‹ Histoire naturelle des insectes (volume 3)Chapitre 78 sur 93 · PHŒBE · texte numérisé non relu

PHŒBE

A. Senv. Ann. d. L. Soc, entom. 1835, p. 37 (3).

Mâles : Tète largement excavée entre les yeux et les antennes, saillante eu avant et munie au-devant des premiers de deux tubercules coniques; front un peu oblique, transversal; joues courtes. — Autennes grêles, sétacées, ciliées en dessous à leur base, beaucoup plus longues (parfois du double) que le corps, à articles 1 en cône renvérsé, atteignant presque la base du prethorax, 3 beaucoup plus long que lui et un peu plus que 4, celui-ci et 5-11 décroissant lentement, — Lobes inférieurs des yeux grands, subéquilatéraux. — Prothorax transversal, cylindrique, un peu atténué et resserré à sa base. — Elytres très-allongées, peu à peu mais médiocrement atténuées et arrondies en arrière, planes, carénées latéralément comme celles des AmpHIONYCHA. — Pattes et saïllies sternales des mêmes. — Corps allongé, svelte, revètu d’une fine pubescence très-serrée.

Femelle : J'ai sous les yeux des exemplaires qui paraissent appar-

bach. Expéd. d, 1. Novara; Entom. p. 186; Rio-Janeiro, — diana, J. Thoms. Essai, etc. p. 65; Amazone. — albina, Guatimala ; vittata, Brésil; cephaloles, Para; Pascoëé, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IV, p. 256. — cireumcincta, Pascoe, ibid. Ser, 2, V, p. 54; Amazone, — seminigra, (an HiLaroLea?), nigripennis (an HizanoLeA?), miniacea, megalopoides (an CLyrnasonema?), sap= phira, megacephala, Amazone; capito, Panama; festacea, roseicollis, Amazonc; H. W. Bates, Contribut. ete. p. 245; la dernière, ayant les crochets des larses simples, n’est placée que provisoirement dans le genre. — Sap. flammala, Newm, The Entomol. p. 13 (Sap.marginata? Fab. Syst, El. If, p. 331); Etats-Unis.

(1) Syn. Hemicopuus Casteln.

(2) Hem. leuconotus, Casteln. Hist, nat. d. Col. 11, p. 489; Mexique. — C: nigrina, Venezuela; Sallei, Mexique, 3. Thoms. loc. cit. p. 310:

(3) Syn. Sarerpa Oliv., A. Serv. (olim), Germ. — Ampmonyena H, W. Bates.

AMPHIONYCHIDES. 893

tenir à ce sexe, d’après la brièveté relative de leurs antennes qui dépassent beaucoup moins les élyires; mais leur tête ne diffère pas de celle des mâles, ce qui rend probable que ce ne sont pas des femelles (1). :

Serville n’avait fait de ce genre qu’une Section des AGAPANTHIA et, récemment, M. H. W. Bates (2) ne l'a pas séparé des AMPHIONYCHA, dont il me paraît très-suffisamment distinct par la longueur du scape des antennes, sans parler de la forme de la tête, Ses espèces (3) sont assez grandes et la plupart élégamment ornées de linéoles et de points noirs sur un fond d’un blanc crétacé ou teinté de jaune soufre, parfois bleuâtre.

BUTOCRYSA,

JT. Taoms. Physis, Il, p. 198.

Tête, antennes et yeux des AmpHioNyCHA; la première assez forte. — Prothorax cylindrique, atténué et transversalement sillonné en arrière. — Elytres médiocrement allongées, peu à peu et fortement rétrécies en arrière, étroitement tronquées à leur extrémité, déprimées sur le disque (la dépression triangulaire), s'arrondissant pour former leurs épipleures, celles-ci de largeur médiocre. — Le surplus comme chez les AMPHIONYCHA.

Sans l'absence de carènes latérales aux élytres, ce genre ne pourrait être distingué de ces dernières. Son unique espèce (4) a la tête et le prothorax de l'A. nigriceps et espèces voisines, mais la forme de ses élytres lui est propre. Elle est d'un fauve clair et soyeux, glacée de blanc sur le vertex et le prothorax, blanche en dessous, avec deux litures de même couleur disposées en chevron avant le sommet des élytres.

ZEALE.

Pascor, Trans. of the entom. So. Ser, 3, V, p. 287. Mâle : Tête plane entre ses tubercules antennifères ; front convexe,

(1) L’Amphionycha nivea de. Dejean (Cat. éd. 3, p. 379) me paraît, d’après la Structure de ses antennes et sa livrée, avoir été établie sur une femelle du genre, Si cette conjecture est fondée, la tête dans ce sexe ne diffère en rien de celle des AmpHioNyena.

(2) Contribut, etc. p. 249,

(3) Sap. cornuia, bicornis, Oliv. Entom. 1V, 68, p. 26-27, pl. 4, f. 45, 46; Guyane, Amazone. — Sup. octomaculata, A. Serv. Encycel. méth.; Ins. X, P. 399; Brésil, — Sap. capreola, cava, Germ. Ins. Spec. nov. p. 492; Brésil. —P. concinna, À. White, Proceed. of the Zool. Soc. 1856, p. 408, pl. 40, f. 12; Haut-Amuzone (ga). — P. crelifera, Pascoe, Trans, of the entom. Soc. Sor. 2, IV, p. 260; Brésil.

(4) Amph. insignis, H. Lucas in Casteln. Voy. d. V'Amér. d. Sud; Eutom. P. 191, pl. 13, f.6; décrite de nouveau par M. J. Thoms, loc. cit,; Brésil intér,

transversal; joues médiocres. — Antennes grèles, non cylindracées, longuement et peu densément ciliées en dessous, deux fois au moins aussi longues que le corps, à articles 4 en cône arqué, 3 de 1/3 environ plus long que lui et que 4, celui-ci et 5-11 décroissant à peine. — Prothorax subtransversal, cylindrique, resserré à sa base, un peu arrondi sur les côtés. — Elytres médiocrement aliongées, cunciformes, tronquées en arrière, sans aucun vestige de carènes latérales, sauf aux épaules. — Hanches antérieures subcontiguës. — Corps densément pubescent: — Le surplus comme chez les AMFHIONYCHA.

Le seul genre d'Amphionychides qui ait des antennes aussi longues, du moins chez le mäle. Sa place est évidemment à côté des BurocrysA. Il ne comprend qu’une assez petite et jolie espèce (1) de Colombie, noire en dessous avec les côtés largement bordés de blanc crétacé, du mème blanc et tachetée de noir en dessus; sur les élytres, cette dernière couleur forme un dessin qui rappelle celui de la Saperda sealaris; les antennes sont noires, les pattes dun fauve testacé.

CALOCOSMUS.

Cuevroc. Ann. d. 1. Soc. entom. 1862, p. 250 (2).

Mâles : Tète plane ou faiblement concave entre ses tubercules antennilères; front plan, équilatéral; joues au plus médiocres. — Antennes grèles, subeylindracées, faiblement et lâchement ciliées en dessous, dépassant légèrement les élytres, pareilles, du reste, à celles des AmpHionyena. — Lobes inférieurs des yeux équilatéraux. — Prothorax court, transversalement sillonné en avant et à sa base, arrondi sur les côtés, parfois légèrement pluricalleux sur le disque. —Elytres courtes, parallèles, peu et régulièrement convexes en dessus, arrondies en arrière, saus aucun vestige de carènes latérales, débordant mwédiocrement le prothorax en avant, avec les épaules arrondies. — Corps peu allongé, massif, glabre. — Les autres caractères comme chez les AMPHIONYCHA.

Femelles : À peine distinctes des mâles par leurs antennes un tant soit peu plus courtes, leurs élytres un peu moins planes, leur taille plus grande et leurs formes plus robustes,

Insectes propres aux grandes Antilles cù ils semblent remplacer les genres précédents, et reproduisant d'une manière remarquable la livrée des Tricurous (Cérambycides) et genres voisins. Sauf un seul (nigripennis), en effet, ils sont d'un jaune clair avec la partie postérieuve deleurs élytres d'un beau bleu sur une plus ou moins grande étendue; une bande de mème couleur commune ou interrompue,

(1) Z. scalaris, Pascoe, loc. cit, pl. 20, f. 1; Sainte-Marthe. (2) Sy. Amemonvena Chevrol. (olim). — Hemropnus, Jacçuel.-Duv, in Ramon de la Sagra, Hist. fisic, etc. d. Cuba; Entom. p. 279,

AMPHIONYCHIDES. 895

existe parfois à la baso de ces organes qui sont toujours densément pointillés. Quatre espèces (1) sont décrites en ce moment.

ESSOSTRUTHA.

J. Taows. Physis, IL, p. 198.

Mêmes caractères que les Carocosmus, sauf les différences suivantes :

Front convexe. — Antennes de 1/3 environ plus longues que le corps Chez les ©, dépassant légèrement les élytres chez les Q. — Lobes inférieurs des yeux transversaux. — Prothorax régulièrement cylindrique, muni d’un faible sillon transversal à sa base. — Élytres plus planes. — Corps moins robuste, pubescent, hérissé de courts poils fins.

On n’en connaît qu’une espèce du Mexique décrite depuis longtemps, par M. Newman, sous le nom de Saperda læta (2). Elle est tellement variable sous le rapport de la taille et des couleurs que, si tous les passages n’existaient pas, on pourrait en faire presque autant d'espèces que d'individus (3). Les plus grands du sexe @ sont à peu près de la taille des plus petits Carocosmus ; il y en a du sexe qui sont de moitié moins grands. -

Note.

Si le genre suivant n’est pas identique avec celui mentionné plus haut sous le nom d'Isomeripa, il en est du moins extrûmement voisin. Dans le premiez de ces deux cas, il aurait une longue priorité,

DADOYCHUS.

CuevnoL. in SILBERM. Rev. entom. 1, part. 2, no 14.

Tète grande, convexe au-dessous des yeux. — Antennes à peine de la longueur du corps, à articles 4 épais et allongé, 3 très-long, vil-

(1) Amph. venusta, dimidiata, Chevrol. Rev. zool. 1838, p. 283, 284. — €. nuplus (Hem. dimidiatus var.? Jacq.-Duv. loc. cit.), speciosus (Hem. venustus, Jacq.-Duv. loc, cit. pl. 10, f. 12), nigripennis, Chevrel. Ann. d, 1. Soc. entom, loc. cit. p, 251. Tous de Cuba.

(2) The Entomol. p. 13.

(3) Les uns (Amph. miniata, Dej. Cat. 6d. 3, p. 378) sont d’un rouge de cinabre avec quatre points sur le prothorax et le sommet des élytres, sur une étendue variable, noirs. Chez d’autres le rouge est remplacé par du jaune de chrome, Il y en à où la tête et le prothorax sont jaunes avec les élytres grises; ki Sap. lœta de M. Newman se rapporte à l’un de cès derniers, chez lequel le jaune de Ja tête et du prothorax était remplacé par du rouge. En dessous le corps est ordiuairement noir et revêtu d'une fine pubescence d’un gris plomhé, mais il u’est pas rare qu’il soit maculé de jaune où de rouge. Les points noirs du prothorax paraissent seuls être très-constants.

leux au bout, 3 de moitié plus court que lui, les suivants graduellement plus couïts et plus minces. — Yeux lunulés en haut. — Prothorax subeylindrique, noueux et sinué sur les côtés. — Elytres plus larges que lui, parallèles, légèrement convexes, arrondies à leur extrémité. — Pattes rapprochées à leur base ; les quatre jambes postérieures arquées en dehors, un peu élargies à leur extrémité et terminées par un court mucro; crochets des tarses bifides.

J'ai retranché de cette formule beaucoup de détails communs aux Amphionychides en général.

L'espèce (flavocinctus) décrite et figurée par M. Chevrolat est de la taille ordinaire des Isomgrisa et a une livrée analogue à la leur, avec les 3° et 4° segments de l'abdomen jaunes (1). Elle habite le Brésil.

M. J. Thomson (2) comprend le genre suivant dans :e groupe actuel, mais il ne m'est pas démontré qu’il appartienne aux Lamiides. Dalman le compare aux Crenones (Cérambycides), ce qu'il n’eût pas fait si la tête qu'il ne décrit pas eût été celle des premières. Le prothorax, également, ne ressemble à celui d'aucune Lamiide connue jusqu'ici. D'un autre côté, il y a dans la forme des élytres et dans la livrée quelque chose qui rappelle les Amphionychides. La place du genre est donc très-douteuse; je penche à croire qu'il doit rentrer dans les Cérambycides.

THYRSIA.

Dar. Act. Holmiens. 1, p. 118.

Tête petite, de moitié plus étroite que le prothorax (d'après la figure), transversale. — Antennes robustes, épaissies dans leur milieu, densémert villeuses, de la longueur de la moitié du corps, à articles 4 grand, obconique, 2 subpyriforme, 3-4 subglobuleux, discrets, 5 ylus grand qu'eux, cylindrique, les suivants graduellement plus courts, 41 conique, presque glabre. — Yeux petits, échancrés. — Prothorax du double plus large que long, arrondi en avant etsur les côtés, peu convexe, muni d’une petite carène médiane ayant à sa base la forme d’une callosité oblongue.— Ecusson court, tronqué en arrière. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, du double plus longues que larges, subparallèles, largement arrondies en arrière, peu convexes, avec leurs bords latéraux repliés en bas. — Pattes courtes, comprimées ; tarses à peine aussi longs que la moitié des jambes. — Corps large, pubescent.

(1) M. Chevrolat les regarde comme étant phosphorescents. On a vu plus haut que des taches semblables existent sur les mêmes segments chez la Spathoptera albilatera, mais rien n'indique qu’elles soient de même nature que les taches lur:ineuses des Lampyrides. Il doit en être de mème ici.

(2) Physis, I, p. 190.

ÆRÉNICIDES, 897

. L'espèce typique (1) est originaire du Brésil, de taille médiocre (12 millim.), d'un noir soyeux, avec le front et une assez large bande marginale sur chaque élytre, fauves; le prothozax est d'un rouge sanguin pâle et maculé de fauve.

GROUPE IV. Ærénicides,

Tête non rétractile, — Yeux échancrés. — Elytres jamais carénées latéralement, — Jambes intermédiaires sans sillon (Anroprce excepté); crochets des tarses fissiles. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen plus courts que les autres. Episternums métathoraciques étroits. — Corps très-allongé, svelte chez la plupart.

Les genres qui composent ce groupe ont été compris par M. :. - Thomson dans les Amphionychides ou (PnAuLA) dans les Desmiphorides. Ils ont, en effet, les tarses fissiles des premières, mais en diffèrent essentiellement par leur tête non rétractile, souvent fort distante des hanches antérieures, et la forme allongée de leurs espèces qui sont aussi sveltes, pour la plupart, que les Amphionychides sont en général courtes et inassives. L'absence constante de carènes latérales aux élytres et leur livrée toute différente achèveut de justifier leur érection en un groupe à part. Ils sont propres à l’'Amérique du Sud ou au Mexique.

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