FAMILLE LIX
Menton porté par un pédoncule du sous-menton. — Languette saillante, sinuée ou bilobée. — Deux lobes aux mâchoires, cornés, inermes et ciliés; l’interne parfois presque nul. — Mandibules dépassant trèsrarement le labre d’une manière notable. — Tôte fortement penchée, souvent repliée en arrière, brusquement rétrécie en un col toujours dégagé du prothorax. — Yeux plus ou moins grands, échancrés.ou entiers, — Antennes de onze articles, rarement moins, insérées latéralement et au-devant des yeux (Pmonaca excepté), de forme variable, — Prothorax plus étroit que les élytres; son pronotum continu avec ses parapleures. — Elytres en général flexibles, embrassant imparfaitement le corps, sans repli épipleural. — Hanches antérieures et intermédiaires subeylindriques, très-grandes; les premières contiguës, dirigées en arrière, leurs cavités cotyloïdes confondues ensemble, trèslargement ouvertes en arrière; les secondes obliques, contiguës on arrière ; les postérieures transversales, un peu obliques, plus ou moins concaves, saillantes à leur sommet interne; jambes munies d’éperons; les quatre tarses antérieurs de cinq, les postérieurs de quatre articles; le pénultième presque toujours simple; crochets divisés en deux branches : l’inférieure en général très-grêlo, rarement remplacée par une dent. — Abdomen de cinq ou six segments, tous libres.
Ces insectes sont les derniers parmi les Hétéromères dont la tête soit pourvue d’un col brusquement formé, et ils se distinguent sans peine de tous les précédents qui sont dans le même cas, par la structure des crochets de leurs tarses. Linné ayant désiyné toutes leurs espèces à lui connues, sous le nom de MxLor, la plupart des anciens auteurs leur ont donné le nom de Méloïdes que je crois devoir leur conserver, bien qu’il soit un peu tombé en désuétudesllls sont aujourd’hui aussi souvent désignés sous celui de Cantharidiens, emprunté au principal de leurs genres, les CanrHanis, ou de Vésicants, qui rappelle la propriété épispastique dont jouissent un grand nombre de leurs espèces,
Les téguments des Méloïdes sont généralement minces et flexibles, surtout ceux de l’abdomen et des élytres, par suite de quoi ces parties sont souvent sujettes à se déformer après la mort. Leur tête est le plus souvent trigone, avec son vertex tronqué, arrondi ou échancré ; il est rare (par ex. Pnopaca) qu’il prenne une forme ogivale, comme chez les Rarprrnorus, et dépasse fortement le niveau supérieur du prothorax, Le museau qui la termine et qui parfois (NemoGnarua) s’allonge assez, est dû aux organes buccaux et en particulier aux mandibules, l’épistome restant constamment court. Ce dernier est toujours séparé du front par une suture transversale très-distincte.
Le menton est assez grand, plan ou concave et de forme variable, la languette cornée ou submembraneuse. Les deux lobes des mâchoires sont également cornés, tantôt assez larges, surtout l’externe (MELOE, Myzagns), tantôt plus grèles (Canrmanis). Chez les Némognathides, l'externe s’allonge en un filet qui a parfois (Nem. rostrata) la longueur des deux tiers du corps. Les palpes sont médiocrement robustes, à part quelques exceptions (par ex. Meoe); le 2° article des maxillaires est toujours plus grand que les autres, et il est rare (par ex. Srranis) que le dernier de tous ne soit pas déprimé et un peu triangulaire ; jamais il n’est cultriforme, comme cela a lieu si fréquemment dans les familles précédentes. Les Horiides sont les seules chez lesquelles les mandibules sont sujettes à acquérir de grandes dimensions; partout ailleurs, elles ne dépassent pas où que très-peu le labre. Ces organes sont aussi souvent entiers à leur extrémilé que munis d’une dent près de cette dernière. Dans un seul genre (PaopaGa) leur sommet est épais, bifide, et en même temps sillonné en dehors, comme chez tant de Ténébrionides.
Malgré leur grandeur qui n’éprouve que peu d’exceptions, les yeux n’ont aucune tendance à se rapprocher sur le front. Ceux des PropaGa, au lieu d’être transversaux, sont dirigés dans l’axe de la tête et débordés parles côtés de celle-ci. Cette situation, dont il n’y a pas un second exemple dans la famille, est accompagnée d’un déplacement dans l'insertion des antennes, qui est devenue frontale, et non plus pré-oculaire comme partout ailleurs.
Les antennes varient beaucoup, mais les Mylabrides sont les seuls chez lesquels le nombre normal de leurs articles est sujet à tomber à dix, neuf et même huit. Dans ces deux derniers cas, elles se terminent par un renflement en forme de bouton. Les antennes difformes de plusieurs Mecor mâles, celles en quelque sorte monstrueuses des Cerocoma du même sexe, sont ensuite ce que ces organes présentent de plus remarquable.
Jamais le prothorax n’est exactement contigu aux élytres, ni ne présente le plus léger vestige d’arêtes latérales entre son pronotum et ses flancs. Il est le plus ordinairement carré avec ses côtés arrondis ou non, mais fréquemment aussi conique (SyBAnIS, CEPHALOON) Où cam-
panulé (beaucoup de Canrmanis), parfois même (©. vuinerata) trans. versalement hexagonal. L'écusson ne manque ou n’est rudimentaire que chez les Méloïdes vrais. Dans les autres espèces, il est au moins médiocre, et sa forme ne varie pas; elle est en riangle allongé et arrondi au bout. Le prothorax laisse toujours en évidence sa base qu recouvre le mésothorax.
Dans la plupart des cas, les élytres forment une sorte de fourreau qui émbrasse Mchement l’arrière-corps. Elles sont aussi en général un peu déhiscentes à leur extrémité. Cette déhiscence devient très-forte et peut s'étendre jusqu'à leur base quand elles se raccourcissent, Dans ce dernier cas, leur forme appartient à deux types distincts. Chez l'un, leur bord interne est arrondi et imbriqué ou non, tandis que l’externe recouvre les parapleures méso- et rnétathoraciques. Cette forme est accompagnée de l’absence constante des ailes inférieures et en général d’un grand développement de l'abdomen. Dans l’autre type, qui est propre aux Sitarides, ces organes recouvrent simplement le des de l'abdomen et s’atténuent isolément en arrière, parfois au point d’être subulés ou de ne plus former que d’étroites lanières.
Les pattes des Méloïdes sont toujours longues, et celles de leurs patties qui sont mentionnées dans la formule caractéristique de la famille ne varient presque pas. Parmi les autres, les plus essentielles à mentionner sont les suivantes. La saillie qu’envoient les hanches postérieures à leur sommet interne, est toujours plus ou moins échancrée. Les éperons des quatre jambes antérieures sont constamment assez longs et grêles; ceux des jambes postérieures sont, au contraire, trèssouvent dissemblables, l’externe étant sujet à s’élargir, devenir concave et à être tronqué obliquement à son extrémité; quelquefois aussi l'interne en fait autant. Le pénultième article des tarses n’est, bifide ou bilôbé que chez les Erica et les Terraowyx. La division supérieure est tantôt simple, tantôt pectinée en dessous, et ces deux cas sont à peu près aussi communs l’un que l’autre; chez certains MELOB, les Cysrronemus et les TecroperA, elle est munie d’une dent qui tient lieu de la division inférieure, laquelle est absente.
Les segments abdominaux diffèrent peu sous le rapport de la grandeur, ou, dans le cas inverse, décroissent pou à peu et faiblement. Les épisternums métathoraciques sont assez larges et s’atténuent régulièrement en arrière. Les 6épimères qui les accompagnent, ne sont pas terminales, maïs externes et remontent fort loin en avant sous la forme d’un triangle allongé.
Les caractères sexuels des Méloïdes résident principalement dans l'abdomen qui me paraît avoir constamment un sixième segment chez les mâles. Le pénultième est très-souvent échancré ou fendu dans cè sexo. Dans deux genres seulement (Mxxor, CErocomA), ses antennes sont souvent très-différentes de celles des femelles.
La plupart de ces insectés sont d'assez grande taille, et la livrée de
beaucoup d’entre eux est ornée de couleurs vives et variées, mais qui ne deviennent métalliques que chez quelques MeLor et un assez grand nombre de Canruans. Leurs habitudes sont assez différentes. Les Mezoz, privés d'ailes inférieures et appesantis par leur volumineux abdomen, se traînent lourdement sur le sol ou grimpent avec lenteur sur Jes plantes basses ou les broussailles. Les Myzagnis et les CANTHAns, insectes grégaires, se rencontrent parfois en quantités énormes qur les végétaux dont ils se nourrissent; seulement, les premiers fréqueñtent plus spécialement les fleurs, et les seconds les feuilles. Les Srranis et genres voisins ne s’observent guère que dans le voisinage des nids des Hyménoptères où ils ont subi leur métamorphose. Tous ces insectes sont d’allures peu vives et, quand on les saisit, ils fléchissent leurs antennes et contractent légèrement leurs pattes en simulant la mort pendant quelque temps. Les espèces qui jouissent de la propriété épispastique, surtout les Canrmanis (1), exhalent une odeur particulière, pénétrante et analogue à celle des souris. Celle que répandent les MeLoe, plus douce et d’une tout autre nature, est due à un fluide jaune ou blanchâtre que ces insectes exsudent, quand on les inquiète, par les articulations de leurs pattes.
Mais de toutes les particularités que présentent les Méloïdes, la plus intéressante est celle de leur développement qui est pareil à celui des Stylopides, avec deux différences essentielles, à savoir que leurs larves dévorent les œufs et le miel déposés dans les nids des Hyménoptères récoltants vù s'opère leur métamorphose, et non les larves de ces derniérs ; puis, qué leurs femelles ne sont ni frappées d’un arrêt de développement, ni parasites. À quoi l’on peut encore ajouter que les quatre stages de l’hypermétamorphose sont plus tranchés chez eux que chez les Stylopides.
Toutes les observations anciennes sur les premiers états de ces insectes, observations sans liaison entre elles et pleines d’incertitudes et d'erreurs, m'ont plus conservé qu’un intérêt historique depuis les travaux récents de G. Newport sur les MELoE (2) et surtout de M. Fabre
(1) Pour les espèces de la famille chez lesquelles cette propriété existe, et les nombreux écrits dont la Canfharis vesicatoria, en particulier, a été l'objet au point de vue tant médical que chimique, voyez principalement : Brandt et Ratzeburg, Medicin. Zool. I, p. 120. — Mulsant, Col. d. France; Vésicants, p. 12. — Gervais et Van Benoden, Zool. médic. IE, p. 304. — Courbon, Comptes-rendus d. V'Acad. d. Science. XLE, 1855,:p. 1003; travail intéressant sous le rapport thérapeutique, en ce que l’auteur signale chez une espèce (adspersa Klug) commune à Muntevideo, l’existence de la propriété vésicante, sans l'action epécilique que les autres espèces exercent sur les organes génitauxurinaires.
(2) Ds consistent en trois Mémoires intitulés : « On the Natural History, Anatomy and Developement of th Oil Beetle, Mecor, more especially Meloe cicatricosus Leach. » Trans. of the Linn, Soc. XX, p. 297 et 321, pl. 14, et XXI,
sur la Sitaris muralis (1). L'histoire évolutive de celle-ci étant complète et ne laissant rien à désirer, c’est elle qu'il convient de prendre pour point de départ et pour terme de tomparaison.
Cet insecte est parasite de l’Anthophora pilipes, Hyménoptère commun dans certaines locälités du midi de la France, et dont la femelle crible de trous cylindriques les talus des terrains de molasse Pour y déposer ses œufs. Pendant le peu de jours que vivent les deux sexes de cette Srranis, ils ne prennent, comme les Stylopides mâles, aucune nourriture. Après sa fécondation, la femelle dépose à l'entrée des trous creusés par l’Antophore de deux à trois mille œufs très-petits, blancs, de forme ovale, agglutinés entre eux et formant une masse informe. Un mois plus tard, il en sort de très-petites larves d’un noir verdätre luisant, coriaces et ressemblant beaucoup à celles de la plupart des Stylopides.
Ces larves primitives sont de forme elliptique tès-allongéo, convexes en dessus et planes inférieurement. Leur tête, brusquement rétrécie postérieurement en un col épais, est légèrement trapéziforme et arrondie en avant. Les parties les plus apparentes de la bouche sont: un labre demi-cireulaire et cilié en avant; deux mandibules courtes, r0bustes, arquées et so rejoignant au repos sans se croiser; puis deux palpes maxillaires assez longs et bi-articulés. Les autres parties, vu leur petitesse, n’ont pas été observées. Sur les côtés de la tête sont insérées les antennes composées de deux articles égaux, cylindriques et dont le dernier est surmonté d’une très-longue soie. En arrière d'elles sont, de chaque côté, deux ocelles. Les segments thoraciques, plus longs que ceux de l’abdomen et égaux entre eux, s'élargissent graduellement en arrière. Les pattes sont médiocres, mais assez robustes et terminées par un ongle fort aigu et très-mobile. Les hanches et les cuisses sont munies de quelques cils, et chacune d’un cirrhe presque aussi long que la patte entière et perpendiculaire à celle-ci quand l'animal se meut. Les neuf segments abdominaux sont d’égale longueur et s'atténuent peu à pou en arrière. Dans l'intervalle membraneux qui sépare le pénultième du dernier, se trouvent deux crochets cornés, courts, r0bustes, arqués et redressés, qui peuvent rentrer au besoin dans leur base qui est membraneuse, ou sous l'avant-dernier segment lui-même. Il en est de même du segment anal, qui est pourvu de deux longs cirrhes pareils à ceux des pattes et recourbés de bas en haut; à son extrémité, il existe un mamelon ou pseudopode.
Après leur éclosion, ces larves restent immobiles et entassées sans ordre, comme l’étaient les œufs eux-mêmes. Elles persistent dans cette
p- 167, pl. 20. On trouvera. dans le second un exposé complet de toutes les observations faites jusque-là sur les métamorphoses des espèces de la famille. Voyez aussi Westwood, An Introd. etc., 1,p. 295; et Mulsant, loc. cit. p. 36.
(1) Mémoire sur l’hypermétamorphose, etc.; voyez plus haut, p. 638, note.
position, Sans prendre aucune nourriture, jusqu'au mois d'avril de l'année suivante, époque à laquelle éclosent les Anthophores mâles qui précèdent d'environ un mois l'apparition de leurs femelles. À mesure qu'ils sortent de l’étroite retraite où ils sont nés, une ou plusieurs larves de Srraris grimpent sur eux, s’attachent aux poils de leur thorax ou de leur tête et s'y cramponnent fortement en se tenant la tète en bas. Des mâles, ces parasites, qui continuent d'observer le jeûne le plus complet, passent sur les femelles lorsque leur accouplement a lieu. Quand ces dernières, après avoir construit une cellule et l'avoir approvisionnée de miel, y déposent un œuf, une de ces larves se glisse sur celui-ci qu’elle saisit avec force pour ne pas choir dans le miel où elle périrait infailliblement, déchire son enveloppe et en dévore le contenu. Ce repas, qui dure environ huit jours, terminé, elle est parvenue à toute sa croissance, et sans qu’elle abandonne la dépouille de l'œuf, sa peau se fend sur le dos et livre passage à la seconde larve.
Celle-ci se laisse tomber dans le miel qui doit lui servir de nourriture et croît lentement, car il lui faut de cinq à six semaines pour arriver à toute sa grosseur. Dans cet état, c’est un ver mou, blanc, de forme elliptique et dont le dos émergé porte les stigmates, tandis que la région ventrale, plongée dans le miel, est très-convexe. Elle se compose, du reste, comme auparavant, de treize segménts, y compris la tête qui est fort petite et privée d’yeux, mais pourvue de deux trèscourtes antennes bi-articulées. Ses organes buccaux sont au complet, etrudimentaires, ainsi que les pattes qui ne peuvent lui être. d'aucune utilité. Quelques jours après avoir consommé le miel dont l'Anthophore avait faitprovision, la larve se contracte, et de sa surface externe se détache une pellicule transparente, continue, sur laquelle on dis-
.tingue tous les organes signalés plus haut. Bientôt, dans cette enveloppe, se dessine une masse oblongue, d’abord molle, mais qui durcit rapidement et prend une couleur d’un fauve vif. Cette masse, dont la coupe transversale donnerait un triangle à base concave, paraît, sous un grossissement convenable, formée de treize segments séparés par de très-fines sutures. À sa partie antérieure, on distingue une sorte de masque représentant la tête, à la postérieure un disque circulaire, et sur ses flancs neuf paires de stigmates.
La pseudo-chrysalide ainsi formée, passe ordinairement l'hiver sans éprouver aueun changement. Au printemps, de triangulaire qu’elle était, elle devient ovoïde; l’enveloppe cornée dont elle est revèêtue, se détache de son contenu sans cesser d’être renfermée dans la pellicule dont il a été question plus haut, et l’on ne tarde pas à voir paraître la troisième larve qui est complètement semblable à la seconde. Sous cette nouvelle forme, l’animel ne prend aucune nourriture. Ses mouvements sont très-lents et se bornent à des contractions et des dilatations de sa substance, la faiblesse de ses pattes ne lui permettant pas
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de marcher. Peu de temps après, il se change en une nymphe qui
ressemble à celle des Coléoptères en général, et d’où sort, au bout d'environ un mois, l’insecte parfait. La durée de l’évolution de cette Srranis est ainsi d'à peu près deux ans (1). |
Ces détails jettent une vive lumière sur l'histoire des MELOE, dans laquelle G. Newport avait laissé quelques lacunes (2) qui ont été rem. plies par M. Fabre, tant par des observations directes qu’à l’aide des analogies. Avec un fonds commun sur les points essentiels, il existe des différences sensibles sur d’autres entre les deux genres.
Ainsi, au lieu d’une seule ponte, les MeLor femelles en font plusieurs (de deux à quatre) dont les premières se composent de plusieurs milliers d'œufs, et les autres d’un nombre graduellement moins élevé, A chacune d'elles, elles creusent dans la terre un trou dans lequel les œufs, très-petits et agglutinés ensemble, sont déposés, puis recou- . verts de terre, à moins qu’ils n'aient pas été préalablement fécondés, auquel cas le trou reste ouvert. Ces œufs sont ordinairement d’un jaune-orangé et écloseat au bout de trois à six semaines, selon ln température de l'atmosphère.
Les larves primitives (4) qui en sortent, diffèrent notablement de celles des Srranis. Elles sont pédiculiformes, de couleur jaune ou noire (4), allongées, parallèles et un peu déprimées. Leur tête, en
(1) Toutes les espèces de ce genre ne paraissent cependant pas se comporter de même sous ce rapport, du moins pour ce qui concerne la ponte des œufs. Ainsi Andouin (Ann. d. 1. Soc. entom. d. France, VIT, Bullet. p. XLVI) rapporte avoir observé aux environs de Pise, avec M. Pecchioli, des romarins cou verts d'œufs de la Sitaris Solieri, agglutinés entre eux et en voie d'éclosion, Les larves primitives de cette espèce doivent alors nécessairement, comme celles des MeLos, se jeter sur les Hyménoptères lorsqu'ils viennent butiner sur les fleurs. .
(2} Newport ignorait le genre de nourriture des larves primitives, et croyait qu’elles mangent le miel destiné aux larves des Hyménoptères, dont ellessont parasites. La seconde larve lui avait également échappé ; il avait vu seutement sa dépouille adhérant encore à la pseudo-chrysalide, et c’est d’après cette dépouille ramollie qu’il a décrit (loc. cit. XXI, p. 179) les parties de l'animal sous cette forme, Il a, au contraire, très-bien connu la pseudo-chrysalide qu'il a désignée sous le nom de’pseudo-larve ; müis il croyait qu’elle se change directement en nymphe; en d’autres termes, la troisième larve lui était restée inconnue. On voit, par ce peu de mots, tout ce que M, Fabre a ajouté à cecque l'on savait avant lui sur les métamorphoses des Méloïdes.
(3) Les meilleures figures qu'on en ait, sont celles de Newport, Trans. of the Lion. Soc, XX, pl. 14, £, 5, et XXL, pl. 20, f. 1-3, Voyez aussi L. Dufour, Ann. d. Sc. nat. XI, pl. 9, B f. 1-4 (sous le nom de Zriungulinus andrenatarum).
(4) Les larves de couleur jaune paraissent être plus particulièremont celles de diverses espèces de MeLos. Celles de couleur noire qu’on trouve ordinairement sur les ANDRæÆNA et les Osuya, appartiennent probablement à d'au= tres genres de Méloïdes. »
triangle curviligne allongé, porte de chaque côté un $temmate arrondi et saillant, et des antennes de trois articlés, dont le 28 est allongé, et le 3° terminé par un long cirrhe sétiforme, plus où moins distinctement bi-articulé. Les organes buccaux se composent d’un labre arrondi en avant; deux mandibules assez courtes, arquées et entières au bout; deux mâchoires d’un seul lobe, portant des palpes dé deux articles, dont le dernier cylindrique; enfin, d’une petite lèvre inférieure munie de palpes bi-articulés. Les trois segments thoraciques, à peu près aussi longs que l'abdomen, sont très-distinctement séparés, presque triangulaires et subégaux. Les pattes qu’ils portent sont assez longues etcomposées de cinq pièces, dont la dernière en forme d'onglet et représentant le tarse, est flanquée de deux crochets un peu plus courts qu’elle. L’abdomen est finement pubescent, de forme oblongue, allongée, et composé de neuf segments (dix selon Newport) égaux, dont le-dernier porte quatre longues soies terminales, et en dessous, deux+courts mameïons rétractiles. Selôn Newport (1), il y aurait dix paires de stigmates, dont une sur le mésothorax, et les neufs autres sur les segments abdominaux. Les deux premières dn nombre total sont plus grandes que les autres; toutes sont à la fois supérieures et latéfales.
Pendant les premiers moments qui suivent leur éclosion, ces larves restent immobiles et pressées les unes contre les autres, aussi longtemps que la chaleur et la lumière auxquelles elles sont singulièrement sensibles, ne les tirent pas de leur torpeur. Une fois en mouvement, elles déploient une activité extraordinaire et se répandent sur les plantes, principalement sur les renonculacées et les chicoracées. De là, elles se jettent sur les Hyménoptères et les Diptères (2) qui se posent à leur portée, et s’attachent avec force, et souvent en grand
nombre, aux poils de ces insectes. Mais il leur arrive aussi dese jeter
sur des espèces qui ne construisent pas de cellules et n’amassent pas de provisions pour leur postérité. Les individus à qui ce malheur arrive, doivent nécessairement périr, et il y en a probablement beaucoup qui sont dans ce cas.
Une fois transportées dans les nids des Hyménoptères, ces larves, dans les premiers moments, se comportent exactement comme celles des Siranis, ainsi que l’a démontré M. Fabre. Elles dévorent l'œuf contenu dans le nid où elles ont été transportées, se changent en seconde larve, säns abandonner ses enveloppes, et désormais vivent de la pâte destinée à l'hôte qu’elles ont détruit. Sous cette nouvelle
(1) Loc. cit, XXI, p. 172,
(2) MM. Drewsen et J. Schiædte ont donné (in Kroyer, Naturhist, Tidskr. I, p.123, note) une liste des Hyménoptères sur lesquels ils ont rencontré de ces larves, Elle a été réproduite par M. De Siebold, Stettin. entom. Zeit. 1841, p. 133, et M. Mulsant, Col. d, France; Vésic, p. 8, note.
forme, que Newport n’a fait qu’entrevoir, et que M. Fabre a décrite en détail, ces larves ont quelque ressemblance avec celles des Lame]. licornes. Leur corps cylindrique , un peu arqué et revêtu d’une fine pubescence visible seulement à la loupe, est composé, comme de cou. tume, de treize segments. Outre cette différence dans la forme générale, elles se distinguent principalement des secondes larves des Siranis par leurs mandibules munies d’une large dent interne, et leurs pattes plus robustes et plus développées.
La pseudo-chrysalide (1), tout aussi inerte que celle des SIrAnIs, s'éloigne notablement de celle-ci par sa forme arquée en dessus et atténuée à ses deux extrémités, sa division très-apparente en treize segments, la présence d’un bourrelet latéral de chaque côté, et surtout en ce qu’au lieu d’être renfermée dans l'enveloppe externe de la seconde larve, elle ne l’est qu’à la partie postérieure, cette onveloppe étant fendue sur le dos et refoulée en arrière.
La troisième larvê n’a pas encore été observée en détail. M. Fabre à seulement vu sa dépouille d’après laquelle il à pu s'assurer qu’elle ne diffère en rien d’essentiel de la seconde larve.
En voyant deux genres aussi éloignés que les MeLor et les Srrants, se ressemblor à ce point sous le rapport du développement, on es autorisé à en conclure qu’il en est de même pour toutes les espèces de la famille, et ce qu'on sait à cet égard de quelques-unes de ces dernières (:), vient à l’appui de cette supposition.
Cette intéressante famille est presque entièrement confinée dans l'Europe australe, en Afrique, en Asie et dans les deux Amériques. Il est remarquable qu’elle soit si faiblement représentée aux Indes orientales et dans l'Australie.
Son établissement remonte aux premiers écrits de Latreille (s) qui n’y à jamais compris aucun élément étranger, mais qui a eu le tort
(1) Newport, loc. cit. XX, pl. 14, £. 15, et XXI, pl. 20, f. 13; Fabre, loc. cit, pl. 17, f, 8.
(2) Les deux espèces suivantes sont les seules dont on ait décrit les larves sous l’une de leurs formes : Cantharis vesicatoria, Loschge, Naturforsch. XXII, p. 37, pl. 1, £. 1-8; Zior in Braudes Arehiv, XXIX, p. 209, pl. 18, f. 5-6; Brandtu. Ratzeburg, Medicin, Zool. 11, p. 119, pl. 18, f. 4-6; Ratzeburg, Die Forstinsekt. 1, p. 109, pl. 2, f. 27 B. Je ne cite que les auteurs originaux, — Horia maculata, Lansdown Guilding, Trars. of the Linn. Soc. XIV, p. 16, pl. 8, et XV, p. 511.
Pour les suivantes, on n’a que de vagues indications sur l’accouplement des deux sexes, la ponte des œufs, etc. : Mylxbris (en général), Gebler, Mém. d. 1. Soc. d. Nat. d, Mosc. VII, p. 152. — Horia cephalotes et Cissiles testacea, Westermann in Silberm. Rev. entom. I, p. 111. — Apalus bimaculatus, Gené, Ann, d, Sc. nat. XXII, p. 138. — Tetraonyæ flavipennis, Goudot, Mag. d. Zool.; Ins. 1844, pl. 141.
(3) Hist, nat. d, Crust. et d. Ins, X, p. 366.