‹ Histoire naturelle des insectes (volume 4)Chapitre 25 sur 90 · PARTS = & RER UN EST CIRE A EU A EC · texte numérisé non relu

PARTS = & RER UN EST CIRE A EU A EC

160 PSÉLAPHIENS.

souvent chez les femelles. L'abdomen s’élargit graduellement en arrière et, dans la grande majorité des espèces, est rebordé latéralement. Tous les auteurs ne lui avaient jusqu'ici attribué que cinq segments; mais récemment M. J.-L. Le Conte a fait voir qu'il y en a réellement six chez les Eurcecrus (1), exception d'autant plus intéressante que, par ce caractère, les espèces de ce genre se rattachent de plus près aux Staphyliniens, dont la plupart d’entre elles sont déjà voisines par leur forme générale, comme on l'a vu plus haut (2). Chez les Psélaphides tous les segments abdominaux sont bien distincts en dessus et en dessous ; mais chez les Clavigérides les trois premiers de la région dorsale se soudent complètement entre eux et semblent, aù premier aspect, constituer à eux seuls cètte région. . :

Les pattes sont assez grandes et assez robustes. Les hanches des trois paires sont presque contiguës et affectent autant de formes différentes, les antérieures étant cylindrico-coniques et assez saillantes, les intermédiaires subglobuleuses etles postérieures en forme de lames étroites. Les cuisses sont en ovoïde allongé ; les jambes simples, rarement en triangle allongé, et presque toujours dépourvues d’éperons à leur extrémilé. Quant aux tärses, ces organes ont passé longtemps pour-n’avoir que deux articles ; ily en a en réalité trois, rhais dont les deux premiers, Surtout chez les Clavigérides, sont souvent très-petils. Par suite de la contiguité des hanches des deux premières paires de pattes, le prosternum et le mésosternum sont réduits presque à rien entre ces organes: Le métathorax est très-grand et assez convexe ; ses parapleures me paraissent simples dans toutes les espèces où je les ai examinées.

A l'état parfait, les Psélaphiens ont des habitudes analogues à celles des Staphyliniens. On les trouve, suivant les espèces, dans les détritus des végétaux, sous les vieilles écorces, la mousse; au pied des arbres et des roseaux, sous les pierres, dams les fourmilières et autres endroits semblables. Ce n'est guère qu'à l'entrée de la nuit qu'ils se mettent en mouvement et prennent leur vol, et l’on peut alors se procurer bon nombre de leurs espèces en fauchant avec un filet sur les hérbes des prés. Leur nourtilüre, sar laquelle on a été quelqué temps dans l'incertitude, est décidément animale, et consiste en Acakus ef autres trèspetits animaux analogues qui fréquentent les mêmes endroits qu'eux. Les CLavicer font cependant exception à cet égard, ainsi qu’on le verra plus loin.

(1) Boston Journ. of nat. Hist. VI, p. 104. C’est le dernier segment qui semble s'être divisé en deux, et, ainsi que Je fait observer M. J. Le Conte, la suture

de séparation est, en général, indistincte dans la région dorsale, tandis mo

voit sans peine à la région opposée. Je la trouve plus distinicte près des bo latéraux qu'au centre de cette‘région dans les espèces que j'ai examinées.

(2) Dans la première édition de son Catalogue, Dejean avait placé la seule espèce d'Evegeorus qu'il possédait alors parmi les Staphyliniens, entre les Euæs+ THETUS et lès Anraoracus, sous le nom générique de SrExosTHRrus,

PSÉLAPHIENS, 161

Les premiers états de ces insectes sont encore inconnus. P. W.J, Müller (1) a seulement décrit et figuré la dépouille de Ja nymphe du Claviger testaceus qu'il avait trouvée dans une fourmilière. Elle ne présente de remarquable que deux saillies dont elle est-munie à sa partie antérieure, et qui sont des fourreaux destinés à loger les antennes de l'insecte parfait.

Les Psélaphiens doivent être répandus dans toutes les parties du globe, et c'est, sans aucun doute, leur petite taille qui est cause que leurs espèces exotiques sont si peu nombreuses dans les collections, Après l'Europe, l'Amérique du Nord est le pays: où la famille est le mieux représentée. On en a découvert également en Afrique, en Colombie, à Cayenne, au Brésil, au Chili et dans l'Australie. Ps

Les anciens auteurs, qui n'ont connu qu'un petit nombre de ces insectes, les avaient confondus avec les SrarayLinus (Linné), les Anrurcus (Fabricius, Panzer, etc.), et la plupart n’en distinguaient pas les Scydménides qui suivent (2). Herbst est le premier qui les ait constitués, sous le nom de Psecapaus, en un genre propre, auxquels Preyssler et Latreille ajoutèrent plus tard ceux de CLavicen et de Cuexnrum. Depuis, les travaux de Leach (5), Reichenbach (4), Denny (5), Schmidt (6), pour ne parler ici que des auteurs spéciaux, ont fait faire des progrès considérables à leur étude. Mais c'est surtout M. Aubé qui a le plus contribué à ce résultat par un double travail dans lequel, outre la description d'un grand nombre d'espèces nouvelles et l'épuration de la synonymie, il a caractérisé les genres mieux qu'on ne l'avait fait avant lui en les augmentant de plusieurs nouveaux (7). Depuis, dans un travail non moins important sur les espèces des Etats-Unis (8), M. J.-L. Le

(1) Gormar, Mag. I, p. 108, pl. 2, f.156c.

(2) Pour l’histoire scientifique de ces insectes, antérieure aux travaux de Latreille, voyez principalement les généralités placées par Reichenbach en tête de sa Monographie citée plus bas , et celles qui précèdent la Monographie dés Scypwænus, par P. W. J. Müller et Kunze, dans les Schrift. d. naturf, Gesellsch. su Leipzig, I, p. 175 sq.

() Zool. Miscell. IL, p. 80, et Zool. Journal, IL, p. 445.

(4 Monographia Pselaphorum ; in-80, Lipsiæ, 1816.

(5) Monographia Pselaphidarum et Scydmænidarum Britanniæ ; in-86, Norwich, 1825.

(6) De Pselaphis Faunæ Pragensis ét anatomia Clavigeri, Diss. inaug. in-8e, Prage, 1836. Cette dissertation est le début en Entomologiesde M. Schmidt- Gœbel, si souvent cité dans la famille des Carabiques pour son remarquable Lravail sur les Coléoptères du pays des Birmans.

(7 « Pselaphiorum Monographia cum synonymia extricata, » dans Guérin, Mag. d. Zool, Ins. 1833, pl. 78-94; et « Révision de la famille des Psélaphiens, » dans les Ann. d. 1. Soc. entom. Série 2, IL, 1844, p. 73 sq. n°! L On the Pselaphidæ of the United States ; » Boston Journ, of nat. Hist,

Coléoptères. Tome LI, 11

ET ES SR. Jatifehihies dé © “X

162 PSÉLAPHIENS,

Conte a augmenté de sept le nombre des genres connus, et proposé une nouvelle classification de la famille qui me paraît préférable à celle de M. Aubé et que j'ai adoptée enlui faisant subir quelques changements (1). Fe

Quant à la place à assigner à ces insectes, personne n'ignore qué Latreille et, à son exemple, Dejcan, croyant qu'ils n'ont que deux articles aux tarses, en avaient fait, conformément au système tarsal, une section à part, celle des Dimères, qu'ils plaçaient à la fin de l'ordre des Coléoptères. Les rapports natarels de la famille se trouvaient ainsi complètement détruits. Ceux qu'elle a avec les Scydménides et les Staphyliniens sont aujourd'hui si généralement sentis qu'il serait oiseux d'entrer dans aucune discussion à cet égard. Quant à ceux que ces insectes ont avec les Anthicides, À la suite immédiate desquels un des entomologistes les plus distingués de notre époques.M. L. Redtenbacher (3), place les Scydménides et la famille actuelle, ils ne sauraient également être méconnus, mais on est obligé de les sacrifier, les Anthicides ne pouvant, ce me semble, être éloignés du vaste groupe des Hétéromères dont ils font partie.

La famille se divise en deux‘tribus très-natürelles :

1. Antennes de onze, très-rarçement dé dix articles. PSÉLAPHIDES. TI. — de six, deux ou un articles. CLAVIGÉRIDES,

(1) M. Aubé est parti du nombre des articles des antennes, puis de la struc= ture des crochets des tarses, pour classer les genres, sans tenir compte dü mode d'insertion des premiers de ces organes autrement que comme caractère générique. M. 3. Le Conte à pris, au contraire, ce mode d'insertion ponr base de St classification, On obtient ainsi deux séries parallèles dans chacune desquelles se* trouvent des genres qui ont aux tarsès deux crochets égaux où inégaux, où an seul crochet. D'un autre côté, je ne puis admettre Fopinion dé M. 3: Be Conte lorsqu'il intercale les Clavigérides dans la série des gentes à antennes rappro* chées à leur base. Ces insectes constituent manifestement un groupe tout-à-faib distinct, ef qui doit être placé en dehors des deux séries en question,

(2) Fauna Austriæ; Die Kæfer. Voyez tome 1, p. XVE, la liste des familles admises dans cet ouvrage. On y voit que M. L. Redtenbacher termine Fordré des Coléoptères par les Hétéromères, les Scydménides, les Psélaphiens, ét, en dernier lieu, les Staphyliniens. Cet arrangement en vaut un autre, et je Wai aucune observation à faire à son égard, si ce n'est cependant que par là cés insectes se trouvent trop éloignés des Siphales, Histériens, etc., avee lesquels ils ont les rapports les plus évidents.

PSÉLAPMIDES. 163

TRBUL PSÉLAPHIDES.

Palpes maxillaires plus ou moins grands, presque toujours de quatré articles, — Antennes de onz6, très-rarement de dix articles. — Seg-

ments abdominaux tous distincts en dessus, — Tête trigoue ow sabrhomboïdale, :

Les vingt-deux genres qui constituent actuëllement cette tribu me pätaisserit dévoit être répartis de la manière suivanté :

Page 1