TRIBU IT
BRACHYDÉRIDES.
Antennes coudées; scapo de longueur variable ; funicule de sept, rarement de six articles; massue de structure normale. — Scrobes rostrales le plus souvent linéaires, dirigées inférieurement.
Cette tribu est empruntée en majeure partie aux Brachydérides de Schænherr (1), et pour le surplus à, ses Pachyrhynchides et ses Cléonides. Ainsi composée, elle constitue l’un des plus vastes groupes de la famille.
Sauf chez les Cnronormanus, les antennes de ces insectes sont trèsdistinctement coudées. Le nombre total de leurs articles est de douze, dont la massue absorbe quatre ou cinq, selon que le funicule en a sept ou six; ce dernier cas est rare. Quant au scape, dans la grande majorité des espèces, il ne dépasse pas le bord postérieur des yeux, et souvent reste plus court. Les scrobes rostrales ne cessent d’être linéaires que dans un petit nombre de genres (Eurymeropus, Mrroprorus, ete.), mais leur bord inférieur conserve sa direction en bas, qui est caractéristique de la tribu.
Les mandibules sont épaisses et en forme de tenailles; quelques Tanymecus, chez qui elles deviennent obliques, font seuls exception à cet égard. Dans plus des dix-neuf vingtièmes des espèces, ces organes étaient, dans l’origine, munis de tiges accessoires, ainsi que l'atteste la présence de leurs supports. Ces tiges se conservent même d’une manière permanente chez les Prosromus et les Psazipium, où elles ont pris la forme de lames. Il n’y a d'exception à la forme normale des youx que chez un petit nombre de Runoscapa qui les ont plus allongés que de coutume, transversaux et visiblement acuminés inférieurement. Dans un peu plus du cinquième des genres, le prothorax
(1) Les autres Brachydérides de Schœnherr, formant envirop une vingtaine de genres, ont les mächoires découvertes ou le prothorax pourvu de lobes
oculaires, et appartiennent, soit à la légion suivante, soit à la seconde cohorte de celle-ci. ‘
est muni, de chaque côté de son bord antérieur, de ces faisceaux de cils que j'ai désignés plus haut sous le nom de vibrisses. Dans cinq seulement (PROICTES, APOTOMODERES, DERMATODES, EuPHOLUS, LACHNOpus) son bord antéro-inférieur est plus ou moins échancré. L'écusson est aussi souvent présent que nul et reste toujours petit. La forme des élytres déterminant en grande partie le facies des espèces, il est nécessaire ici, comme, du reste, dans toute la famille, de tenir un compte exact de celle qu’elles affectent, surtout à leur base, selon qu'elles débordent ou non le prothorax et que leurs épaules sont anguleuses ou effacées; ces deux formes sont presque aussi fréquentes l’une que l’autre dans la tribu. Sauf chez les Pachyrhynchides, les hanches antérieures sont toujours contiguës, et les intermédiaires faiblement séparées par suite de l’étroitesse de la saillie mésosternale. Il est rare que les cuisses soient dentées en dessous et les jambes mucronées à leur extrémité. Les tarses sont toujours à l’état normal, c’est-à-dire spongieux en dessous, avec leur 3° article bilobé, et trèssouvent leurs crochets sont petits et soudés. Dans l'immense majorité des cas, le 2° segment abdominal est plus long au moins que chacun des deux suivants réunis, et séparé du 1% par une suture arquée. Un petit groupe, celui des Blosyrides, et quelques genres isolés s'écartent seuls de cette règle. Enfin, les épisternums métathoraciques ne s’élargissent jamais d’une manière notable et restent souvent aussi étroits que ceux des Microcérides (1), d’où résulte que jamais les épimères du mésothorax ne s’interposent largement entre les épisternums de ce segment thoracique et les élytres. Jusqu'ici on n’a décrit aucune larve de cette tribu.
Le nombre des genres qu’elle comprend ne s'élève pas à moins de 109. Parmi les caractères qui précèdent, il en est deux surtout, les vibrisses du prothorax et la structure des corbeïlles des jambes postérieures, qui permettent de se reconnaitre dans ce dédale de formes qui paraît inextricable au premier coup-d’œil. En les combinant avec ceux fournis par le rostre, les mandibules, les élytres, les hanches antérieures et les segments abdominaux, je trouve que ces insectes se répartissent assez naturellement dans les douze groupes qui suivent:
IL Hanches antérieures contiguës ; les intermédiaires faiblement séparées : a Prothorax pourvu de vibrisses. 7. TANYMÉCIDES. aa — sans
b Corbeilles des jambes postér. ouvertes ou très-faiblement caverneuses.
© Elytres pas plus larges que le prothorax et échancrées ou tronquées à leur base; leurs épaules nulles ou arrondies.
(1) Dans ce dernier cas, la dilatation transversale de leur extrémité antérieure disparait comme chez les Microcérides.
BRACHYDÉRIDES.
d Les 3 segments intermédiaires de l'abdomen égaux, séparés entre eux et du 1er par des sutures rectilignes et profondes.
dd Ces segments inégaux, séparés du {er par une suture arquée ou anguleuse.
e Tête et prothorax de forme normale.
Tiges mandibulaires robustes, persistantes ou caduques; dans ce cas, leurs supports plus saillants que de coutume et déprimés.
Tiges caduques; leurs supports courts, co-
niqués et tronqués.
ee Tète etprothoraxtrès-allongés, cylindriques.
cé Elytres débordant plus ou moins le protho-
rax, anguleuses aux épaules, souvent, en outre, isolément saillantes à leur base,
Rostre unien dessus, souvent sillonné sur la
ligne médiane.
— très-inégal ou tricaréné en dessus,
bb Corheïlles des jambes postér. caverneuses.
f Elytrés pas plus larges que le prothorax et
échancrées ou tronquées à leur base; leurs épaules nulles ou arrondies (1).
g Rostre court, parallèle, anguleux; écusson
nul ou à peine distinct.
gg — au moins médiocre, plus ou moins
élargi au bout; écusson en général très-distinct, — Sans sillons ou dépressions en avant des yeux — muni de sillons ou dépressions en avant des yeux
ff Elytres débordant le prothorax, anguleuses aux épaules.
II. Hanches antérieures non contiguës, les intermédiaires assez fortement séparées,
GROUPE I. Blosyrides.