TRIBU XXXV
CYBÉBIDES.
Sous-menton muni d’un pédoncule étroit et médiocre. — Mandibules courtes, en tenailles, fissiles au bout. — Tête allongée en arrière des yeux; rostre long, cylindrique; ses scrobes commencant près de son milieu, linéaires, obliques, subcontiguës en arrière. — Antennes droites; funicule de sept articles. — Yeux assez grands, arrondis. — Prothorax sans lobes oculaires ni échancrure sur son bord antéro-inférieur. — Elytres courtes, embrassant fortement le corps et recouvrant le pygidium. — Hanches antérieures cylindriques, saillantes; jambes inermes au bout; leurs corbeïlles petites, terminales, ouvertes ; crochets des tarses appendiculés. — Les deux 4° segments abdominaux soudés ensemble, séparés par une fine suture droite ; saillie intercoxale en triangle aigu. — Métathorax assez long; ses épisternums très-étroits. — Epimères mésothoraciques grandes. — Corps ovale, atténué en avant.
A la suite des Apionides, Schænherr à placé un groupe des Tanaonides composé de quatre genres appartenant à deux types très-différents. Un seul (Tanaos) peut y rester (1); les trois autres constituent le groupe actuel. On peut donner de leurs espèces une idée très-exacte, en disant que ce sont des Arion dont les crochets des tarses sont appendiculés, La place de ces insectes est par conséquent en tête de la phalange actuelle. Hs sont propres à la Caffrerie et à Madagascar.
1. Hanches intermédiaires contiguës : Aplemonus. IT, —— séparées : Cybebus.
Genro incertæ sedis : Mecolenus.
APLEMONUS.
ScnoENt. Mantis sec. Cureul. p. 5.
Tête très-allongée en arrière des yeux, cylindrique ; rostre à peine plus long qu’elle, presque droit, robuste, cylindrique ; ses scrobes commençant près de son tiers antérieur, obliques, faiblement séparées en arrière. — Antennes droites, courtes; scape grossissant peu à peu ; funicule à articles obconiques : 1 allongé, 3-7 décroissant graduellement; massue médiocrement forte, oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux grands, déprimés, arrondis. — Prothorax plus long
(1) Malgré ses hanches antérieures contiguës, on le trouvera parmi les Apossimérides, dans le voisinage des Cossonides. Il est à ces insectes ce que les
OxYnuvneuus, dont les hanches antérieures se touchent aussi, sont uux Calandrides.
que large, régulièrement cylindrique, tronqué à sa base et en avant, — Ecusson très-petit, allongé. — Elytres très-brièvement ovales, gihbeuses dans leur milieu , atténuées à leur extrémité, pas plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. — Pattes assez longues; hanches intermédiaires contiguës; cuisses graduellement en massue; jambes droites, inermes au bout; tarses médioerement larges, spongieux en dessous ; leur 4° article de longueur normale. — Saillie intercoxale courte, en triangle aigu. — Mésosternum court. — Corps ovale, fortement atténué en avant, saupoudré de quelques poils.
Le type du genre est un insecte inédit (gébbipennis Schh.) de Natal, environ trois fois plus grand que l’Apion pomonæ , et en entier d’un noir-violet obscur. Son rostre et son prothorax sont rugueux et ses élytres fortement sillonnées ; les trois intervalles entre les stries, voisins de la suture, se renflent dans leur milieu et forment autant dé côtes ou de crêtes.
Par suite de la contiguité des hanches intermédiaires , le genre ne diffère rigoureusement des Apionides que par les crochets des tarses appendiculés.
CYBEBUS.
Senognu. Curcul. V, p. 447 (1).
Tète tès-allongée en arrière des yeux, conique, renflée sur le vertex ; rostre plus long qu’elle, assez ou peu convexe, lindrique, parfois (dimidiatus) un peu renflé au niveau des antennes, médiocrement arqué ; ses serobes commençant vers son milieu, obliques, faiblement séparées en arrière et s’arrêtant loin des yeux (2). — Antennes droites, médiocres, assez robustes ; scape renflé au bout; funicule à articles 1 obconique, court, 2 de même forme , beaucoup plus long, 3-5 obconiques, décroissant graduellement, 6-7 transversaux , celui-ci plus large ; massue forte, oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux assez grands, un peu convexes, brièvement ovales, transversaux. — Prothorax plus long que large, très-régulièrement conique, obliquement coupé de chaque côté (dimidiatus) ou (castaneus) arrondi à sa base, tronqué en avant. — Ecusson très-petit, en triangle curviligne. — Elytres très-convexes, brièvement ovales ou oviformes, à peine ou pas plus larges que le prothorax à leur base , avec les épaules nulles. — Pattes longues; hanches intermédiaires légèrement séparées ; cuisses en massue, pédonculées à leur base ; jambes légèrement flexueuses; élargies et inermes au bout; tarses larges, spongieux en dessous, à
(1) Syn. Apiow, Klug, Ins. v. Madag. p. 106. — Cureurro, Fab., Oliv., Herbst. — Ruynouænus Fab., Oliv.
(2) Chez le castaneus, un sillon part en avant de chaque scrobe et atteint la commissure de la bouche. On ne peut guère le considérer comme la continuation de la serobe,
CYBÉBIDES. 54H
article 4 robuste, déprimé , dépassant peu les lobes du 3°, — Saillie intercoxale en triangle aigu. — Métasternum médiocrement allongé. — Corps ovalaire, fortement atténué enavant, glabre.
On en connaît deux espèces (1) de Madagascar : l’une (dimidiatus) de taille au-dessus de la moyenne, l’autre (castaneus) à peine plus grande que l’Apion pomonæ. Toutes deux sont noires, avec les élytres d’un rouge de cinabre. De très-fins sillons réguliers et non ponclués se voient sur ces organes.
Note.
Le genre suivant, que Schænherr a placé immédiatement à la suite des APLEMONUS, et dont je n’ai pas vu le type, parait très-distinet. Il va de soi qu’il n'appartient à la Tribu actuelle qu'autant que les crochets de ses tarses sont appendiculés.
MECOLENUS.
Scnoenx, Mantis, sec. Curcul. p. 7.
Tête très-allongée, cylindrique; rostre un peu plus long qu'elle, assez robuste, cylindrique, droit, puis un peu épaissi et arqué au bout; ses scrobes brusquement obliques et atteignant sa base. — Antennes antérieures, assez longues, grêles, à articles 1-5 allongés, en massue au bout, décroissant graduellement, 6-8 subarrondis; massue très-allongée, oblongo-ovale, articulée, acuminée au bout. — Yeux arrondis, médiocrement convexes. — Prothorax plus long que large, renflé et arrondi sur les côtés, rétréci et subtubuleux en avant, bisinué à sa base. — Ecusson petit, subarrondi. — Elytres allongées, médiocrement convexes, élargies après leur milieu, avec leur rebord dilaté et subredressé, surtout en arrière, à peine plus larges que le prothorax et isolément saillantes à leur base. — Pattes antérieures très-allongées, leurs cuisses en massue dans leur milieu, densément granuleuses en dessous ; leurs jambes sublinéaires, arquées et canaliculées sur leur face interne; les quatre pattes postérieures plus courtes; leurs jambes droites, peu à peu élargies au bout; tarses spongieux en dessous , à arlicles 3 assez large, 4 petit. — Corps ohlong, très-atténué en avant, convexe, inégal.
Schœnherr nomme Waklbergi l'insecte inédit de Natal, sur lequel il a fondé ce genre. Sa taille paraît être péfite.
(1) Rhynch. dimidiatus Fab.; ce nom a été changé arbitrairement par Schœnberr en celui de rufipennis. — Ap. castaneum King (C. bistigma Schh.); Schœnherr a eu des doutes sur cette espèce et a changé le nom que lui avait imposé Klug; mais c'est, sans aucun doute, celle décrite par ce dernier; il aura eu seulement une variélé sous les yeux.