‹ Histoire naturelle des insectes (volume 4)Chapitre 24 sur 90 · FAMILLE VIII · texte numérisé non relu

FAMILLE VIII

PSÉLAPHIENS.

Menton subquadrangulaire, trongué en avant. — Languette membraneuse, très-petite, souvent confondue avec la base de ses paraglosses; celles-ci très-grandes, divergentes, ciliées intérieurement. — Lobes des mächoires membraneux, aplatis, inermes; ciliés en dedans; l'externe beaucoup plus grand que l'interne. — Palpes maxillaires en général très-allongés, de un à quatre articles ; les labiaux petits, de un à deux articles, — Mandibules, chez presque tous, courtes, larges, denticulées au côté interne, et terminées par une pointe recourbée et trèsaiguë. — Antennes en massue ou subcylindriques, souvent moniliformes. — Elÿtres tronquées, courtes, laissant la majeure partie de l'abdomen à découvert. — Celui-ci à peine mobile, composé de cinq, très-rarement de six segments, tous cornés en dessus. — Hanches antérieures coniques, saillantes, les postérieures transversales, contiguës. — Tarses cylindriques, de trois articles, légèrement pubescents en dessous, terminés par un ou deux crochets simples.

On a vu plus haut que cette famille a le plus inlime rapport avec la précédente et qu’elle n’en diffère même rigoureusement que par le peu de mobilité de l'abdomen. Néanmoins, un grand nombre de caractères s'ajoutent accessoirement à celui-ci, sans parler du facées qui est fort différent.

Les téguments de ces insectes sont épais, solides, souvent pubescents, et leurs couleurs, toujours uniformes, ne varient que du jaune-ferrugineux au brun-noirâtre, avec les nuances intermédiaires. Leur corps, en général fortement atténué en avant, devient presque parallèle chez quelques-uns (Evrcecrus), et se rapproche alors beaucoup de celui de certains Slaphyliniens de petite taille.

La tête, triangulaire ou subrhomboïdale dans la plupart des espèces, allongée et subquadrangulaire chez un petit nombre (Clavigérides), est unie au prothorax par un cou plus ou moins distinct, et porte souvent sur le front un tubercule simple ou bifide, Latéralement elle est munie,

PSÉLAPAIENS. 159

“à peu près dans son milieu, de deux petits yeux composés, arrondis, dont la forme et la grandeur varient à peine, mais qui peuvent disparaître complètement (1). Les antennes sont insérées très en avant, tantôt sur le tubercule dont il vient d’être question, tantôt sur les côtés du front. Ces organes sont le plus souvent robustes et jouent, par suite des nombreuses modifications qu'ils éprouvent, un grand rôle dans la caractéristique des genres. £

Les organes buccaux sont, au contraire, d'un faible secours pour la classification (2), sauf les palpes maxillaires chez les Psélaphides proprement dits (5). Ces organes sont très-apparents, et quand ils se composent de quatre articles, ce qui est le cas ordinaire, le premier est constamment très-petit et difficile à découvrir; s'il y en a trois seule ment, le premier est tantôt très-réduit également (Cnennium), tantôt très-grand (Cenrnoroma); mais presque toujours, le dernier porte un pelit appendice membraneux, simple, parfois double, implanté sur son extrémité. Les palpes labiaux dans les mêmes Psélaphides, n'ont jamais que deux articles, dont le premier très-pelit ; le second rie varie presque pas dans sa forme et porte également un ou deux appendices le

plus souvent sétiformes (4).

"Le prothorax est cordiforme, ovalaire ou subeylindrique, et un peu plus étroit à sa base que l'arrière-corps. L'écusson est excessivement petit et en général indistinct. Malgré leur brièveté, les élytres recouvrent des ailes propres au vol qui ne manquent que rarement et le plus

(1) Dans trois genres : Awaunors, CLavicer et Apnanes. M. H. M. Schmidt (De Pselaph. faun. Pragens. p. 38, Tab. I, f. 3) a découvert et figuré chez le Claviger teslaceus deux petits corps noirs situés sur la partie supérieure du front, et qu'il regarde comme des stemmates. J'ai fait de vains efforts pour les découvrir, el, sans nier absolument déur existence, celle-ci me parait douteuse et demander un nouvel examen, :

(2) On doit savoir up gré infini à M. Aubé, vu l'extrême difficulté d'observer de si petits objets, d’avoir figuré (Ann. d. 1, Soc. ent. Série 2, IL, pl. Ill) les parties de la bouche de presque tous les genres alors connus. Mais il suffit de jeter un coup-d’œil sur ces figures pour voir que le menton, la languette, les palpes labiauxs les mâchoires, les mandibules, et même le labre, quoiqu'il varie un peu plus, ne présentent pas des différences assez sensibles pour être employés dans la caractérisque des genres. Aussi, dans les formules génériques qui suivent, ne sera-t-il question que des palpes maxillaires.

(3) Chez les Clavigérides ces palpes ne sont connus que chez les CLAviGER, et Punique article dont ils se composent est à peine visible.

(4) Quelques dissentiments ont eu lieu parmi les entomologistes au sujet du

nbre des articles de ces organes. Ainsi Erichson avait, dans l’origine (Die

£. 4. Mark Brand. 1, p. 263), regardé comme un article le petit appendice terminal dont il s'agit, d’où résultait que les palpes maxillaires eussent eu cinq arlicles et les labiaux trois. Voyez, à cet égard, les observations de M. Aubé (Ann, d. 1. Soc. ent. Sér. 2, IL, p. 75). Depuis, Erichson (Arch. 1846, IL, p. 99) à reconnu que M. Aubé avait raison,

Page 1