TRIBU XXIX
PÉTALOCHILIDES.
Sous-menton muni d’un pédoncule assez saillant. — Mandibules courtes, en tenailles ou en pinces. — Rostre au plus médiocrement robuste, anguleux ou subanguleux, plus ou moins déprimé et élargi au bout; ses scrobes atteignant , ou peu s’en faut, la commissure de la bouche. — Antennes très-antérieures; leur funicule de six articles. — Prothorax sans lobes oculaires, faiblement échancré sur son bord antéro-inférieur ; son pronotum séparé de ses flancs par une arête plus ou moins vive. — Un écusson. — Cuisses dentées en dessous ; jambes onguiculées ou inermes au bout; corbeilles des postérieures ouvertes; 3article des tarses beaucoup plus large que 1-2 ; leurs crochets libres. — Métasternum au moins médiocrement allongé. — Epimères mésothoraciques médiocres. — Corps ailé, finement pubescent.
Parmi les Erirhinides de Schœnbherr, il se trouve trois genres propres à l'Amérique du Sud, qui se font remarquer par la forme particulière de leur rostre, leurs scrobes aussi complètes en avant que chez les Brachyrhynques les plus parfaits sous ce rapport, et surtout par leur pronotum séparé des flanes du prothorax par une arûte trèsdistincte. Cet ensemble de caractères, auxquels s'ajoute un facies particulier, me paraît exiger qu’ils constituent une Tribu distincte,
1, Jambes onguiculées au bout.
Hanches antérieures légèrement séparées : Pelalochilus. —— conliguës : Balanephagus.
Il. Jambes inermes ou bout: Anchylorhynchus.
PETALOCHILUS. Senoenu. Curcul., IT, p. 591.
Rostre allongé, médiocrement robuste , faiblement arqué, cylindrique et un peu déprimé, graduellement élargi et déprimé à son extrémité ; ses scrobes complètes (9) ou peu s’en faut () en avant, rectilignes et superficielles en arrière, surtout chez les mâles. — Antennes médiocres, assez robustes; scape grossissant peu à peu ; funicule à articles 1-2 allongés, subégaux, 3-6 courts, égaux, bien distincts; massue oblongo-ovale, à article 1 très-grand, en cône allongé. — Yeux grands, oblongs, transversaux. — Prothorax transversal, peu convexe, subdilaté et régulièrement arrondi sur ses côtés, qui sont un peu relevés et presque tranchants, faiblement bisinué à sa base et de Chaque côté de son bord antérieur. — Ecusson en carré long. — Elytes médiocrement convexes, parallèles, largement arrondies en ar-
rière, un peu plus larges que le prothorax et subtronquées à leur base. — Pattes médiocres, robustes; hanches antérieures légèrement écartées ; cuisses fortement en massue, armées d’une petite dent; jambes un peu comprimées, sinuées à leur base en dedans, assez fortement onguivulées au bout; tarses médiocres, de largeur moyenne > Spongieux en dessous, à article 4 assez long; ses crochets peu allongés.— 2° segment abdominal un peu plus grand que les deux suivants réunis, séparé du 1° par une suture arquée; saillie intercoxale large , subogivale, — Métasternum médiocrement long. — Corps oblongoovale, densément tomenteux.
Par suite de la dilatation du rostre à son sommet et du léger écartement des hanches antérieures, Schœnherr avait, dans l’origine, placé ce genre immédiatement à la suite des HomaLonorus du groupe des Cholides. Plus tard (1) il l'a, avec raison, reporté dans ses Erirhinides.
Il ne comprend jusqu'ici qu’une assez grande et jolie espèce (gemellus Schh.) de Cayenne, revêtue en dessus, y compris le rostre, d’une sorte d’enduit tomenteuxd’un brun noirâtre, et arnée de lignes jaunes, dont une médiane, sur le prothorax , une transversale, fortement en zigzag à la base des élytres, et plusieurs longitudinales rapprochées à l'extrémité de ces organes. Outre sa taille plus grande, la femelle se distingue du mâle par ses jambes antérieures garnies de longs poils fins dans leur moitié terminale interne, caractère sur lequel Schæœnherr a gardé le silence.
BALANEPHAGUS.
Scnosnu. Curcul., VII, 2, p..341.
Rostre assez long et assez robuste, droit, anguleux, plan en dessus, élargi (2) et très-aplani en dessous à son extrémité; ses scrobes complètes en avant, profondes, graduellement élargies, atteignant le bord inférieur des yeux et faiblement séparées en dessous. — Antennes très-antérieures, médiocres, assez robustes ; scape en massue au bout: funicule à articles obconiques : 1-2 allongés, celui-là le plus grand, 3-6 très-courts, grossissant peu à peu; massue ovale, acuminée, arti-
culée. — Yeux grands, oblongo-ovales, transversaux. — Prothorax peu convexe, fortement transversal, régulièrement arrondi sur les côtés, légèrement bisinué à sa base, tronqué en avant. — Ecusson
carré où subarrondi. — Elytres peu convexes, médiocrement allon-
(1) Cureul. VIT, 2, p. 338.
(2) Cet élargissement n’intéresse pas la totalité du sommet du sestre, comme chez les PsraLocuizus ; il est dû principalement à ce que la lèvre inférieure des scrobes se dilate en dehors, Elle le fait à un haut degré chez l'espèce iné= dite mentionnée plus has.
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gées, parallèles, rétrécies à leur extrémité, à peine plus larges que je prothorax et subtronquées à leur base. — Pattes médiocres ; cuisses robustes, en massue, armées d’une forte dent triangulaire en dessous ; jambes un peu comprimées, droites, assez fortement onguiculées au hont; tarses courts, assez larges, spongieux en dessous, à article 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal un peu plus long que 3-4 réunis, séparé du 1°* par une suture arquée; saillie intercoxale large, subogivale. — Gorps oblong, pubescent et cilié.
Genre très-voisin des Perarocmirus et ne s’en distinguant même essentiellement que par la forme du rostre et la contiguité des hanches antérieures ; mais ses espèces sont très-petites en comparaison du Petal. gemellus. Schœnherr n’en a connu qu’une (Faldermanni) du Brésil, de forme assez courte, d’un brun rougeâtre et qui est ornée, sur les élytres, de linéoles jaunes longitudinales. J'en possède une autre du même pays, plus allongée, et qui présente un dessin analogue.
ANCHYLORHYNCHUS.
(Kzuc) Sonoenu. Curcul., III, p. 450.
Rostre plus ou moins allongé, médiocrement robuste, faiblement arqué, cylindrique, un peu déprimé, multistrié, légèrement élargi et aplani, surtout en dessous, à son extrémité (1); ses scrobes complètes en avant, subrectilignes et atteignant sa base (2). — Antennes trèsantérieures, médiocres, peu robustes ; scape en massue au bout; funieule de six articles : 4-2 allongés, subégaux, 3 de moitié plus court, 1-6 très-courts, tous obconiques ; massue oblongo-ovale, articulée. — Yéux grands, ovales, transversaux, médiocrement séparés en dessous. — Prothorax fortement transversal, médiocrement convexe, fortement rétréci d’arrière en avant, plus où moins arrondi sur les côtés et à sa base, celle-ci parfois bisinuée, tronqué en avant. — Ecusson en carré transversal. — Elytres amples, plus ou moins convexes, courtes, subparallèles, largement arrondies en arrière. — Pattes assez courtes ; cuisses fortement en massue, dentées en dessous ; jambes antérieures faiblement arquées, les autres droites, toutes inermes au bout; tarses courts, assez larges, spongieux en dessous, à article 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal beaucoup plus long que 3-4 réunis, séparé du 4° par une suture arquée ; saillie intercoxale
(1) Au premier coup-d'æil, il paraît terminé par deux saillies dirigées en dehors ef formant avéc lui un angle droit; mais ce sont les mandibules qui, de mème que chez plusieurs Gholides, affectent cette position, du moins après là mort,
(2) Schœnherr se trompe en disant qu’elles sont eonniventes en arrière ; elles sont, au contraire, fortement séparées,
Ar
courte, large, tronquée ou anguleuse en avant. — Corps largement ovale, finement et densément pubescent.
Insectes du Brésil, de taille médiocre et ressemblant plutôt, les uns (par ex. œgrotus) aux Mycrerus, comme l'a dit Schœnherr, les autres (par ex. variabilis) à certaines GaLERuCA qu’à des Curculionides. Leur livrée jaune ou verdâtre, uniforme chez la plupart d’entre eux, est parfois relevée (variabilis) par un petit nombre de grandes taches noires, très-variables et même sujettes à disparaître complètement, On en connaît quatre espèces (1).