‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 95 sur 121 · TRIBU XXXVI · texte numérisé non relu

TRIBU XXXVI

ATTÉLABIDES.

Sous-menton muni d’un large et assez long pédoncule. — Mandibules courtes, peu épaisses, en tenailles, dentées au bout. — Tête allongée en arrière des yeux; rostre plus ou moins robuste et élargi en avant; ses serobes supérieures, larges, profondes et fovéiformes, — Antennes droites ; funicule de six ou sept articles; massue articulée. — Yeux assez grands, arrondis et assez saillants. — Prothorax de forme variable. — Un écusson. — Elytres courtes, laissant le pygidium à découvert. — Hanches antérieures cylindriques, saïllantes; jambes uni- où bi-onguiculées au bout; les corbeilles des postérieures petites, ouvertes; crochets des tarses soudés. — Les deux ou quatre 495 sog= ments abdominaux soudés ensemble, séparés par de fines sutures droites ; le 5° presque toujours très-court; saillie intercoxale en triangle aigu. — Métathorax au plus médiocre; ses épisternums très-larges, obliquement tronqués en avant; ses épimères grandes. — Celles du mésothorax médiocres. — Corps épais, massif, atténué en avant, en général glabre.

Cette Tribu correspond aux Attélabides de Schænherr (1), moins les Ravnoures et les Prerocozus, qu'à mon sens il y avait compris à tort, Les premiers sont le type de la Tribu suivante; on trouvera les seconds dans la légion des Apostasimérides.

Ainsi épurés, ces insectes forment un groupe très-naturel et bien distinct des Rhinomacérides qui suivent par l’éperon terminal simple ou double, selon les sexes, dont leurs jambes sont constamment armées ; la soudure de leurs segments abdominaux (2), celle des crochets de leurs tarses, enfin leur pygidium complètement à découvert,

caractères qui sont permanents.

Celles de leurs espèces dont les mœurs ont été observées, à savoir

(1) Rien n’est plus compliqué que l’histoire systémalique des genres APopE= nus, Arrecagus, Ruynemtes et Rmnomacer; plusieurs pages sufliraient à peine pour l’exposer. Les excellentes observations dont ils ont été l’objet de la part de M. Suffrian (Stettin. entom. Zeit. 1847, p. 157 ct 165) me dispensent d’entrer dans de longs détaiis en ce qui la concerné, Je partage complètement l'opinion de ce savant entomologiste, que ces genres doivent former deux groupes distincts : les Arongnus et les Arrecapus d’un côté, les RHyNGHiTes et les Runomacer de l’autre.

(2) La brièveté du dernier de ces segments est un caractère qui n’a pas encore été signalé. Elle est si prononcée chez une foule d’espèces, que le segment en question ne forme plus qu’un mince filet daus son milieu et que même parfois on a de la peine à l’apercevoir, Cette particularité se retrouve chez les Ruvnourres, mais elle est sujette chez eux à d’assez fréquentes excep= tions, tandis qu'ici elle est presque constante.

APODÉRIDES. 543

l'Apoderus coryli (1) etl'Attelabus curculionoides (2), font preuve, pour la conservation de leur progéniture, d’une industrie qui apparaît ici pour la première fois dans la Famille. Au printemps, les femelles roulent les feuilles des arbres dans chacune desquelles elles renferment un œuf. Après leur éclosion, les jeunes larves rongent la lame interne du fourreau qui les abrite et qu’elles quittent probablement plus tard, quand leur croissance est terminée, pour achever leur métamorphose dans le sein de la terre. Ce sont principalement les feuilles du coudrier que l’Apoderus coryti roule de la sorte, tandis que l’Attelabus curculionoides donne la préférence à celles du chène. On n’a pas encore de description détaillée de ces larves. Celle de la première de ces espèces, d’après ce qu’en dit M. Ratzeburg, est remarquable par la forte saillie des bourrelets qui lui tiennent lieu de pattes et celle des 4°, 5° et 6° segments du corps en dessus ; elle est aussi plus allongée et plus atténuée en arrière que les larves ordinaires de la Famille et peut se rouler complètement en cercle. Selon M. Goureau, celle de l’Atfelabus curculionoides est de forme plus normale. Ilyadesmotifssuffisants pour répartir ces insectes dans deux groupes.

I. Hanches interméd. séparées par une saillie du métasternum ; celle du mésosternum nulle. APODÉRIDES, Il, — contiguës ou séparées par une saillie du métasternum et une du mésosternum, ATTÉLABIDES VRAIS.

Groupe I. Apodérides.

Hanches intermédiaires assez fortement séparées par une saillie du métasternum arrivant au niveau de leur bord antérieur. — Mésosternum tronqué ou sinué en arrière, sans aucun vestige de saillie. — Tête fortement rétrécie et presque toujours étranglée en arrière, avec un col globuleux l’unissant au prothorax.

Toute différente que soit la tête de ces inseetes de celle des Attélabides vrais, je me fusse abstenu de les placer dans un groupe distinct, si ce caractère eùt 6t6 isolé. Mais la saillie qu’envoie le métasternum entre les hanches intermédiaires est quelque chose de très-rare dans

(1) Le travail le plus essentiel à consulter pour cette espèce et la suivante est toujours celui de P. Huber, intitulé : «Mémoire pour servir à l’histoire des Attélabes, insectes voisins des Charançons. » Mém. d. 1. Soc. phys. et d'Hist, nat. d. Genève, VIII, 1839, p. 445-502. — Voyez aussi Ratzeb, Die Forstins. I, p. 416, pl. 4, f. 5 B, la larve; figure copiée dans Westw. an Introd. etc. I, p. 336, f, 41, no 4,

(2) Après Huber, on ne peut citer pour cette espèce que le travail de M, Goureau intitulé : « Note pour servir à l’histoire de l’Atfelabus curculionoides. » Ann. d. 1. Soc. entom. 1841, p. 21, pl. £, no III, f. 1-3. Les quelques autres auteurs cités par MM. Chapuis et Candèzo (Mém. d, 1. Soc. d, Sc, d, Liége, VI, p. 542) n’en ont parlé que très-vaguement.

la Famille et qui méritait d’être mis en évidence. Cette structure, qui jusqu'ici était restée inaperçue, ne s’observe que dans le genre suivant.

APODERUS.

Ouv. Entom., V, 81, p. 12 (1).

Mäles : Rostre plus ou moins élevé et en général sillonné entre les antennes, déclive en avant. — Scape des antennes court, en rône renversé ; funicule à articles obconiques : 4 médiocre, 2 tantôt allongé, tantôt à peine plus long que 3, celui-ci et les suivants décroissant peu à peu; massue tomenteuse, sauf son 4° article, qui est glabre, — Ecusson grand, fortement transversal, coupé obliquement de chaque côté et carrément à sa base. — Elytres embrassant très-faiblement le corps, très-rarement du double plus longues que larges, arrondies aux angles postérieurs, notablement plus larges que le prothorax et échancrées pour loger l’écusson, avec les épaules calleuses ou obtuses. — Pattes médiocres ; cuisses en massue, inermes; jambes droites ou légèrement arquées, fortement uni-onguiculées au bout; tarses assez étroits, spongieux en dessous, à articles 1-2 triangulaires, celui-là beaucoup plus grand que celui-ci, 3 médiocrement plus large que tous deux.

Femelles : Outre les différences ordinaires dans la forme du rostre et l'insertion des antennes, elles diffèrent des mâles par leur tôte beaucoup plus courte, quand ceux-ci l'ont très-allongée, et surtout par leurs jambes bi-onguiculées à leur extrémité.

Le genre est riche en espèces, mais exclusivement propre à l’ancien continent où il paraît exister partout; il est surtout abondamment représenté aux Indes orientales. Ces insectes sont généralement de taille moyenne et ornés de couleurs vives, mais uniformes. Quelquesuns d’entre eux se font remarquer par les callosités ou les épines dont leurs élytres sont pourvues.

Schœnherr s’est contenté de les diviser en deux sections, selon que la tête est simplement conique ou prolongée et cylindrique en arrière. Dans ces derniers temps, M. Jekel (2) les a soumis à une analyse minutieuse qui l’a engagé à les répartir dans trois sous-genres, divisés en plusieurs groupes auxquels il a assigné des noms et dont voici les caractères les plus.essentiels.

Le premier de ces sous-genres, TRACHELOPHORUS, se reconnait à sa tête en cône très-allongé chez les mâles, plus court chez les femelles, mais étranglée et plus ou moins pédonculée chez les uns et-les autres; à ses antennes à articles allongés, avec le dernier de la massue trèsaigu et arqué chez les. mâles ; le prothorax est irrégulièrement coni-

(1) Syn. Arrerapus Linné, Fab. Herbst, Illig. ete, — Ranomacer Geoffroy, Laichart. — Bnucuus et InvozvuLus Schranck,

(2) Ins. Saunders. Col. part, 2, p. 158.

APODÉRIDES. 545

que, fortement resserré en avant, avec son bord antérieur fortement échancré, tant en dessus qu’en dessous, de sorte qu’il paraît comme hilobé; les hanches antérieures sont très-longues et les cuisses postérieures dépassent sensiblement l'abdomen (1).

Les Cenrroconynus s’en distinguent principalement par leur tête graduellement rétrécie et non étranglée à sa base et leur prothorax régulièrement conique, lisse, sans rétrécissement brusque en avant et moins fortement échancré sur son bord antéroinférieur. Leurs antennes sont longues, grêles, avec tous les articles du funicule inermes dans les deux sexes et le 2° pas plus long que les suivants. Les espèces sont indiennes et au nombre de deux en ce moment (2).

M. Jekel réserve le num d’Aronerus aux espèces de la première section de Schœnherr, dont l’organisation se rapproche de celle de l'A. coryli d'Europe. Toutes ont la tête beaucoup plus courte que dans les deux sous-genres précédents et profondément étranglée à sa base, le prothorax plus où moins campanulé et au plus médiocrement échancré on avant, tant en dessus qu’en dessous; enfin les antennes courtes, avec tous les articles du funicule inermes, le 3e pas plus long que le suivant, et celui qui termine la massue non acuminé. Ces insectes sont répandus dans la plus grande partie de l’ancien continent, et parmi eux figurent toutes les espèces européennes du genre (3).

(1} Lui viennent toutes les espèces de la seconde section de Schænherr (Curcul. V, p. 291), moins le scutellaris. M. Jekel les partage en trois groupes :

NérmornacneLus. Antennes assez robustes, empiétant fortement sur le prothorax chez les mâles, un peu plus longues que la tête chez les femelles ; leur 3e article très-ullongé; le 6° du funicule et le 1er de la massue dentés au côté externe, à leur extrémité, chez les mâles. Une espèce nouvelle de Madagascar : A. femoralis, Jekel, loc. cit. p. 160.

Tracuecornonus vrais. Antennes allongées, grêles, à article 3 pas plus ou guère plus long que les suivants; quelques-uns de ceux du fuaicule, en nombre Yatiable, dentés en dehors, à leur sommet, chez les mâles ; la massue très-allongée dans les deux sexes: À. abdominalis, camælus (Dromas Klug), Dromas, uniformis, ardea, humeralis, inœqualis, festivus, Schænh. Curcul. V, p. 291 ; tous de Madegascar. — Aj.: À. giraffa, du même pays; cyancovirens, du Sénégal; Jekel, loc. cit. p. 161.

Cyenornacuezus. Antennes grêles; les articles du funicule tous inermes dans les deux sexes et subégaux, la massue très-allongée. Les espèces sont indiennes, ct deux seulement (cygneus Fab., longicollis Oliv.) sont mentionnées dans Schœnherr, loc. cit. p. 294 et 296. — Aj.: A. flavotuberosus, Indes or.; chinensis, Chine (Shangaï); montanus, Sylhet; Nietneri, Ceylan; collaris, Java; Jekel, loc. cit. p. 163. Ici peut-être doit être placé : A. scitulus, Walker, Ann. a Mag. of Nat. Hist. Ser. 3, IL, p. 262; Ceylan.

(2) 4. scutellaris, Schœnh. Cureul. 1, p. 191. — Dohrnä, Jekel, loc. cit. D: 168 ; Ceylan.

(3) M, Jokel divise ce sous-genre en cinq groupes basés sur les modifications

Groupe II. Attélabides vrais.

Hanches intermédiaires contiguës ou faiblement séparées par deux saillies fournies, l’une par le métasternum, l’autre par le mésosternum.— Tête ni étranglée, ni pourvue d’un col en arrière, cylindrique ou cylindrico-conique.

La contiguité des hanches intermédiaires existe chez la, grande ma-

qu'éprouvent la tête, le prothorax, la sculpture des téguments, etc, et qui classent très-bien les espèces d’après leur facies.

L. Srricaronenus. Tête en cône assezallongé ; prothorax assez fortementéchancréen avant, présentant des plissemi-circulaires de chaque côté; élytres fortement ponctuées ou fovéolées, les intervalles entre ces points ridés; cuisses postérieures dépassant sensiblement l'abdomen : A. {ranquebaricus, melanoplerus, Schœnh. Cureul. V, p. 281, sq.; Westermanni, VII, 2, p. 354; Indes or. — Aj-: A. javanicus, Java; crenatus, Syihet; geniculatus, sulcicollis, Ghine (Shangai); Jekel, loc. cit. p. 172.

II. Lerraronenus. — Tête en cône assez allongé; prothorax lisse; élytres ponctuées en stries, les intervalles entre ces dernières lisses ou finement ponctués; cuisses postérieures dépassant sensiblement l'abdomen : À. quadripunc= latus, unicolor, assamensis, Indes or.; Schœnh. loc. cit. p. 281. — Aj.: 4. nigroapicatus, Chine; pallidulus, Indes or.; pullus, Ceylan; Jekel, loc. cit: p. 175.

II. Puysaponenus. Groupe à peine distinct du précédent, auquel il pourrait être réuni; il n’en diffère essentiellement que par les pattes plus robustes et la sculpture ainsi que la livrée des élytres, qui sont tantôt lisses avec une tache translucide sur chacune (biguttatus) ou (notatus), striées-ponctuées, avec quel= ques callosités jaunes à leur base. A ces deux espèces mentionnées par Schœnbern et qui sont des Indes orientales, aj. : A. basalis, Jekel, loc. cit. p. 170; Java.

IV. Aronenus vrais. Tète plus courte et plus convexe que dans les trois groupes précédents; prothorax lisse, légèrement échancré en avant, tant en dessus qu’en dessous; élytres ponctuées ou striées-ponctuées, les intervalles entre les stries disses ou pointiliés; cuisses postérieures dépassant à peine où non l'abdomen : À. coryli, intermedius, d'Europe; fuscicornis, languidus, submarginatus, pectoralis, sanguineus, hœæmorrhoidalis, cyaneus, d'Afrique; ruficollis, de Sibérie; Schænh. loc. cit, p. 278. — Aj. : A. flavoebenus, JT. Thoms. Archiv. entom. IE, p. 115; Gabon. — nigripes, Gerstæek. Monatsb. d. Berlin. Acad. 1855, p. 83; Mozambique. — cinotipennis, Natal; bistrimacur latus, Indes or. ; latipennis, Chine ; Jekel, lo. cit. p. 178.— dauricus, Motsche Buli. Mosc. 1859, IT, p. 497; Amour.

V. Horzavonenus. Tête et prothorax plus courts que chez les précédents ; CE» lui-ci transversal, presque droit sur les côtés, très-brusquement et brièvement tubuleux en avant, avec son bord antérieur faiblement échancré, rugueux ou tuberculeux en dessus ; élytres épineuses au tuberculeuses ; cuisses postérieures dépassant à peine ou non les élytres : À. gemmalus, Indes or.; fallaæ, N.; echinatus, histriæ, spinosus, Afrique mér.; dumosus, Sierra Leone ; Schœnh. loc. cit. p. 287. — Aj. : À. bihumeratus, Indes or.; semiannulatus, gemmor sus, vitliceps, Chine; spiculosus, Natal; Jekel, loc, cit. p. 180,

ATTÉLABIDES VRAIS. 547

jorité des espèces et n'est qu'un caractère purement spécifique, qui ne pourrait même pas servir à les diviser en sections naturelles. Ils ne conslituent jusqu'ici que les quatre genres suivants, dont les trois

premiers me sont seuls connus en nature, L'Europe n’a de représentants que du second.

I Prothorax plus long que les élytres ; funicule antenhoire de 6 art. : Lagenoderus.

IL — beaucoup plus court que les élytres; funicule de 7 art, Yeux latéraux : Af/elabus.

T Contigus on dessus : Euops, Genre incertæ sedis : Trachelolabus.

LAGENODERUS.

A. Ware in Newvu. The Entomnol., p. 182.

Tôte très-allongée, peu à peu mais médiocrement rétrécie en arrière, sans col distinct ni étrangiement à sa base, un peu déprimée en dessus; rostre plus court qu'elle, robuste, inégal, arqué; ses scrobes médianes, grandes, fovéiformes. — Antennes courtes, grêles; funicule de 6 articles : 4-4 subégaux, ohconiques, 4 plus gros que les autres, 5-6 courts, demême forme ; massue allongée, tomenteuse, subobtuse au bout, à articlesserrés. — Yeux grands, arrondis, saillants. — Prothorax beaucoup plus long que l’arridre-corps (o’) ou un peu plus seulement (©), renflé à sa base, puis cylindrique, tronqué à ses deux extrémités, couvert en entier de plis circulaires très-serrés et très-réguliers. — Ecusson grand, en triangle curviligne aigu. — Elytres un peu plus longues que larges, carrées, arrondies aux angles postérieurs, notablement plus larges que le prothorax à leur base, avec les épaules calleuses. — Pattes médiocres ; hanches intermédiaires contiguës ; jambes courtes, comprimées, uni-(w) ou bi-(£) onguiculées au bout, Mupies en dessous d’une dent plus forte aux antérieures qu'aux autes; celles-là en outre denticulées dans toute leur longueur; tarses assez longs, à articles 1 allongé et étroit, 3 large, 4 grêle, long; ses crochets petits et soudés. — Corps glabre.

Genre remarquable, réunissant à un prothorax qui rappelle celui des Gvoma de la Famille des Longicornes, une tête rétrécie en arrière, comme celle des APODERUS ; il a, du reste, toute l’organisation des espèces du groupe actuel, notamment la contiguité des hanches intermédiaires, entre lesquelles le mésosternum envoie une très-courte Saillie, ‘

Il ne comprend qu’une espèce (1) de Madagascar, de la taille des

(1) L. gnomoïdes, A. White, loc. cit. avec de nombreuses figures dans Je texte,

plus grands APoDERUS, d’un noir-violet, avec quelquesreflets euivreux ou d’un bleu d'acier. La sculpture de ses élylres ressemble complètement à celle de beaucoup de Caramys, ainsi que l’a très-bien remarqué M. À. White.

ATTELABUS.

Laué, System. Natur., ed. 12, p. 619 (1).

Tète plus ou moins allongée en arrière des yeux, cylindrique ou conique; rostre rarement aussi long qu’elle, robuste, arrondi aux angles, élargi en avant, en général arqué; ses scrobes submédianos, supérieures, fovéiformes. — Antennes au plus médiocres; scape court; funicule de 7 articles : 4-5 obconiques, décroissant graduellement, 6-1 très-courts, souvent subarrondis; leur massue allongée, formée de trois artielus lâchement unis. — Yeux assez grands, arrondis et assez saillants. — Prothorax transversal, plus ou moins convexe, arrondi sur les côtés, fortement et brièvement rétréci en avant, tronqué à ses deux extrémités, rarement (par ex. variabilis) muni d’un lobe médian à sa base. — Ecusson en carré transversal ou subéquilatéral. — Elytres carrées ou ovales et parallèles sur les côtés, planes on assez convexes, largement arrondies aux angles postérieurs et parfois un peu déhiscentes en arrière, plus larges que le prothorax et calleuses aux épaules.—Pattes de longueur variable ; les antérieures en général plus longues que les autres, avec leurs cuisses plus robustes et leurs jambes plus arquées et très-souvent denticulées en dedans; celles des autres paires droites ou arquées, lisses ou denticulées au côté interne; toutes uni-{o’) ou bi-(£)onguiculées au bout; tarses plus ou moins longs, à articles 4 allongé et étroit, 3 large, 4 long ot grôle, — Corps glabre, rarement pubescent.

A part l’armature différente de leurs jambes, les femelles ne diffèrent des mâles que par les caractères sexuels ordinaires.

Le genre est encore plus nombreux que les APODERUS et à une distribution géographique plus étendue, le nouveau continent en possédant un assez grand nombre d'espèces. Elles sont très-variées sous le rapport de la forme générale, de la livrée, de la sculpture des téguments, et se laissent diviser sans peine en plusieurs groupes, mais qui sont difficiles à limiter, même en se bornant aux deux sections admises par Schœnherr (2) :

Les ATTELABUS VRAIS à tête médiocrement allongée, à pattes antérieures de longueur variable, et dont les cuisses sont tantôt inermes, tantôt dentées en dessous (3);

(1) Syn. Rusnomires Dig. — Runomacer Laichart., Geoffroy. — Cuyrxus Thunb. — Braucuus et Invozvucus Schranck.

(2) Cureul, I, p. 197 et V, p. 299.

(3) À. curculionoides, analis, canoliculatus, ete, en tout 20 esp, Je 2

ATTÉLABIDES VRAIS. 549

Et les Euscezus à tête très-allongée, à pattes antérieures toujours très-longues, et dont les cuisses sont toujours dentées (1).

comprends pas bien pourquoi le discolur des Indes orientales, qui ressemble de siprès au longimanus de Cayenne, type des EusceLus, figure dans cette section ebnon pas parmi ces derniers, dont il a la tête allongée et les pattes antérieures très-longues. Si c’est parce que ses cuisses antérieures sont inermes, il y à là quelque chose d’artificiel.

(1) À. longimanus, scultellatus, brachiatus, etc., en tout 13 esp. toutes exotiques,

M. Jekel ({ns. Saunders.; Col. p. 186) a étudié récemment ces insectes avec son exactitude etsa perspicacité accoutumées. Îl regarde comme desgenres distincts les deux sections établies par Schœnherr, sans entrer dans aucune explication à cet égard, ce qui est à regretter, Chacun de ces genres est divisé en plusieurs groupes, @’après des caractères minutieux dont l’analyse est impossible. Les Arrerapus n’en forment pas moins de seize, dont je me bornerai à rappeler les noms ainsi que les espèces qui s’y rapportent.

AnrELABus vrais. Esp. européennes, méditerranéennes et sibériennes : À. curculionoides, variolosus, cyaneus Schænh. — Aj. : À. atricornis, Muls. et Guilleb. Ann. d, 1. Soc. Linn. d. Lyon, Sér. 2, Il,p. 159; Corse. — pulvinicollis, Sicile; hispanicus, Espagne; suturalis, Orient; foveipennis, Cadix; Jekel, loc. cit. p. 199. .

Howosozasus. Esp. de l’'Amér. du Nord : 4. analis Schœnh. — Aj.: À. similis, Kirby, Faun. Bor.-Amer. p. 204.

SyNorABus. Esp. d. l’'Amér. du Nord : À. bipustulatus, nigripes Schænh. — Aj. : À. scutellaris, Say, Journ. of the Acad, of Philad. V, p. 252.

Himarozapus. Esp. d. l’Amér. du Nord et du Mexique: À. vestitus, rudis, rhois, axillaris Schœnh.

Lampnoragus. Esp. du continent et des archipels indiens : À. bispinosus, melanuwrus Schœnh. — Aj. : 4. octumaculalus, Coromandel; octospilotus, Ceylan ; Jekel, loc, cit. p. 190 et 201.

PanamecozaBus. Esp. asiatiques : À. discolor Schœnh. — Aj.: A. castaneicolor, cœruleus, Jekel, loc. cit. p. 190 et 202; Chine.

HerenocaBus. Esp. de l’Amér, du Sud : À. ruficollis Schœnh.

Omoragus. Esp. de l’Amér. du Sud : À. rugicollis, placidus, bifoveatus, Jekel, loc. cit, p. 192 et 203 ; Cayenne.

Xesroragus. Esp. de l’Amér. du Sud : À. corvinus, nitidus Schœnh. — Aj. : À. brunnescens, Colombie; piceovirens, Brésil; fuluitarsis, brunneus, Para; violaceus, Brésil, troglodytes, Amazone; mutabilis, Brésil; Jekel, loc. cit. p. 193 et 204.

SrerNozagus. À. longirostris, Jekel, loc. cit, p. 207; Colombie,

Taynsorapus. Esp. de l’Amér. du Sud : À. corniculatus Schænh. — Aj.: A. deceptor, Jekel, loc. cit. p. 207,

Hyrocapus. Esp. de l’Amér, du Sud et du Mexique : À. variabihis, cyanipennis, foveolatus Schœnh, — Aj.: À. colombinus, Erichs., in Schomb. Guyana, IE, p.567; Guyane anglaise. — Sullei, Mexique; cribricollis, Para; Jekel, loc. cit. p. 208.

Pirorasus. Esp. de l’Amér. du Sud: À, Klugüi, viridans, splendens Schœnb.

Crinoragus. Esp. de l’Amér. du Sud: À. angulatus, melanocoryphus Schœnh, — Aj. : Buquetii, Jekel, loc. cit. p. 210; Brésil.

Do CURCULIONIDES.

EUOPS.

Senoenu. Curcul., V, p.318 (1).

Genre très-voisin des Arreanus etn'en différant essentiellement que par les yeux qui sont plus grands et contigus en dessus. L'espèce (2) de l’Austrelie, sur laquelle Schænherr l’a établi, ressemble intimement aux ArTeLABUs (EusceLus) de forme un peu allongée, à tête assez longue, prothorax subeylindrique et élytres parallélogranimiques et planes en dessus (par ex. À. cribrartus OL, binotatus Schœnh.); mais récemment M. Jekel (3) en a fait connaître plusieurs autres chez

Preunoragus. Esp. de l'Afrique mér. : À. exaratus Schænh.— Aj. : À, costulatus, Jekel, loc. cit, p. 210; Natal.

Paymarozanus. Esp. de l'Afrique mér. : À. dentipennis Schœnb. — Aj,! A. verrucifer, tuberifer, Jekel, loc. cit. p. 198 et 121; Natal.

Les Euscecus ne sont divisés qu’en cinq groupes, tous américains.

Euscezus vrais. Æ. longimanus, brachiatus, ete. Schœuh.

Pueceuscerus : Æ. hamatus, aureolus, corallinus Schœnh.— Aj. : À. carréolus, Erichs. in Schomb. Guyana, II, p. 567; Guyane anglaise, — bipustu= losus, Jekel, loc. cit. p. 214.

Cosciveuscerus : E. cribrarius, angulosus, binolatus, amplectens, dentipes Schœnh. — Aj. : E. nigricornis, Jekel, loc. cit. p. 216; Brésil.

CoryNeuscerus: E. armatus, spinifeæ, fornicatus Schœnh.

TayeeusceLus : Z. scutellatus Schænh.

(1) Schœnherr avait eu l'intention d'appeler ce genre ParagLors; par més

garde et sans entrer dans aucune explication, ille désigne deux fois sons ce

nom, p. 319.— Syn. Arrecapus, Guérin-Ménev.

(2) At. falcatus, Guérin-Ménev. Icon. d. Règn. anim. [ns. p. 137, pl.6, £.4 (£. australasiæ, Schœnh. loc. cit. p. 319).

(3) Ins. Saunders. Col. p. 219. M. Jekel divise le genre en trois groupes dont les caractères les plus essentiels sont les suivants :

Euors vrais. Corps suballongé, plan en dessus. Tète fortement (œ')ou médiocrement (©) allongée. Elgtres en carré allongé, planes en dessus, Pattes antérieures plus longues que les autres, surtout chez les mâles; cuisses iner= mes; jambes très-allongées et arquées chez les çÿ', plus courtes et plus épaisses chez les ©, subangulairement échancrées dans leur milieu en dedans : £. a catus, — Aj. : E. Howittii, Jekel, loc. cit. p. 220; Australie, — puncticoilis, Bohem. Voy. d. l'£ugénie ; Ins. p, 117 ; même pays.

Synarroes. Corps court. Tète peu allongée. Elytres courtes, plus ou moins rétrécies en arrière. Toutes les pattes subégales; cuisses incrmes ou très-faiblement dentées en dessous; jambes antérieures des 7 un peu plus longues et plus arquées que les autres: Æ. Bowringiüi, Indes ov.; Bulrewelli, Australie mér.; Niefneri, Ceylan; Jekel. loc. cit. p. 221.

OexriazmoLagus. Corps brièvement ovale, légèrement convexe. Tète relus tivement courte et épaisse. Elytres courtes, subparallèles, largement arrons dies en arrière. Pattes subégales; cuisses mutiques; jambes presque droiles: Atlelab. morio Schœnh.; Natal. — Aj, : &. Goudotii, Jekel, Loc. cit. p. 222; Madagascar,

RHINOMACÉRIDES. bhil

lesquelles le corps et les parties dont il vient d’être question se raccourcissent et qui ont par suite un facies différent. La forme des yeux est par conséquent tout ce qui subsiste pour distinguer le genre du précédent.

Ces insectes sont répandus dans l'Australie, aux Indes orientales, à Natal et à Madagascar.

Note.

Le genre suivant, de M. Jekel, semble être intermédiaire entre les LAGENODERUS et ies Arreranus. Je n’extrais que les caractères essentiels de la longue formule qu’il en a donnée.

TRACHELOLABUS.

Jekez, Ins. Saunders.; Col. part. 2, p. 217.

Tête très-allongée, surtout chez le o’, cylindrique, droite; rostre beaucoup plus court qu’elle. — Antennes longues, robustes, rapprochées à leur base; funicule à articles 4 court, 3-1 allongés, obconiques, subégaux, 7 contigu à la massue; celle-ci brièvement ovale, acurminée. — Yeux petits, suhglobuleux. — Prothorax assez allongé, étroit, subeonique, tronqué en avant, sinué et non rebordé à sa base. — Ecusson petit, subtriangulaire. — Elytres allongées, parallèles, isolément arrondies en arrière, plus larges que le prothorax et tronquées à leur base. — Pattes médiocres, les antérieures relativement peu allongées; cuisses de la même paire munies d’une dent longue et dirigée en avant chez le o”, petite chez la femelle, les postérieures inermes chez celle-ci. — Corps allongé, parallèle, plan en dessus, finement pubescent.

Le type du genre est un insecte (1) de la taille des plus grands Ar- TELABUS, d’un bronzé virescent, transversalement strié sur la tête et le prothorax, avec les élytres régulièrement ponctuées à leur base et substriées en arrière. Il habite Je Bengale et le Thibet.

TRIBU XXXVIT.

RHINOMACÉRIDES.

Sous-menton muni d’an large pédoncule de longueur variable. — Mandibules minces, parfois lamelliformes et un peu saillantes, simples au bout. — Tôte courte ou assez allongée, dans ce dernier cas cylindrique; rostre le plus souvent long, grêle et élargi en avant; ses serobes médianes, en général linéaires, superficielles et atteignant sa base, — Antennes droites ; funicule de sept articles; massue allongée, ses articles plus ou moins lâchement unis. — Yeux assez grands, sail-

(1) T. Whitei, Jekel, loc. cit. p. 218, pl. 1, f. 8.

lants. — Prothorax sans lobes oculaires ni échancrure antéro-inférieure, — Elytres laissant ou non le pygidium à découvert. —Hanches antérieures médiocrement suillantes ; les intermédiaires contiguës ou séparées par une saillie du mésosternum ; jambes inermes au bout; leurs corbeilles petites, terminales et ouvertes; crochets des tarses bifides ou libres. — Segments abdominaux libres; saillie intercoxale très-courte, en triangle aigu. — Episternums du métathorax variables, — Epimères mésothoraciques médiocres. — Corps ailé, glabre ou pubescent.

Après avoir retiré des Rhinomacérides de Schænherr les Berus, Rainoria et Humarocerus qu'on a vus plus haut dans la Phalange précédente, il y reste encore quatre genres : EUGNOMUS, RHINOMACER, Dronyruyneaus et AuLeres. Réunis aux Ruynonirrs placés par lui dans sa division des Attélabides, ils constituent la Tribu actuelle.

Au premier coup-d’œil, ces insectes semblent appartenir à deux types très-distincts : d’une part, les RaynemiTes qui ont conservé beaucoup du facies des Attélabides; d'autre part, les RaiNomacer et genres voisins qui ressemblent de près à certains Dasyres. Mais des uns aux autres, il y a un passage presque insensible. Des différences analogues, qui portent sur la plupart des organes et dont il est inutile de parler ici, rendent ce groupe sensiblement moins homogène que le précédent. Il en est de même pour les habitudes de ses espèces au point de vue de leur propagation. Les RayNCuires notamment se divisent, sous ce rapport, en plusieurs catégories bien distinctes (1).

Il en est dont les femelles, comme celles des Attélabides, roulent les feuilles de divers arbres, mais en leur donnant la forme d’un cornet et non celle d’un cylindre (2).

D’autres déposent leurs œufs dans les fruits qui commencent à se former et aux supports desquels elles font une entaille, après la ponte. Ne recevant qu’une nourriture insuflisante, le fruit finit par se détacher de l'arbre (3).

(1) Outre le travail de P. Huber cité plus haut, voyez, pour ces insectes, celui encore plus important de M. Debey : « Beitræge zur Lebens-und Entwin= kelungsgeschichte der Rüsselkæfer aus der Familie der Attelabiden; in-40, 53 p. 4 pl. ». Bonn, 1846. » Bien que plus spécialement consacré au Rhynchites betulæ, il contient de nombreux renseignements généraux.

(2) R. betulæ, P. Huber et Debey, loc. cit.; Ratzeb. Die Forstinsekt, I, p. 120, pl. 4, f. B; vit sur l’aune, le charme et le bouleau. -— betuleti, P. Huber, loc. cit. ; Ratzeb. loc. cit. p. 121; Kollar, Naturg. d. schædl. Ins. p.171; sur la vigne dont il est un des fléaux,

(3) R. cupreus, Kollar, loc. cit. p. 243; sur le prunior, — auralus, Goureau, Ann. d. 1. Soc. entom. 1860, Bullet. p. V; sur le prunier sauvage; la Jarve pénètre dans l’intérieur du noyau des fruits et en ronge la graine. = Bacchus, P. Huber, loc. cit.; Kollar, loc. cit. p. 243 ; priucipalement sur les pommiers ; accusé à tort, selon Kollur, de nuire à la vigne.

RHYNCHITIDES. 553

Au lieu de fruits, quelques espèces choisissent les bourgeons des arbres au moment où ils commencent à se développer et pratiquent également dans leur tige une entaille qui arrête leur développement et détermine plus tard leur chute (1).

Le Rhinomacer attelaboides, dont M. Ed. Perris (2) a fait connaître les mœurs, ne rentre dans aucune de ces trois sections. La femelle dépose ses œufs dans les chatons des fleurs mâles du Pin maritime, dont la présence de la larve arrête l'épanouissement.

Il résulte de ce qui précède que ces insectes sont tous plus ou moins nuisibles, surtout ceux qui s’attaquent aux arbres fruitiers. Leurs larves, après avoir terminé leur croissance, achèvent leur métamorphose dans le sein de la terre. Elles ne présentent de particulier que l'existence d’un plus ou moins grand nombre de stemmates (3):

Comme la précédente, cette Tribu me paraît devoir être divisée en deux groupes secondaires.

I. Tête plus longue que large, cylindrique. RuyNCHTDES. IT. — transversale, subquadrangulaire, RHINOMACÉRIDES VRAIS.

GRouPE I. Rhynchitides.

Tète plus ou moins allongée, cylindrique ou conique. — Elytres laissant presque toujours, au moins en partie, le pygidium à découvert. — 5° segment abdominal très-rarement aussi grand que le 4°. — Crochets des tarses toujours bifides ou appendiculés. — Episternums métathoraciques plus ou moins larges.

La plupart de ces caractères se retrouvant chez les Attélabides, il en résulte que ce groupe est intermédiaire entre eux et les Rhinomacérides. Il ne comprend que les trois genres suivants, dont le premier à seul des représentants en Europe.

J. Hanchos intermédiaires séparées.

Tarses médiocres, à art. 1 plus court que 2-3 réunis : Rhynchites. — allongés, —— long —— Eugnamptus. Il, Hanches intermédiaires contiguës : Minurus.

(1) R. alliariæ, Kollar, loc. cit, p. 254; sur divers arbres fruitiers; l’une des espèces les plus nuisibles,

(2) Ann. d, 1. Soc. entom. 1856, p. 434 et 1862, p. 219.

(3) M. Debey (loc. cit. p. 50, pl. 4, fig. 113 et 118) en a trouvé, de chaque côté, six chez le betulæ, très-petits, ponctiformes et disposés sur deux rangs obliques et irréguliers. La larve du Rhinomacer attelaboides n’en possède qu'un seul, selon M, Ed, Perris.

er 10 tre = ns

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