS

Genwar, Ins. Spec. nov., p. 379 (3).

Rostre de longueur variable, assez robuste, en général faiblement arqué, arrondi aux angles, parfois (par ex. cardui, onopordinis) angu-

(1) La plus anciennement connue, celle du L. paraplecticus, dont Linné (Syst. nat. 6d. 12, p. 610) avait déjà dit quelques mots, n’a encore été décrite eu détail que par De Géer, Mém. V, p. 227, pl. 7, f. 3-9; elle vit sur le Phellandrium aquaticum et le Sium latifolium. — gemellatus, Schmidt, Steitin. entom. Zeit. 1842, p. 273, f. 3-8; sur la Cicuta virosa. — Juncü, Rosenh. Beitr. z. Insektenf. Europ. p. 133; dans la Beta cicla. — angustatus, Ed. Perris. Ann. d. 1. Soc, entom. 1848, p. 147, pl. 7, n° I a-d; vit sur les Malvacées, — venustulus, L. Dufour, ibid. 1854, p. 656, pl. 19, IV, fig. 1-8; sur le Sium nodiflorum. — On a simplement signalé les plantes sur lesquelles vivent quelques autres espèces, telles que, par exemple : L. barden®, filiformis, Dieckhof, Stettin. entom. 1844, p. 383 ; le premier vit sur le Rumeæ hydrolapathum, le second sur les Carduus nutans et crispus. — turbatus, Guérin- Ménev. Rev. zool. 1838, p. 304; sur la Cicuta virosa. — Pour les auteurs non cités dans cette note, voyez Chapuis et Candèze, Mém. d. I. Soc, d. Se. d. Liége, VII, p. 551.

(2) M. Rosenhauer (loc. cit.) a trouvé jusqu’à 80 larves du ZL. Juncit dans une seule tige de Beta cicla.

(3) Syn. Runovarus, Germar, Neue Annal. d. Wetter, Gesellsch, Heft, I,

438 CURCGULIONIDES.

leux et caréné à sa base; ses scrobes commencant entre son milieu et son extrémité, profondes, arquées et le plus souvent conniventes en dessous (1). — Antennes courtes, assez robustes, leur funicule à ar. ticles 1-2 légèrement allongés, les suivants très-courts, grossissant peu à peu et formant insensiblement la massue ; celle-ci robuste, oblongoovale, acuminée. — Yeux étroits, allongés, transversaux. — Prothorax transversal, fortement rétréci et brusquement tubuleux en avant sur une assez grande étendue, coupé presque carrément à sa base, avec un lobe médian très-prononcé et triangulaire ou ogival; ses lobes oculaires très-faibles, ciliés, mais sans vibrisses. — Ecusson assez distinct chez la plupart, triangulaire. — Elytres oblongues ou brièvement ovales, dans ce dernier cas très-convexes, un peu plus larges que le prothorax et isolément saillantes à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez longues et robustes; cuisses en général graduellement en massue ; jambes fortement mucronées au bout; tarses assez larges, spongieux en dessous. — 2° segment abdominal rarement aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 4€ par une fine suture faiblement arquée ; saillie intercoxale grande, ogivale, — Métasternum de longueur moyenne. — Corps oblong ou brièvement ovale, plus ou moins pulvérutent.

Insectes plus homogènes que ies Lixus et ne s’en distinguant que par leur forme générale, qui affecte les deux modifications indiquées dans la formule qui précède, lesquelles passent presque insensiblement de l’une à l’autre. Chez les espèces oblongues, elle n’a jamais aucune tendance à devenir cylindrique et ressemble complètement à celle des RHINOcYLLUS.

La taille de ces insectes varie beaucoup. Les plus grands (cyanaœæ, cardui, onopordinis, ete.) sont plus que de grandeur moyenne, et les plus petits (byrrhinus , glaucus, hirtus, pilosus, etc.) n’ont que quelques millimètres de long. On les trouve sur diverses espèces de plantes, principalement sur les Carduacées (2).

Le genre est nombreux (3) et, sauf une espèce (gravidus O1., Schh.)

p. 136; olim; uom employé longtemps auparavant par Bloch pour un genre de Poissons cartilagineux de la Famille des Raïes,.

(1) Ily a, à ce caractère, quelques exceptions non signalées par les auteurs: Chez le cynaræ, par exemple, les serobes ne se rejoignent pas tout-à-fait, eb chez le buccinator elles restent fortement séparées.

(2) M. Jekel (The Jouru. of Entom. 1, p. 14) a donné une liste très-complète des espèces dont ies habitudes, sous ce rapport, ont été observées, ainsi que des plantes qu’elles fréquentent.

(3) Aux 79 esp. mentionnées par Schœnh. (Gureul. VII, 2, p. 4), aj. : Esp: asiatiques : Z. adspersus, Hochh. Bull. Mosc. 1847, 1, p. 538; Caucase: — brevirostris, curtus, æruginosus, Hochh. ibid. 1851, I, p. 86; Arménie, — Esp. européennes : L. lynæ, Küster, Die Kæf. Europ. XI, 92; Sardaigne, — meridionalis, filirostris, Rosenh. Die Thiere Andal. p. 268; Espagne mér. —

LIXIDES. 439

qui habite l'Amérique du Nord, exclusivement propre à l'Asie, à l'Europe et à l'Afrique. Son habitat s'étend depuis la Sibérie méridionale jusqu'au cap de Bonne-Espérance.

LIXUS.

Fan, Syst. Eleuther. IX, p. 498 (1)

Rostre de longueur variable, robuste (par ex. spectabilis) ou trèsgrèle (par ex. fenuis, filiformis), avec les passages intermédiaires, plus ou moins arqué, en général cylindrique, parfois un peu déprimé ou obtus aux angles ; ses sorobes naissant d’une manière très-variable (2), linéaires, dirigées sous le rostre et non conniventes en dessous. — Antennes plus ou moins robustes, pareilles à celles de LariNus, avec les articles 1-2 du funicule souvent plus longs et égaux ou non. — Yeux tantôt ovales (par ex. paraplecticus, anguinus , filiformis , etc.), tantôt oblongs (par ex. cylindricus, angustatus, ete.),ou allongés, étroits et transversaux (par ex. spectabilis, defloratus, impressicollis, ete.). — Prothorax transversal ou non, plus ou moins régulièrement conique, faiblement tubuleux eu avant, bisinué à sa base, avec son lobe médian court et étroit; ses lobes oculaires jamais très-saillants, parfois presque nuls, souvent accompagnés de vibrisses, — Elytres allongées, plus ou moins cylindriques, en général arrondies, parfois acuminées et déhiscentes à leur extrémité, à peine ou pas plus larges que le p'othorax et isolément saillantes à leur base. — Pattes tantôt courtes ou médiocres, tantôt longues et grêles; les cuisses, les jambes et les tarses variant en conséquence; les premières inermes chez la plupart, dentées en dessous chez les autres. — Métasternum allongé. — Corps allongé, cylinérique, pubescent et pulvérulent. — Le surplus comme chez les LARINUS.

confinis, Jacquel-Duv, Gen. d. Col. d'Eur. Curcul.; France mér. — Esp. de l'Algérie : L. bombycinus, albicans, cardopalhi, nanus, Lucas, Explor. d. l'Algér.; Entom. p. 444. — basalis, subrotundatus, Chevrol. Rev. et Mag, d. Zool. 1860, p. 80.

(1) Syn. Scarnomonenus, De Motsch. Bull. de J'Acad, d. St-Pétersb. IL, 1860, p. 541; genre non caractérisé et dont le nom, sous sa forme correcte (Scarntnomonenus), a déjà été employé par Hope (Rev. zool. 1841, p. 111) pour des Erotylides. L'auteur y comprend un Z. Embatus Zoubk. que je ne connais pas, et, ayec doute, une espèce nouvelle (/epidii Motsch. loc. cit.) de Turcomérie, ainsi que le L. myagri Oliv.

(2) Chez quelques espèces, la plupart de petite taille et dont le rostre est très-grêle (par ex. : filiformis, tenuis), elles commencent à peu de chose près au milieu du rostre; dans un très-grand nombre elles débutent entre son milieu et son extrémité; il y en à (par ex. ascanii) chez qui elles sont bien près d'atteindre cette dernière; et enfin chez quelques-unes (par ex. spartii) elles Sont aussi complètes en avant que chez pas un des Brachyrhynques de Schœn-

On voit par cette formule combien presque tous les caractères sont peu stables chez ces insectes; mais par suite du très-grand nombre de leurs espèces et des transitions insensibles qui en sont la conséquence, ils résisteront, plus que les CLronus, à une division en plusieurs genres.

Le genre est un des plus riches de la Famille (1), et quelques-unes de ses espèces (spectabilis, lividus du Cap, defloratus de Madagascar, impressicollis du Brésil, etc.) sont de très-grande taille. Il est répandu sur tout le globe, et ses espèces vivent sur des végétaux extrêmement variés; mais tandis qu’on ne trouve guère que sur les plantes basses celles d'Europe, c’est presque exclusivement sur les feuilles des arbres qu’on rencontre celles des régions intertropicales, du moins en Amérique.

ILEOMUS.

Scuoenx. Curcul. Disp. meth., p. 220.

Ce sont des Lixus dont les élytres présentent au sommet de leur déclivité une callosité arrondie plus ou moins saillante.

Les autres caractères différentiels que Schœnbherr assigne à ces insectes n'existent pas ou se retrouvent dans le genre précédent (2).

herr, Néanmoins, même dans ce dernier cas, l'insertion des anteunes n’est pas terminale.

(1) Schœænherr (Curcul. VIE, 1, p. 418) en mentionne 181 espèces auxquelles on a, depuis, ajouté les suivantes : Esp. européennes : L. brevicaudis (submaculatus Schh.), Küster, Die Kæf. Europ. XVII, 79; Sardaigne. — vittiger, Chevrol. in Guérin-Ménev. Icon. texte, p. 144; Crimée (BorHyNoDERES?). — Nordmanni, Eversmanni, Kolenatii, Hochh. Bull. Mose. 1847, I, p. 529; Russie mér. — marginemaculatus, Bach, Kæfer faun, d. Nord-u, Mitteldeutschl. 11, p. 284; Provinces rhénanes (myagri Oliv.). — Esp. asiatiques : L, octogutlatus (an ArLcves?), fasciatus, Kollar u. L. Redtenb, in Hügels Kaschm, IV, 2, p. 543; Cachemire. — antennatus, Motsch. Etud. entom. Ann. li, p. 49; Chine bor. — Esp. des Indes or. : L. nebulifasciatus, F. Walker, Ann: and Mag, of Nat. Hist. Ser. 3, IL, p. 263; Ceylan. — Esp. africaines : L. Wagneri, affinis, brevicaudatus, bimaculatus, coarctatus, Lucas, Explor, d. l'Algér.; Entom. p. 436; Algérie. — dorsalis, nyclerophorus, Reiche in Galin. Voy. en Abyssin, Zool. p. 387. — ignavus, compressicollis, J. Thoms. Archiv. entom. Il, p. 130; Gabon. — cheiranti, Chawneri, vectiformis, Wol- Jast. Ins. maderens. p. 349; Madère. — Esp. de l’'Amér. du Nord : L.rubellus, calandroides, Randall, Boston Journ. of Nat. Hist. II, p. 41; Massachussets. —poricollis, modestus, Mannerh. Bull. Mosc. 1843, p. 291 ; Californie. — pleuralis, Colorado; læsicollis, Texas; J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. X, 1858, p. 78. — auctus, J. L. Le Conte, Rep. on a railr. 10 the Pacif. oc. IX, Append, L, p. 57; Orégon. — Esp. de l'Amér. du Sud: L. Rojasi, Jekel, The Journ. of Entom. I, p. 13; Venezuela. — Esp. de l’Australie : L. immundus, Bohem. Voy. d. l'Eugén. ; Entom. p. 428.

(2) Ces caractères se réduisent à {rois : 1° les gcrobes confuentes sous le

LIXIDES. 441

Les espèces typiques (1) sont originaires de l'Amérique intertropicale, de grande taille et de forme très-robuste, tout en restant cylindriques. Toutes ont le rostre robuste également, avec ses scrobes commençant dans son milieu ou vers son tiers antérieur, le prothorax fortement bisinué à sa base et muni de vibrisses.

Schœnherr leur a associé une espèce (pacatus) du Caucase qui ne m'est pas connue, mais qui, d’après ce qu’il en dit, a la forme allongée et svelte de la plupart des Lixus. Il reste à savoir si elle appartient réellement au genre.

PERIBLEPTUS.

Scnoënx. Curcul., VIT, 2, p.192.

Tète en cône allongé ; rostre continu avec elle et plus long, robuste, arqué, peu à peu atténué en avant, cylindrico-conique ; scrobes commençant à peu de distance de son extrémité, arquées, arrivant au niveau du bord inférieur des yeux. — Antennes médiocres, assez robustes; scape légèrement arqué; funicule à articles obconiques : médiocre, 2 trois fois plus long, 3-6 courts, subégaux, grossissant peu à peu, 7 contigu à la massue ; celle-ci forte, oblongo-ovale, acuminée au bout, à peine articulée, — Yeux de niveau avec la tête, grands, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax allongé, régulièrement cylindrique, hisinué à sa base, tronqué en avant tant en dessus qu’en dessous. — Ecusson transversal. — Elytres subeylindriques, graduellement élargies jusqu'aux trois quarts de leur longueur, puis un peu atténuées en arrière, obtusément calleuses au sommet de leur déclivité, pas plus larges que le prothorax et chacune isolément saillante à sa base. — Pattes très-longues, grèles; cuisses graduellement en massue, les antérieures dentées en dessous; jambes arquées à leur base, un peu comprimées, bisillonnées à leur sommet sur leur tranche externe, onguiculées au bout; tarses longs, spongieux en dessous, à articles 4-2 allongés, étroits, 4 grand; crochets libres, fortement arqués. — 2° segment abdominal aussi long que 3-4 réunis, séparé du {°° par une suture faiblement arquée; saillie intercoxale

rostre ; 20 une impression commune à la base des élytres; 30 les cuisses dentées en dessous. Le premier est inexact: les scrobes de ces insectes sont séparées en arrière. Le second existe chez un grand nombre de Laxus, principalement américains, tels que L.impressus, pulvinatus, impressicollis, concavus, etc. Personne n’ignore que le troisième n’est pas rare chez les espèces exotiques du même genre. J’ajouterai que je possède une espèce du Cap, qui me parait inédite, laquelle, avec des formes aussi robustes que celles des ILEOMUS américains, n’a aucune trace de callosités sur les élytres.

(1) . mucoreus, roseus, du Brésil; distinguendus, du Mexique ; Schœnh. Cureul, 111, p. 146 et VIL, 2, p. 1.

courte, ogivale, — Métasternum allongé. — Corps long, faiblement pubescent. ‘

L'unique espèce (scalptus) qui compose ce genre est originaire de l'Himalaya, uu peu plus grande que le Liv. angustatus d'Europe, ot d’un noir bronzé brillant. Deux profonds sillons parallèles et remplis de poils fauves tomenteux se voient sur son rostre, qui est très-lisse ; ses élytres sont couvertes de fossettes disposées en rangées assez régulières et sont traversées par deux bandes étroites, sinueuses ét maculaires, d’un jaune fauve, l’une située un peu après leur milieu, l’autre au sommet de leur déclivité postérieure.

Schænherr a placé cet insecte tout à côté des OrinocepraLus et des Eroniscus, genres qui, avant les crochets des tarses appendiculés, appartiennent à la phalange suivante. Je ne lui trouve absolument rien qui l'éloigne des Lixides, si ce n’est les crochets de ses tarses qui sont libres, ce qui n’est qu’une exception de même nature que celle qu'on à vue plus haut chez quelques Cléonides vrais. La forme de sa tôte n'est également qu’une exagération de ce qui existe très-distinctement chez un grand nombre de Lixus.

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