FAMILLE XII
SCAPHIDILES.
Languette membraneuse, sans paraglosses. — Mâchoires terminées par deux lobes membraneux. — Dernier article des palpes obconique. — Antennes de onze articles, terminées en massue ou capillaires. — Elytres recouvrant imparfaitement l'abdomen, tronquées au bout. — Pattes grêles ; hanches antérieures cylindriques, saillantes, contiguës; les autres fortement séparées; les intermédiaires globuleuses, les postérieures ovalaires ; tarses grêles, de cinq articles. — Abdomen conique à son extrémité, de cinq, six ou sept articles en dessous : le 1 très-grand, les trois suivants courts ; les quatre derniers en dessus cornés.
Le corps de ces insectes est de forme naviculaire, épais, au moins aussi convexe en dessous qu'en dessus, et revêtu de tégurhents solides et luisants. La cavité buccale est en partie fermée en dessous par le menton, qui est assez grand et en carré transversal; sa forme ne varie pas: Les palpes sont peu développés, surtout les labiaux , et leur dernier article est toujours conique et plus ou moins acuminé à son extrémité. Les mandibules sont très-courtes, cachées par le labre, déprimées et simples ou fissiles au bout ; leur bord interne est simplement tranchant. Le labre est très-peu apparent, arrondi en avant, et souvent muni d'une étroite bordure membraneuse.
La tête est petite; penchée, et se rétrécit en avant des yeux en un court museau conique et obtus. Les antennes sont insérées latéralement et à découvert à la base de ce -rétrécissement, médiocrement longues; peu robustes et souvent très-grêles. Leur massue, quand elle existe, se compose de cinq articles, et est toujours très-allongée. Les yeux sont grands, peu conyexes et tantôt entiers, tantôt largement échancrés au côlé antérieur.
Le prothorax est assez grand, appliqué exactement contre la base des élytres, aussi large que celles-ci en arrière, un peu rétréci en avant, bisinué de chaque côté à sa base, avec un lobe médian large, et qui se prolonge parfois au point de recouvrir l’écusson, qui est toujours petit,
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Les élytres sont tronquées obliquement à leur extrémité, et ne laissent à découvert qu'une portion du dernier arceau dorsal de l'abdomen. Leur sculpture présente quelques particularités caractéristiques. Elles ont chacune deux stries longitudinales, l'une près de la suture, l’autre sur le bord latéral; le reste de leur surface est occupé par des points disposés en rangées assez peu régulières ou sans ordre. Ces organes recouvrent des ailes très-développées.
En dessous, la portion annulaire du prosternum est très-courte, et sa saillie postérieure se réduit à une mince lame qui n'empêche pas les hanches antérieures, entre lesquelles elle se termine, d’être contiguës. Les flancs du prothorax ne présentent aucune trace de sutures. Les épisternums mésothoraciques sont très-grands, presque carrés, et ont refoulé en arrière eten dehors les épimères du même segment, qui ne consistent plus qu’en une petite plaque en triangle curviligne outcarrée. Le mésosternum arrive au niveau du métathorax, et forme tañitôt une lame transversale pourvue ou non d'une saillie comprimée antérieure, tantôt un triangle à sommet dirigé en avant. Le métathorax est trèsample ; ses parapleures s’élargissent d'avant en arrière, et sont composées d'une seule pièce.
Les pattes sont assez longues et très-simples ; les cuisses sont allongées et vont en grossissant de leur base à leur extrémité; les jambes linéaires et (terminées par deux courtes épines à peine disfhctes; les tarsés filiformes, à peine ciliés en dessous, et terminés par des crochets simples. Quelques articles des antérieurs sont seulement sujets à s’élargir un peu chez les mâles des Scapmium.
Le premier segment abdominal est extrémement développé; les trois suivants Sont courts et égaux entre eux. La portion terminale conique de l'abdomen est plus longue que tous les trois pris ensemble et fôtmée par le cinquième arceau, auquel s'ajoute parfois un sixième. Ce dernier est fortement échancré chez certains mâles, et dans l'échancrure on aperçoit des vestiges d'un septième arceau.
Ces insectes sont très-vifs et très-agiles, mais leur démarche est saccadée et sautillante. Ils vivent dans les champignons, dont ils paraissent faire leur nourriture, les agarics et le bois décomposé; quelques espèces sértrouvent sous les pierres. Les plus grandes n'arrivent pas à trois lignes de long. Leurs larves sont encore inconnues.
La famille a pour type l’ancien genre Scapninrum d'Olivier. Dès ses premiers ouvrages, Latreille en forma une tribu de ses Clavicornes, dans laquelle il comprit d'abord (1) les Acyrres, CnocevA et Myzorcxus (CoLon), qui appartiennent, comme on l'a vu plus haut; aux Silphales, En dernier lieu (2), il n’y a plus laissé que les deux derniers de
(1) Gen. Crust. et Ins. I, p. 22.
(2) Règne anim, 64, 2, IV, p, 501ÿ
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ces genres. Leach a, le premier, détaché des Scarmorom les Scapprsoma; Kirby en a fait ensuite autant des Scarmivw, et, dans ces dernières années, Erichson y aajouté trois gentes fondés sur des espèces exoliques, de sorte que là famille en contient six en tout.
I. Antennes en massue} 4 Jambes sans épines : Scaphidium, Scaphiumi — épineuses: Cyparium.