SAISIR
Toutefois, la règle est que ces en n EE passent l'hiver à l’état de larve ou de nymphe, et dès-lors les Stylopides sont assujettis à la même loi. Le paint le plus essentiel à r en ceci, c’est que, d’après les observations de M. De Siebold, jamais les mâles ne se trouvent à l'état de nymphe pendant l'hiver. Ils ne commencent à se montrer sous cette forme que dans le courant de l’été, et comme leur évolution est terminée au bout de quelques setAgee, 4 tous sont éclos vers la fin de cette saison.
Maintenant se présente cette question qui, en ce moment encore, partage les entomologistes : Ces insectes doivent-ils constituer un ordre à part, ou appartiennent-ils à celui des Coléoptères?
M. Burmeister est le premier qui, dès 1837, les ait introduits parmi ces derniers (1). Depuis, M. Newman (2) a publié un travail dans lequel sont exposées les principales raisons qui viennent à l'appui de cette opinion. Bien que ses arguments me parussent parfaitement fondés, j'ai cru devoir consulter sur cette question l’une des prémières autorités entomologiques de notre époque, M. le docteur Schaum, qui a eu l'obligeance de me répondre en ces termes :
« Vous connaissez les raisons que, dans mon Compte-rendu entomologique pour l’année 4850 (3), j'ai alléguées afin de démontrer que les Styl 's sont bien des Coléoptères. Ces raisons sont les suivantes : leurs métamorphoses complètes ; la ressemblance qu'ont leurs larves avec celles des Mecor; leurs organes buccaux qui sont broyeurs, du moins chez les mâles, mais qui restent rudimentaires, par la raison que ces insectes ne prennent pas de nourriture; la nature des appendices de leur mésothorax, qui sont de véritables élytres analogues à celles des Arracrocerus, Raiprnius, etc.; enfin leur locomotion aérienne, qui, de même que celle de tous les Coléoptères, ne s'exécute qu'à l’aide de leurs ailes inférieures, dont la texture ressemble à celle des ailes de certains Rhipiphorides. Depuis que je me suis exprimé de la sorte, il s’est produit quelques objections dues à M. De Siebold (4), auxquelles je ferai les réponses suivantes, sans m'astreindre à suivre rigoureusement l’ordre dans lequel elles ont été exposées.
» 4° La ressemblance entre les larves des Stylopides et celles des Meior n’est que superficielle; les secondes possèdent des organes buccaux bien développés, dont les premières sont complètement priyées,
» Ceci s’explique en ce que les larves des Meror dévorent les œufs
(1) Handbuch d. Naturg., p. 643.
(2) The Zoolog. 1850, p. 2684.
(8) Wiegmanns Archiv, 1851, IL, p. 200.
(4) Ces objections se trouvent dans un mémoire de M. De Siebold, intitulé : € Ueber Strepsipteren, » et inséré dans les Arbeit. d, Schless. Gesellsch. 1853, p: 83; il a été reproduit dans la Stettin, entom. Zeit. 1853, p. 133. T. L.
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des Hyménoptères dans les nids desquels elles ont été transportées, tandis que celles des Stylopides rongent le tissh des larves dans 16 corps desquelles elles ont pété et dont elles doivent en même temps respecter la vie. Munies d'organes buccaux bien développés, elles eussent fait périr leur hôte. C'est par la même raison que chez un si grand nombre de larves parasites d’Ichneumonides, les mandibulés et les mâchoires que possèdent les larves des autres Hyménoptères sont réduites à de simples caroneules. A-t-on étudié d'assez près celles des Stylopides, pour être sûr que leur bouché ne présente pas des salles semblables? Quand les larves des Myonires et des Rurpinius seront mieux connues, il est probable qu’on trouvera leurs orgânes buctaux aussi imparfaits que chez celles des Stylopides.
» 2° Chez tous les Coléoptères à l’état parfait, les parties de la bouche sont des organes masticateurs complets, tandis que chéz les Stylopides mâles, elles se réduisent à deux mandibules rudimentaires.
» Ceci prouvé seulement que les Stylopides mâles sont au commun des Coléoptères, ce que les Ephémères sont aux Orthoptères, parmi lesquels on les classe maintenant. Pour leurs femelles, l’atrophie complète des organes buccaux s'explique, comme on vient de le voir, par leur parasitismé.
» 3° Tous les Stylopides mâles sont dépourvus, aux tarsesy des cr0chets qui sont des organes essentiels chez les Coléoptères.
» Objection réfutée par l'absence de ces mêmes crochets chez les Lamellicornes du genre ENicoTarsus (1).
» 4° La vie des Coléoptères se prolonge pendant des mois entiers
ème pendant une année, tandis qu'à l’état parfait, les Stylopides mâles vivéat au plus un jour.
» Les Ephémères, qui ne vivent pas plus longtemps, n’en son pas moins pour cela des Orthoptères.
» 5° Pendant le vol, les élytres des Strepsiptères se meuvent avec une extrème rapidité et remplissent les fonctions de balanciers antérieurs, par comparaison avec les balanciers postérieurs des Diptères. Celles des Coléoptères sont de simples étuis destinés à recouvrir les ailes, et qui, pendant le vol, sont relevés et restent imrmobiles, qu’elles soient rudimentaires ou non.
» Je crois que les mouvements dés élytres des Stylopides ne sont nullement produits par des muscles propres, mais se bornent à une trépidation qui leur est communiquée par les parois du mésothorax, lesquelles vibrent nécessairement avec force lorsque fonctionnent les énormes ailes de ces insectes, Dans mon opinion, ces mouemnts sont passifs et non actifs.
» 6° Chez tous les Coléoptèrés, le prothorax est très-développé, de
(1) Etpar l'existence de trois genres inédits de Curculjonides qui sont privés non-seulement des crochets, mais encore du dernier article des tarses, T.
région supérieure fournit de nombreux caractères génériques ou spécifiques; chez les Stylopides, cette région. est presque complètement oblitérée. à
» Gela est vrai, et de toutes les objections qui précèdent, celle-ci est la seule qui ait une importance réelle. Mais on peut répondre à cela que, dans presque tous les groupes d'animaux, il existe des espèces dégradées chez lesquelles ont disparu les caractères essentiels de la classe, de l’ordre ou de la famille à laquelle elles appartiennent. M. De Siebold lui-même a placé les Puces parmi les Diptères, bien qu'elles soient privées d’ailes et que l’ensemble de leur organisation s'éloigne fortement de celle de ces derniers, Un cas analogue, appartenant au même ordre et tout aussi frappant, se trouve dans le beau travail que M. Leuckart a publié récemment sur la propagation et le développement des Pupipares (1). Il s'agit du genre Brauza, que ses rapports intimes avec les Nycrenimia prouvent à l'évidence appartenir au même groupe que ces dernières, et qui, cependant, n’a ni ailes, ni balanciers, ni la bouche des Diptères, en un mot, qui n’a conservé presque aucun «des caractères les plus essentiels de cet ordre d’insectes. De même l’évolution des Stylopides, qui leur est commune avec les Méloïdes, les rapports qu’ils ont, d’un autre côté, avec plusieurs Rhipiphorides par leur genre de vie et quelques particularités de leur organisation, démontrent que ce sont des Coléopières qui ont perdu l’un des principaux caractères de cet ordre, c’est-à-dire la grandeur et la liberté du prothorax, en même temps que leurs organes buocaux et leurs élytres devenaient rudimertaires. »
Pour ce qui me concerne, je ne vois rien à répondre à ces arguments et n’âperçois aucune objection nouvelle qu’on pourrait leur opposer.
Les Stylopides ne sont connus que depuis la fin du dernier siècle, où Rossi (2) en découyrit une espèce ( Xenos vesparum). Leur histoire est des plus compliquées (3), car leur étude n’a été qu’une suite de tâtonnements, qu’expliquent suffisamment les difficultés particulières qu'elle présente. C’est aux entomologistes anglais, puis à ceux de l’AIlemagne, qu'est dû presque exclusivement tout ce qu’on sait de ces insectes. Ceux des autres pays, et en ‘particulier de la France, n’y ontcontribué en rien, ou que pour une part insignifiante. La connais-
(1) Abhandl. d. naturf, Gesellsch. z. Halle, LV, 1858, p. 145. (2) Faun. etruse.; Mantis. IL, Suppl. p. 114.
(3) G. Newport (Trans. of the Linn. Soc. XX, p.330) en a donné, en 1851, Une exposition complète accompagnée d’une liste également très-exacte de tous les écrits dont ces insectes ont été l’objet jusqu’à cette époque. Ceux qui ont paru dépuis sont cités, à peu d’exceptions près, dans lés pages qui précèdent. Parmi ceux qui ne le sont pas, le plus important est un Mémoire de M, Saunders, inséré dans les Tians. of the entom. Soc: Ser. 2, LL, p.125.
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sance de leurs espèces est encore très-peu avancée, mais il est plus que probable qu’il en existe dans la plupart des régions du globe. Enefet, on en a déjà rencontré, outre l’Europe, dans l'Amérique du Nord, au Brésil, à l’île Maurice, et l'on sait qu'il y en a dans l’Australie. En ce moment, elles forment déjà cinq genres qui sont très-tranchés, et que les modifications seules des antennes et des tarses suffiraient pour distinguer les uns des autres. s