‹ Histoire naturelle des insectes (volume 3)Chapitre 10 sur 93 · PHOSPHORUS · texte numérisé non relu

PHOSPHORUS

J. Tuows. Archiv. entom. I, p. 27.

Mèmes caractères que les TRAGOCEPHALA qui suivent, avec les différences que voici :

Tète plus forte, plus concave entre ses tubercules antennifères, un peu inégale sur le front. — Antennes grèles, glabres et brillantes à leur base, finement pubescentes dans le reste de leur étendue, à articles 3-10 décroissant, 11 beaucoup plus grand que 10 chez les @' et crachu au bout.—Prothorax déprimé et un peu inégal sur le disque ; ses tubercules latéraux plus gros. —Ecusson plus grand.—Elytres régulièrement convexes, non déprimées sur la suture. — Partie horizontale du mésosternum carrée avec son bord antérieur saillant, ainsi que celui de la saillie prosternale, — Corps beaucoup plus massif,

L'espèce typique du genre, le Cer. angolator d'Olivier (2), est un grand insecte d’Angola, varié de vert et de jaune en dessous, sur la tête et les flancs du prothorax, avec la partie supérieure de ce dernier d'un noir velouté et les élytres d'un beau jaune soufre; la base de ces organes sur une plus ou moins grande étendue, et une large bande commune qui les traverse après leur milieu, sont du même noir que le prothorax; quelquefois cette bande est remplacée par une

(1) Syst. Cerambyc. p. 70. Antéricurement (Archiv. entom. I, p. 28) M. J. Thomson en avait publié une Monographie.

(2) Entom, IV, 67, p. 71, pl. 22, t. 170.

TRAGNCÉPHALIDES. 419

grande tache rhomboïdale bi-ponctuée de jaune, et la tache de la base ést plus grande et plus anguleuse (4).

TRAGOCEPHALA.

DE CasreLn. Hist. nat. d. Col. IX, p. 472 (2).

Mâles : Mandibules courtes, robustes. — Tête rétractile, à peine ou non concave entre ses tubercules antennifères; ceux-ci déprimés, presque nuls : front subéquilatéral ; joues médiocres. — Antennes assez robustes, mates, subfiliformes, subcylindractes, de 1/3 environ plus longues que le corps, à articles 1 arqué , à peine plus court que 3, 4-10 moins longs que celui-ci, subégaux, 41 un peu plus grand que 10. — Lobes inférieurs des yeux carrés, équilatéraux. — Prothorax transversal où non, rétréci en avant, traversé par deux sillons assez marqués, l’un antérieur, l’autre postérieur, brusquement resserré à sa base; celle-ci prolongée en un large lobe sinué dans son milieu ; ses tuhercules latéraux coniques, obtus, situés en deçà de son milieu. — Ecusson assez petit, en triangle curviligne. — Elytres assez allongées, médiocrement convexes, aplanies sur la suture entre leur milieu et leur sommet, arrondies en arrière, subrectilignes à leur base, avec les épaules arrondies. — Pattes courtes; cuisses peu à peu épaissies, les postérieures dépassant à peine le 2 segment abdominal. — 5e segment abdominal en triangle curviligne assez long. — Saillie mésosternale verticale en avant, sa partie horizontale tantôt conique (par ex. formosa), tantôt carrée. — Saillie prostérnale saillante, trouquée et un peu concave en avant, paraboliquement arquéeen arrière. — Corps allongé, médiocrement robuste, velouté et partiellement pubescent.

Femelles : Antennes de la longueur des 2/3 ou des 3/4 des élytres. — 3° segment abdominal un tant soit peu plus long.

- Un des plus beaux genres de Lamiides, remarquable par l'homogénéité de la livrée de ses espèces. Toutes, sur un fond d'un nuir velouté profond, sont ornées de bandes ou de taches d'un jaune d'ocre vif sujet à devenir rougeâtre, et accompagnées parfois de quelques points blancs, plus rarement de taches d'un beau vert. Mais cette livrée est variable et il est probable que, de mème que pour les Sren- NOTOMIS, on à un peu trop multiplié les espèces (3). Ces insectes sont dé taille au moins moyenne et, outre l'Afrique, habitent Madagascar.

(1) Cette wariélé, qui est originaire de Sierra-Leone et de la Côte d’Or, a été figurée par M. J. Thomson, loc. cit. pl. 4, f. 1. M. Chevrolat (The Journ. of Entom. 1, p. 191) la regarde comme une espèce particulière qu'il nomme P. Jansoni.

(2) Syn. Lawia Fab., Gory. — CeramByx Oliv.

(3) Cer. formosus, Oliv. Entom. IV, 67, p. 86, pl. 20, f. 153; Cap. — Lam.

PŒMENESPERUS.

J. Tous. Archiv. entom. I, p. 35 (1).

Femelles : Mandibules courtes, robustes. — Tête rétractile, assez fortement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci médiocres, divergents ; front un peu plus haut que large; joues assez longues. — Antennes des TRAGOCEPHALA © parfois grossissant peu à peu à leur extrémité, un peu plus courtes que le corps. — Yeux des mêmes. — Prothorax transversalement convexe sur le disque, paraboliquement rétréci en ayant, resserré en arrière; ses côtés peu à peu prolongés en deux forts tubercules arqués et rapprochés de sa base. — Ecusson assez grand, en triangle curviligne transversal. — Elytres courtes, régulièrement convexes, parallèles ou légèrement atténuées et arrondies en arrière, trisinuées à leur base, avec les épaules arrondies et un peu saillantes. — Pattes des TRAGOCEPHALA. — 5° segment abdominal en triangle curviligne fortement transversal. — Mésosternum élevé; sa partie horizontale tantôt (par ex. maculicornis) prolongée en un cône subvertical, tantôt (par ex. lætus) en trapèze renversé. — Suillie prosternale très-courte, formant une lame Jarge et verticale. — Corps court, large, revêtu d'un enduit très-fin.

Par leur forme générale, ces insectes sont très-différents des Tra- GOCEPHALA et se rapprochent des Crossotides, en particulier des FRea dont üs ont le prothorax; la forme de leur saillie prosternale leur est propre dans le groupe actuel.

Leurs espèces (2) sont au nombre de trois, dont deux (voluptuosus,

nobilis, Fab. Syst. El. IX, p.297; Oliv. loc. cit. pl. 11, £. 76 (Saperda lœta, Fab. loc. cit. p. 318; Sénégal. — Lam. jucunda, Gory, Ann. d. 1. Soc. eutomn. 1835, p. 139, pl. 2, A f. 1; Madagascar,—T.. variegata, Bertoloni, Hl. rer. Mozamb1, p. 25, pl. 1, f. 9; Mozambique. — galathea, Chevrol. Rev. et Mag. a ; 1855, p. 184; Vieux-Calabar.—frenata, Gerstæck. Monatsbef. d, Berlin, Acad. 1855, p.267, et in Peters, Reïs. n. Mosamb.; Entom. p. 328, pl. 19, £. 13; Mozambique. — comitessa, Chevrolatii, ducalis, Natal; gemmaria, Sierra-Leone; Guerinii, Congo; Buquetiana, Sierra-Leone; A, White, Proceed. of the Zoo). Soc. 1856, p. 13, pl. 11, £. 1-5. — heteroclila, Boerensis (ducalis A. White), Natal; venustu (variegata Bertol.), Mozambique; cas{nia, Sénégal; Buquetii (*), Gabon; Bowringii (Chevrolatii A. White), Mniszechii, Natal; gorilla, Guinée; J. Thoms. Archiv, entom. I, p. 28, pl. 4-6.—bassamensis, J. Thoms. ibid. 1, p. 185; Grand-Bassam. — Blutelii, Buquet, ibid. I, p. 202; Gabon. — Bonvouloirii, velutina, J. Thoms. Essai, ete. p. 89; Sierra-Leone.

(1) Dans l’origine M. 3. Thomson avait écrit le nom du genre = PommEnEsrE- RUS ; depuis (loc. cit. 11, p. 173) il lui a rendu sa vraie forme.

(2) P. voluptuosus, 3. Thoms. loc. cit. p. 36, pl. 6, £. 6; Natal; Lætus, incu= bus, ibid. IT, p. 173; Gabon; le 1er est figuré pl. 7, f. 2.

(*) (T. Luciani, par correction, J. Thoms. Essai, etc. p. 89).

TRAGOCÉPHALIDES. 421

incubus) ornées de nombreuses taches et bandes d’un bleu tendre sur un fond d’un noir velouté, tandis que la troisième (lætus) est d’un fauve clair en dessous, d’un rouge obscur en dessus avec des taches noires; chez toutes trois les élytres sont distimctemént, quoique très-finement et vaguement pointillées.

NYCTOPAIS.

J. Taows. Archiv. entom. II, p. 172.

Mâle : Mandibules et tête des TraGocEPHALA. — Antennes des mêmes, mais un peu moins robustes et cylindracées, les articulations de leurs articles 2-11 peu apparentes. — Yeux des mêmes. — Prothorax globuleux, brusquement resserré et transyersalement bisillonné à sa base, avec un large lobe sinué dans son milieu, muni de deux courts et assez gros tubercules coniques rapprochés de sa base. — Ecusson petit, en triangle curviligne. — Elytres médiocrement convexes, assez courtes, cupéiformes, arrondies en arrière, — Mésosternum plan en avant; sa partie horizontale transversale. — Saillie prosternale beaucoup plus étroite, un peu enfouie, simplement arquée en avant et en arrière. — Corps revêtu d’un enduit velouté. — Le surplus comme chez les TRAGOCEPHALA.

Ce genre ne comprend qu'une assez peétite et très-jolie espèce (1) du Gabon, d’un noir velouté avec la plus grande partie du corps en dessous et des: pattes, le front et les côtés du prothorax d’un bleu tendre; sur les élytres cette couleur forme une liture basilaire transversale, une autre médiane interrompue et quatre petits points à quelque distance du sommet de ces organes. ,

CALLIMATION.

4 (Dxs.) BLanon. Hist. nat. d. Ins. I,p. 158 (2). *

Mâles : Mandibules médiecres, robustes. — Tète rétractile, assez concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci un peu saillants, subcontigus à leur base; front subéquilatéral ; joues allongées. — Antennes robustes, mates, filiformes, de 1/3 environ plus longues que le corps, à articles 4 subeylindrique, 3 plus long que lui et égal à 4, 5-10 décroissant, 11 plus grand que 10,-atténué et flexueux au bout. — Yeux des précédents. — Prothorax cylindrique, subtransversal, un peu inégal en dessus, resserré par deux sillons flexueux en avant et à sa base, celle-ci tronquée; muni de chaque côté d'un fort tubercule conique et médian. — Ecusson en triangle curviligne.

(1) N. mysteriosus, J. Thoms. loc. cit. pl. 7, f. 1.

(2) Courte formule sans indication d’aucune espèce; les caractères du genre ont été publiés par M. J. Thomson, Archiv.entom. I, p. 36.

— Elytres oblongues, convexes, un peu déprimées en dessus, parallèles, rétrécies et tronquées en arrière, subrectilignes en avant avec les épaules obtuses; leurs épipleures légèrement élargies à leur base. — Pattes des Tracocepnara. — 5° segment abdominal en triangle curviligne assez long. — Saillie mésosternale comprimée, plane en avant, sa partie horizontale convexe. — Saillie prosternale enfouie, arquée en arrière et en avant. — Corps allongé, revêtu d'une courte et épaisse pubescence.

Des trois espèces (4) décrites par M. J. Thomson, je ne connais que la première (callipyrqum). C’est un bel insecte de Madagascar, de la taille des TrAGoCEPHALA de seconde grandeur, d’un beau rouge velouté clair et varié en dessous de noir et de blanc; en dessus, cette dernière couleur forme quelques litures sur le prothorax, et un petit nombre de bandes étroites et transversales sur les élytres.

TRAGISCOSCHEMA.

J. Tuows. Archiv. entom. I, p. 67 (2).

Mandibules et tôte des TracocepmaLA, cette dernière imparfaitement rétractile. — Antennes grêles, finement pubescentes, pareilles à celles des Paospnorus, mais encore plus minces. — Yeux des précédents, — Prothorax transversal ou non, cylindrique, légèrement bisinué à sa base, traversé à quelque distance de celle-ci et de son bord antérieur par deux fins sillons superficiels. — Saillie mésosternale plane en avant, sa partie horizontale carrée. — Saillie prosternale tronquée antérieurement, paraboliquement déclive en arrière. — Corps allongé, assez svelte, subeylindrique. — Le surplus comme chez les TRAGOCEPHALA.

Les espèces (3) sont beaucoup plus petites que ces dernières, mais ont une livrée analogue consistant en taches d’un beau jaune sur un fond noir.

PHYMASTERNA.

(Des.) De CasreLx. Hist. nat. d. Col. IL, p. 473. Mâle : Mandibules médiocres, épaisses. — Tête imparfaitement ré-

(1) C. callipyrgum (venustum, Dej. Cat. éd. 3, p. 368), Madagascar ; pontificum, Guinée; pyrgopolinicum, Sénégal; J. Thoms. loc. cit, p. 37.

(2) Syn. Traciseus, J. Thoms. ibid. p. 34 (olim); nom déjà employé par Klug (Monatsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 651) pour un genre de Coprides qui a paru après la publication du t. III de cet ouvrage, lequel, bien que portant le millésime de 1856, a été publié au mois d’octobre 1855. — TnaGOCEPHALA Perroud.

(3) T. Bertolonii, Mozambique; lascivus, Natal; . Thoms. loc. cit. p. 34, — gracilicornis, Chevrol. Ann. d. 1. Soc. entom. 1858, p. 326, pl. 8, f. 7; Natal, — Tragoc, amabilis, B. Perroud, Mélang. entom. IX, p. 29; Natal.

TRAGOCPHALIDES. 423

tractile, largement et médiocrement concave entre ses tubercules antennifères; ceux-ci courts; front transversal; joues longues. — Antennes peu robustes, revôtues d'une sorte d’enduit, de 4/3 plus longues que le corps, à articles 1 aussi grand que 3, celui-ci et 441 peu à peu plus longs. — Lobes inférieurs des yeux en carré transversal. — Prothorax moins long que large, fortement resserré en avant et en arrière, transversalement convexe sur le disque, renflé de chaque côté en un gros cône obtus. — Ecusson en trapèze renversé. — Elytres assez allongées, médiocrement convexes, peu à peu rétrécies et étroitement tronquées en arrière, déclives et canaliculées le long de la suture dans leur tiers postérieur. — Pattes assez longues, égales; cuisses en massue fusiforme. —- 5° segment abdominal assez long, échancré en arc au bout. — Saillie mésosternale large, parallèle, verticale eu avant. — Saillie prosternale plus étroite, très-convexe, subverticale en avant, tronquée en arrière. — Corps assez allongé, revêtu d’un enduit fin. ‘

Ce genre n'appartient pas aux Crossotides, comme l’a cru M.J. Thomson (1); les crochets de ses tarses, qui sont divergents, et tous ses caractères essentiels, montrent qu'il doit rentrer dans les Tragocéphalides.

Son unique espèce (lacteogultata, Dej., Casteln.).est un assez grand et bel insecte de Madagascar, gris en dessous, d’un noir velouté en dessus, avec les côtés du prothorax et sur chaque élytre six taches du blanc le plus pur; parmi ces taches trois, grandes et arrondies, sont alignées longitudinalement ; les autres, ponctiformes, sont situées, une sous l'épaule, les deux autres près de la suture, à la base et'au milieu de ces organes.

RHAPHIDOPSIS.

Gensræck. Monatsber. d. Berlin. Acad. 1855, p. 257 (2).

Mâles : Mandibules courtes, robustes. — Tète subrétractile, largement et assez fortement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci médiocres, distants; front transversal; joues très-allongées.— Antennes finement pubescentes, un peu plus longues que le corps, à articles À subcylindrique, 3 beaucoup plus grand que lui et que les suivants, 4-10 décroissant, 41 plus long que 10, — Lobes inférieurs des yeux petits, équilatéraux. — Prothorax transversal, cylindrique, un peu atténué et resserré en arrière, muni de deux petits tubercules latéraux, obtus et submédians, — Ecusson en triangle curviligne aigu. — Élytres assez allongées, cylindriques, subrectilignes à leur base

(1) Syst. Cerambyc. p. 66.

(2) Et avec beaucoup plus de détails, in Peters, Reis. n. Mosamb.; Entom. p. 326. — Syn. Cenorcesis, J. Thoms.; olim.

avec les épaules obtuses. — Pattes courtes, robustes; cuisses fusiformes, les postérieures ne dépassant pas le 2 segment abdominal.— >° segment abdominal assez grand, en triangle curviligne. — Saillie mésosternale assez large, déclive, un peu rétrécie en arrière. — Saillie prosternale plus étroite, enfouie, élargie et fléchie postérieurement. — Corps allongé, cylindrique, finement pubescent on dessous, revêtu en partie d’une sorte d'enduit en dessus.

Femelles : Elles ne diffèrent des mâles quê par leur forme générale plus robuste,

Comme le dit M. Gerstæcker, ce genre est intermédiaire entre les Tragocéphalides et les Drasrocera. Les crochets de ses tarses, qui sont divergents, suffisent pour prouver qu'il appartient aux premières, bien que son fucies et sa livrée le rapprochent des secondes.

Les deux espèces connues (1) sont de la taille des TraGocEPrALA de seconde grandeur. Leur livrée varie, l'une (#onaria) 6tant ornée de bandes d’un rouge ocracé mat sur un fond noir, l’autre (melaleuca) d'un dessin aualogue noir sur un fond d’un blanc crétacé.

GROUPE II. Cliniides.

Cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes. — Crochets des tarses divergents. — Un sillon aux jambes intermédiaires.

Labre transversalement ovalaire, largement excavé. — Tête subrétractile ; front allongé, trapéziforme , un peu oblique. — Antennes subcylindracées, un peu plus longues que le corps; leur scape subcylindrique. — Yeux finement granulés; leur lobe supérieur nul, l'inférieur très-grand, ovalaire, vertical , à peine échancré à sa partie supérieure. — Prothorax inerme latéralement. — Elytres le débordant médiocrement; leurs épipleures fortement élargies à leur base. — Pattes courtes; hanches antérieures peu saillantes, à peine anguleuses en dehors ; tarses médiocres, à article 4 plus court que 2-3 réunis. — Suillies mésostegnale et prosternale lamelliformes, simples. — Corps allongé. -

Le genre Cuinta de M. J. Thomson présente un tel ensemble de caractères qu'il ne me paraît pas possible de le laisser dans les Tragocéphalides où ce savant entomologiste l'a placé. Son front trapéziforme, ses yeux anormaux, son facies saperdiforme, etc., sont autant d'indices d’un type spécial. Je ne connais pas de genre qui puisse lui ètre associé. È

(1) Cer. sonaria, . Thoms. Archiv. entom. I, p. 183 (Klugü Dej., Gerstæck.; inédit}; Natal. — melaleuca, Gerstæck, loc, cit, et in Peters, loc. cit. p. 927, pl. 19, f. 10; Mozambique.

? CÉROPLÉSIDES. 495

CLINIA.

J. Tuos. Archiv. entom. I, p. 305 (1).

Mâles : Tubercules antennifères médiocres, contigus à leur base ; front légèrement convexe; joues courtes. — Antennes assez robustes, mates, revètues d’une sorte d’efflorescence, à articles 4 plus court que 3, celui-ci un peu plus long que les suivants; les trois ou quatre derniers presque confondus entre eux. — Prothorax plus long que large, cylindrique, un peu resserré vers son tiers antérieur, renflé sur les côtés en avant de sa base. — Ecusson en triangle curviligne allongé. — Elytres allongées, presque planes, subparallèles, tronquées en arrière, avec leur angle externe subépineux, leurs épipleures nulles en arrière, — Cuisses sublinéaires, les postérieures ne dépassant pas le 2e segment abdominal; erochets des tarses très-petits. — Pygidium carré, excavé, tronqué et bi-épineux au bout. — 5° segment abdominal transversal, tronqué en arrière. — Saillies mésosternale et prosternale étroites : la 1e déelive, la 2 arquée et élargie en arrière. — Corps allongé, svelte, revêtu d’un enduit velouté.

Ces insectes, propres à la côte occidentale d'Afrique, sont de taille moyenne, d'un noir profond velouté et maculé de blanc pur ou jaunâtre tant en dessous qu’en dessus; leurs élytres sont finement et en partie régulièrement ponctuées. On en connaît trois espèces (2).

GRouPE III. Céroplésides. :

divariqués. — Jambes intermédiaires simples.

Tôte rétractile (Drasrocera excepté); front rectangulaire.—Antennes assez longues chez les &>, sillonnées ou munies de fossettes à partir du 4° article; leur scape variable. — Yeux finement ou subfinement granulés, échancrés. = Prothorax tuberculé latéralement, — Elytres le débordant fortement à leur base. — Pattes plus ou moins longues, subégales ; hanches antérieures assez saillantes, fortement anguleuses en dehors; tarses médiocres, à article 4 moins long que 2-3 réunis.— Saillie mésosternale variable, — Saillie prosternale arquée en avant et en arrière (Pycnopsis excepté). — Corps en général allongé, toujours robuste.

L'un des caractères les plus essentiels de ces insectes, caractère inob-

(4) Syn. Pnocrocgra, Chevrol. Rev. et Mag. à. Zool. 1855, p. 285; genre antérieur à celui adopté dans le texte, mais non saractérisé,

(2) P. scalaris, Chevrol. loc. cit.; Vieux-Calabar. — C. senegalensis, J. Thoms. Archiv. entom. I, p. 306, pl. 10, £. 9; Sénégal et Gabon. — lugubris, J. Thoms. ibid. IE, p. 193; Gabon.

bus ‘

servé jusqu'ici, est la sculpture de leurs antennes qui sont bisillonnées ou, si l’on veut, carénées au côté interne à partir du 5e article, et munies sur le 4° d’une dépression oblongue et terminale (1). Ces sillons, qui rappellent ceux de tant de Prionides, ne sont cependant pas de même nature que chez ces derniers, car ils ne sont nullement poreux. Presque toujours également, les téguments, au moins sur les élytres, le prothorax, et souvent sur les antennes, ont un aspect par-! ticulier; ils sont à la fois alutacés et poreux.

Ges insectes sont tous de grande taille et plus ou moins remarquables par leur livrée. Les 7 genres qu’ils constituent sont africains, sauf un (Taysra) qui est propre aux Indes orientales.

I. Tête imparfaitement rétractile; une lame verticale entre les hanches antérieures : Diastocera.

fe — rétractile; poiut de lames centre les hanches antérieures. a Antennes munies de touffes de poils : Thysia. aa — sans — —

b Saillie mésosternale lamelliforme, recourbée en arrière. € Antennes à peine ou non ciliées en dessous.

Corps presque glabre : Ceroplesis.

— densément pubescent : Mœcha.

ce Antennes frangées en dessous à leur base: Tétoceres. bb Saillie mésosternale tronquée en avant.

Antennes à peine ciliées en dessous : Pycnopsis.

— villeuses : Gnathœnia.

DIASTOCERA.

(Des.) J. Tuows. Essai, etc. p. 92 (2).

Mâle : Mandibules assez saillantes, planes en dessus, droites, puis brusquement arquées au bout. — Tète forte, imparfaitement rétractile, renflée sur le vertex, largement et assez fortement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci courts, distants; front équilatéral; joues très-allongées. — Antennes assez robustes, glabres, finement alutacées et çà et là poreuses, de 4/5 plus longues que le corps, à articles 1 médiocre, en cône arqué, 3 près de trois fois aussi grand que lui, les suivants beaucoup plus courts, décroissant peu à peu.— Lobes inférieurs des yeux plus hauts que larges. — Prothorax transversal, cylindrique, un peu atténué à sa base, traversé en avant et à sa base par deux sillons assez marqués; ses tubercules latéraux petits, en cône obtus, rapprochés de sa base. — Ecusson largement arrondi en arrière. — Elytres allongées, cylindriques, largement arrondies en arrière, —

(1) Chez les Taysra les sillons sont en partie obsolètes et, en outre de la fossette du 4 article, il en existe une petite au sommet du 3e,

(2) Lawia Fab. — Cerampyx Oliv. — CeroPLesis A. Serv.

CÉROPLÉSIDES,. 427

Pattes longues, robustes; cuisses linéaires. — #e segment abdominal court, largement échancré et muni d’une épaisse frange de cils en arrière. — Saillie mésosternale assez large, parallèle, concave » Tecourbée en arrière, — Saillie prosternale plus étroite, arquée postérieurement, munie d’une lame verticale entre les hanches antérieures. — Corps allongé, robuste, partiellement pubescent.

Femelle : Tète moins grosse. — Antennes dépassant un peu moins les élytres. — Pattes plus courtes. — 3e segment abdominal beaucoup plus long, convexe, en triangle curviligne, plus étroitement échancré au bout, avec une dépression sur la ligne médiane.

La Lamnia trifasciata de Fabricius (1), grand insecte, très-commun dans la Sénégambie, est la seule espèce que comprenne ce genre. Elle est d’un noir profond, avec les élytres traversées par trois assez larges bandes formées par des poils d’un jaune d’ocre vif ; ces bandes, ordinairement régulières, se dédoublent quelquefois, au point d’en former jusqu'à cinq ou six plus ou moins interrompues.

THYSIA.

J. Tuows. Essai, etc. p. 96 (2).

Mandibules des Drasrocera, mais plus minces. — Tête fortement concave entre ses tubercules antennifères ; ceux-ci saillants, subyerticaux, médiocrement et nettement séparés ; front très-plan , un peu plus haut que large ; joues très - allongées. — Antennes hérissées de quelques longs poils fins en dessous, un peu plus longues que le corps, à articles 1 robuste, en massue, frangé de longs poils en dessous, 3 deux fois plus long que lui, muni d'un long faisceau de poils ainsi que 4-5, 6-11 décroissant rapidement, frangés en dessous. — Lobes inférieurs des yeux subéquilatéraux. — Prothorax moins long que large, transversalement convexe sur le disque, resserré ayant ses deux extrémités, muni d’un court tubercule en cône obtus, submédian de chaque côté. — Ecusson largement arrondi en arrière. — Elytres amples, cylindriques, obliquement déclives dans leur quart postérieur, avec leur extrémité conjointement acuminée et munie d'une frange de cils courts. — Pattes des Diasrocrra. — 3e segment abdominal assez grand, convexe, en triangle curviligne, frangé au bout.— Saillie mésosternale assez large, parallèle, déclive. — Saillie prosternale plus étroite, fortement arquée en avant et en arrière, — Corps allongé, robuste, partiellement pubescent.

(1) Syst. EL. IL, p. 297 (Cer. trifasciatus, Oliv. Entom, IV, 67, p. 61, pl. 16, f. 121; Ceroplesis trif. Serv. Ann. d. 1. Soc. entom, 1835, p. 93).

(2) Syn. Taysiores, J. Thoms. Physis, Il, p. 201, par correction; le nom de Tuysta étant trop voisin de Tuynsta imposé par Dalman à un genre de la famille actuelle; la différence entre les deux noms me parait très-suflisante, — Lama Hope. — Cerorresis De Casteln.

Coléoptères. Tome X, 2

Les exemplaires assez nombreux que j'ai à ma disposition sont tous conformes à cette formule et me paraissent Ôtre des femelles.

L'unique espèce (1) du genre est un grand et superbe insecte du continent indien et de Java, d’un vert mat, parfois cuivreux, avec le dessous du corps en grande partie et la base des cuisses d’un beau rouge de cinabre; ses élytres, plus fortement alutacées que le reste des téguments, sont traversées à égale distance par trois bandes trèsrégulières d’un noir velouté dont l’antérieure est munie d’une toufle de poils fins dans le voisinage de la suture.

CEROPLESIS.

A. Senv. Ann. d. 1, Soc. entom. 1835, p. 93 (2).

Mûles : Mandibules courtes, robustes. — Tôte plus ou moins élroitement et fortement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci médiocres, divergents, rarement (caffra, Dej.) verticaux et parallèles ; front de forme variable (3). — Antennes des DrasrocerA. — Yeux des mêmes. — Prothorax moins long que large, transversalement convexe et plus ou moins inégal sur le disque, muni en avant et en arrière d’un sillon en général bien marqué, arrondi et armé de chaque côté d'un court tubereule obtus rapproché de sa base. — Ecusson des DrasrocerA. — Elytres cylindriques, de longueur variable, rarement (/errugator) atténuées en arrière ; leurs épaules très-obtuses, souvent un peu saillantes. — Pattes en général plus courtes que celles des DrasrocerA, du reste pareilles. — 5° segment abdominal transversal, arrondi où subtrônqué et densément frangé au bout. — Saillie mésosternale des Drasrocera. — Saillie prosternale variable (4). — Corps plus où moins allongé et cylindrique, pubescent ou non; la pubescence très-fine ou rare.

Femelles : Antennes plus courtes. — 5° segment abdominal plus long. — Pour le surplus variables comme les mâles.

Des caractères importants ne sont pas, comme on le voit, stables

(1) Lam. Wallichä, Hope in Royle’s Himal. pl. 9, f. 5-6 (Cer. tricincta, De Casteln. Hist, nat. d. Col. II, p. 471). 3

(2) Syn. Lama Fab. — Cerawoyx Linné, Oliv., De Geer, etc.

(3) IL est tantôt sensiblement plus haut que large (la plupart des espèces), tantôt (hottentota) décidément transversal, avec les passages intermédiaires ; celui de l’œthiops est rétréci par les yeux qui sont plus grands que de coutume.

(4) Elle affecte deux formes différentes, étant : 1° tronquée en avant et paraboliquement arquée en arrière, avec une lame comme chez le DrsSTOcERA, mais parfois peu distincte {ferrugator, œstuans); 20 très-convexe et fortement arquée tant en avant qu’en arrière, mais surtout dans la première de ces directions,

CÉROPLÉSIDES. 429

dans ce genre. D'un autre côté, ses espèces (1) sont très-homogènes sous le rapport de la livrée qui varie du bronzé obscur au bleu plus ou moins foncé, avec les élytres traversées par deux bandes ou ornées chacune de deux à trois taches du plus beau rouge; en général, elles sont entourées en arrière, sur une plus ou moins grande étendue, par une bordure de même couleur ; cette dernière est due à des pôils fins denses ét couchés. Ces insectes sont plus particulièrement propres à l'Afrique australe et, pour la plupart, communs dans les collections.

MŒCHA.

J. Taows. Essai, etc., p. 96 (2).

Genre absolument pareil aux CEROPLESIS prises dans leur ensemble et n'en différant que par la pubescence uniforme dont ses espèces sont revêtues et leur livrée. A ces deux caractères s'ajoutent les suivants qui se retrouvent chez quelques CeropLesis.

Tête plus haute que large, ses tubercules antennifères verticaux, parallèles, étroitement séparés. — Tubercules latéraux du prothorax presque obsolètes. — Elytres parfaitement cylindriques. — Saillie prosternale tronquée en avant, paraboliquement arquée en arrière.

Fabricius et Olivier ont décrit une espèce (3) de ce genre qui m'est inconnue, mais qui paraît très-voisine d’une autre publiée par M. Chevrolat sous le nom de Ceroplesis Hecate (4). Son corps en général et les pattes sont couleur de chair avec des taches brunes ; les élytres sont grises avec une multitude de taches brunes très-irrégulières et sujettes à se confondre, surtout en avant; le sommet seul de cet organe est d'un rouge pâle; à travers leur pubescence on voit qu’ils sont sculptés comme dans les genres précédents. Cet insecte habite la côte de Guinée.

(1) Cer. capensis, Linn. Mus. Lud. Ulric. p.74; Oliv. Entom. IV, 67, pl. 8, f. 51.(var. Lam. quinquefasciata Fab.; Cer. pectoralis Oliv.); Cap, — Cer. œstuans, Oliv. loc. cit. p. 123, pl. 23, f. 176; Sénégal, — Lam. hottentota, Fab. Syst. EL. IL, p. 296 ; Oliv. loc. cit. pl. 4, f 27; Cap. — Lam. lerrugator, Fab. loc. cit. p. 296; Cap. — Lam. @thiops, Fab. loc. cit, p. 297; Oliv. loc. cit. p. 91 (Cer. capensis De Geer; Cer. aurantius Voer.); Cap. — Lam. bicincta, Fab. loc. cit. p. 298 (Cer. continuus, Oliv. loc. cit. pl. 23, f. 177; Cer. orientalis Herbst; Cer. caffer Thunb.); Cap. — Ceroples. marmorata, Reiche in Galin. Voy. en Abyssin.; Entom. p. 391; Zoo!l. pl. 24, f. 6; Abyssinie. — Mililaris, Gerstæck. Monatsber, d. Berlin. Acad, 1855, p. 266, et in Peters, Reis. n. Mozamb.; Entom. p. 324, pl. 19, f. 8; Mozambique.

(2) Syn.Lamra Fab.—Cenameyx Oliv.—Ceroresis Chevrol., T. Thoms. (olim).

(3) Lam. molator, Fab. Syst. EI. II, p. 295; Oliv. Entom. IV, 67, p. 96, pl. 14, f. 99 ®; indiquée à tort par ces eux auteurs comme originaire de Cayenne : elle est africaine et très-probablement de la côte de Guinée.

(4) Rov. et Mag. à. Zool. 1855, p. 520; J. Thoms. Archiv. entom. I, p. 171, PL. 6, f. 8 œ.

TITOCERES.

J. Taows. Physis, I, p. 201 (1).

Mâle : Mandibules robustes, assez saillantes, brusquement arquées au bout.— Tête fortement et largement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci assez saillants ; front plus haut que large ; joues allongées. — Antennes assez robustes, pubescentes, densément frangées à leur base en dessous, lâchement dans le reste de leur étendue; près d’une fois plus longues que le corps, de 42 articles : 1 subcylindrique, 8 beaucoup plus grand que lui, 4-11 plus courts, décroissant peu à peu, 12 petit, arqué, hérissé de longs poils fins. — Lobes inférieurs des yeux un peu allongés. — Prothorax transversal, eylindrique, traversé par deux sillons bien marqués, couvert de petites carènes transversales, muni de chaque côté d’un petit tubereule obtus placé en deçà de son milieu. — Ecusson largement arrondi en arrière. — Elytres assez allongées, convexes et comme arquées en dessus, subtronquées en arrière, munies chacune à leur base de deux petits tubercules; leurs épaules arrondies et un peu saillantes. — Pattes assez longues, les antérieures un peu plus que les autres, leurs tarses dilatés et frangés sur leurs bords; cuisses linéaires. — 5° segment abdominal court, rétréci, tronqué et densément cilié au bout. — Saillie mésosternale assez large, parallèle, recourbée en arrière. — Saillie prosternale tronquée en avant, paraboliquement arquée postérieurement. — Gorps robuste, pubescent.

Femelle : Antennes plus courtes que le corps, moins longuement frangées en dessous, leur 12° article peu distinct, non arqué.— Pattes subégales; tarses antérieurs non dilatés. — 5° segment abdominal plus grand et plus convexe.

L'espèce typique (jaspidea Serv.) est commune au Sénégal et dans les coliections. Elle est de Ja taille des CEROPLESIS de seconde grandeur, jaunâtré en dessous, grise en dessus et densément mouchetée de blanc partout; en se condensant ces mouchetures forment sur les élytres des taches plus grandes et des bandes onduleuses; ces organes sont densément, mais superficiellement ponctués. M. A. White a décrit une seconde espèce (2) de l'Afrique australe et qui m'est inconnue.

PYCNOPSIS.

J. Tuows. Archiv. entom. I, p. 184.

Mûle : Tète des Troceres avec les joues très-a!longées. — Anten-

(1) Syn. CeraTiTEs, À. Serv. Ann, d. ]. Soc. entom. 1835, p. 34; nom trop voisin de celui de CeraTimis imposé, sept ans auparavant, à un genre de Diptères par Mac-Leay, Zool. Jouru. IV, 1829, p. 475.

(2) C. piperata, À. White, Proceed. of the Zool. Soc. 1858, p. 403.

CÉROPLÉSIDES. 431

nes presque glabres, faiblement ciliées en dessous, de 1/3 plus longues que le corps, pareilles à celles des Ceropsesis avec leur 449 article villeux en dessous et brièvement crochu à son extrémité. — Lobes inférieurs des yeux médiocres, à peine plus hauts que larges. — Prothorax transversal, cylindrique, couvert de plis transversaux serrés et un peu irréguliers; ses tubercules latéraux robustes, en cône obtus, rapprochés de sa base. — Ecusson en triangle curviligne aigu. — Elytres assez courtes, larges, médiocrement convexes, parallèles, parfois légèrement atténuées en arrière. — Pattes des Tiroceres mâles. — Saillie mésosternale large, tronquée en avant, horizontale en arrière. — Saillie prosternale très-fortement arquée, subverticale en avant et en arrière. — Corps médiocrement allongé, large, très-massif. — Femelle inconnue.

Par la forme de leur mésosternum, ce genre et le suivant s'éloignent de tous les précédents, mais leurs antennes sillonnées prouvent qu'ils appartiennent au groupe actuel.

L'espèce unique (1) que comprend celui-ci est originaire de Natal. Sa livrée, très-voisine de celle des Ceropzesis, est noire avec les élytres d’un vert bronzé obscur et traversées par deux bandes (l’une avant, l’autre après leur milieu) interrompues sur la suture, d'un jaune fauve; les deux postérieures sont réunies entre elles par une, terminale, de même couleur. La ponctuation de ces organes est forte et serrée. Chez les exemplaires bien conservés, des poils d’un roux vif revêtent le prothorax et l'écusson.

GNATHŒNIA, J. Tous. Archiv. entom. II, p. 176.

Mâle : Mandibules médiocres, épaisses. — Tôte largement et médiocrement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci courts, très-distants ; front équilatéral ; joues longues. — Antennes assez robustes, très-finement pubescentes, garnies en dessous d'assez longs poils fins, la plupart frisés, de 1/3 environ plus longues que le corps, à articles À en cône renversé, 3 beaucoup plus long que lai et un peu plus que 4, 5-10 plus courts, décroissant un peu, 41 plus grand que 40, — Lobes inférieurs des yeux transversaux. — Prothorax un peu moins long que large, transversalement subglobuleux, traversé par deux fins sillons en avant et à sa base, muni de chaque côté d'un très-petit tubercule submédian. — Ecusson en carré transversal. — Elytres courtes, assez convexes, un peu atténuées, déclives et arrondies en arrière. — Pattes assez longues, les antérieures un peu plus que les autres, cuisses peu à peu en massué; les postérieures pres-

(1) P. brachyptera, J. Thoms. loc. cit. (Ceroplesis cruenta, Dej. Cat. éd, 3, p. 368).

que de la longueur de l'abdomen; tarses antérieurs dilatés et un peu frangés sur leurs bords. — Saillies mésosternale et prosternale des Pycnopsis. — Corps court, robuste, pubescent.

Les sillons très-marqués dont sont pourvus les antennes, m'engagent, comme pour les Pycnopsis, à comprendre ce genre dans les Diastocérides, quoique, au premier aspect, il semble appartenir aux Crossotides. , :

La seule espèce (1) qu’on en connaisse est originaire du Gabon et de taille moyenne. Sa tête et son prothorax sont d’un roux mat; le dessous de son corps; ses pattes et la partie moyenne de ses élytres gris, la base et le sommet de ces dernières, noirs; sur toute leur surface ces organes sont ornés d’un grand nombre de petites taches et de linéoles blanches.

Groupe IV. Phrynétides.

Cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes. — Crochets des tarses divariqués. — Jambes intermédiaires simples (Pacaysrora excepté).

Tête rétractile ou subrétractile; front rectangulaire. — Antennes en général au maximum un peu plus longues que le corps (æ) ; leur scape en cône renversé. — Yeux fortement granulés, échancrés, leurs lobes inférieurs grands, — Prothorax tuberculé latéralement. — Elytres le débordant fortement à leur base. — Pattes au moins médiocres, subégales ; hanches antérieures peu saillantes, globuleuses, anguleuses en dehors; tarses courts, à article 4 moins long que 2-3 réunis. — Saillie mésosternale lamelliforme ; la prosternale variable. — Corps plus ou moins allongé, massif.

Cette formule est très-voisine de celle des Céroplésides qui précèdent; mais les antennes non sillonnées de ces insectes, leurs yeux fortement granulés et remarquables par la grandeur de leurs lobes, leurs téguments dont la sculpture ne présente rien de particulier, démontrent qu’ils constituent un type particulier. Ils seraient trèshomogènes sans les PAcHystoLA qui ont un sillon très-marqué aux jambes intermédiaires. Tous sont également de grande taille et leur livrée est généralement sombre avec un aspect nuageux.

Les huit genres dans lesquels ils se répartissent sont africains, sauf un (CALOTHYRZA) qui est propre aux Indes orientales.

I. Lobes inférieurs des yeux plus ou moins transversaux (sauf quelques Parynera); jambes droites.

a Dernier art, des palpes labiaux très-grand, en forme de cuiller chez les G' : Cochliopalpus.

aa —— de forme et de grandeur normales,

(1) G. venerea, 3. Thoms. los. cit. p. 177, pl. 6, f. 1.

PEHRYNÉTIDES. 483

b Jambes intermédiaires sans sillon.

€ Front étroit, un peu atténué en bas : Éurysops.

ec — de largeur normale, parallèle,

d Cuisses postér. un peu plus ourtes que l’abdomen.

Antennes un peu plus longues que le corps (9) ; Phrynela.

notablement — — : Inesida.

dd Cuisses postér. ne dépassant pus le 2e segment abdominal : Homelyx.

db Jambes intermédiaires munies d’un sillon : Pachystola.

II. Lobes inférieurs des yeux allongés ; jambes arquées. Antennes munies de touffes de poils : Mallonia. — sans — : Calothyrza.

COCHLIOPALPUS (1).

Mâle : Dernier article des palpes labiaux (2) plus grand que les précédents réunis, en ellipse très-allongée, convexe en dehors, un peu concave et tomenteux au côté interne. — Mandibules médiocres, robustes. — Tète forte, renflée sur le vertex, largement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci médiocres ; front subéquilatéral ; joues courtes. — Antennes robustes, pubescentes, densément frañgées en dessous dans leur moitié basilaire, atteignant les 3/4 des élytres, à articles 4 pas plus long que la tête, 3 plus grand que lui, 4-11 décroissant peu à peu. — Lobes inférieurs des yeux subéquilatéraux. — Prothorax transversal, cylindrique, atténué et brusquement resserré à sa base, muni de chaque côté, en deçà de son milieu, d'un petit tubercule conique. — Ecusson en carré arrondi aux angles. — Elytres allongées, cylindriques, peu à peu atténuées et arrondies en arrière, rectilignes en avant avec les épaules obtuses. — Pattes assez longues, robustes; cuisses linéaires. — 5° segment abdominal en tiangle curviligne transversal, tronqué et frangé au bout. — Saillie mésosternale assez large, parallèle. — Saillie prosternale plus étroite, fortement arquée à ses deux extrémités. — Corps allongé, pubescent.

Femelle : Dernier article de tous les palpes très-grand, de forme normale. — Tête plus forte et plus renflée en dessus que celle du mâle. — Antennes pareilles à celles de ce dernier, sauf le 4 article plus court que la tête. — Elytres parallèles. — 5° segment abdominal en triangle curviligne régulier, muni d’une grande plaque médiane de cils tomenteux.

La grandeur insolite du dernier article des palpes dans les deux

(1) Syn. Drasrocera A. White. 1 (2) Les maxillaires manquent chez l’unique exemplaire de ce sexe que j'ai sous les yeux; il est probable qu'ils ne diffèrent pas des labiaux.

sexes, et la forme singulière qu'il affecte chez le mâle, caractérise éminemment ce genre, établi sur la Diastocera catherina de M. A. White (1). C’est un grand et très-bel insecte de l'Afrique australe, densément saupoudré partout de très-petites taches blanches sur un fond brun, et-partout également tacheté de rouge vermillon; sur les élytres cette couleur forme d'assez nombreuses et étroites bandes transversales dont quelques-unes se réunissent, surtout chez le mâle. C'est sans doute cette livrée qui a engagé M. A. White à placer cet insecte dans les DrasrocErA, mais il n'appartient pas au même groupe naturel que ce dernier genre.

EURYSOPS.

(Cuevror.) J. Taows. Archiv. entom. Il, p. 167 (2).

Femelle : Mandibules médiocres (3). — Tête assez fortement et triangulairement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci médiocres; front étroit, rétréci de haut en bas; joues presque nulles.— Antennes pubescentes, villeuses en dessous à leur base, un peu plus longues que le corps, à articles 4 en cône arqué, 3 un peu plus grand que lui, 4-10 décroissant peu à peu, 41 plus long que 10. — Yeux faiblement séparés en dessus; leurs lobes inférieurs énormes, subéquilatéraux. — Prothorax transversal, muni en avant et à sa base d'un sillon bien marqué, et sur le disque, qui est un peu déprimé, de cinq grosses callosités arrondies disposées en quinconce; ses tubereules latéraux gros, coniques, terminés par une petite épine très-aiguë. — Ecusson en triangle curviligne.—Eiytres allongées, parallèles, peu convexes, arrondies en arrière; leurs épaules calleuses, un peu saillantes. — Pattes médiocres; cuisses linéaires. — 5° segment abdominal plan, transversal, en triangle curviligne. — Saillie mésosternale médiocrement large, déclive, parallèle, — Saillie prosternale étroite, subverticale en arrière et prolongée en un cône obtus. — Corps allongé.— Mâle inconnu.

Genre remarquable par la grandeur des lobes inférieurs des yeux; il est probable que chez le mâle ils envahissent le front en entier. Son unique espèce (4) ressemble extraordinairement, sous le rapport

(1) Proceed. of the Zoo. soc. 1858, p. 402, pl. 53, f. 4; figure très-médiocre. :

(2) M. Chevrolat (Rev. et Mag. d. Zool. 1855, p. 518) a, le premier, mentionné le genre, mais sans en exposer les caractères. — Syn. PHRYNETA A. White.

(3) Dans ce genre et les deux suivants, le labre est plus ou moins épais en avant el muni de quatre longs cils disposés par paires fortement séparées, le reste de sa surface est presque glabre. Dans les autres genres du groupe, il est cilié ou pubescent comme de coutume,

(4) £, Esau, Chevrol. loc. cit.; J. Thoms, Archiv. entom. II, p. 168, pl. 6,

FHRYNÉTIDES. 435

de la livrée, à la Mœcha Hecate du groupe des Céroplésides. Elle est en entier d’un gris rosé, avec une multitude de taches brunes dont quelques-unes, en se condensant, forment une bande médiane et transversale sur les élytres; les épaules de ces dernières sont comme corrodées, mais, sauf à leur base, elles sont imponctuées. Cet insecte habite la côte de Guinée (Sierra-Leone, Vieux-Calabar).

PHRYNETA.

A * (Der.) Casrei. Hist. nat. d. Col. IL, p. 477 (1).

Mandibules médiocres, robustes. — Tête fortement et triangulairement concave entre ses tubercules antennifères; ceux-ci assez saillants, contigus à leur base; front beaucoup plus haut que large; joues très-courtes. — Antennes robustes, pubescentes ou presque glabres, au maximum dépassant très-peu le sommet des élytres, à articles 4 assez long, arqué, 3 pas plus grand que lui, mais plus que les suivants, 4-10 décroissant peu à peu, 11 plus long que 10, acuminé au bout. — Lobes inférieurs des yeux très-grands, en général allongés. — Prothorax transversal, déprimé et extrêmement inégal sur le disque, traversé en avant et en arrière par un sillon très-marqué, dilaté de chaque côté en un très-gros tubereule conique et aigu. — Ecusson tantôt (obscura, flavocincta) en triangle curviligne allongé, tantôt (par ex. marmorea) parallèle et largement arrondi en arrière. — Elytres plus où moins courtes et déprimées sur le disque, peu à péu rétrécies et arrondies en arrière, rarement (marmorea) subparallèles; leurs épaules obtuses et un peu saillantes. — Pattes assez longues, très-robustes; cuisses sublinéaires. — 5° segment abdominal en triangle curviligne transversal. — Saillie mésosternale fortement déelive, plus ou moins et obtusément tuberculée. — Saillie prosternale verticale en arrière, munie d'un petit tubercule. — Corps court, trèsmassif, pubescent, parfois en même temps revêtu partiellement d’un enduit velouté.

Quoique j'aie vu un grand nombre d'exemplaires de ces insectes, leurs sexes ne me sont pas bien connus.

Is figurent parmi les plus grandes Lamiides de cette division et les plus robustes. Leurs élytres sont toujours fortement ponctuées et par-

fois comme gaufrées à leur base; quant à leur livrée, elle varie dans |

chaque espèce et a le plus souvent un aspect nuageux. Elles sont répandues du Sénégal à Madagascar (2).

£.9. (Phryn. buphthalmus, À. White, Ann. a. Mag. of. nat. Hist. Ser. 3, II, 1858, p. 270).

(1) Syn. Lawia Fab., Guér.-Ménev. — Ceramevx Oliv.

(2) Cer. marmoreus, Oliv. Entom. IV, 67, p. 78, pl. 2, f. 9; Madagascar, — Cer. obscurus, Oliv. ibid. p. 80, pl. 8, f. 53 et pl. 18, f. 137 (rustica Dej.)

INESIDA.

J. Tnows. Essai, ete. p. 86.

Les seuls caractères qui séparent ce genre des PHRyNerA sont :

Antennes de 1/3 euviron plus longues que le corps chez les , de 4/6° chez les ®, à article 1 beaucoup plus court que 3 dans les deux sexes. — Pattes antérieures des premiers plus longues que les autres, leurs tarses dilatés et frangés sur leurs bords. — Saillie prosternale prolongée postérieurement en un tubercule conique.

Le type est la Lamia leprosa de Fabricius (1), espèce du Sénégal d’un brun plus ou moins rufescent et ornée sur chaque élytre d’une grande tache d'un noir velouté, post-médiane et marginale.

HOMELIX.

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