‹ Histoire naturelle des insectes (volume 4)Chapitre 34 sur 90 · SILPHA · texte numérisé non relu

SILPHA

Liné, Syst. nat. II, p. 569 (1).

Menton transversal, un peu rétréci en avant; son bord antérieur coupé carrément ou arrondi. — Languette cornée à sa base, membraneuse en avant; son bord antérieur plus ou moins échancré. — Lobe in: terne des mâchoires terminé par une dent cornée, lexterne par une touffe de poils. — Dernier article des palpes subcylindrique ou ovalaire. — Mandibules courtes ou un peu saillantes, robustes, droites, puis arquées et plus ou moins fendues au bout. — Labre très-court, échancré ou fissile en avant. — Tête beaucoup plus étroite que le prothorax, pelite, penchée, plus ou moins allongée et carénée transversalement entre les yeux; épistome échancré.— Yeux assez grands, oblongs, subtransversaux. — Antennes terminées par une massue de trois à cinq articles, de longueur et de forme très-variables. — Prothorax grand, largement foliacé sur ses bords , recouvrant la base des élytres. — Ecusson trèsgrand, en triangle curviligne, aiga au bout. — Elytres de forme variable, entières ou tronquées aù bout, plus ou moins rebordées sur les

® côtés. — Pattes assez longues; hanches antérieures très-saillantes ,

contiguës, les intermédiaires plus courtes, distantes, rarement rapprochées ; jambes un peu élargies au bout, plus ou moins carénées et

interruptus, Stephens, I. of Brit. ent, II, p. 18, pl. 16, £. 2. — interruptus {interruptus ? Stephens), Brullé, Expéd. de Morée, Ins. p. 160. — Esp. asiatiques et sibériennes : N. nigricornis, Fald. Faun. ent. Transc. I, p. 217. — morio, Gebler, Mém. d. Mosc. V, p. 319. — Zunatus, frontalis (germanicus var.), particeps, sulcatus, Fischer de Waldh. Bull. Mosc. 1844, p. 40. — Esp. de l’Amér. du Nord : N. grandis, mediatus, velutinus, marginatus, Fab. Syst. EL. I, p. 334. — orbicollis, Say, Journ. of the Acad. of Philad. V, p. 177. — pustulatus, Herschell in Ilig. Mag. VI, p. 271 note. — quadrisignatus, Sayi, Casteln. Hist. nat. d. Col. Il, p. 1. — hebes, obscurus , Melsheimeri , Hallii (orbicollis Say), pygmœus, Kirby, Faun, Bor. Amer. p. 96. — nigrita, maritimus, Manh. Bull. Mose. 1843, p. 251. — defodiens, Manh. ibid. 1846, p. 513. — bicolon (pustulatus Herschell), Newm. The ent. Mag. V, p. 385. — guttula, Motsch. Bull. Mosc. 1845, I, p. 53. — Zunatus, J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. 1853, p. 277. — Esp. de l’Amér, du Sud : N. didymus, scrulator, Brullé in d’Orb. Voy. Ent. p. 73.

M. Matzek avait commencé une Monographie de ces insectes, mais il n’en à paru que la première partie, sous le titre de : « Necrophororum Monoôgraphiæ particula prima. Diss. in-80. Vratislaviæ, 1839. » Elle contient une description détaillée du squelette et du canal intestinal.

(1) Syn. Necnoves (Wilkin), Leach, Zool. Miscell. Il, p. 87. — Orceproma, TaaNaropmiLus, Puospuuca, Leach, ibid. If, p. 74. — Dramesus, PromapmiLa, Necropora, Hope, The Col. Man. I, p. 149.— Necrorua, Kirby, Fauna Bor. Amer. p. 102. — Pezris, Geoffroy, Ins. d. env. d. Paris, J, p. 117.

pcs

BiLominrs, 901

k épineuses sur leurs côtés ét leur.tranche dorsalé, términées par deux épines; tarses antérieurs et parfois les intermédiaires dilatés chez les mâles. — Corps de forme variable, glabre en général, ailé.

Ce genre bien connu des entomologistes, se compose d'insectes d’assez grande taille, généralement noirs, sauf sur le prothorax qui est sujet à devenir d'un rouge fauve, et médiocrement agiles dans leurs mouvements. Ils se trouvent dans les champs sous les pierres, ou sous les écorces, les mousses, dans les endroits obscurs, et surtout dans les cadavres dont ils font principalement, mais non exclusivement, leur nourriture (1). Tous exhalent une odeur fétide èt lorsqu'on les saisit, rendent par la bouche et l’anus un fluide noirâtre non moins désagréable. Cette puanteur est le résultat de leur genre de nourriture, car, ainsi que l’a fait remarquer Olivier, les individus qui viennent de subir leur dernière métamorphose sont inodores. Quand on les inquiète, ces insectes fléchissent la tête, donnent une certaine rigidité à leurs pattes, sans les contracter, et restent ainsi immobiles pendant quelque temps.

Les modifications que subissent les antennes, le prothorax et les élytres, ont donné lieu à l’établissement de genres assez nombreux, tous dus aux entomologistes anglais et que ceux du continent ont, avec raison, considérés comme de simples sections. On peut les partager en deux divisions.

Dans la première, qui les comprend presque tous, les hanches intermédiaires sont écartées entre elles.

En tête, on peut placer le genre Dramesus de M. Hope qui fait, jusqu'à un certain point, par la forme et le système de coloration de ses élytres, le passage entre les Necropnonus et les Necropes qui suivent, Il ne comprend qu’une belle espèce du Bengale, le Necrodes osculans de Vigors (2).

Les Necropes de Leach, se reconnaissent à leur corps allongé et plane , leurs antennés terminées par une massue lâche de cinq articles, leur prothorax suborbiculaire, leurs élytres fortement tronquées au

(1) On sait que le $. 4-punctata vit exelusivement sur les arbres et se nourrit de chenilles. Le S. afrata qu’on rencontre fréquemment sous les mousses et les écorces à probablement, en partie, des habitudes analogues. Le S. lapponum ainsi que Linné l’a fait connaître (Lachesis Lappon. p. 152) se trouve abondamment dans les huttes des Lappons et vit aux dépens de leurs provisions de poissons séchés. Le S. Zævigata, d'après une observation de M. Hope (Westwood, An Introd. to the mod. classif. of Ins. I, p. 136), dévore avec avidité les Heliæ. Enfin, suivant M. Mulsant (Ann. d. 1. Soc. ent. 2e série, IX, Bull. p. LIX), les larves de quelques espèces se nourriraient d’herbe. Une observation analogue a été faite par M. Strubing (Stettin. ent. Zeit. 1842, p. 37 note) sur celle du S, reticulata, et par M. Guérin-Méneville (Ann. d. 1. Soc. ent, sér. 2, IV, Bull. p. LXXI) sur celle du Sipha opaca.

(2) Zool. Journ. I, p. 537, pl. 20, £. 2.

Eu ’

202 SILPHALES,

bout et leurs stigmates prothoraciques visibles, comme dans un gai nombre de Slaphyliniens (1). On n’en connaît que déux espèces (2).

Des stigmates prothoraciques semblables obligent de placer à la suite des Necnones, le genre Necrosora de M. Hope, établi sur le S. americana F grande et belle espèce des Etats-Unis, retiarquable par sa forme orbiculaire, son prothorax largement Iobé à sa base, el ses élytres tronquées et arrondies au bout; mais ses antennes sont plus courtes et à articles plus serrés.

Le genre Prowarnica du même, aux antennes et à la forme allongée des Nechopss, réunit un prothorax transversal, échancré en avant, des élytrés recouvrant en entièr l'abdomen et présentant dé gros tub cules allongés. Le type ést le S. FAIÈR dé Schrebers,. belle espèce de l'Australie (5).

Lés Oicrproma de Leach sont Mbnttuises par leur corps oyalaire, déprimé en déssus, leurs anténniés courtes, tertninées par une massué plus ou moins brusque, de quatre articles, et léür prothürax transversal, échancré où non. La plupart ont leurs élytres entières à l'éxtrérnité (4); chez un petit nombre, elles sont troriquéés (8).

(1) Ce caractère, signalé pour la première fois par M. Schiædte (Germar, Zoitschr. V, p. 475) est très-exact; je l'ai cherché vainement dans tous les autres Srzrra, à l'exception du seul 's. americana, où il se retrouve, comme fe le dis dans le texte. D'après cela et quelques particularités anatomiques qui existent dans le canal intestinal et les ovaires, M. Schiædte pense que le genre Necrones devrait être conservé ; mais alors il faudrait lüi réunir le genre Necrosona dé M. Hope, dont la fofme générale ‘et les antennes sont très-différentes.

(2) S.littoralis F., d'Europe, et surinamensis F., de l'Amérique du Nord. Le S. livida de Fabricius et le Necrodes simplicipes de Dejean ne sont qué des variétés du premier.

Dejean, dans son Catologue (éd. 3, p. 132), a réuni aux Necropes des espèces de V'Amérique intertropicale qui n’ont rien de commun avec ces insectes et s’en distinguent, outre leurs stiÿmates prothoraciques invisibles, par leur prothorax transversal et échancré en avant, leurs élytrés éflières et souvent épineuses à l'angle sutural. On en connaît six en ce moment :

S+ cayennensis, lineatocollis, Casteln. Hist. nat. d. Ins. IL, p. 5. — S: apicalis, erythrura, discicollis, Brullé in d’Orb. Voy. Ent, p. 74; de l'Amérique du Sud, ainsi que les deux précédents. — Necr. analis, Chevrôl. Mag. d. Zool. ns. 1843, pl. 107; du Mexique. — Necr. Gayi, Solier in Gay, Hist, de Chile, Zool. IV, p. 359; du Chili.

(3) Schrebers, Trans. of the Linn. Soc. VE, p.19, pl. 20, f. 5. ILy en a dans leg collections une seconde espèce du mêmé Pays; dont je posséde les deux sexes, et qui est très-distineté; je né sache pas qu'on l'ait décrite.

(4) 8. horacica, 4-pwictala, Opaca, rugosa, tomentosa, F., ete. d'Europe; intwqualis, Marginalis F., des Etats-Unis.

(3) Par ex. ? S. ter ia Hümmel, Essais ent, n° IV, p. 59 (S. sibirica, Gebler in Ledeb. Reise, Ins. p. 96 ; subsinuala, Dey. Cat.). J'en possède une espèce, remarquable et inédite, du Mexique.

SILPHIDES, 203

Leach en distingue, sous le nom de TrawArobmLos, les espèces qui ont leurs élytres échancrées à leur éxtrémifé, au moins chez les fe: melles (1):

Il réserve le nom de Sicrwa, à à cell s dont le corps également ovalaire est plus ou moins convexe, et dont les antennes assez longues, grossissent inserisiblement jusqu'à leur extrémité, sans former de massue proprement dite (2). C’est le groupe le plus nombreux.

Là seconde division caractérisée par des hanches intermédiaires presqué contiguës, ne comprend que le genre Prosrnuéa de Leach, qui à la tête plus allongée que dé coutume, le Fois ample et démi-cireulaire en avant, enfin le Corps ovalaire et convexe des Sion (3). Par suite du rapprothement des hariches intérmédiaires, ces insectes foïit le passage avec les Necnopnrus qui süivent.

Les SiLPuA décrits jusqu'à ce jour s'élèvent à près d'une soixan= tainé (4). L'hémisphère boréal dans les deux conlinents est Surtout riche en espèces dé ce genre ; il n'y en a que fort peu das les régions intertropicales, et leur multiplication y est peu abondante.

(1) S: sinuata, dispar, lapponica, F:, d'Europe ; le dernier se retrouve aussi aux Etats-Unis.

(2) S. carinata Herbst, granulata O1., nigrita Creutz., alpina Bon, | tristis Dlig., obscura L!, lævigata F., ete. d'Europe : punctulata O1., du Cap.

(3) S. 1 F:, atrata Qie dE. Les antennes varient dans ce groupe ; celles de la première de ces espèces sontconstruites comme chez les SiLpnA; dans la seconde elles sont plus grêles et te ées par une petite massue pérfoliée de trois articles. Leach a placé le lœvigata parmi ses Sirpna. Son Phosph.subrotundata (Zool. Miscell. LL, p. 75) paraît n'être qu'une variété du second, — Le Phosphs orientalis de M. Brullé (Expéd. de Hair Ent. 1 161) est un SILPHA,

(f) Aux espèces citées dans les notes précédentes, aj. SE. fred q S. unicostata, Casteln, Ann. d, 1. Soc. ent. I, p. 400.— gibbe, Brullé, Expéd. de Morée, Ent. p. 162. — hispanica, alpicola, Küster, Die Kæf. Europ. XVII, 26, 27; Oicept. ruficornis, vestita, S, italica, dalmatina, lugens, carniolicæ, oblonga, XXII, 11, 12, 15, 17, 18, 19, 22 ; turcica, XXII, 16. — Souverbii, L. Fasrm. Ann. d. 1. Soc. ent. Sér. 2, VI, p. 168. — Esp. africaines : S. mutilata, Casteln, Hist. nat. d. Col. I, p. 5. — micans, Fab. Syst. EL. I, p. 337. — figurata, tenuicornis, Brullé in Webb et Berthel. Canar. Ent. p. 59, pl. 2, f 10, 11. — puncticollis, tuberculata, Lucas, Explor. de l’Algér. Ent. p. 213. — Esp. asiatiques et sibériennes : S. sericea, Zoubk. Bull. Mosc. éd. Lequien, P. 306. — costata, striola, intricata, Ménétr, Cat. rais. p. 167.— nitida, cribrata, verrucata, Fald. Faun. ent. Transe. 1, p. 220. — alfaica, bicarinata, sibirica, Gebler in Ledeb. Reise, Ins. p. 94. — mongolica, sculptipennis, Fald. Col, ab “ill. Bungio, ete. p. 29. — armeniaca, Kolenati, Melet. ent.V, p. 50. — alropurpurea, per ‘forata, Küster, Die Kæf, Europ. XXH, 14, 16. — Esp. indicnnes : S. choropiera, Gasteln. Ann. d. 1. Soc. ent. P. 400 (tetraspilota, Hope, Trans. of the Zool. Soc. I. p. 93, pl. 13, £. 3). — ioptera, Kollar u. L. Redtenb. in Hügels Kashmir, LV, 2, p. 519: — Esp. de l’'Amér. du Nord : S. cau-

hére.: Lit tel fie doses LE DL de nn à ré Éd na: PA

904 SiLbHAteS, ,

Leurs larves (1) sont plus ou moins ovales. Leuf têté cornée, petite, fléchie, peu convexe en dessus, plate en dessous, porté deux antennes de quatre articles, assez longues, et, de chaque côté, six ocelles divisés en deux groupes, l’un supérieur de quatre, l’autre inférieur de deux, Les parties de la bouche consistent en un menton sinué en avant ; une languette membraneuse, bilobée, portant deux palpes de deux articles; des mâchoires assez fortes, terminées par un seul lobe muni à son extrémité externe d'une touffe de poils et denticulé en dedans; deux palpes maxillaires de quatre articles; des mandibules fortes, aiguës et bifides au bout; enfin un labre grand, saillant et bilobé. Les segments thoraciques et abdominaux sont charnus en dessous et recouverts en dessus d'écussons cornés qui débordent plus ou moins leurs côtés et se recourbent en arrière à leur extrémité; le dérnier segment est obconique, muni d'un prolongement anal et. de deux appendices bi-articulés. Les pattes sont courtes, avec des hanches très-développées et des tarses composés d'un seul article portant un crochet très-grand. Les stigmates sont à l’état normal.

Ces larves sont aussi agiles que les insectes parfaits, et se trouvent assez communément dans les mêmes lieux que ces derniers. Après avoir changé quatre fois de peau, elles s’enfoncent dans le sol et s'y changent en nymphes. Celles-ci sont aussi vives que les larves et capables de marcher quand on les excite. L'insecte parfait éclôt du dixième au qualorzième jour, selon la saison.

data (lapponica L.), PT. À truncata, Say, Journ. of the Acad. of Philad. UE, p. 192. — Oicept. trituberculatum, terminatum, affine, canadense, Kirby, Faun. Bor. Amér. p. 101 ; les trois derniers correspondent au S. americana L. — cervaria (ramosa Say), californica (S. lapponica L.), Manh. Bull. Mosc. 1843, p.251. — Oicept. granigera, Chevrol. Col. du Mex. Cent. I, fasc. 1.

Pour l’histoire scientifique du genre, voyez R. Schmidt, Silpharum Monographiæ particula prima, Diss. in-80, Vratislaviæ, 1841. — Pour les espèces décrites par Linné et vérifiées sur sa collection, Schaum, Stettin. ent, Zeit. 1847, p. 317. — M. Küster (Die Kæf. Europ. XXII) a donné un tableau analytique des espèces européennes.

(1) On en convait déjà un assez grand nombre, à savoir celles des S. littoralis, thoracica, rugosa, obscura, orientalis, alpinu et atrata. Les meilleures descriptions qui en aient été données sont celles de M. O0. Heer, Observ. ent. p.24, Tab, IV, À (S. alpina), Erichson dans ses Archiv. 1841, I, p. 101 (description générale), et J. Sturm, Deutsch]. Ins. XIII, pl. 269, £. p q (S. obscura). Pour les autres auteurs, voyez Chapuis et Candèze, Mém. d. 1, Soc, d. Sc. d, Liège, VIL, p. 391.

SiLPHiDES 208

NECROPHILUS.

Larr, Règne anim. éd, 2, IV, p. 500:

Genre très-voisin des Sizexa, en particulier du S. atrata, mais présentant les différences suivantes : d

Languette un peu plus échancrée. — Lobe interne des mâchoires inerme à son extrémité. — Palpes plus filiformes. — Mandibules simples au bout. — Antennes médiocres, assez robustes, à articles 3 presque aussi long que le 4°, 2-6 submoniliformes, 7-11 formant une massue graduellement élargie et assez serrée. — Prothorax transversal, rétréci et échancré en avant, coupé carrément à sa base. — Hanches intermédiaires contiguës; les quatre 4ers articles des tarses antérieurs et intermédiaires un peu dilatés chez les mâles. :

L'espèce typique, N. subterraneus (1), est longue de 3 lignes, d'un brun-marron brillant, et plus particulièrement propre à l'Europestempérée et australe, mais fort rare partout. On la trouve dans la terre, les champignons et les coquilles vides des Hélix. Une autre, beaucoup plus grande, a été découverte par Eschscholtz, à Sitkha, sur la côte nord-ouest de l'Amérique (2).

PTEROLOMA.

Gyicu. Ins. Suec. IV, p. 418 (3).

Menton transversal, un peu rétréci et tronqué en avant. — Languette cornée à sa base, membraneuse dans Je reste de son étendue, échancrée en triangle aigu; ses lobes arrondis. — Lobes des mâchoires déprimés, larges, ciliés, l’interne muni d’une petite dent cornée. — Palpes labiaux à 4er article petit, 2e plus long, un peu en massue, 3e plus

(1) Sipha subterranea, Dabl in Illig. Mag. VI, p. 362.

(2) N. hydrophilioides, Manh. Bull. Mosc. 1843, p.253; décrite depuis, sous le même nom, comme inédite, par M. Chevrolat dans Guérin-Ménev. Icon. d. Règne anim, Ins. texte, p. 61. Elle se trouve aussi à San-Francisco, en Californie, où M. J. L. Le Conte l’a prise dans des excréments humains en décomposition (Proceed. of the Acad. of Philad. 1853, p. 280). M. de Motschoulsky (Bull. Mosc. 1845, II, p. 363) fait, sous le nom d’ater, une espèce à part desexemplaires qui sont noirs, au lieu d’être d’un brun-marron, opinion plus que probablement mal fondée.

On ne peut mentionner que pour mémoire une troisième espèce de Daourie, indiquée par le même auteur (ibid. I, p. 52) sous le nom de N. picipes.

(3) Syn. Hanrazus, Gyllh. Ins. Suee. II, p. 111. — Avozus (Eschsch.) Fischer de Waldh. Ent. d. 1. Russie, NL, p. 242. — Horocnems, Schilling. Beitr, zur Ent, besond, in Bezug. a. à. Schlessische Faun. p.95.

206 4 SILPHALES,

court, subovalaire; les maxillaires à 4er article très-court, 2-3 subégaux, un peu plus gros en avant, 4e oblongo-ovalaire, acuminé au bout. — Mandibules courtes, assez robustes, un peu arquées au bout, pluridentées au côté interne. — Labre transversal, fortement échancré. — Tôte subovalaire, obtuse en avant. — Yeux médiocres, arrondis. — Aniennés plusslongues que le prothorax, de onze articles, grossissant légèrement à leur extrémité à partir da 8 : le 40r un peu plus gros que les autres, le 2e le plus court de tous, les cinq suivants subégaux. — Prothorax fortement cordiforme. — ÆElytres ovales, assez convexes, striées. — Pattes assez longues, peu robustes ; jambes simples ; les trois 4278 articles dés tarses antérieurs, et parfois les deux 427$ des intermédiaires, tantôt très-faiblement, tantôt assez fortement élargis.

Genre qui a donné lieu à une assez singulière erreur, tous les auteurs quis'en sont occupés l'ayant placé parmi les Carabiques, dans le voisinage des Nesrra, dont sa forme générale le rapproche un peu. Mais Erichson (1) a démontré avec la dernière évidence qu’il appartient À la famille actuelle. I1 suffit, en effet, de comparer ses organes buccaux à ceux des Cnozeva pour voir qu'ils sont construits exactement sur le même plan (2). On n’en a encore décrit que deux espèces (5) propres aux parties les plus froides de l’ancien continent; mais il parait qu’il en xiste une troisième au Mexique (4). Ce sont des insectes extrémement rares dans les collections.

APATETICA.

Wasrwoon, The Cabin. of orient. Ent. p. 86.

Menton carré, transversal. — Languette courte, divisée en deux lobes divergents, ciliée en avant. — Lobe externe des mâchoires court, tronqué et barbu au bout; l'interne petit, arrondi et finement cilié. — Palpes

(1) Wiegman’s Arch. 1837, I, p. 119.

(2) Les figures que M. Schilling à données (loc. cit. Tab. B, f. a, c) des

organes buccaux du Pferoloma Forsstræmii sont complètement fantastiques, surtout celle qui représente les mâchoires faites comme chez les Carabiques.

(3) PE Forsstræmii, Gyÿllh. loc. cit,; figuré sous ce nom par Déjean, Icon. d. Col. d'Europe, Il, pl. 83, f. 4, et par Eschschollz, Zool. atlas, Tab. IV, f. 3; sous celui d'Adolus brunneus par Fischer de Waldh. loc. cit. Tab. 14, f. 15 enfin sous celui d'Holochemis Gravenhorstii par Schilling, loc. cit. Tab. B. Cet insecte se trouve depuis 1e Kamtschatka Jusque dans les montagnes de la Silésie et de la Carinthie, — P£. pallidum, Eschsch. Zool. Atlas Heft. 1e

[ur

(4) D’après Erichson (loc. cit, p. 122), le Muséum de Berlin en possède une espèce découverte par M. Deppe sur le pic d'Orizaba. C’est chez elle que les mâles ont les trois 1eïs articles des tarses antérieurs, et les deux {ere des intermédiaires fortement düatés.

SILPHIDES, 207

maxillaires à articles 4 court, 2-4 subégaux, le dernier subovalaire; les abiaux filiformes, beaucoup plus courts. — Mandibules courtes, assez larges, arquées et aiguës au bout, inermes.et ciliées en dedans. — Labre transversal, membraneux et cilié en ayant, fortement échancré, avec, ses angles arrondis. — Tête transversäle, rétrécie en avant, munie d'un col en arrière. — VeuXässez gros, arrondis et assez saillan(s. — Antennes plus longues que la moitié du corps, subfiliformes, grossissant très-légèrement à leur extrémité ; leur 4, article plus long et plus gros que les autres; ceux-ci subégaux. — Prothorax un peu transversal, largement et très-faiblement échancré en ayant’ subtronqué à sa base, un peu arrondi sur les côtés, avec ses bords latéraux relevés. — Ecusson médiocre, en triangle assez large, — Elytres un peu plus longues que larges, parallèles, légèrement convexes, tronquées en arrière. — Pattes allongées, grêles ; cuisses médiocres; jambes linéaires ; les quatre {trs articles des tarses simples, le dernier légèrement bilobé : tous ciliés en dessous.

Genre extrémémerit intéressant, en ce qu'il est allié de près aux Prenorowa, et ressemble peut-être encore davantage à un Carabique.

On n’eñ connait qu'une espèce, À. Lebioides (1), originaire de l'Himalaya, et Qui est, au premier coup-d'œil, complètement pareille à une Les. Elle est longue d’environ quatre lignes, noire, avec les élytres d'un vert bronzé, ét les parties de la bouche, les antennes, les bords latéraux du prothorax, les jambes et les tarses, fauves.

LEPTINUS.

P. W. J. Mueucen in German, Mag. d. Ent. I, p. 266.

Ménton corné, subquadrangulaire, coneqis en avant. — Palpes maxillaires de quatre articles, filiformes, égaux, le dernier acuminé — Labre trés-coürt. — Tête déprimée, plane, horizontale, arrondie en ayant, engagée dans le prothorax. — Yeux nuls. — Antennes insérées sous un rebord latéral du front, assez longues, filiformes, de onze articles : 1 deux fois plus long que les autres et plus gros, 2-8 courts, égaux, 9-10 un peu plûs gros, subobconiques, 11 ovale. — Prothorax ample, transversal, un peû plüs latgé que les élytres à sa base qui est échancrée en arc de cercle, avec ses angles aigus, arrondi sur les côlés, avec ses angles antérieurs arrondis et déprimés. — Ecusson grand, triangulaire. — Élytres planes, brièvement ovales, soudées. — Pattes médiocres ; cuisses comprimées ; jambes ciliées et spinosules ; tarses de cinq articles : le {er des Dostérieurs. allongé, les quatre {ers des autres paires égaux. — Corps ovale, déprime.

J'extrais ces caractères de la longue diagnosé générique qu'a donnée

(1) Westw, loc. cit. Tab. 41, £ 9 ac.

208 SiLPhALES,

Müller. Ce qu'il dit de la forme et de la situation réspective des hanches suffit pour montrer que ce genre appartient à la famille et à la tribu actuelles ; il paraît même, d'après l'ensemble de ses caractères, être trèsvoisin des Cnoreva. Müller ajoute, il est vrai, que l'abdomen n’a que cinq segments ; mais il a pu aisément se tromper à l'égard d'un si petit insecte.

L'espèce typique du genre, L. testaceus (1), n’a qu'une ligne de long, et vit dans les vieux troncs d'arbres, sous les feuilles tombées et les végétaux en décomposition. On l’a prise dans divers endroits de l’AI- Jemagne très-éloignés les uns des autres (Odenbach, Berlin, Vienne) ainsi qu'en Suisse, mais elle paraît extrémement rare partout. M. de Motschoulsky en a décrit une seconde espèce du Caucase (2), qui n'en est peut-être pas distincte.

ADELOPS.

Teczkawpr in Enicus. Arch, 1844, I, p. 318 (3).

Lobe interne des mâchoires sans crochet corné. — Point d'yeux. — Ailes inférieures nulles. — Tarses antériears de quatre, les autres de cinq articles. A

Pour le surplus, ces insectes ont tous les caractères et le facies des Cnozeva qui suivent. L'espèce typique À. hértus (4) a été découverte par le docteur Tellkampf, dans la célèbre grotte du Mammouth, aux Etats-Unis (Kentucky). Depuis, on a découvert six espèces (5) en Europe. Quelques-unes (byssinus, Khevenhüllert) l'ont été dans ces grottes de la Carinthie qu'habitent les Lerronenus, et où elles'se tiennent dans une demi-obscurité ; mais le plus grand nombre vivent dans les forêts, sous les feuilles tombées et les détritus végétaux. Sauf l'espèce américaine, toutes sont de très-petite taille, et, quoique privées d'yeux, sont très-agiles. >

(1) Figuré dans Ahrens, Faun. Ins. Europ. IV, 2.

(2) L. caucasicus, Bull, Mosc. 1840, p. 176, pl. IV, fig. À HH.

(3) Syn. Baruyscia, Schiædte, Specim. Faun. subterran. p. 10, M. Schiwdte a fondé ce genre pour les espèces européennes, dans l'incertitude où il était si leurs caractères concordaient avec ceux de l'espèce américaine. Cette concordance me paraît étre aujourd’hui généralement admise,

(4) Loc. cit. pl. VIT, £. 1-6.

(©) Bath. byssina, montana, Schiwdte, loc. cit, — Bath. Schiwdtei, Aubei, ovata, Kiesenw. Stettin. ent. Zeit. 1850, p. 223, et Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, 1851, p. 394; des Pyrénées. — Adel. Khevenhülleri, Miller, Verhandl, d. Zool.- Botan. Ver. in Wien, I, p. 131; de la grotte d’AdeJsberg.

SÉLPHIDES. ee 209

CHOLEVA.

Larr. Precis, d. car. gén. d. Ins. p. 14 (1).

Menton carré, transversal, un peu rétréci en avant. — Languelté de la largeur du menton à sa base, évasée et fortement échancrée en avant. — Lobe interne des mâchoires terminé par un crochet corné. — Palpes maxillaires notablement plus grands que les labiaux ; leur 3e article en cône renversé, le 4e beaucoup plus grêle, conique et acuminé; le 3° des labiaux ovalaire, un peu plus long que le 2°, — Mandibules courtes, munies d’une dent molaire à leur base, arquées, aiguës au bout et unidentées avant leur sommet, — Labre court, arrondi et un peu sinué dans son milieu en avant. — Tête penchée, obtuse en avant: — Yeux subarrondis, médiocres, peu saillants. — Antennes grêles, au moins de la longueur du prothorax; leurs six 1915 articles de longueur variable, subcylindriques, les cinq derniers formant une massue, tantôt trèsallongée et à peine sensible, tantôt bic distincte, le 8° plus court que le 7e et le 9°.— Prothorax carré” de la largeur des élytres à sa base. —

Elytres oblongues ou ovales, arquées en dessus. — Pattes longues et grêles; hanches antérieures et intermédiaires très-saillantes ; les 1" non contiguës ; jambes très-rarement élargies à leur extrémité, lerminées par deux épines ; les quatre 4ers articles (surtout les deux 4ers) des tarses antérieurs, et parfois le 4er des intermédiaires dilatés chez les mâles, etgarnis de brosses de poils en dessous.—Mésosternum souvent caréné. — Corps ohlong ou ovale, revêtu d’une très-fine pubescence soyeuse.

Insectes de petite taille, très-vifs et très-agiles, mais à démarche vacillante par suite du grand développement de leurs qutre hanches antérieures. Cette allure et une ressemblance assez prononcée dans la forme générale les a fait ranger par quelques anciens auteurs parmi les Cisra. On les trouve dans le bois vermoulu, les agarics, sous les écorces et les pierres, quelquefois parmi les ordures, dans l’intérieur des maisons. Il y a d'assez grandes différences entre eux sous le rapport des antennes, du mésosteraum, et de la structure des tarses antérieurs et intermédiaires. Quelques-uns des groupes qu'on peut établir Sur ces modifications sont regardés par la plupart des auteurs anglais comme des genres distincts (2).

(1) Sÿn. Caron, Paykull, Faun. Suec. F p. 342 ; nom postérieur de deux ans à celui de Latreille, et par conséquent adopté à tort par la plupart des auteurs. — Prowarnacus (Knoch), Ilig, Kæf. Preuss. p. 84. — Lurknus, Frœlich, Naturf. XXVIII, p. 24 sq. — CisrgLa, Fab, Syst. EL IL, p. 20, — Hyoropurus, Fab, ibid, Jp, 251. Herors, Panzer, Faun. Ins. Germ. fase. 18 et 73. — ou Marsh. Ent. Brit. P: 493. — Peunis, Geoffr, Ins. d. env. d. Paris, E, p. 123.

(2) Voyez Stephens, À Man. of Brit, Col, p. 110, et Westwood, An Introd,

Coléoptères, ‘Tome II, 14

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