‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 10 sur 121 · PacnyruyNenipEs · texte numérisé non relu

PacnyruyNenipEs

Rostre aussi large que la tête, court, subhorizontal, séparé du front par un sillon en général très-marqué. — Antennes courtes; leur scape n'atteignant pas le bord postérieur des yeux. — Prothorax sans vibrisses. — Ecusson nul ou à peine distinct. — Elytres pas plus larges que le prothorax à leur base; leurs épaules nulles ou arrondies. — Hanches antérieures contiguës, les intermédiaires faiblement sé-

(1) Quelques genres (Runoscarma, Eurnorus, Cecerra) font exception à cet

égard,

parées; corbeilles des jambes postérieures ouvertes; crochets des tarses très-petits, soudés. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux ou subégaux, séparés entre eux et du premier par des sutures rectilignes et profondes. — Métasternum très-court. — Corps aptère.

La structure des segments intermédiaires de l'abdomen, combinée avec celle des corbeilles des jambes postérieures, constitue le caractère essentiel de ce groupe. Les segments en question ne sont pas seulement d'égale longueur ou peu s’en faut; ils sont en mème temps convexes et parfois au point de former des bourrelets; cette forme est très-rare et accidentelle dans tous les groupes qui suivent. L’extrème brièveté du rostre (Horoxxcuus excepté), le sillon très-marqué qui le sépare ordinairement de la tête, les orbites ou callosités qui surmontent les yeux dans la plupart des cas, m'ont, avec les caractères qui précèdent, déterminé à isoler ces insectes des autres Brachydérides. Tous ont les mandibules pourvues d’un cône tronqué indiquant que leurs nymphes possèdent des tiges mandibulaires, les scrobes rostrales invisibles d’en haut en avant, les épisternums métathoraciques trèsétroits et ceux du mésothorax plus ou moins largement en rapport avec les élytres, par suite de la petitesse des épimères mésothoraciques. Ils sont peu nombreux et ne forment que les quatre geures suivants, qui sont propres à l’ancien continent, mais étrangers à l'Europe.

I. Angle externe des jambes antérieures non saillant, a Rostre peu à peu élargi en avant : Holonychus. aa — parallèle ou légèrement cunéiforme.

Prothorax cylindrique : Blosyrus.

— cordiforme : Proscephaladeres.

II. Angle externe des jambes antérieures saillant : Daclylotus.

HOLONYCHUS.

Scuornu. Curcul., V, p. 833 (1).

Tôte transversalement renflée entre les yeux; rostre séparé d'elle par un profond sillon, très-robuste, faiblement penché, peu à peu élargi en avant, anguleux, inégal et impressionné en dessus, médiocrement échancré en triangle au bout; scrobes profondes, arquées, prolongées en dessous et distantes des yeux. — Antennes médianes, courtes, robustes; scape atteignant le bord antérieur des yeux, renflé au bout; funicule à articles 1-2 allongés, subégaux, 3-7 transversaux, serrés; massue assez forte, ovale, presque indistinctement articulée. — Yeux assez petits, arrondis, saillants, entourés d’une orbite cireulaire. — Prothorax transversal, subeylindrique, tuberculeux sur les

(1) Syn. Taranus, Dej. Cat. éd. 3, p. 271.

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côtés antéricurs, tronqué en avant, paraboliquement échancré de chaque côté à sa base, inégal et muni de deux tubercules en dessus. — Elytres très-exactement contiguës au prothorax, médiocrement longues, graduellement élargies et verticalement déclives en arrière, pas plus larges que le prothorax et isolément saillantes à leur base. — Pattes très-robustes; cuisses en massue; jambes droites; les quatre antérieures obtusément saillantes à leur sommet interne; tarses trèslarges, spongieux en dessous; crochets fortement soudés ensemble; l'interne plus petit que l’externe et parfois à peine distinct (1). — Saillie intercoxale large, parallèle, tronquée en avant. — Corps trèsrobuste, tuherculeux et recouvert d’un enduit écailleux.

Insectes de grande taille, propres à Madagascar, de couleur grisâtre plus ou moins mélangée de vert métallique, rugueux et grossièrement ponctués, avec les élytres couvertes de tubercules d’inégale grandeur. Ils ont une ressemblante assez prononcée avec certains Mrcrocenus, et c’est ce qui m’e engagé à les placer en tête du groupe actuel. On les regarde généralement comme très-voisins des Lirminus du même pays, avec lesquels Dejean les à même confondus, mais ceux-ci en sont très-distincts par la structure de leur bouche, et on les trouvera plus loin dans la Légion suivante. Les espèces d'HOLONYCHUS connues s'élèvent en ce moment à quatre (2).

BLOSYRUS.

Scnognu. Cureul., I, p. 552.

Tête courte, fortement trisillonnée sur le front; rostre au plus aussi long que large, carré, épais, anguleux, plan et plus ou moins rugueux en dessus, triangulairement impressionné et échancré au bout; scrobes profondes, brusquement arquées et plus ou moins prolongées en dessous. — Antennes médianes, courtes, médiocrement robustes ; scape fortement renflé au bout, atteignant le hord antérieur des yeux; funicule à articles 1-2 allongés, 3-7 obconiques, subégaux, 7 parfois plus gros, velouté et contigu à la massue; celle-ci brièvement ovale, articulée. — Yeux petits, subglobuleux, pourvus d’une orbite en dessus et en arrière. — Prothorax transversal, subeylindrique, un peu arrondi latéralement, tronqué en avant et à sa base, celle-ci finement

(1) Schœnherr les décrit comme étant simples. Suivant M. Coquerel, qui a publié une notice sur ces insectes (Ann. d. |. Soc. entom. 1859, p. 242), ils seraient tels chez la plupart des espèces et doubles chez une seule (sawosus); il a même partagé le genre en deux sections d’après ce caractère. Dans trois espèces que j'ai sous les yeux, je les trouve doubles, avec l'interne très-réduit, mais toujours distinct, et ces espèces figurent parmi celles auxquelles ce savant entomologiste assigne des crochets simples.

. (2) H. acanthosus (et non acanfhopus, comme l'a écrit Schœænherr), æruginosus, Schœnkh, loc, cit, — camelus, saæosus, Coquer. loc. cit. p. 243,

rebordée. — Elytres globoso-ovales, tantôt arrondies, tantôt coupées obliquement aux épaules, légèrement échancrées en arc à leur base. — Pattes courtes, robustes; cuisses en massue; jambes droites, arrondies ; tarses courts, leurs articles 1-2 notablement plus étroits que 8, 4 assez long. — Saillie intercoxale assez large, parallèle et tronquéé au bout. — Corps brièvement ovalaire, écailleux.

Ces insectes sont faciles à distinguer, dans le groupe actuel, par la sculpture de leur tête et de leur rostre. Leurs élytres sont sillonnées ou ponctuées en stries êt présentent presque toujours quelques petits tubercules sur leur partie postérieure. Leur livrée est d’un brun où d’un grisâtre uniforme sur lequel se détachent parfois (oniseus) quelques petites taches d’un blanc crétacé. Le genre est répandu en Chine, aux Indes orientales et en Afrique, depuis le Cap jusqu’à la côte dé Guinée inclusivement (1). Les plus grandes de ses espèces sont de taille moyenne.

PROSCEPHALADERES.

Scnoenx. Curcul., V, p. 892.

Tète marquée sur le front d’une courte strie longitudinale; rostre séparé de ce dernier par une autre strie transversale et très-marquée, pas plus long que large, très-robuste, subparallèle, anguleux, plan en dessus, profondément échancré au bout; serobes brusquement arquées, arrivant au-dessous du niveau du bord inférieur des yeux et assez distantes de ceux-ci. — Antennes médianes, courtes, médiocrement robustes; scape épaissi au bout, atteignant le milieu des yeux; funicule à articles 1-2 allongés, 3-7 subturbinés et subégaux ; massue assez forte, ovalaire et articulée. — Yeux médiocres, arrondis et assez saillants. — Prothorax transversal, cordiforme, tronqué à ses deux extrémités, rebordé à sa base. — Ecusson à peine distinct, triangulaire. — Elytres ovoïdes, convexes, fortement arrondies aux épaules, étroitement tronquées à leur base. — Pattes et saillie intercoxale des BLo- SYRUS. — Corps ovalaire, écailleux.

Ces insectes sont de la taille des Brosyrus, mais ils n’ont aucun vestige de tubercules et d’aspérités sur les élytres, ces organes étant finement sillonnés, avec les intervalles entre les sillons presque plans. Les deux espèces que décrit Schœænherr (obesus, punctifrons) sont d'un gris noirâtre un peu plus clair par places. Elles habitent l’Afrique australe.

(1) Schœnherr (loc. cit. V, p. 907, et VIIL, 2, p. 401) en décrit 10 espèces qui se répartissent de la manière suivante, d’après leur patrie : B. oniscus Or. Hertlvus Herbst, asellus OL, inœqualis Guér.-Ménev., spongifer, des Indes or.; sœ@vus, Cap; trux, Îles Comores; carinatus, Natal. — Aj.: B. variegatus, costatus, Kollar u. L. Redtenb, in Hügels Kaschmir, IV, 2, p. 539; Cachemire. — Chinensis, Bohem, Voy. d. l’Eugénie; Entom. p. 120, Chine.

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DACTYLOTUS.

Scuoenu. Mantis. sec, Curcul., p. 21.

Rostre épais, carré, plan en dessus, un peu rebordé et échancré en demi-cerele dans son milieu au bout; scrobes profondes, nettement limitées, arquées, aboutissant au niveau du bord inférieur des yeux. — Antennes médianes, arrivant presque à la base du prothorax, peu robustes; scape grossissant peu à peu, atteignant le bord antérieur des yeux; funicule à articles 1 allongé, obconique, 2 aussi long, mais moins gros, 3-7 très-courts, subturbinés; massue assez forte, ovalaire, articulée. — Yeux assez grands, peu saillants, arrondis. — Prothorax fortement transversal, un peu rétréci à sa base, arrondi sur les côtés en avant, tronqué à ses deux extrémités. — Elytres brièvement ovales, convexes, presque aussi larges que le prothorax et échancrées en arc à leur base. — Pattes courtes; cuisses en massue; jambes droites, dilatées à leur extrémité; l’angle apical externe des antérieures saillant, en triangle aigu; tarses grêles, finement villeux en dessous; leur 1° article très-rétréci à sa base, noueux au bout, le 4° grèle et assez long. — Corps court, ovalaire, écailleux et finement hispide.

La taille, la sculpture des téguments et le système de coloration de ces insectes sont complètement pareils à ceux des CNEORæINUS de forme très-courte. Hs sont propres au nord de l'Asie et encore inédits. Celle de leurs espèces (Sedakoffü) que Schœnherr a connue est originaire de la Daourie et privée de sillon transversal à la base du rostre. Il y en à un très-distinct chez une autre de la Mongolie, qui est connue dans les collections sous le nom de Popouti (1).

GROUPE II. Cnéorhinides.

Rostre aussi large que la tête ou peu s’en faut, court, anguleux, presque toujours séparé du front par un sillon transversal.— Antennes au plus médiocres ; leur scape atteignant rarement le prothorax. — Celui-ci sans vibrisses. — Ecusson nul ou très-petit. — Elytres pas plus larges que le prothorax à leur base ; leurs épaules nulles ou arrondies. — Hanches antérieures contiguës, les intermédiaires faiblement séparées; corbeilles des jambes postérieures fortement caverneuses ; crochets des tarses très-petits et soudés (TriGoNoscurA excepté). — Abdomen normal (Ecrarops excepté). — Métasternum très-court. — Corps court, aptère.

(1) Suivant M. Popoff (Bull. Mosc. 1853, I, p. 106), ce dernier est des environs de Kiakhta, où il vit à terre dans les endroits sablonneux. Il parait au mois d'avril et disparaît à la fin de mai.

Ces insectes se distinguent sans peine des Blosyrides qui précèdent, par les corbeilles de leurs jambes postérieures qui sont caverneuses. Un de leurs genres (Ecrarors) a conservé la structure de l'abdomen propre au groupe en question, mais c'est le seul qui soit dans ce cas. Dans tous les autres, cette partie du corps à tous ses segments aplanis et séparés par de fines sutures; le 2° est plus long que chacun des deux suivants et isolé du 4% par une suture arquée. Le rostre n’a plus ici cette extrême brièveté qui le caractérise chez presque tous les Blosyrides; il est toujours plus long que large et, sauf chez les Ecrarors, lisse ou simplement sillonné longitudinalement sur la ligne médiane. Pour le surplus, le groupe ne diffère en rien d’essentiel du précédent. Sur les six genres qui le composent, un seul (CNEORHINUS) est représenté en Europe.

I. Les trois segments intermédiaires de l'abdomen égaux, convexes, séparés entre eux et du {er par des sutures rectilignes et profondes : Ectatops. IL. Abdomen rormal. a Crochets des tarses soudés, b Antennes à peine aussi longues que la tête: Mimaulus. bb — beaucoup plus —— Rostre profondément échancré au bout; élytres subglobuleuses : Mestorus.

— faiblement échancré au bout; élytres ovales : Cneorhinus. aa Crochets des tarses libres.

Angle terminal externe des jambes antér. &entiforme : Trigonoseula. —— —— nul : Symmathetes.

ECTATOPS.

SCuoeNu. Mantis. sec. Curcul., p. 19.

Tête munie d’un court sillon entre les yeux et, au-dessus de chacun de ces derniers, d’une callosité transversale coupée carrément en arrière; rostre du double plus long que large, séparé du front par un sillon transversal très-marqué, robuste, parallèle, plan et caréné en dessus, fortement échancré au bout; serobes obliques, graduellement élargies en arrière. — Antennes de la longueur de la tête et du prothorax, assez grêies; scape peu à peu épaissi, atteignant le bord postérieur des yeux; funicule à articles 1-2 allongés, 3-7 obconiques, décroissant graduellement; massuc médiocre, ovalaire, articulée, — Prothorax transversal, cylindrique, sillonné sur la ligne médiane, tronqué à ses deux extrémités, avec un étroit lobe médian à sa base, — Ecusson très-petit, en triangle aigu. — Elytres oblongo-ovales, convexes, fortement déclives en arrière, largement tronquées à leur base. — Pattes assez longues; cuisses en massue; jambes arrondies, droites; tarses larges; leur 4° article médiocre; ses crochets soudés. —

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Saillie intercoxale large, quadrangulaire. — Les trois sogments intermédiaires de l’abdomen convexes, égaux, séparés entre eux et du 49 par des sutures rectilignes et profondes. — Corps oblongo-ovale, écailleux.

Ce genre fait le passage entre les Blosyrides et le groupe actuel. II se rattache au premier, non-seulement par ses segments abdominaux, mais encore par ses yeux pourvus d’une orbite, et le sillon très-marqué qui sépare son rostre du front. Toutefois, la forme des corbeilles de ses jambes postérieures constitue un caractère plus important et qui exige qu’il soit placé parmi les Cnéorhinides. L'espèce unique (cêrera= ceus Schh.) du Cap qui le compose est inédite. Elle est de taille assez grande, d’un gris foncé uniforme, rugueuse sur la tête ainsi que sur le prothorax, et régulièrement sillonnée sur les élytres.

MIMAULUS.

Scnoenn, Mantis. sec. Curcul., p.18.

Tête s'appuyant au repos sur les hanches antérieures; rostre trèscourt, graduellement rétréci en avant, anguleux, plan en dessus, médiocrement échancré au bout; scrobes nettement limitées, arquées, arrivant au bord inférieur des yeux. — Ântennes à peine aussi longues que la tête, grêles; scape fortement renflé au bout, atteignant les yeux; funicule à articles 1 beaucoup plus grand et plus gros que les suivants, noueux à son extrémité, 2 de moitié moins long, subcylindrique, 3-7 très-courts ct serrés; massue médiocre, brièvement ovalaire, articulée. — Veux petits, arrondis, déprimés. — Prothorax extrêmement court, rétréci et largement échancré en demi-cercle en avant, arrondisur les côtés et aux angles postérieurs, coupé carrément à sa base. —Elytres embrassanttrès-fortementl'abdomen, très-courtes, convèxes, à peine aussi larges que le prothorax et tronquées en avant, largement arrondies en arrière. — Pattes courtes ; cuisses robustes, un peu comprimées ainsi que les jambes; celles-ci droites, dilatées au bout; les antérieures terminées en dehors par une dent saillante et munies de quelques petites dents sur leur troncuture ; tarses longs et grêles, à peine villeux en dessous, à articles 1 allongé, 3 faiblement échancré, 4 long, ses crochets soudés. — Abdomen normal. — Saillie intercoxale large, tronquée en avant. — Corps très-brièvement ovalaire, à téguments solides.

Des deux espèces inédites (fesfudo, verrucicollis) que Schœnherr indique comme rentrant dans ce genre, la première seule m'est connue. Au premier coup-d’œil, on la prendrait plutôt pour un Nosopen- DRON que pour un Cureulionide. L’enduit terreux dont sont recouverts les exemplaires que j'ai sous les yeux, ne permet pas de distinguer leur couleur qui paraît être d’un noir sale; leurs téguments semblent

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