FAMILLE XX
CUCUJIPES.
Languette cornée ou coriace, de forme variable, saillante. — Deux lobes aux mâchoires. — Palpes courts. — Antennes de onze articles, souvent grenues, filiformes ou terminées par une petite massue de trois articles. — Pattes antérieures et intermédiaires distantes ; leurs hanches globuleuses, enfoncées dans leurs cavités cotyloïdes; les postérieures transversales, configuës ; tarses simples, tantôt hétéromères chez les mâles et pentamères chez les femelles, tantôt pentamères dans les deux sexes. — Abdomen composé de cinq segments subégaux, tous libres,
Cette famille se rattache aux deux précédentes par la forme des hanches des deux premières paires de pattes, mais se distingue sans peine de l’une et de l’autre : des Colydiens par le nombre des articles des tarses et la mobilité de tous les segments de l'abdomen, des Rhysodides par un grand nombre de caractères, notamment par les organes buceaux et un segment abdominal de moins en dessous.
Ces insectes sont plus ou moins allongés et presque tous très-déprimés ; ilen est (PLamisus, Hemipepzus) qui le sont à un degré excessif. Leur tête est large, rétrécie antérieurement en un court museau {riangulaire et rarement (Cucujides) tout à fait dégagée du prothorax auquel elle est alors unie par un col large, mais bien distinct. Jamais elle ne présente en dessous ces sillons antennaires si communs chez les Colydiens. Une des tribus de la famille (PassaNpriprs) est essentiellement carattérisée par le grand développement des bords latéraux du cadre buccal qui $e prolongent de chaque côté en une grande plaque ou s’allongent en une apophyse grêle, de façon à cacher entièrement les mâchoires dans l'un et l’autre cas. Ces pièces jugulaires, comme les a nommées Erichson, disparaissent dans les autres groupes, ou bien (Cucujides) sont réduites à de simples vestiges.
Les organes buccaux varient médiocrement. Le menton est constamment très-court ; la languette, en général cornée, est dans la majeure partie des genres divisée en deux lobes étroits par une profonde échancrure demi-cireulaire, Les deux lobes des mâchoires sont toujours bien
CUCUIIPES. : 394.
distincts et l’interne est assez rarement (Denpropmacus, Bnonres, LæmormLoevs) terminé par un crochet. Les palpes sont courts, robustes, filiformes, et à l'état normal sous le rapport du nombre de leurs articles. Les mandibules sont généralement robustes et sujettes à s’allonger : médiocrement chez certains Passandrides (PAssANDRA), davantage chez les Prosromis, plus encore et en prenant une forme assez singulière chez les Pazxsres. Le labre n'offre rien de particulier.
Les antennes sont insérées immédiatement en avant des yeux dans deux grandes dépressions latérales du front qui ne les recouvre jamais à leur base. Le nombre de leurs articles ne varie pas, et les Silvanides sont les seuls chez lesquels leurs trois derniers articles forment une petite massue. Les yeux sont en général petits et peu saillants. Dans la plupart des cas le prothorax n’est pas exactement contign avec les élytres. Celles-ci, dans deux genres (Hemwxgpzus, Ino), sont aussi courtes que chez les Staphyliniens et laissent la presque totalité de l'abdomen à découvert; partout ailleurs elles recouvrent complètement ce dernier:
Les pattes sont peu allongées, avec les cuisses assez fortes, et les jambes médiocrement robustes ou faibles et terminées par de très-courts éperons. Quant aux tarses, la plupart de ces insectes sont réellement tétramères, mais non dans l’acception ordinaire du mot, car, au lieu du 4e article de ces organes, c’est le 4% qui est sujet à s’amoindrir ; les Sizvanus sont les seuls qui fassent exception à cet égard ; leur 4° article est nodiforme comme chez les vrais tétramères. D'un autre côté il n’est pas rare que le 4t° acquière une grandeur normale.
En dessous, le prothorax présente quelques particularités intéressantes. Il n’a pas, comme chez les Rhysodides, de suture de séparation entre ses flancs et le pronotum (1); mais dans læplupart des espèces, surtout chez les Passandrides et les Cucujides, il part, de chaque côté du voisinage des angles antérieurs, un sillon qui aboutit à la cavité cotyloïde et qui sépare ainsi le prosternum des parapleures. Chez les Passanpra ces dernières sont en outre partagées en leurs deux éléments constituants, les épisternums et les épimères, par un autre sillon oblique qui se dirige de la cavité cotyloïde vers l'angle postérieur du prothorax. Erichson fait remarquer avec raison, à ce sujet, que ces divers sillons établissent un rapport réel entre ces insectes et les Rhysodides. Les cavités cotyloïdes antérieures son£ incomplètement fermées en arrière. La saillie prosternale qui les sépare est large et se prolonge rarement en arrière des hanches antérieures. Dans ce dernier cas elle glisse sur le mésosternum dont la saillie entre les hanches intermédiaires est également large et triangukire ou carrée. Les parapleures métathoraciques sont très-élroites et paraissent simples, les épimères qui les flanquent au côté externe étant cachées par le bord des élytres.
(1) J'en trouve cependant un vestige chez quelques Passanpra , et en particulier che la P, rubrolineata Blanch.
392 dvévyIrES.
Ainsi qué l'indique leur forme aplatie, les Cuéujipes vivent principad lement sous les écorces. Cependant il en est parmi eux qui se trouvent dans les bois en décompgsition ; d’autres, notamment les SiLvAnus, dans le blé, le riz et autres denrées de nature végétale que nous con Servons dans nos demeures.
Leurs larves, dont on doit la connaissance en très-grande partie à Erichson (1), sont allongées et plus ou moins déprimées comme les insectes parfaits. Leurs caractères généraux les plus saillants sont : la tête et le dernier segment abdominal seuls cornés; cinq ocelles de chaque côté de la première ; des antennes de quatre articles ; les pattes insérèes Sur les côtés des segments thoraciques et terminées par un seul crochet: le neuvième segment abdominal très-petit, portant deux crochets cornés, recourbés, el terminé par un tubé anal. Aux crochets en question s’ajoutent parfois (Cucuyus, Bronres) dans l'articulation entre ce segment el le pénullième deux paires d'autres appendices, l’une supérieure, l'autre inférieure. Mais il y a des espèces (SrLvanus) où il n'existe des appendices d'aucune sorte. C’est avec celles des Pyrochroïdes que ces larves, comme le dit Erichson, semblent avoir le plus d'analogie.
La famille comprend, à l'heure qu'il est, un peu plus d’une centaine d'espèces dont les deux cinquièmes environ se trouvent en Europe.
Ses éléments primitifs sont empruntés, comme ceux des Colydiens et des Trogositaires, aux Xylophages de Latreille, et c’est Erichson (2) qui le premier l’a isolée des autres familles de Coléoptères, et y a compris quelques genres (Pucxosrrenus, Peamwæcus, Sizvanus, Ino) dont les rapports avaient été jusque-là autrement appréciés. Depuis, on y a introduit certains genres qui très-certainement ne doivent pas en faire partie (5), tandis que d’un autre côté on en a retiré un assez grand nombre d’autres pour les reporter parmi les Cryptophagides (4). Quoi-
(1) Pour leurs caractères généraux, voyez ses Arch. 1842, 1, p. 377, et sa Naturg. d, Ins. Deutschl. HE, p. 303. MM. Chapuis et Candèze les ont reproduits dans les Mém. d, 1. Soc. d. Se. d. Liège, VI, p. 424, ainsi que les descriptions des diverses espèces.
(2} Naturg. d. Ins. Deutsch]. loc. cit. p. 302.
(3) Voyez : «List of the Colcopterous Insects in the Collection of the British Museum. Part. I, Cucujidæ. London, 1851. » L'auteur, M. F, Smith, comprend dans la famille les genres Tnicrenorom Gray et Entcnsonta Westwood. Tous deux ayant des hanches antérieures ovalaires et transversales, abstraction faite d’autres caractères, no peuvent y entrer, et me paraissent être, sauf plus ample examen, des formes aberrantes de Longicornes, au même titre que les Panapra, par exemple.
De même dans le Catalogue de Dejean (éd, 3, p. 340), on voit intercalé entre les Camproëxarnus (Pazæsres) et les LÆMOPnLOEUS, un genre Apec, dû à M. Chevrolat. Ce genre, ainsi que l'a dit Erichson (Naturg. d. Ins. Deutschl. UT, p. 304, note 1), appartient à la famille des Ténébrionides ; il me parait mème très-voisin des Urowa.
(%) M. L. Redtenbacher (Faun, Austr. Die Kæfor, p. 186), à qui je fais allu=
PASSANDRIDES, 393
que celte dernière mesure puisse, jusqu’à un certain point, se justifier, je crois qu'Erichson était dans le vrai et je conserve la famille telle qu'il l'a constituée. Seulement j'ai apporté dans le nombre et la composition des tribus qu'il a établies quelques, changements qui me paraissent rendre leurs caractères plus tranchés ; au lieu de trois j'en admets cinq.
j. Des pièces jugulaires cachant les mâchoires, | PassaNpRipes! Il. Ces pièces nulles; mâchoires à découvert. A Antennes filiformes, a Leur 1e article de longueur normale, Cocunnes, aa — allongé.
Elytres tnès-courtes, laissant l'abdomen à découvert. Héwrérrines:
— recouvrant en entier l'abdomen, BRONTIDES.
B Antennes terminées par une massue de trois articles. SILVANIDES. TRIBU I.
PASSANDRIDES.
Des pièces jugulaires très -développées, cachant les mächoires. — Languette fortement bilobée chez presque tous. — Antennes filiformes où subfusiformes. — Tarses pentamères dans les deux sexes; leur 4er article souvent très-pelit.
Les pièces jugulaires, qui constituent le caractère le plus saillant de celte tribu, ne manqgent que dans un seul genre (Cnærosowa) quine doit peut-être pas faire partie de celle-ci; dans un autre (Prosroms), elles sont spiniformes. Partout ailleurs, ce sont des plaques trèsgrandes, coupées obliquement en avant et limitées en arrière par une suture parabolique ; leur tranche externe se continue avec le bord la- {éral de la tête. Celle-ci présente en outre en dessous deux sillons longitudinaux qui isolent le sous-menton des parties environnantes. Les antennes sont presque toujours monililormes, et bien qu'elles ne se terminent pas par une massue proprement dite, leur dernier article est sujet à s’agrandir et à prendre la forme d’un fer de hache parabolique, C'est chez ces insectes que les sillons du dessous du prothorax
sion en ce moment, à transporté dans la famille en question les genres Sic- ANUS, Psamwæouus, PazÆosrienus, et son opinion semble assez généralement adoptée en ce moment. I y a compris, en même temps, un grand nombre d'autres genres qu'Erichson avait dispersés dans d’autres groupes. Ainsi étendue, cette famille des Cryptophagides n’est plus susceptible d’être caracté-
isée; aussi no l'est-ello réellement pas dans l’estimable ouvrage dont il est
question,
394 CUCUNPES,
sont le plus complets. Le dernier segment abdominal en présente un en demi-cercle qui est très-marqué et qui existe dans les deux sexes.
* Cette tribu comprend les plus grandes espèces de la famille, La plupart vivent sous les écorces et sont exotiques, sauf le Prostomis mandibularis.
La larve de ce dernier, dont on doit la connaissance à Erichson (1), a, selon cet auteur, les plus intimes rapports avec celle des Cuourvs, Elle est aussi allongée, aplatie et grêle, de couleur blanchätre et recouverte d’une peau mince, avec les organes buccaux, les antennes à partir du 2 article et les crochets des tarses cornés. La tête, un peu plus large que les anneaux thoraciques, est un peu dilatée sur les côtés et échancrée dans le voisinage de la région buccale. Les yeux manquent complètement, Les antennes se composent de quatre articles dont le 3e est le plus grand et porte un petit appendice grêle à son extrémité ; le # est petit et gréle. L'épistome est très-réduit et séparé du front par une suture distincte. Les mandibules sont grêles, avancées, terminées par deux dents aiguës, et un peu dilatées à leur base. Les lobes des mâchoires sont soudés avec la tige de ces dernières, crochus et fortement ciliés. Les palpes maxillaires comptent quatre articles dont le {0r très-petit. Le menton est petit, carré, la languette petite et grêle: les palpes labiaux se composent de deux articles et leurs supports sont soudés ensemble. Les segments thoraciques sont un peu plus étroits que la tête et que ceux de l'abdomen. Les sept premiers de ceux-ci sont d’égale grosseur, le 8 est un peu plus court et plus étroit; le 9° est pelit et garni de courtes épines, âpres et cornées au bout; l'anus se prolonge en un appendice tubuleux. Des neuf paires de stigmates, la première est située entre le prothorax et le mésotherax, au sommet d'une petite saillie ; les autres sur les huit premiers segments de l'abdomen; tous sont latéraux. Les pattes sont insérées sur les côtés des segments thoraciques et dirigées latéralement, comme chez les larves des Cucusus.
Cette larve avait été trouvée dans du bois de chêne décomposé, en compagnie de la Formicd brunnea.
La tribu se compose des sept genres suivants (2):
I. Des pièces jugulaires cachant les mäâchoires. A Ces pièces planes et larges.
a 1 article des tarses très-court.
, Dernier article des antennes parabolique : Passandra, Hectarthrum.
(1) Arch.1847, 1, p. 285.
(2) Voyez, pour cette tribu, Westwood, « Sur les affinités du genre Chinidium, » Zool. Journ. V, p. 213; et un travail de M. Newman, intitulé : « Sur la synonymie des Passandra, ete. » Ann. and Mag, of nat, Mist. A, p. 388: Antérieurement, cet auteur avait déjà publié une notice sur ces mêmes in= sectes dons l'’Entom, Mag. V, p. 397.
PASSANDRIDES« 395 Dernier article des antennes ovalaire ou sublenticulaire : Cafogenus. aa 1 article des tarses de longueur normale : Scalidia, Ancistria. B Pièces jugulaires longues, grôles et aiguës : Prostomis. I. — nulles ; mâchoires à découvert : Chætosoma.
PASSANDRA: v.
DauM. in Scroeni, Syn. Ins. I, Append. p. 146.
Menton très-court, linéaire, un peu rétréci en avant. — Languette cornée, grande, profondément divisée en deux lobes grêles, diver- : gents et ciliés en dedans. — Lobe interne des mâchoires très-petit, inerme ; l'externe beaucoup plus grand, obovale ; tous deux fortement ciliés. — Palpes labiaux beaucoup plus petits que les maxillaires; le dernier article de tous cylindrique, un peu arqué et arrondi au bout. — Mandibules assez saillantes, robustes, larges, arquées et simples à leur extrémité, tranchantes et tridentées au côté interne.—Labre ponctiforme, caché. — Tête carrée, peu rétrécie en arrière, trilobée en avant, avec le lobe médian plus grandrque les latéraux, rebordée latéralement et marquée de trois profonds sions: un postérieur, transversal, arqué, et deux longitudinaux.— Yeux médiocres, subarrondis, assez saillants. — Antennes allongées, assez robustes, à articles À gros, subovalaire, 2 court, arrondi, 3-10 allongés, obconiques, renflésg au bout et subègaux , 41 plus grand, en fer de hache, paraboliquement tronqué (1). — Prothorax plus long que large, rétréci en arrière, rebordé sur les côtés, bisinuë en avant, avec ses angles antérieurs saillants. — Ecusson médiocre, dilaté et arrondi en arrière.— Elytres allongées, parallèles, largement arrondies au bout.— Pattes courtes, robustes ; cuisses fortes et comprimées ; jambes droites, ün peu élargies à leur extrémité et terminées par deux éperons arquês : larses à 4er article très-court, 2 assez long, 3-4 plus courts, subègaux. — Mésosternum plane, presque de niveau avec le prosternum. — Corps allongé, large, plane.
Insectes au moins de moyenne taille. Leur corps est proportionnellement plus large que chez ceux des genres suivants, et la sculpture de leurs élytres consiste toujours en un petit nombre de stries longitudinales , laissant un large espace lisse sur chacun de ces organes. Ces insectes sont peu nombreux et se trouvent sur la côte occidentale d'Alriqué et en Amérique (2).
(1) J'ai sous les yeux une espèce que je crois inédite, dont les articles 3-10 des antennes sont plus allongés que de coutume, et dont le dernier, au lieu d'être sécuriforme, est parfaitement eylindrique et arqué. Elle lie par conséquent le genre actuel au CATOGENUS, el ne peut même, à la rigueur, entrer dans aucun de ceux établis jusqu’ici#
(2) Esp. de Ja côte de Guinée : P. sewstriala, Dalm, loc, cit, — Esp. de
396 CUCUYIPES,
HECTARTHRUM! tir à New. The entom, Mag. V, p. 398;
Antennes médiocres, très-robustes ; leurs articles 1-10 globuleux, brièvement cylindriques ou transversaux ; le dernier en fer de hache parabolique. — Mésosternum plane seulement entre les hanches intermédiaires, — Corps allongé, étroit, linéaire.
# ! Pour le surplus, ces insectes ne diffèrent pas des PassanDrA, que la plupart égalent sous le rapport de la longueur; mais leur largeur bien moins grande leur donne un facies fort différent. Dans un des sexes, probablement le mâle, les antennes s'épaississent un peu au-delà de leur milieu et, par suite, sont plus ou moins fusiformes.
Les espèces sont propres à l'ancien continent Gi).
CATOGENUS.
Wesrw. Zoo!. Journ. N, p. 221 (2).
Les caractères sont les mêmes que ceux du genre qui précède, sauf pour les antennes, qui sont moins robustes, jamais fusiformes, et toujours composées d'articles subglobuleux ou obconiques, avec le dernier brièvement ovalaire ou sublenticulaire, comprimé, et pas beaucoup plus grand que les autres. La forme générale est encore plus grêle que chez les Hecrantunu, et déprimée ou cylindrique. Les élytres sont tantôt régulièrement striées, tantôt avec un espace lisse sur le disque. La tête a conservé son sillon transversal postérieur et ses deux longitu-
Cuba : P. fasciata, Gray in Griffith, Anim. Kingd. Tab. 50, f. 2, et Tab. 75, f. 1 (détails anatomiques). — Esp. de l'Amér. du Sud : 2. columbus, Newm. Ent. Mag. V, p. 398. — brasiliensis, Chevr. in Guérin, Icon. d. Règn. anim. Ins."p. 202, pl. 41, f. 14. — rubrolineata, Blanch. in d’Orbig. Voy. Ent. p. 205, pl. 19, f. 9.
(1) Esp. africaines : Cucujus gigas, Fab. Syst. EL. II, p. 92. — ect. curtipes, Newm. loc. cit. p. 398. — gemeliparum, Newm. Ann. and Mag, of nat. Hist, IL, p. 395. — quadrilineatum, Smith, Col. of the Brit. Mus. Part L, p. 22. — Esp. indiennes : Cuc. heros, rufipennis, Fab. Syst. El. IE, p. 92. — Passandra bistriata, Casteln. Hist. nat. d, Col. [, p. 384 — Hect. brevifossum, Newm. Ann. and Mag. of nat. Hist. IL, p. 392. — depressum, Smith, loc. cit. D. 20. — Esp. de l'Australie : H. cylindricum, Smith, loc, cit, p. 21. — Patrie inconnue : . Hrigeminum, semifuscum, Newm. Ann. and Mag. ete, loc. cit. p.393.
(2) Syn. Isoxorus, Perty, Del, anim. art. Brasil. p. 114.— Anisocenus (Hope), Westw. Zool. Journ. V, p. 222; genre établi sur le Catogenus carinatus, indiqué dans la note suivante, qui diffère des autres espèces par une forme plus allongée et un peu moins déprimée,
PASSANDRIDES, 397
dinaux; seulement ceux-ci sont plus courts et plus étroits. Le labre est plus apparent, et le 4° article de tous les tarses est plus distinct.
Ces insectes sont pour la plupart américains, et leur taille est inferieure à celle des espèces des deux genres précédents (1). [ls ne me paraissent pas suflisamment distincts des Hecrarwurum, et pourraient être réunis à ce genre en formant une section à part.
SCALIDIA.
Erncus. Naturg. d. Ins. Deutschl. M, p, 305. s
Organes buccaux des trois genres précédents, avec les mandibules arquées dé haut en bas, et le labre découvert, carré et tronqué en avant. — Tête un peu plus large que le prothorax, subovale, obluse en avant, non rétrécie en arrière, assez convexe et sans sillons en dessus ; épistome échancré dans son milieu, en avant ; les bords de l’échancrure un peu spiniformes et recourbés en dedans. — Yeux ovales, petits, peu saillants. — Antennes moniliformes, avec le dernier article pas plus grand que les autres. — Prothorax allongé, subeylindrique, un peu rétréci en arrière, coupé carrément en avant et à sa base. — Elytres linéaires, subcylindriques. — Pattes comme dans les genres précédents, avec les jambes terminées par un seul éperon crochu, et les tarses composés de cinq articles, dont le 4er notablement plus grand et un peu plus gros que chacun des suivants : ceux-ci décroissant successivement.
Aucune espèce de ce genre, signalé en peu de mots par Erichson, n'a encore été décrite, Il y en a une du Brésil, inscrite dans le Catalogue de Dejean, sous le nom de Passandra cylindricollis. C'est d'après elle que j'ai rédigé la formule qui précède. Autant que j'ai pu le voir sans dissection, les parties de la bouche ne m'ont paru, sauf les deux points indiqués plus haut, différer en rien de celles des genres précédents. Les antennes sont complètement pareilles à celles des Cambesxus, et les élytres sont régulièrement striées, comme dans quelques espèces du même genre. Cet insecte est long d'environ six
nes.
(1) Esp. américaines : Cucujus rufus, Fab. Syst. El. 1, p. 93. — /sonolus Castaneus, Perty, loc. cit. Tab, 22, f. 15. — Cat. puncticollis, Newm. Ann. and Mag. of nat, Hist, 1, p. 399. — Cat. decoratus, Newm. ibid. IN, p. 305. = Cat. Lebasii, distinctus, Guérin, Icon. d. Règn. anim. Ins. p. 202 sq. — con-, color, Blanch, in d'Orbig. Voy. Ent. p. 205, pl. 19, f. 20, — Esp. du Cap : Cats carinatus, Newm. loc. cit. I, p. 397.
398 CUCUITPES.
ANCISTRIA.
Enaus. Nakg à. Ins. Deutsch. TL, p 305 (1).
Menton fortement transversal. = Languette profondément et {riangulairement échancrée ; ses lobes arrondis et ciliés. == Lobe interne des mächoires beaucoup plus court que l’externe, aigu au bout ; l’externe allongé ; tous deux ciliés. — Dernier article des palpes oblong. — Mandibules médiocres, larges, dirigées en bas. — Labre indistinct. — Téte allongée, ebluse en avant, canaliculée sûr le front, — Yeux petits, arrondis. — Antennes assez longues; leurs cinq derniers articles déprimés et graduellement élargis : le 4er plus gros, le 2° plus court que les autres; ceux-ci obconiques. — Prothorax très-allongé, cylindrique, de la largeur des élytres, tronqué en avant et en arrière. — Ecusson arrondi. — Elytres allongées, cylindriques, avee une grande dépression à leur extrémité, — Pattes courtes, robustes; jambes antérieures trèsélargies, terminées par un grand éperon arqué; les autres moins larges, avec leur éperon beaucoup plus court; les trois 4ers articles des tarses allongés.
Genre caractérisé en peu de mots par Erichson, et ayant pour (ype le Colydium retusum de Fabricius, insecte de Java el Sumatra. Depuis, M. Weslwood, le croyant nouveau, a fondé sur Jui son genre Prio- NornorA, et a donné de l'espèce, sous le nom de Pr. cylindrica, une bonne figure accompagnée de détails, en signalant l'aflinité du genre avec les Passandrides, H est, en cffet, très-voisin des ScAriDIA, mais la dépression terminale des élytres lui donne quelque ressemblance avet certains Bostrichides. J'en connais une seconde espèce inédite, originaire des mêmes pays.
PROSTOMIS.
Lan, Fam. nat. d, Règn: anim. p.397 (2). .
Pièces jugulaires presque aussi longues que les mandibules, gréles, arquées en dehors et très-aiguës à leur extrémité. — Menton rentrant, transversal, un peu rétréci en avant, avec son bord antérieur largement échancré, — Languette cornée, allongée, entière, munie en avant d'une petite dent médiane, avec ses angles arrondis. — Lobes des mâchoires allongés : l'interne gréle, l'externe plus grand, élargi et arrondi au bout ; Lous deux finement ciliés, — Palpes grêles : le 4er article de tous
(1) Syn. Prronornona, Westwood, The Cabin, of orient, Ent. p. 85, Tab. 41, 1. 6 ae. — Corvniuw, Fab. Syst. El, I, p. 555.
(2) Syn. Trocosrra, Fab., Sturm, etc, — MrcacNaruus (Megerle), Dej. Cat, éd, 1, p, 103,
D Eee
DASSANDRIDES, 309
allongé, le dérnier acuminé, — Mandibules aussi longues que la tête, robustes, larges, presque droites, arquées seulement au bout, droites et denticuléés en scie au coté interne. — Tête de la largeur du prothorax, à sa base, puis élargie ct coupée obliquement de chaque côté en avant. — Antennes assez courtes, peu robustes, à articles { gros, subcylindrique, 2-8 moniliformes, subégaux, 9-11 plus grand8, formant une petite massue lâche. — Yeux petits, arrondis, peu saillants. — Prothorax en carré légèrement allongé et déprimé. — Ecusson trèspetit, carré. — Elytres allongées, subparallèles, arrondies au bout. — Pattes courtes; cuisses assez renflées au bout; jambes droites, terminées par un seul éperon arqué, plus grand aux antérieures; tarses grêles, de cibq articles : le 4er un peu plus court que les trois suivants, qui sont égaux, le 5° très-grand. — Corps allongé, déprimé.
On n’en connaît qu'une espèce, le P.mandibularis (1), originaire des parties orientales de l'Allemagne et pays voisins, mais qui parait rare partout. Elle est longue de trois lignes, et en entier d’un rouge ferrugineux. Le mâle se distingue de la femelle par ses mandibules plus longues et plus élargies en dehors.
CHÆTOSOMA.
West. Trans. of the ent. Soc. Ser. 2, 1, p. 171.
Saillies jugulâires nulles. — Menton fortement transversal, largement échantré en avant, arrondi sur les côtés. — Languctte profondément divisée en deux lobes étroits, ciliée en avant. — Lobes des mâchoires larges, ciliés à leur extrémité, l’externe plus long que l’interne. — Dernier article des palpes labiaux ovalaire, arqué et obliquement tronqué à son extrémité, celui des maxillaires grossissant peu à peu et oblus au bout.— Mandibules saillantes, robustes, trigones, faiblement arquées au bout, bidentées en dedans, — Labre court, sinué, avec ses angles arrondis. — Tête assez longue, aussi large que le prothorax. — Yeux médiocres, arrondis. — Antennes assez longues, filiformes, hérissées de longs poils, à articles 1 court, subglobuleux, 2 très-court, 3-10 subégaux, : un peu atténués à leur base, 41 subovale: — Prothorax en carré long, presque aussi large que les élytres. — Celles-ci allongées, parallèles ; leurs angles huméraux saillants. — Pattes médiocres ; cuisses robustes ; jambes légèrement et peu à peu élargies; les quatre 4ers articles des larses courts, ciliés en dessous ; le 5° très-grand ; leurs crochets dilatés en dessous à leur base. — Corps allongé, parallèle, subeylindrique, un peu déprimé, hérissé de longs poils.
(1) Parfaitement figurée, avec beaucoup de détails, par Sturm, Deutsch. Insekt. 11, Tab. 49. M. Guérin-Méneville en a donné également une figure dans leon, d, Règn, anim, Ans. pl, 51, f, 13 et 13 a,