‹ Histoire naturelle des insectes (volume 4)Chapitre 70 sur 90 · FAMILLE XXII · texte numérisé non relu

FAMILLE XXII

MYCÉTOPHAGIDES.

Languette presque toujours cornée, saillante. — Deux lobes aux màchoires, inermes. — Palpes labiaux de trois, les maxillaires de quatre articles. — Antennes de onze articles, terminées par une massue trirarement bi-articulée. — Hanches antérieures et intermédiaires globoso-ovales, en général un peu saillantes, les postérieures subeylindriques et transversales; toutes écarlées entre elles ; tarses de quatre articles, avec les antérieurs de trois chez les mâles; rarement subpentamères dans les deux sexes. — Abdomen composé de cinq segments en dessous, tous libres et subégaux.

Fondée par les entomologistes anglais (1) qui y avaient introduit un grand nombre d'éléments étrangers, cette famille a été épurée par Erichson, qui l’a réduite à des espèces dont les tarses présentent le caractère insolite de n'avoir que trois articles aux antérieurs chez les mäles, tandis que les autres dans le même sexe, et (Qus chez les femelles, en comptent quatre. Mais la connaissance qu'on a acquise depuis lors des premiers états des Dieaycius me paraît rendre nécessaire de placer ici ce genre, bien que ses tarses se composent de cinq articles, dont le pénullième est très-pelit et nodiforme comme chez les Subpentamères. L’exception qu'il forme relativement à ces organes, ne s’étend pas plus loin; pour le surplus, il est en parfait accord aŸec le reste de la famille (2).

Il en est peu qui soient aussi homogènes que celle-ci sous le rapport du facies. Toutes ses espèces sont de petite taille, régulièrement oblongues ou oblongo-ovales, médiocrement convexes, ponctuées et revêtues d'une fine pubescence couchée. La plupart sont en outre ornées sur les élytres de taches ou de bandes fauves.

(1) Leach, Edimb. Encyel. IX, p. 140. — Westwood, An Introd, to the mod. classif. of Ins. I, p. 152. .

(2) Erichson était dans le doute sur la place à assigner à ce genre. Il n'en a parlé qu'une seule fois (Arch. 1847, IL, p. 107), en disant que peut-être il doit rentrer parmi les Erotyliens. M. L. Redtenbacher l’a mis dans la famille des Cryptophagides, comme on l'a vu plus haut, p. 418, note 2.

442 MYCÉTOPHAGIDES.

La tête de ces insectes est courte, obtusément trigone en avant et

enfoncée jusqu'aux yeux dans le prothorax ; un sillon très-marqué sépare presque toujours le front de l’épistome. Les yeux sont assez grands, assez saillants, perpendiculaires où arrondis et fortement granulés. Les antennes sont insérées immédiatement contre leur bord antérieur, et, sauf quelques Myceropnacus où elles grossissent peu à peu, terminées par une massue de deux ou trois articles assez serrés. Les organes buccaux varient peu. Le labre, quoique fortement transversal, recouvre complètement ou à peu près les mandibules. Le lobe interne des mâchoires est plus court et plus étroit que l'externe ; tous deux sont fortement barbus à leur extrémité. La languette n’est membraneuse que chez les Lirancus, et son bord antérieur est le plus souvent échancré; , jamais elle n’a de paraglosses. Le menton est transversal, rétréci et coupé carrément, sauf chez les DrenyLLus.

« Le prothorax est constamment de la largeur des élytres à sa basé, La ponctuation de ces dernières est tantôt confuse, tantôt disposée en rangées régulières, selon les genres. Les pattes sont médiocres et égas lement espacées entre elles dans le sens transversal; les cavités cotyloïdes des hanches antérieures sont largèment ouvertes en arrière; les jambes linéaires, tronquées au bout et terminées par deux, quelquefois (Liranéus, Typnæa) par trois petits éperons, Les tarses sont toujours filiformes et finement villeux en dessous; le premier article des antérieurs est seulement sujet à se dilater chez quelques mâles ; le pénultième n’est jamais bilobé, même chez les Drevzcus où il reçoit l'article nodiforme dont il a été question plus haut.

Quant aux segments thoraciques, le prosternum, assez étroit, s'arrête immédiatement en arrière des hanches antérieures; le mésosternum s’incline entre les intermédiaires 8005 la forme d'un triangle plus ou moins allongé, et rencontre une saillie qu’envoie en ayant le métasternum. Les parapleures de ce dernier sont étroites, linéaires et souvent terminées en arrière par une petite épine.

Les Mycétophagides vivent ere bolets, les champignons, ou sous les écorces des arbres morts. Les @spèces décrites sont exclusivement propres à l'Europe, aux parties avoisinantes de l’Asie et aux Etats- Unis. :

On connaît en ce moment trois larves de cette famille, celle des Hycelophagus mullipunctatus (1), Triphyllus punctatus (2) et Diphyl-

(1) Erichson, Arch. 1847, I, p. 283. M. Westwood (An Introd. to the mod. classif, of Jns, 1; p. 153) a dit aussi quelques mots, d'après M, Waterhouse, de celle du Mycet. 4-pustulatus. — hay et Candèze (Méms d. 1, Sog. ds Fa d, Liège, MIN, p, 435) ont donné les caractères généraux des larves de la amille, mais en excluant de cette dernière celle du Diphyllus lunatus, qu'ils ont laisséé parmi les Cryptophagides,

(2) Perris, Ann, d, I, Soc, ent, Série 2, IX, ps 39, pl, 2, n° D, f, 1-9

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MYCÉTOPHAGIDES. 413

tus lunatus (1); toutes trois vivent dans diverses espèces de cliampignons.

La première, décrite par Erichson, est cylindrique, recouverte d'une peau molle, avec une bande transversale de consistance parcheminée sur chacun des segments du corps en dessus, et garnie de poils courts isolés. La tête est cornée, assez pelite, arrondie, et porte de courtes äntennes de trois articles diminuant raduellement de grosseur et dont le dernier est terminé par une soie. ge chacun de ses côtés se voient cinq petits ocelles arrondis, disposés ur deux rangs, l'antériéur de trois, le postérieur de deux. Les parties de la bouclie sé composent : d'un Habre saillant, arrondi en avant ; deux mandibules courtes, sans dent molaire à leur base, bifides à lear.extrémité.; deux mächoires dont le lobe unique est arrondi, cilié à son extrémité, et qui portent des palpes de trois articles dont le dernier grêle ét allongé; une lèvre inférieure charnue dont la languette très-courte est arrondie et munie de deux pelils palpes bi-articulés. Les trois segments thoraciques présentent de chaque côté de la ligñe médiane un point corné. Les ents abdominaux en ont sur les côtés.de semblables, accompagnés d'un mamelon arrondi. Le dérnier $é prolonge en un tube anal servant à la progression, et porte en déssus deux petits crochets cornés recourbés en haut. Les pattes soñt courtes ét terminées par un seul crochet. Des neuf paires ordinaires de stigmates, la première est située latéralement dans lé pli qui sépare le prothorax du mésothorax, les huit autres sur les bords süpérieurs des huit premiers segments abdominaux.

La larve du Tréphyllus punctatus, d'après la description détaillée qu'en à dontiée M, Ed. Perris, ne différerait de la précédente que par les points suivants : son corps est atténué à ses deux extrémités, un peu déprimé, surtout inférieurement; la tête et le dernier segment abdominal en dessus sont cornés. La languette est échancrée, au lieu d'étre arrondie. Les antennes comptent quatre articles dont le premier rétractile, Sur chaque segment de l'abdomen, à partir du quatrième ad dixième inclusivement , il existe de chaque côté deux bourrelets; trois séries parallèles d’autres bourrelets, se contractant et se dilatanit à la façon des fausses pattes deschenilles, se voient en dessous du quatrième au onzième segment. Pour lout le reste il n’y a aucune différence essentielle,

Cette larve, que M. Perris a trouvée abondamment dans un bolet (Fistulina hepatica-Bull.), subit sa métamorphose en terre. La tête et le prothorax de la nymphe sont munis de pelits tubercules séligères , et chaque segment abdominal, sauf le dernier, présente en dessus six tubercules semblables disposés transversalement; le dernier est terminé par deux papilles.

“Enfin la larve du Diphyllus lunatus, trouvée pat M. Pertis dans une sorte de vesse-de-loup (Sÿhæria concentrica), ne s'éloigne, à son‘tour,

(1) Perris, loc, cit. p, 4, pl. 2, n° 3, f. 10-16.

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444 MYCÉTOPHAGIDES:

de celle da Triphyllus punctatus, que par sa forme plus linéaire, l'absence de bourrelets sous l'abdomen, et de minimes particularités dans les organes buccaux, les antennes, les ocelles, etc. La nymphe est absolument pareille à celle de l'espèce en question et attend également dans le sein de la terre sa transformation en insecte parfait,

La famille ne comprend que les six genres suivants (1).

L Tarses tétramères, les antérieurs trimères chez les mâles. Yeux transversaux : Mycetophagus, Triphyllus, — arrondis: Litargus, Typhæa.

II. Tarses subpentamères dans les deux sexes. Massue antennaire de trois articles : Diplocælus. — de deux — Diphyllus,

MYCETOPHAGUS.

Hezvw. in en. N. Mag. d. Entom. p. 394 (2).

Menton transversal, rétréci et tronqué en avant. — Languctte cornée, largement et faiblement échancrée, avec ses angles arrondis. == Dernier article des palpes maxillaires plus gros que les précédents, ovalaire et tronqué ou obtusément acuminé au bout.— Mandibules munies en dedans d’une bordure membraneuse, bidentées à leur extrémité, recouvertes par le labre. — Celui-ci transversal, arrondi en avant. — Epistôme séparé du front par un sillon arqué très- profond. — Antennes grossissant graduellement à leur extrémité ou terminées par une massue de quatre ou cinq articles. — Yeux transversaux, un peu échancrés en avant. — Prothorax transversal, un peu rétréci antérieurement, bisinué à sa base, avecses angles postérieurs plus ou moins aigus et arqués. — Ecusson en triangle curviligne.— Elytres de la largeur du prothoraxà leur base. — Tarses assez longs ; leur {er article allongé : celui des anté rieurs munis de longs poils en dessous et parfois un peu dilaté chez les mâles. — Corps oblongo-ovale, médiocrement convexe.

Ce genre comprend les plus grandes espèces de la famille. Ce sont d'assez jolis insectes noirs et ornés de taches ou de bandes flexueuses jaunes sur les élytres. Ces organes sont toujours ponctués en stries trèss serrées, et le prothorax, qui est finement rugueux, présente de chaque

(1) Erichson, dans le tableau synoptique qu'il a donné de ceux admis par lui (loc. cit. p. 405), fait figurer à la suite des Tyrnæa un genre Bercmnus qu'il dit devoir être publié prochainement par Géné, d'après un insecte (B. Tamarisci) découvert par lui dans l'Europe méridionale, probablement en Surdaigne. Mais Géné est mort sans avoir, à ma connaissance, fait mention nulle part de ce genre.

(2) Syn. CanaBus et CunysomeLa Linné, — Irs et DmcÆa Fab, — SiLPHOIDES, Berbst in Fuessly, Arch, IV, p. 41. — Boerana, Marsham , Col. Brit, p. 138,

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MYCÉTOPHAGIDES, 455

côté à sa base une dépression arrondie plus ou moins distincte, mais qui disparait quelquefois. Les modifications que présentent les antennes ne peuvent servir qu'à diviser ces insectes en sections (1) et n'ont rien de générique. ,

Le genre est assez nombreux et paraît propre à l'hémisphère boréal dans les deux continents; on en a décrit en ce moment une quinzaine d'espèces (2). Toutes se trouvent presque exclusivement dans les bolets et les champignons.

TRIPHYLLUS.

(Mec.) Lan. Règne anim. éd, 2, V, p. 98 (2).

Ce genre ne diffère des MycerormaGus que par les deux points suivants :

Languelte arrondie en avant. — Antennes terminées par une massue x de trois articles, bien distincte du funicule. ;

À quoi il faut ajouter que la ponctuation des élytres est disposée sans ordre, comme celle du prothorax, ce qui permet de distinguer, au premier coup-d'œil, le genre du précédent. Il se compose de deux espèces européennes (4).

LITARGUS.

Enons, Naturg. d, Ins. Deutschl, WU, p. 415 (5):

Languette membraneuse, largement échancrée en avant.— Yeux arrondis. — Antennes terminées par une massue de trois articles. —

(1) Erichson (Naturg. d. Ins. Deutsch]. IT, p. 406) en établit trois très-naturelles et caractérisées ainsi : I. Antennes grossissant peu à peu jusqu’à leur extrémité; bords latéraux du prothorax simples : M. quadripustulatus L., piceus Fab., 10-punctatus Fab., atomarius Fab. — II. Les cinq derniers articles des antennes plus gros que les autres ; bords latéraux du prothorax finement denticulés : M. multipunctatus Fab., fulvicollis Fab. — III. Les quatre derniers articles des antennes plus gros que les autres : M. populi Fab., 4-guttatus P. W. J. Müller; cette espèce, ainsi que le 4-pustulatus et le 10-punctatus, est parfaitement figurée dans Sturm, Deutschl. Ins. XIX, pl. 345.

(2) Aux espèces européennes mentionnées dans la note précédente, aj. : Esp. de l'Amérique du Nord : M. punctatus, fleæuosus, Say, Journ. of the Acad. of Philad, V, p. 260. — Tetratoma obsoleta, Myc. bimaculatus, bipustulatus, Melsheim. Proceed. of the Acad, of Philad. II, p. 113-114. — pini, Ziegler, ibid. p. 270.

(3) Syn. Denwesres, fes et Nimbuza Fab. — Mycerornacus Hellw., Panzer, Gyllh. — Sizpna Marsh. — Cnypropnacus Payk., Herbst. — Tyrnæa Steph.

(4) T. punctatus, suturalis Fab.; figurés tous deux dans Sturm, Deutschl, Ins. XIX, pl. 346.

(5) Syn. Mvcgrormaous Fab., Say. — Jes Fab, Panzer, — Encis Fab, Cnxpropuacus Herbst, Payk,

416 MYCÉTOPHAGIDES: ? « Jambes antérieures terminées par trois éperons : le 4er article des tarses

de la méme paire dilaté chez les mâles.

Les autres caractères comme chez les Myceroprtacus, avec la ponctuation des élytres disposée sans ordre comme chez les Trirnyzrus. Le type du genre est le Myc. bifasciatus Fab. (1), petit insecte répandu dans la plus grande partie dé l'Europe, et qui vit sous les écorces et la mousse

des vieux arbres. Î] y en a deux autrés espèces aux Etats-Unis (2).

” TYPHÆA.

(Kimëy) Conris, Brit. Entom. XV, pl. 702 (3).

Languette cornée, coupée carrément en avant. — Dernier article des alpes maxillaires aussi long que les deux précédents réunis. — Mandibules dès Mycérobtaëus.—Labre fortement lransversal, entier, âvec ses angles arrondis.— Epistomé séparé du front par un sillon bien marqué: == Yeux arrondis, assez saillants. — Antennes courtes, terminées par une massue de trois arlicless — Prothorax fortement transversal, presque droit sur les côtés, coupé carrément en avant et à sa base, avec le milieu de celle-ci faiblement lobé ; ses angles postérieurs non saillants. — Ecusson en triangle curviligne, — Elyires oblongues. — Jambes antérieures Lerminées par trois éperons; {er article des tarses de la même paire simple chez lès mâles. = Corps oblong, légèrement convexe.

Le genre ne se distingue essentiellement des LirarGus que par sa languette. Il ne comprend qu'une petite espèce, T. fumata L. (4), d'un jaune uniforme, pubescente comme toutes les précédentes, plus finement ponctuée que la plupart d'entre elles, èt dont la ponctuation est disposée en stries sur des élytres, mais si sérrées et si fines que cette particularité échappe au premier coup-d'œil. Ce petit insecte est répanda dans toute l'Europe où il est commun, dans le nord de PAfrique et aux Etats-Unis. M vit sous les écorces ét se trouve quelquefois dans l’intérièur des maisons. ‘

(1) Figuré dans Sturm, Deutschl, Ins. XIX, pl. 347.

(2) Mycet. 6-punctatus, didesmus, Say, Journ. of the Acad. of Philad, Y; pb. 261. Je me conforme à l'opinion d'Erichson ‘en les plaçant dans le genre actuel. M. Melsheimer (Catal. of the deser. Col. of the Unit. St. p- 48) les a mis avec un point de doute parmi les TriPHyLLUs.

(3) Syn. Denwesres Lioné, Marsham., Herbst, Payk. — Myesrornaeus Gyllhe

\# Figurée dans Curtis, lot. cit, et dans Stürm, Deutschl. Ins. XIX, pl. 348. — Les Typhœa Sparganii et ferrüginea de Stephens (11. of Brit. Ent. I, p. 70:74) se rapportent au Priphyllus suturalis.

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MXCÉTOPHAGIDESs aat

DIPLOCOELUS:

Guérin-Ménev. Joôh. d. Règn. anim. ns. téxte, p. 196.

Genté établi sur un petit insecte décrit dans le même recueil, par M. Chévrolat sôûs le nom de Trépéylus fagé (r), él qui à tous lé an tères essentiels dés Drrhyius qui suivent, réunit des antennes términées pâr üñé mässue de trois articles, dont le 1er pélit, Cupuliforme, le 2 le plus grand de tous, transversal, le: 3 subglobuleux. Le nom du genre est emprunté à deux sions qui éxistent de chaque côté du prothorax en dessus. Ce petit insecte est en éntiér d'un jaunâtré ou d'un brun uniforme, pubescent, ponctué, ‘avec la ponctuation disposée en rangées régulières $ür lés élytres. On l'a pris Abondämiment À Fo tai nebleau, sous les écorces de hêtres récemment coupés, et il paraît répandu dans une bonne partie de l'Europe.

Cette coupe générique me paraît peu distincte et devra probable ment étre réunie, à titre de section, aux Drruyzcus, dont le caractère distinctif des autres Mycétophagides consiste bien moins dans la massue bi-articulée de leurs antennes que dans la structure différente de leurs tarses.

DIPHYLLUS.

(Der.) Seuuex. Zlem, of Brit. Eniom. p. 178 (2): É

Menton fortement rétréci en avant, très-échancré, avec une petite dent au milieu de l’échancrure. — Languette cornée, en carré transversal, munie de longs cils en avant. — Lobes des mächoires cornés : l'interne plus court et plus étroit que l'autre; tous deux longuement ciliés au bout. — Dernier article des palpes labiaux gros, ovalaire et tronqué au bout ; celui des maxillaires cylindrique, aussi long que les deux précédents réunis. — Mandibules courtes, arquées, anguleuses et pubescentes au sommet de l'angle, simples à leur extrémité, — Labre très-court, arrondi en avant. — Tête triangulaire, obtuse en avant. — Yeux arrondis, assez saillants. — Antennes médiocres, à-articles 4 gros, obconique, 2-3 moins épais, subégaux, 4-9 plus gréles, courts, égaux, 9-11 formant une massue à 4er article cupuliforme, 2 subglobuleux. — Prothorax transversal, légèrement échancré en avant, un peu bisinué à sa base, muni d'une petite carène près de ses bords latéraux, en dessus. — Ecusson arrondi. — Elytres oblongues, de la largeur

(1) Depuis, M. Aubé (Ann. d.. Soc. ent. Série 2, VILL, p. 329) l'a décrit comme nouveau, sous le nom de Diphyllus fagi.

(2) A limitation de Dejean, M. Schuckard a écrit Birayzzus, contre les lois de l’étymologie. — Syn. Dermesres Fab., Payk., Panzer, — Niiuca Oliv., Rossi. — Sivpua Marsh, — Biroma Gyllh.

448 MYCÉTOPHAGIDES du prothorax à sa base. — Pattes médiocres; tarses subpentamères :

leurs articles 1-3 villeux en dessous, le dernier plus long que les précé-

dents réunis. — Corps oblong, assez convexe.

L'espèce typique de ce genre, D. Zunatus Kab., est petite, d'un brun-noirâtre, pubescente, assez fortement ponctuée en stries sur les élytres, et aisément reconnaissable à une tache commune d'un griscendré et en arc de cercle, qu'elle présente sur ces organes. Elle est répandue dans toute l'Europe, mais paraît assez rare partout; on la trouve sous les écorces des arbres morts. M. Aubé en a décrit une seconde espèce (1) de Sardaigne.

(1) D, frater, Ann. d, 1, Soc, ent, Série 2, VI, p, 330,

THORICTIDES.

Deux lobes aux mâchoires, inermes. — Palpes maxillaires de quatre, les labiaux de deux ou trois articles. — Antennes de onze articles, terminées en massue. — Prothorax très-ample. — Elytres courtes , entières. — Toutes les hanches transversales, faiblement distantes dans le même sens : les postérieures rapprochées des intermédiaires : tarses de cinq articles, simples. — Abdomen composé en dessous de cinq segments : le premier et le dernier plus longs que les intermédiaires ; ceux-ci courts, égaux.

Le genre Taomcrus de Germar est un de ceux dont les caractères ne s'accordent bien avec ceux d'aucune famille de Coléoptères, et dont on est obligé de faire un groupe à part (1), comme des SPILÆRIUS, qu'on a vus plus haut, et des Geonyssus, qui seront mentionnés plus loin. A côté de lui vient se placer provisoirement un genre établi par M. Lucas, sous le nom de Myrmecomius ; mais, comme ses caractères présentent encore quelque incertitude, c'est aux Tnoricrus principalement que s'appliquent la formule inscrite plus haut et les courtes observations qui suivent.

Ces insectes sont de très-pelite taille et remarquables à la fois par la forme courte, large et convexe de‘leur corps, la grandeur de leur proihorax, la brièveté relative de leurs élytres, l'union intime qui existe entre ces deux parties, enfiñ par la situation de leur tête, qui est engagée dans le prothorax, penchée et peu visible en dessus, comme celle des Histériens. Mais, tandis que chez ces derniers elle est recue en partie dans une mentonnière du prothorax, ou s'applique exactement contre l'ouverture antérieure de ce dernier, ici celle ouverture est tronquée obliquement d'avant en arrière, de sorte que la tête est libre inférieure-

(1) Erichson peut être regardé comme le fondateur de la famille, ainsi qu'on peut le voir dans le Nomenclator zoologicus de M. Agassiz, et ses derniers Comptes-rendus entomologiques; mais il n’en à exposé nulle part.les caractères.

Coléoptères. Tome II, 29

L] 450 THORICTIDES.

ment. Par suite du rapprochement dans le sens transversal des quatre hanches antérieures, le prosternum et le mésosternum sont très-étroits; celui-ci présente en ayant une petite saillie tuberculiforme, et s’unit en arrière à un court prolongement que le métasternum envoie entre les hanches intermédiaires. Ce dernier n’a plus la même longueur que dans les familles précédentes, ce qui fait que les deux dernières paires de pattes sont notablement plus voisines l’une de l’autre que dans le commun des Coléoptères.

La plupart des auteurs qui ont connu ces insectes, les ont regardés

comme alliés de plus ou moins près aux Histériens, parmi lesquels il y

en a même qui les ont compris (1). Ils s’en rapprochent, en effet, un peu par leurs hanches antérieures transversales et l'inclinaison de leur tête; mais c'est tout ce qu'il me semble y avoir de commun entre les deux familles. C’est avec les Cryptophagides et les Byrrhiens qu'ils me paraissent avoir le plus de rapports ; toutefois la forme de leurs hanchesne permet pas de les intercaler entre les premiers et les Mycétophagides, qui ont ces organes globuleux, et ils ne seraient pas mieux placés entre les Dermestins, qui suivent, et les Byrrhiens.

Genres : Thoriclus, Pycnidium.

THORICTUS.

Genan in SpERM. Rev. ent. I, part. 2, no 15 (2).

Menton et languette inconnus (3), =—Mächoires membraneuses ; leurs lobes inermes, garnis de longs cils rigides et serrés : l’interne plus court que l'externe. — Palpes labiaux de deux (?) articles : 4 très-count, P] très-allongé ; les maxillaires de quatre articles : 1-3 très-courts, 4 plus long que tous pris ensemble, — Mandibules assez robustes, bidentées au bout. — Tête enchâssée dans le prothorax, repliée en dessous, ex= cavée sur le front, rebordée en ‘avant, canaliculée latéralement (4). —

(1) Germar s’est contenté de dire qu’ils ont, en général, quelques rapports avec les Cnyerornacus ; M, Waltl les place parmi les Histériens; M. De Motscôulsky dit qu’ils font le passage des Hisrer aux Ceurocerus ; M. Lucas los met entre les Histériens et les Tunoscus ; enfin, Dejean, entre les Dermestins et les Histériens, Pour ces auteurs, voyez la synonymie du genre Tnoricrus.

(2) Syn. Srnænorronus; Waltl, Reise nach Span. IE, p. 64. — XYLONOTROGUS, Motsch. Bull. Mose. 1839, p. 70. — Prarypenus, Dej. Cat. éd. 3, p. 140.

(3) Les détails que je donne sur les organes buccaux sont empruntés à M. Lucas (Explor. d. l’Algér. Ent. p.234, note 1), qui a comblé quelques-unes des lacunes qui existaient dans la formule générique donnée par Germar. A décrit la lèvre inférieure comme élant beaucoup plus large que longue, el formant, dans sa partie moyenne, une saillie arrondie très-prononcée.

(4) Suivant M. Walti, les yeux seraient enfouis dans ce canal inmédiatement en arrière de l'insertion des antennes. Germar dit avoir fait d'inutiles efforts pour découvrir ces organçs, et M, Lucas n’en parle pas,

pr ue bn D LS rot F sisi SE ND RSR EN CITES

THORICIDES, 451

Antennes insérées dans ce canal, très-courteg, robustes, de onze arlicles : À très-gros, assez long, 2-7 courts, grossissant graduellement, 8-11 formant une massue graduelle, compacte, à 4er article cupuliforme, 2 très-grand, ovalaire, 3 et 4 très-petits, peu distincts. — Prothorax trèsample, transversal, arrondi et rabaltu sur les côtés en avant, parallèle en arrière, échancré en demi-cercle antérieurement, très-convexe à sa partie antérieure, et présentant à sa base une dépression transversale qui envahit celle des élytres, dont il égale au moins la largeur. — Ecusson indistinct. — Elytres courtes, elliptiques, convexes en avant, — Pattes médiocres; jambes un peu déprimées, élargies graduellement et tronquées au bout, plus. ou moins ciliées et denticulées sur leur tranche externe; tarses courts et robustes : les antérieurs plus courts que les autres; {ous s’amincissant graduellement, leurs crochets simples. — Corps brièvement elliptique, convexe, aptère?

Ce genre, très-peu connu de la plupart des entomologistes, compte déjà six espèces de décrites (1), mais parmi lesquelles il y a peut-être quelques doubles emplois. Toutes sont de très-petite taille, la plus grande ayant à peine une ligne de long, d'un brun-rougeëtre ou d'un jaune-ferrugineux brillant, et garnies, principalement sur les élytres, de petits poils clairsemés et espacés. On ne sait rien de leurs mœurs, si ce n'est qu’elles sont épigées et assez agiles. Cependant M De Motschoulsky dit de l’une d'elles, qu’il a découverte, qu’elle vit dans le bois sec,

L'espèce typique du genre a été rapportée de la Nubie; Les autres ont été successivement découvertes dans le midi de l'Espagne, dans le Caucase et, en dernier lieu, en Algérie. .

PYCNIDIUM.

Eruons. Archiv. 1847, 1, p. 114 (2):

Menton fortement transversal. — Languetfassez large, cordiforme, assez fortement échancrée en avant. — Mâchoires des Tronicrus. — Palpes labiaux de trois articles + { très-petit, 2 plus long et plus gros, 3 de la longueur de 2, mais grêle ; les maxillaires de trois (?) articles :

(1) T. castaneus, Germar, loc. cit. pl. 17; de la Nubie. — Sphærophorus castaneus, Waltl, loc. cit.; de l’Andalousie (le nom spécifique devra être changé). — Xylonotrogus laticollis, Motsch, loc. cit. pl. V, £. c-C; du Caucase. — Thor. Germari, maurilanicus, puncticollis, Lucas, loc. cit. pl. 22, f. 1, 10 et2; d'Algérie. — Si le Platyderus loricatus de Dejean (loc. cit.), qu'il indique comme étant d'Egypte, est distinct du castaneus de Germar, il constitue une septième espèce.

(@) Syn. Mynuecomus, Lucas, Explor, d. lAlgér. Ent. p. 233; nom déjà appliqué par M. Waterhouse (Procecd, of the Zool. Soc, 1836, p. 69) à un genre de Mammifères marsupiaux,

A52 THORICTIDES

4 très-petit, 2 très-long, 3 plus court, conique et obus au bout, = Mandibules robustes, larges à leur base, étroites et tridentées à leur extrémité, — Tête fortement transversale, très-recourbée en avant, — Antennes de la longueur de la tête, de onze articles : 1 grêle, assez long, 2-4 de même largeur, mais très-courts, 5-10 plus gros, transversaux (9 plus long que les autres), 11 plus étroit et plus court, acuminé et obtus au bout. — Prothorax fortement transversal, convexe, rétréci et échancré en avant, élargi et recouvrant un peu les élytres en arrière. — Ecusson triangulaire, en partie caché par le prothorax — EÆlytres très-courtes, elliptiques, convexes, plus étroites que le prothorax. — Pattes courtes; cuisses larges et comprimées; jambes faiblement déprimées: les intermédiaires finement denticulées au bout; tarses de cinq articles, s’amincissant et décroissant graduellement : les deux Aers des intermédiaires beaucoup plus longs qu'aux autres pattes. — Corps brièvement ovale, convexe.

J'extrais cette formule de celle très-détaillée qu'a donnée M. Lucas, Il y manqre un caractère qui me laisse dans le doute sur la place que doit occuper le genre (1), à savoir la forme des hanches: antérieures et intermédiaires; mais il en a tant d’autres en commun avec les Tnoxicrus, qu'il est probable, comme l'a pensé M. Lucas, qu'il appartient au même groupe.

La seule espèce (2) dont il se compose est un petit insecte de l'AIgérie, d’une ligne de long, noir, avec les antennes et les palpes ferrugineux, et revêtu d'une pubescence jaunâtre, courte et serrée. M. Lucas dit qu'il est très-agile, et ne l'avoir jamais pris que dans les fourmilières, principalement celles de la Myrmica testaceopilosa.

(1) Erichons (loc. cit.) dit qu’il doit rentrer parmi les Ténébrionides, attendu qu'il est hétéromère, M. Lucas a bien voulu, à ma prière, examiner de nouveau les tarses, et m'écrit qu'il y a bien cinq articles à tous, comme il l’a indiqué, 1 à omis un autreæaractère qu'£richson a fait connaître, l'absence des yeux.

(2) Myrmecobius agilis, Lue. loc, cit. pl. 21, . 9 a-g,

FAMILLE XXY,

DERMESTINS.

Languette de forme variable, sans paraglosses. — Deux lobes aux mächoires, parfois soudés; l'interne assez souvent terminé par un crochet corné, — Antennes courtes, rétractiles, de onze, très-rarement de huit ou cinq articles, terminées par une massue, — Tête penchée, plus où moins rétractile dans le prothorax. — Celui-ci presque toujours muni d’excavations en dessous pour la réception des antennes. — Elytres recouvrant en entier l'abdomen. — Pattes courtes ; hanches antérieures obtusément coniques, saillantes, contiguës ou faiblement séparées ; les intermédiaires subovales , obliques, enfouies , distantes ou rapprochées; les postérieures lamelliformes, peu séparées; tarses de

cinq articles, simples. — Abdomen composé en dessous de cinq segments, tous libres.

Famille médiocrement riche en espèces, mais qui n’en joue pas moins un rôle assez important dans la nature, la plupart d’entre elles multipliant beaucoup et vivant presque exclusivement de substances animales desséchées, dont elles hâtent ainsi la disparition. Ces habitudes les rapprochent des Silphales, mais leurs caractères sont très-différents sous tous leurs états, |

La plupart de ces insectes sont petits, et les autres à peine de taille moyenne. Leur corps tantôt oblong, tantôt très-court, mais plus ou moins convexe, est très-rarement glabre. Des poils couchés, plus rarement redressés, ou de petites écailles très-caduques, le revêtent ordinairement en entier. La tête, toujours petite et penchée ou perpendiculaire, plus ou moios rétractile dans l’intérieur du prothorax, est alors, dans le plus grand nombre des cas, reçue inférieurement dans une large saillie du prosternum qui cache en partie ou en totalité les parties Ge la bouche, Celles-ci sont très-peu saillantes et occupent la partie inférieure de la tête. Un des caractères les plus remarquables de ces insectes est la présence, dans la majeure partie des genres, d’un œil lisse ou stemmate sur le front (1). Leurs yeux, latéraux et médiocrement gros, sont

(1) Ce stemmato a,6t6 découvert, en 1829, par M. Curtis, dans les genres

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45% DERMESTINS.

parfois un peu échancrès. Les antennes, insérées à découvert sur les côtés du front, tout près dès Yeux, soit courtes, et la forte massue qui les termine se compose, le plus souvent, de trois articles tantôt serrés, tantôt làchement unis et parfois même formant comme une sorte de scie. Son dernier article est sujet à prendre chez certains mâles un développement insolite. Les excavationis des flancs du prothorax dans lesquelles ces organes sont reçus au repos ne manquent complètement que dans les genres Tainones et Orrmrzus. Le prothorax, par suite de la forme générale du corps, est plus ou moins voûlé en dessus, et sa base égale en largeur cellé dés élytres ; ën dessous, $e8 cavités cotyloïdes sont toujours largement ouvertes en arrière. Quand le prosternum ne forme pas de mentonnière en avant, son bord antérieur est échancré à des degrés divers pour permettre à la tête de s’incliner en dessous. Même à son maximum de développement, sa saillie intercoxale est très-étroite, et dans le plus grand nombre des cas, reçue dans une échancrure du mésosternum. Les parapleures métathoraciques sont étroites et appendiculées, mais leurs épimères sont quelquefois cachées sous un prolongement lamelliforme que présentent les hanches et qui forme le bord supérieur d’un sillon dans lequel chaque cuisse est reçue quand les pattes se contractent. Cette contraction n’est qu'imparfaite, même chez les Anranenus où elle est à son maximum, les tarses restant toujours libres, Leurs articles sont simplement garnis de quelques poils peu serrés et toujours simples. Les segments abdominaux sont à peu de chose près ; de même grandeur.

Quant aux habitudes de ces insectes, elles ne sont pas les mêmes pendant toute là durée de leur existence. Le plus grand nombre d'entre eüx cherchent léur nourtitufe sur Îles fleurs et ne fréquentent les sub- Stahces animales qüé pour y déposer leurs œufs. Les Denmesres, qui sont les plus voraces de la farhille, font seuls peut-être exception à cet égard. Leurs larves, aû contraire, paraissent étre toutes carnivores, sans en excepter celles des Mecaroma et des Tirgsras qui $e trouvent sous les écorces ct dans le vieux bois. On sait en effet qu’elles n’en vivent pas, mais qu’elles font la chasse aüx autres insectes, aux Cloportes et aux pélites Arachnides qui se trouvent dans les mêmes lieux. Quelquesunes de cés larves, principalement des genres Denmestes, ATTAGENUS, AxrañeNus et Trocopehita, né sôht que trop connues par les ravages qu'elles font dans les magasins de fourrures, de pelletéries et de cuirs, les cabinets d'Histoire naturelle, ctc., dégâts que compéhsent jusqu'à üh certain point celles des Denmrsres en contribuant à la disparition des cadavres dont elles rongeñt spécialement les parties fibreusés et les tendons.

On connaît un assez grand nombre de ces larves, et la plupart ont

Arracexus et Mecaroma (Brit, Ent, VIX, pl. 244). Depuis, il a 6t6 de nouveau signalé par NM. Brullé. 5

DERMESTINS, 455

été souvent décrites et figurées (1). Elles se distinguent, au premier aspect, de celles des autres Coléoptères par les poils plus ou moins nombreux et très-apparents dont leur corps est hérissé. Leur peau est | tantôt fine, tantôt en totalité ou en partie cornée. La tête est solide, peiite, arrondie et porte six stemmales latéraux disposés sur deux rangs, et de courtes antennes composées de quatre articles. Un sillon transvergal sépare l'épistome du front. La bouche est située inférieurement; , le labre est assez saillant; les mandibules sont courtes et robustes ; les mâchoirés terminées par deux lobes distincts, dont l'interne corné, plus petit, l'externe coriace et barbu au bout ; les palpes courts et composés : les labiaux de deux etles maxillaires de trois articles ; le menton membraneux ou coriace, en carré allongé ; enfin la languette membraneuse, Les pattes sout courtes, terminées par un seul crochet, et leurs hanches sont cylindriques, saillantes et dirigées obliquement en dedans et en arrière. Il y a neuf paires de stigmates, situées : la première au bord antérieur et inférieur du mésothorax, les autres sur les côtés des huit premiers segments abdominaux.

Mais, avec ces caractères généraux co-existent des modifications qui permettent de rapporter ces larves à trois types différents dont Erichson a exposé les caractères avec sa sagacité accoutumée (2).

Un premier est conslitué par celles des Denmesres (5). Elles sont allongées, cylindriques et un peu atténuées en arrière. Leurs mandibules sont tridentées à leur extrémité, et le lobe interne de leurs mâchoires est armé d'un crochet corné comme dans l'insecte parfait. Les segments du corps sont égaux entre eux, sauf le prothorax qui est du double plus grand que les autres ; le dernier, qui est un peu plus petit, se prolonge en un tube anal, et porte en dessus deux crochets recourbés. Chacun de ces segments est renforcé en dessus par une plaque cornée transversale qui s'étend sur les côtés, et en arrière de laquelle sont im-

(1) Pour ces larves en général, voyez principalement Latreille, Nouv. Dict. d'Hist. nat., articles Dermeste et Anthrène. — Brullé, Hist. nat. d. Ins. V, p. 367 sq. — Westwood, An Intr. to tbe mod. classif. of Ins. I, p. 158; — et surtout Erichson, Nat. d. Insekt. Deutsch. ILE, p. 421 sq. MM. Chapuis et Candèze (Mém. d. 1. Soc. d. Sc. d, Liège, VU, p. 436) ont donné un extrait étendu de ses observations, et la liste de tous les auteur& qui se sont occupés de ces larves ou décrit quelques espèces en particulier.

€) M. Brullé (Hist. d. Ins. V, p. 367) avait déjà signalé ces groupes, mais sans préciser leurs caractères aussi nettement qu'Erichson.

(3) On en connaît quatre espèces, celles des D. lardarius, murinus, vulpinus et undulatus. Les différences qu’elles présentent entre elles sont tout à fait secondaires et portent sur la couleur, la grosseur et le nombre des poils, la forme des crochets du dernier segment abdominal, etc. La première. a été souvent décrite et figurée; la meilleure figure est celle de Sturm, Deutschl. Ins, XIX, pl. 349. On n’en a pas des deux suivantes. Pour une de Ja dernière, voyez Chapuis et Candèze, Loc. cit, pl, 3, f Le

L'IMaLe LS Ra, pi -5- :

456 DERMESTINS:

plantées deux rangées de poils, ceux de l'antériéure trés-longs et 102 dressés, ceux de la postérieure rigides, et dirigés en arrière ; d'autres blus longs encore se voient en outre sur les côtés; le protborax en a de plus une rangée antérieure et d'autres sur son disque. Le dessous du corps est uniformément garni de poils serrés et dirigés postérieurement, Tous ces poils sont de même nature, c’est-à-dire simples.

Au second type appartiennent les Arrasenus dont on connaît trois larves (1). Elles sont grèles, allongées, cylindriques, un peu voütées en dessus et acuminées en arrière. Sous le rapport des organes buccaux elles présentent tous les caractères de celles des Denmesres. Mais les segments de leur corps sont tous entièrement cornés, et chacun d'eux est un peu recouvert par celui qui le précède. Celui du prothorax est un Peu plus grand que les autres, et le dernier n'a ni prolongement anal ni crochets cornés à sa partie supérieure. Tous sont couverts, tant en dessus qu’en dessous, de petites écailles couchées, tandis que le dessous du corps est garni de poils dirigés en arrière. En dessus, chaque segment en a le long de son bord postérieur une rangée qui affecte la nême direction et sur les côtés quelques autres qui font saillie latéralement. L'extrémité du corps est-en outre munie d'un faisceau de longs poils dirigés en arrière. Ces larves, par suite de la nature de leurs téguments, sont élastiques et résistantes; elles glissent en quelque sorte sur le plan de position par de petits mouvèments vifs et saccadés.

La troisième catégorie comprend les larves des Trocoperma, Tine- SiAS et ANTHRENUS (2). Toutes sont dépourvues de crochet corné au lobe interne des mâchoires, de prolongement anal et de crochets sur le dernier segment. Leur caractère essentiel et commun consiste en ce que, indépendamment du faisceau de poils qui termine leur corps, elles en ont de chaque côté de leurs derniers anneaux d’autres d'une structure particulière, également réunis en faisceaux, mais susceptibles de se redresser , de s’étaler en éventail, et auxquels elles impriment dans certains moments un mouvement vibratile très-vif, Ces poils, dont De

(1) A. pellio, décrite depuis longtemps par Frisch, De Géer, etc., et dont Sturm (loc. cit. pl. 354) a donné une excellente figure. — megxloma, Sturm, ibid, — Schæjferi, Rosenhauer, Stettin. ent. Zeit. 1847, p. 325.

(2) La larve du Megatoma undatum, d’après quelques mots qu'en à dit M. Westwood (An Introd. to the mod. classif. of Ins. L, p.159), paraît appartenir aussi à cette catégorie. Celle du Trinodes hirtus n’est connue que par : une dépouille qu'a décrite Erichson (Naturg. d. Insekt. Deutschl. II, p. 460). Suivant cet auteur, elle ressemble complètement à celle des Anrarenus sous le rapport de la forme. Chacun de ses segments porte une plaque cornée d’un brun-noirâtre, qui envoie de chaque côté deux sortes de saillies de même nature. Les poils qui la recouvrent sont dirigés en arrière sous le ventre et à l'extrémité du corps, où ils sont plus longs qu'ailleurs: Mais ce qui la distingue fortement des autres larves de la famille, c’est qu'au lieu de six ocelles de chaque côté de la tète, elle n’en a que deux très-rapprochés,

DERMESTINS « 451

Géer a, le premier, fait connaître la singulière organisation (1), sont composés d’articulations immobiles en forme de cône renversé et Lerminés par une pointe en fer de flèche. On en trouve cà et là de pareils sur quelques points du corps, mais qui sont beaucoup plus petits. Quant aux différences qui existent entre ces larves, eltes portent sur Le points suivants :

Les plus connues de toutes, celles des Axrnrenus (2), sont ‘ie convexes, pubescentes sur la têle et velues sur le reste du corps. Les trois segments thoraciques sont un peu plus grands que les autres et présentent en dessus une plaque de nature coriace, Indépendamment du faisceau de poils qui termine le corps et qui n'est pas susceptible de s'étaler en éventail, il en existe trois de poils articulés sur les côtés Le trois derniers segments.

La larve des Trocoperma (5) est plus allongée, plus déprimée que les précédentes, et les poils dont elle est garnie sont beaucoup plus courts. Tous les segments de son corps ont en dessus une plaque coriace sur laquelle sont implantées deux rangées transversales de poils courts, l’antérieure dirigée en avant, la postérieure en arrière. Le faisceau terminal est grêle, et les quatre derniers segments abdominaux sont munis sur leurs bords latéraux, en dessus, de poils articulés courts, mais lrès-serrés.

Enfin celle du Téresias serra (4), avec la forme courte de la larve des Anvanenus, est un peu déprimée comme celle des Trosonerma. Ses segments thoraciques et abdominaux sont d'une consistance coriace et garnis de poils redressés, longs sur les premiers, courts sur les seconds. Le faisceau terminal est très-long et étalé en éventail. Les quatre derniers segments abdominaux sont munis latéralement de faisceaux de poils articulés couchés sur lé dos et dirigés en arrière au repos, mais susceptibles, comme de coutume, de se redresser à la volonté de l'animal.

Toutes ces larves ont cela de commun dans leurs habitudes, qu’en général elles ne se tiennent pas à la surface des substances dont elles se nourrissent, mais y pénètrent et les rongent, sans que souvent rien ne trahisse leur présence à l'extérieur. Après avoir mué plusieurs fois, elles se changent en nymphe dans les matières mêmes aux dépens desquelles

(1) Mém. IV, pl. 8, f. 5

(2) Trois sont décrites, celles des À. musæorum, scrophulariæ et varius, mais n’ont été que peu figurées ; la première seule l’a 6té par De Géer (Mém. IV, pl. 8, £. 1-10), M. Brullé (loc. cit. V, pl. 15, f. 4a) et M. Westwood (An Introd. to the mod. elassif, of Ins. I, p. 160, £, 14, no 20).

(3) Décrite d’une manière générale par Erichson (Deutsch]. Ins. II, p. 447) sans indication d'aucune espèce en particulier.

(4) Waterhouse, Ent. Mag. Il, p. 373, pl. 10, f. 3. — Perris, Ann. d. 1. Soc. ent. Série 2, LV, p. 339, Tab. IX, f. 4. — Lrichson, Deutschl, us, I, p. 451. — Westwood, An Introd, etc, E, p, 106, £, 14, no 18,

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elles ont vécu, ou dans le voisinage. Celles des Denueëres se font alors quelquefois un abri de leurs excréments, qui ont la forme assez singulière de grains appliqués à la file les uns des autres. Leur métamorphose présente ceci de particglier, que la peau de la larve persiste et enveloppe la nymphe quand celle-ci est formée. Cette particularité, connue depuis longtemps chez les Anranenus, paraît s'étendre plus où moïns à tous les genres de la famille. Les nymphes sont un peu velues, surtout à leurs deux extrémités ; celle des Derwestes est munie, sur son dernier segment, d'un appendice corné et fourchu représentant les deux crochets de même nature qui existent chez la larve. Les générations de ces insectes sont en général annuelles, mais leur apparition a lieu à des époques très-variables et peut être, dans certains cas, retardée pendant très-longtemps. Les œufs des Anrarenus, en parliculier, peuvent rester un temps illimité sans éclore, et c'est là une des causes qui font qu'il est si difficile d'opérer la destruction complète de ces insectes quand ils se sont mullipliés quelque part (1). |

Les Dermestins sont plus nombreux et plus mullipliés dans les parties tempérées de l’ancien et du nouveau continent que partout ailleurs; il y en a fort peu dans les régions intertropicales. Quelques-uns (Dermestes lardartus, Attagenus pellio, etc.) ont étè transportés aù loin par l'homme et sont devenus cosmopolites.

L'établissement de la famille remonte aux premiers travaux de Latreille qui, dans l’origine (2), n'y avait compris que l'ancien genre Denmesres de Linné dont il considérait les ArrAGENus comme une simple division; les Anrarenus et les Mecaroma avaient été placés par lui dans la famille des Byrrhiens, dont il les a retiré plus tard. Dans son dernier ouvrage, le groupe serait pur de tout alliage sans les Linnicuus qui s'y trouvent encore compris (3). C’est à Erichson (4) qu’on doit de l'avoir composée telle qu’elle est généralement admise en ce moment et qu'on la trouvera ici. J'y ajoute seulement les Byrurus, non sans hésiter, et deux genres exotiques publiés il y a peu de temps par Solier.

Des treize qui suivent, trois seulement (DrononroLosus, Decawenus, CryprornopaLum) sont étrangers à l'Europe.

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