LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET, RUE HAUTEFEUILLE, 12, F
SR RS | ns -s css an à 7". n° dm né
FAMILLE Vi.
PAUSSIDES.
Bouche inférieure. —Languette cornée ou coriace, en général grande. — Palpes robustes, saillants. — Tête subtriangulaire, munie d'un col postérieurement. — Antennes de deux à dix articles , très-robustess tous, moins le premier, formant une massue de forme variable. — Elytres parallèles, tronquées en arrière, ayant près de leur angle apical externe une papille tuberculiforme. — Hanches antérieures et intermédiaires globuleuses , très-rapprochées : les postérieures fortement transversales, contigués ; tarses de quatre ou cinq articles, simples. — Abdomen composé en dessous de quatre segments : le premier et le dernier très-grands; les deux intermédiaires courts, égaux.
Peu de familles présentent autant d'intérêt que celle-ci, malgré le nombre restreint de ses espèces. Elles offrent en effet, surtout dans les parties de la bouche et les antennes, des particularités forbsingulières.
Lataille de ces. insectes-variesordinairement de deux à quatre lignes de long; un petit nombre dépassent ces dimensions, et le plus grand qu'on ait découvert jusqu'ici (Cerapterus Smithit) atteint à peine huit lignes. Leurs téguments sont solides et presque toujours glabres. Leur Corps, pris dans son ensemble, forme un carré plus ou moins allongé, tronqué en arrière et légèrement atténué en avant; quoique assez épais, il est plane ou très-peu convexe en dessus. Leur couleer générale est d’un bronrougeâtre plus ou moins clair ou d’un fauve testacé: des taches noires ou jaunes relèvent parfois, mais assez rarement, celte livrée monotone.
Le genre Hycoronus est le seul où la tête soit engagée dans l’ouverture antérieure du prothorax et aussi large en arrière que cette partie du corps. Partout ailleurs elle est triangulaire, très-rarement quadrangulaire, et brusquement rétrécie postérieurement en un col étroit, court et cylindrique. Son bord antérieur est comme tronqué ou trèsobtus et porte à sa partie supérieure les antennes, qui sont ainsi terminales,
Ces organes frappent, au premier coup-d'œil, par leur grosseur relative et les formes presque toujours singulières qu'ils affectent. Le
Coléopières. Tome IN. 1
NE 0 TE TEE NAN PEUT OREOR
Lhù ls bu Ga Dé] Lé ra
2 PAUSSIDES,
nombrè de leurs articles est de dix, six ou deux (1). Le premier est toujours petit ou médiocre, et, quand il y a plus de deux articles, tous les autres deviennent subitement transversaux, très-larges, et forment ainsi une énorme massue qui paraît portée par un court pédoncule. Lorsqu'il n’en existe que deux, cette massue est constituée par le second article seul, et c'est dans ce cas qu’elle prend les formes les plus bizarres.
Les yeux sont latéraux, arrondis, en général grands et souvent globuleux. Les HyLororus seuls les ont petits, oblongs, déprimés, et, par une exception également unique, ils portent sur le vertex feux pelits tuberéules qui, selon toutes les probabilités, sont des yeux simples.
La bouche est située à la face inférieure de la tête, au lieu d’être terminale, comme de coutume, et ses palpes qui sont en général pendants, l’emportent sous le rapport des dimensions sur toutes ses autres
, parties.
Le menton est peu développé, transversal et parfois (Lenronenus, Paussus) soudé avec la base de la tête, ce qui a fait dire à Latreille qu'il n'existait pas dans l’espèce disséquée par lui (2). La languelte est en général grande et dépasse: fortement le menton; celle des Paussus paraît même fermer la cavité buccale en dessous. Les palpes labiaux sont situés au-devant d'elle et prennent naissance à sa base (5). Ils se composent, comme chez les autres Coléoptères, de trois articles, mais leurs supports le plus souvent ne font pas corps avec la languette et sont par conséquent libres; seulement ils se soudent assez souvent et plus ou moins complètement ensemble. Les mâchoïres sont remarquables par leur pelitesse comparativement aux palpes qu'elles supportent, et ne se laissent pas ramener facilement au type d'après lequel elles sont construites chez les autres Coléoptères (4). Les palpes maxillaires se com-
(1) Dans la plupart des genres il existe, à l'extrémité supérieure du premier, untrès-pelit article globuleux qui y est souvent comme enfoui. Si l'on en tient compte, les anténnes ont un article de plus ; mais cé n’est très-probablement qu'un petit nœud articulaire quiappartient au sécond, et qui remplit les mêmes fonctionsique le mœud analogue qui existe à la base du premier chez tous les Coléoptères. D
(2) Le Paussus microcephatus; voyez Gener, Crust, et Ins. IE, p. 2.
(3) D’après M. Westwood (Arcan. ent. If, pl. 50, £ 5 ef), le Cerapterus Hopii ferait exception à cet égard; ses palpes labiaux sont situés derrière la languette. d
(4) N'ayant à ma disposition que des exemplaires qui ne m’appartiennent pas; et dont la dissection m'est interdite, je ne puis parler plus longuement de ces organes. Mais voici l’idée que je m'en fais d’après ce qu'en dit M. Westwood et les figures qu'il en donne. ;
Leur corps n’est composé que de trois pièces auxquelles s'ajoute rarement un appeudice styliforme. La première, basilaire, sert à l'articulation de la mâchoire avec la tête, et correspond, par conséquent, à l’articulaire (cardo). Vient ensuite la seconde, très-variable sous Je rapport de la forme, de la grandeur, de
PAUSSIDES, : : 3
posent de quatre articles dont le 2e est très-développé dans la plupart des genres: Les mandibules sont petites, falciformes, très-aiguës au bout, souvent unies ou bidentées en dedans, et leur base interne est fréquemment munie d’une large saillie coriace ou cornée. Le labre est corné et sa forme ordinaire est celle d'ün triangle fortement arrondi en avant où d’ün demi-cercle.
Le prothorax varie assez sous le rapport dé la forme, mais son caractère principal consiste à être plus ou moins manifestement divisé en deux portions, l’une antérieure, l'autre postérieure. Il ya toujours un écusson qui est petit et situé, dans le plus grand nombre des cas, en dehors des élytres sur le pédoncule-du mésothorax. Les deux replis tuberculiformes qui existent près des angles externes de l'extrémité des élytres et qui rappellent complètement ceux des Ozæxa, ne sont pas!
ses rapports, et qui ne jouit d'aucun mouvement propre, Très-petite chez le Platyrhopalus denticornis (Westw. Arcan. ent. pl. 68, f, 1 e- +), elle est située dans cefte espèce à l'angle supérieur interne de la précédente et porte la troisième pièce, san$ avoir aucune relation avec le palpe maxillaire. Chez le Cev'aplerus Hopei (Westw. loc. cit. pl. 50, £. 5 d T), elle s'agrandit beaucoup, est irrégulièrement quadrangulaire, s'articule bout à bout avec le cardo, et porte le palpe. La troisième pièce s'articule à la fois avec ce dernier et avec elle. Chez le Pentaplatarthrus paussoïdes (Westw. loc. cit. pl. 58, f. 2 c), elle est encore plus grânde, allongée, subeylindrique, et porte le palpe ainsi que la troisième pièce, qui n’a plus de rapports avec le cardo. Cette seconde pièce joue ainsi le rôle de la palpigère dans les deux derniers cas, Dans le premier, elle pourrait peut-ètre se comparer à la pièce dorsale (séipes), qui serait devenue intérieure, et aurait, vu sa petitesse, perdu ses relations avec le palpe. La troisième pièce, d’après sa position, qui la destine évidemment à agir sur les aliments, ne peut être que le manñdo. Ëlle est toujours cornée, et ses formes peuvent se rapporter à trois types. Dans le premier, elle est très-petite, subovale à sx basespuisrétrécie,-argnée et aigniesomextremiteqapluparetesespeees). Dans le second, elle est carrée, profondément échancréo au côté interne avant son extrémité, ce qui fait que celle-ci se termine par un crochet fortement recourbé (PLarynHoraLus), Enfin, dans la troisième, elle forme une grande et large lame arrondie en avant, tantôt inerme (Cenaprenus), tantôt munie de quelques petites dents (PENTAPLATARTURUS).
Quant à l’appendice styliforme, qui n’a été observé jusqu'ici que chez deux espèces (Plafyrhopalus denticornis et Mellyi), c'èst une petite tige grêle, mobile, placée sur le dos de la troisième pièce, près de sa base, et qui peut se loger dans un sillon de celle-ci. Ainsi que l'a dit M. Burmeister (Mag. d. Zool. Ins. 1841, pl. 76), c'est, sans aucun doute, l’analogue du palpe maxillaire interne des Carabiques, ou, ce qui revient au même, du lobe externe des Coléoptères en général. H achève de prouver que la pièce avec laquelle il s'articule est bien le mando.
Il résulte de là que, dans la presque totalité des cas, les Paussides n’ont pas de lobe externe aux mâchoires, que le lobe interne lui-même manque, à proprement parler, lorsque le #and0 n’est pas términé en crochet; enfin que leurs mâchoires, prises dans Ieur ensemble, ne ressemblent à celles d'aucun autra groupe de Coléoptères,
TLC CO De
Dee ne, de RE RS D ÉRS LS,
p: x bAUSSIDES,
seulement, comme dans cè dernier genre, des $aillies dé ces organes: Suivant un observateur récent, M. le capitaine Boys (1), leur structure serait papilleuse et chacun d'eux recouvrirait un appendice membraneux, allongé, attaché au bord supérieur externe de l'abdomen, qu’on peut relever et déployer en partie à l'aide d’une épingle, mais qui retombe et s’affaisse sur lui-même aussitôt qu’on le laisse en liberté. Lorsqu'on touche les tubercules extérieurs, ces appendices émettent un fluide laiteux, jaunâtre, ayant l'aspect du pus, qui se répand rapidément sur la
partie postérieure des élytres et devient granuleux en se desséchant. |
Son émission peut se répéter plusieurs fois et est accompagnée d'une faible odeur acide. ‘
Les pattes sont courtes et égales entre elles. Les hanches antérieures sont situées à une assez grande distance du bord postérieur et inférieur du prothorax qui est coupé carrément, de sorte que leurs cavités co= tyloïdes sont largement fermées en arrière. Les trochanters ne sont pas situés dans l'axe des cuisses, mais obliquement, et les postérieurs font une saillie presque aussi forte que chez les Carabiques. Les cuisses, ainsi que les jambes, sont toujours comprimées et souvent très-larges. Les cinq articles des tarses sont généralement bien distincts, courts et serrés; ilest de règle que le premier soit très-petit et un peu saillant en dessous. Celui qui porte les crochets est assez grand, et les crochets euxmêmes sont médiocres, toujours simples et très-aigus.
Le mésosternum est presque réduit à sa portion transversale et envoie à peine une courte ct étroite saillie entre les hanches intermédiaires. Le métasternum est très-grand et ses parapleures sont simples. Le dernier arceau dorsal de l'abdomen forme un court pygidium, que les élytres laissent plus ou moins à découvert. Les quatre arceaux de l'abdomen varient à peine d'une manière sensible dans leurs proportions relatives indiquées plus haut, du moins chez les espèces que j'ai examinées.
Les habitudes des Paussides sont aujourd'hui suffisamment connues (2) et expliquent leur rareté extrême dans les collections, jusque dans ces derniers temps. On en a pris le soir dans les maisons où la lumière les avait attirés, et pendant le jour, au vol, sur des plantes, des amas d'engrais et sous les écorces. Mais ces rencontres ne sont, en quelque sorte, que des faits exceptionnels. Ces insectes vivent habituellement dans le sein de la terre, sous des pierres ou dans les nids des fourmis,
(1) Journal of the Asiatic Society of Bengal, New Series, n° 54; jo ne connais ce travail que par les extraits qui en ont été donnés dans divers ouvrages. Voyez surtout Westwood, Arcan. ent. IL, p. 166 sq.
(2} Voyez Afzelius, Trans. of the Linn. Soc. IV, p. 261. — Boys, loc. cit. — Benson, Trans. of the ent. Soc. V, p. 30. — Gueinzius, Stettin. ent. Zeit. 1851, p. 227; traduit en anglais dans les Proceed. of the ent. Soc, 1851, p. 105. — M. WestWood a donné successivement un résumé de toutes ces observations dans ses divers mémoires sur la famille indiqués plus bas,
ie rh
tua ss tn ce dt ne à roms tr mnt it d à de tn. | + er
Het PAUSSIDES, à ÿ
et sont nocturnes. Quant à leurs allures, Afzelius, qui les a observées le premier, avait déjà fait connaître qu'ils se laissent tomber en se posant, restent un moment comme étourdis, puis se mettent à marcher à pas lents, mais soutenus. A ces observations M. Boys ajoute que ces insectes déploient une agilité extraordinaire quand ils volent, leurs ailes
inférieures étant relativement très-grandes. Lorsqu'ils s'arrêtent, ils le’
font si brusquement, et replient leurs ailes sous les élytres avec tant de rapidité qu'ils paraissent être tombés dans l'endroit où ils se posent. Ils restent quelque temps immobiles avant de se mettre en marche; ce dernier mode de locomotion est aussi lent que l’autre est vif. Les antennes sont alors dirigées en avant, et l'animal leur imprime de temps en temps un mouvement oscillatoire dans le sens vertical.
Rien n'a confirmé jusqu'ici l'observation que Afzelius croyait avoir faite sur le Paussus sphærocerus, d'après laquelle la massue des antennes aurait été phosphorescente dans l'obscurité. Mais un fait qui avait échappé à cet auteur et qui a été mis hors de doute par des observalions réitérées, c'est que ces insectes possèdent la faculté crépitante comme les Bracninus et les Ozæna de la famille des Carabiques: Le fluide vaporisable qu'ils émettent a, comme s’en est assuré M. Boys, absolument la même odeur et les mêmes propriétés que celui des deux genres en question.
Ce qu'on sait des premiers états des Paussides est dû à Erichson (1), qui a décrit comme appartenant à cette famille une larve trouvée par lui, accolée à un Pauwssus, qui faisait partie d'une collection provenant de Mozambique. Il y a par conséquent quelque doute sur la question de savoir ‘si elle appartient réellement au groupe actuel; mais cela est très-probable. La description qu'en donne Erichson peut se résumer ainsi : ni
Le corps de cette larve est assez court et se rapproche, par sa forme cylindrique et déprimée, de celui des larves des Histérides ; mais tous ses segments sont revêtus d une peau coriace, solide, et garnis de longs poils redressés.
La tête est horizontale, déprimée, en carré transversal, avec le front excavé et prolongé en une saillie plane qui s’avance"entre les mandibules. Il n’y a pas d'épistome distinct ni de labre, La bouche est fermée inférieurement, comme chez les larves des Carabiques, Staphyliniens, Histérides, ete. Le menton ne consiste qu'en un petit renflement membraneux, et la languette manque, de sorte que la lèvre irférieure n'est, à proprement parler, composée que des supports des palpes, qui sont soudés ensemble. Les palpes labiaux eux-mêmes sont formés de deux
(1) Dans ses Archiv., 1847, 1, p. 275 ; cette description a été reproduite par NM. Chapuis et Candèze, Mém. d. 1. "Soc. d. Se. d. Liège, VII, p. 422. — D’après une indication de %. Westwood (Proceed. of the ent, Soc, 1837, p. 104), il paraît que M. Boys a décrit les métamorphoses du Paussus bifasciatus dans Je Journ. of the Asiat. Soc. of Bengal, loc. cit.