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FEMME

106 STAPHYLINIENS,

La seule espèce connue (P. Lefebureë Latr.) est de taille médiocre, d'un jaune ferrugineux sale, et originaire de la Sicile. Le mâle se reconnaît à son dernier segment abdominal légèrement échancré son sommet en dessous.

Ce genre est le seul de la tribu dont le dernier article des palpes maxillaires soit acuminé, caractère qui le rend aisé à reconnaitre.

TRIBU VI

STÉNIDES.

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes insérées sur le front, grêles, de onze articles, dont les derniers en massue. — Labre orné, entier. — Palpes maxillaires allongés, leur Àf article presque indistinct, le 1er allongé ; les labiaux très-petits. — Point d'ocelles. — Elytres de la longueur de la poitrine. — Hanches antérieures et postérieures coniques, petites, peu saillantes; tarses de cinq ou quatre ar: ticles.— Point d'espace membraneux à la partie inférieure du prothorax.

Trois genres seulement composent cette tribu. L'un d'eux (Euzsreraus), très-peu riche en espèces, a quelques rapports de formes avec certains Oxytélides; les deux autres (Dranous, Srenus) ont un facies qui leur est propre ét qui n'a rien de commun avéc celui des autres genres de la famille. Néanmoins, dans tous trois, les caractères esséntiels sont les mémes. Le plus remarquable, peut-être, à cause de * ga rarélé, est l'allongement du 1er article des palpes maxillaires, qui semble compenser l'excessive petitesse du 4°, qu’on ne parvient à dis: tinguer qu'à l’aide d'une forte loupe; le 4e° des labiaux est petit, comme de coutume. L'insertion des antennes n'est pas toujours la même. Dans les deux genres nommés en dernier lieu, ces organes sont situés au bord interne des yeux; chez les Euzæsrerus, près du bord antérieur du front, à peu près comme chez les Staphylinides. Les pales sont grêles, et le dernier article des larses assez souvent bilob, La pelilesse des hanches antérieures el postérieures est un caractère assez remarquable oneharille. Les premiers états de ces insectes sont inconnus.

L'Europe possède des représentants des trois genres en question,

I. Antennes insérées au bord interne des yeux. ë Menton en carré transversal : Dianous.

— triangulaire : S{enus.

JL. Antennes insérées près des bords latéraux du front: Zuwstethus.

STÉNIDES:. 107

DIANOUS.

(L£ACH) SAMOUEL. The Entom. usef. Compend. ed, E, p. 173,

Menton en carré transversal. — Languette bilobée, ses lobes distants, oblongs, presque confondus avec les paraglosses, qui ne sont pas plus longues qu'eux. — Labre transversal, tronqué en avant. — Veux médiocres, arrondis, peu saillants. — Antennes longues et gréles, légèrèment en massue; leur 3° article plus grand que les autres, les cinq suivants allongés, subégaux, les trois derniers subarrondis, le 41° acuminé au bout. — Abdomen rebordé latéralement, terminé par deux soies. — Pénultième article des tarses bilobé.

Les autrés caractères Comme chez les Srenus qui suivent. Le genre ne contient qu'une petite espèce (D. cæruléscens GYllh.) d'un noirbleuâtre, avec une tache rouge arrondie sur chaque élytre. Elle est répandue dans {oute l'Europe, mais assez rare partout, et fréquente les mêmes lieux que les STENuS.

STENUS.

Larn. Préc. à. car, gén. d, Ins. p. T1:

Menton triangulaire. — Languette bilobée; ses lobes très-petits, ovales, rapprochés; ses paraglosses beaucoup plus longues qu'elle, dilatées brusquement en un lobe cireulaire. — Palpes labiaux courts, à articles 4 grélé, 2 ovalaire, renflé, 3 très-pétit, subulé; les maxillaires très-longs, leurs articles 1-3 croissant graduellement. — Mandibules “alciformes, terminées par deux dents aiguës. — Labre assez grand, transversal, arrondi en avant, — Tête un peu plus large que le prothorax, munie en arrière d’un col gros et court. — Yeux grands, arrondis, saillants, — Prothorax plus étroit que les élytres, plus ou moins cylindrique, en général un peu rétréci à sa base, — Elyires conjointement échancrées en arrière. —Abdomen linéaire, rebordé ou non latéralement. — Pattes grélesy tarses le plus souvent filiformes, parfois un peü dilatés à toutes les pattes; leur pénultième afticle tantôt simple, cu bilobé. — Corps allongé, linéaire, suboylindrique, ailé ou aptère.

Insectes de petite taille, d'un facies particulier, de couleur uniforme, noire ou plombée, et offrant pour tout dessin, chez un certain nombre d'espèces, et sur chaque élytre, une fache arrondie jaune ou rougeàtre. Leurs téguments, plus ou moins rugueux sur foule leur surface, sont revêtus d’une fine et courte pubescence blanchâtre ou cendrée. Les mâles ont tantôt le dernier, tantôt plusieurs des arceaux ventraux de l'abdomen échancrés à leur extrémité.

108 | SrABHYLINIÈNS,

Les Srenvs vivent presque exclusivement dans les lieux humides et aux bords des eaux, où on les rencontre souvent, comme les Pæpenus, en société; tous sont d’une extrême agilité. Un des traits les plus frappants de leur organisation est:la faible adhérence de la languette au menton, et la propriété qu'a l’œsophage, soit pendant les convulsions de l’agonie, soit lorsqu'on presse le corps d'un de ces insectes entre les doigts, de se renversér et de faire saillie sous la forme d’une trompe à l'extrémité de laquelle se trouve la languette avec ses paraglosses et ses palpes (1). Une espèce d'Europe a même reçu, d'après cela, le nom de proboscideus; mais ce phénomène a été observé chez une foule d'autres, et peut probablement se manifester chez toutes.

Ces insectes sont répandus sur la plus grande partie du globe et forment l’un des genres les plus riches de la famille; on en a déjà publié plus de 130 espèces (2).

(1) Telle est l'explication proposée d’abord dubitativement par Gyllenhall (ns. Suec. Il, p. 477), puis adoptée par Erichson (Staphyl. p. 690); j'y adhère complètement, à la suite d'observations faites sur plusieurs espèces. C’est donc à tort que plusieurs auteurs, notamment Leach (in Samouel, Ent. usef. Compend. ed. I, p. 173), MM. de Mannerheim (Brachél. p. 17), Curtis (Brit. Ent. pl. 164) ét moi-même jadis (Faune ent. d. env. d. Paris, 1, p. 441), ont fait de cette prétendue trompe un caractère générique des Srenus. M. lé docteur Thirion (Ann. d. 1. Soc. ent. IV, p. 153), qui a publié un mémoire détaillé sur ce sujet, a pris également ces parties hors de leur situation naturelle pour une trompe véritable, et a même‘proposé de créer pour le genre actuel une tribu à part, celle des Proboscidiens. Ce qu’il appelle la coupe est cette partie de la lèvre intermédiaire entre le menton et la languette à laquelle elle sert de base : ses appendices fongiformes ne sont pas autre chose que les paraglosses. Il ne paraît pas, du reste, que les SrENus puissent, à volonté, faire saillir cette fausse trompe. Voyez, sur ce sujet, quelques courtes observations de M. Kiesenwetter, Stettin. ent. Zeit. 1844, p. 351.

(2) Aux 106 mentionnées par Erichson, aj. : Esp. européennes : S. basalis (contractus Er.), Curtis, Ann. of nat. Hist. V, p. 277. — formicelorum, Manh. Bull. Mosc. 1843, p. 83. — rugosus, cribratus, eumerus, Kiesenw. Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 220. — princeps, Hampe, ibid. 1850, p. 349. — Guynemeri (rugosus Kiesenw.), Jacquel.-Duval, Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, VII, p. 51. — decipiens, Leprieur, ibid. IX, p. 201. — ZLeprieuri, Cussac, ibid. IX, Bull. p. XXIX. — longilarsis, laticollis, brevipennis, Thomson, Vetensk. Akad. OEfvers. p. 133. — longipes, maculipes, geminus, glacialis, obliquus, annulipes, angustulus, Heer, Col. helvet. I, p. 214; alpestris, rufimanus, montivagus, p.577. — Esp. asiatiques : S. arctulus, clavulus, minutus, Hochhuth, Bull. Mosc. 1849, n° 1, p. 171. — affaber, calidus, cyaneus, Baudi, Studi ent. I, p. 140. — Esp. de l'Algérie : S. œneus, obscurus, Lucas, Expl. d. l'Algér. Ent. p. 122. — Esp. de l’Amér. du Nord : S. erythropus, Melsheim. Proceed. of the Acad. of Philad 11, p. 40. — Esp. du Chili : 8. Gayi, Solier in Gay, Hist. de Chile, Zool. IV, p. 306.

Voyez le Mémoire de M. Leprieur, intitulé : « Méthode dichotomique appliquée au genre STENVS-, dans les Ann, d, 1, 506, eut, Série 2, LX, p. 191.

bXYÉELIDES | - 109

EUÆSTETHUS:

GravENIt. Mon. Col. micr. p. 201 (1).

Menton assez profondément échancré. — Languette large, faiblement sinuée dans son milieu; ses paraglosses en partie soudées avec elle, la dépassant, acuminées et ciliées. — Palpes labiaux courts, leur 20 article subovalaire, plus gros et plus long que le 1°r; le 3° trèspetit, aciculaire; les maxillaires pareils à ceux des Srenus, — Mandibules assez longues, falciformes, munies d'une forte dént au côté interne. — Labre large, transversal, denticulé en avant, les dents aiguës. — Tête assez grande, presque aussi large que le prothorax, faiblement rétrécie en arrière, — Yeux petits, arrondis, assez saillants, postérieurs, — Antennes courtes, distantes, insérées à une assez grande distance des yeux, à articles 1 allongé, en massue, 2 court, 3 plus long, obconique, 4-8 moniliformes, 9-11 plus grands, formant une massue oblongue. — Prothorax cordiforme, arrondi sur les côlés en avant. — Elytres conjointement échancrées en arrière. — Abdomen rebordé ou non, obtus à son extrémité. — Pattes assez courtes; tarses de quatre articles : le 4er et le 4° plus long que les autres. — Corps médiocrement allongé, atténué à ses deux extrémités, ailé.

Ces insectes sont voisins des Srexus par leurs caractères, mais, s'en éloignent beaucoup par leur forme générale qui rappelle celle de plusieurs Oxytélides. Ils sont aussi beaucoup plus petits, les plus grands n'ayant guère plus d'une ligne de long. Leurs habitudes même sont autres, car on les trouve dans les prairies et sous les fenilles tombées. Leurs caractères sexuels sont les mêmes que ceux des Srenus. On en connait en ce moment six espèces dont quatre d'Europe et deux de l'Amérique (2).

TRIBU VIL

OXYTÉLIDES.

Stigmates prothoraciques invisibles. — Antennes insérées sous les bords latéraux du front. — Labre corné, en général muni d’appendices

(1) Syn. Ensreruus, Manh. Brachél. p. 41; Lacord. Faune ent, d. env. d. Paris, I, p. 438.

(2) Erichson n’en a connt que quatre : E. scaber Gyllh., ruficapillus Lac., d'Europe; americanus Er., des Etats-Unis ; immarginatus Er., de Colombie. — Àj.: E. lœviusculus, Manh. Bull. Mosc. 1844, I, p. 195; de la Finlande. —

Lespesii, Jacquel,-Duval, Ann, d. J. Soc. ent. Série 2, VIL, p. 48; du midi de la France,

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110 | STAPHYÉINIENS,

membraneux près de ses angles antérieurs. — Point d'ocelles (1). — Elytres de la longueur de la poitrine. — Abdomen composé de sept segments distincts. —Hanches antérieures coniques, saillantes; les postérieures transversales; tarsés dé cinq où trois articles. — Un espace membraneux au prothorax en dessous.

Avant Erichson, le caractère spécial qu'on âssignait à cette tribu consistait en épines ou dentelures sur la tranche externe de toutes les jambes ou d'une partie d’entre elles, et Latreille lui avait en conséquence donné le nom de Denticrures (2). Ce caractère l'avait, du reste, conduit à y ‘introduire des éléments étrangers qui en ont été exclus par M. De Mannerheim (5). Ce savant entomologiste y a en même temps ajouté, avec raison, un genre (Frocopncozus), dont les jambes sont complètement inermes. Erichson en a fait autant pour cinq autres qui sont dans le même cas, de sorte que le caractère en queslion-ne se rencontre plus dans la moitié des genres de la tribu.

* Les espèces qui la composent, à l'heure qu'il est, sont d'aspect assez différent ; il y a même dans le nombretrois genres (Mecazors, Osorits, Hororrocnus) qui tranchent fortement sur les autres par leurs formes singulières. La tête de ces insectes est en général faihlement ou non rétrécie en arrière, et il n’y à qu'un seul genre (Arocerzus) où elle soit pédonculée. Le prothorax n’est jamais contigu avec les élytres, ét

“parfois (Lesreva), celles-ci ônt une tendance à s'allonger qui annonce,

en quelque sorte, le voisinage des Omalides.

Erichson a partagé la tribu en quatre sous-tribüs, qui sont très-naturelles et faciles à reconnaître aux caractères suivants :

I. Antennes de dix articles. MÉGALOPIDES, II, — de onze articles.

a Abdomen non rebordé latéralement, OsonubEs. aa — rebordé latéralement. ; Û Tarses de trois articles. OXYTÉLIDES VRAIS, — decing — COPROPHILIDES.

Sous-Trisu 1. Mégalopides.

Antennes de dix articles, droites, en massue, = Abdomen rebordé latéralement. = Tarses de cinq articles,

Un seul genre : Megalops.

(1) Une seule espèce (Progophlœus argus Lec.) fait exception à cet égard,

(2) Outre ses travaux antérieurs, voyez son Mémoire intitulé : « Considérations sur des inseotes Coléoptères de la tribu dés Denticrures, » dans les Nouv. Ann, d. Mus. 1, p.77,

(3) Brachél. p. 9.

OXYTÉLIDES. . ui

MEGALOPS.

(Der.) Enrcus, Gen. et Spec. Staphyl. p. 751.

Menton plus long que large, rétréci et tronqué en avant. — Languette cornée, obtusément tridentée au boul; ses paraglosses membraneuses, un peu plus longues qu'elle. — Palpes labiaux courts, leur dernier article oblongo-ovale, plus long que les précédents ; le dernier des maxillaires plus long que le pénultième, oblong et acuminé au bout, — Lobes des mâchoires cornés, étroits, ciliés : l'interne en dedans, l’externe à son extrémité. — Mandibules saillantes, falciformes, munies d’une petite dent au côté interne. — Labre caché sous l'épistome, sauf parfois deux petites dents dont il est muni en avant, — Tête grande, plas large que le prothorax, non rétrécie en arrière. — Yeux très-gros, subglobuleux, — Antennes courtes, de 10 articles : 4 légèrement allongé, 2 long et grêle, 3-5 plus courts, 6-7 obconiques, grossissant peu à peu, 8-10 formant une massue oblongo-ovale et pubescente. # Prothorax plus étroit que les élytres, subcylindrique et anguleux latéralement. — Elytres tronquées en arrière. — Abdomen parallèle, rebordë sur les côtés. — Pattes médiocres, peu robustes; les intermédiaires peu distantes à leur base; tarses simples, leurs quatre premiers articles décroissant graduellement. — Corps assez court et assez épais, glabre.

Petits insectes, ayant, par suite de leur forme générale et de la grosseur de leurs-yeux, une assez forté ressemblance avec les Srexus. Des plis, des excavations, ou simplement des dépressions, qui existent principalement sur le prothorax et quelques-uns des segments abdominaux, leur donnent une physionomie particulière. On ne sait rien, du reste, de leurs caractères sexuels et de leurs habitudes. Tous sont de trèspélite faille, et leurs espèces connues, au nombre de quatre, sont propres à l'Amérique et à l'Afrique australe (2).

Sous-Trieu 11. Osoriides.

Antennes de onze articles, géniculées, — Abdomên non rebordé latéralement. — Tarses de cinq articles.

Deux genres seulement rentrent dans ce groupe, tous deux exotiques et remarquables par leur forme cylindrique, leurs téguments solides,

(1) Syn. Oxyronus Grav.

(2) M. cœlatus Grav., dés Etats-Unis; punotatus, cephalotes Er., de Colomco Erichs, loc, cit, — Aj, : M, plicatus, Bohom. Ins, Caffrar. LE, p. 293; de

atal.

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