BLAPS
Fas. Syst. Entom. p. 254.
Menton transversal, plan, rétréci à sa base, tantôt trapéziforme, tantôt arrondi sur les côtés et en avant; son bord antérieur rarement sinué,—Palpes maxillaires allongés ; leur dernier artiole notablement sécuriforme, plus long que large; celui des labiaux triangulaire. — Labre saillant, rectangulaire ou subcordiforme, arrondi aux angles antérieurs et plus ou moins échancré en avant. — Tète plus ou moins Saillante; épistome graduellement rétréci, faiblement échancré en avant. — Yeux fortement transversaux, sublunulés. — Antennes médiocres, assez robustes, à articles 3 très-long, 4-7 de longueur vatiable, obconiques, 8-10 globuleux, perfoliés, 41 aussi épais que 10, en ovoïde allongé et fortement atténué au bout. — Prothorax tantôt presque plan et rectangulaire, tantôt un peu convexe et arrondi sur les eôlés, qui sont toujours finement rebordés, légèrement échancré en avant et en général à sa base. — Ecusson de grandeur variable, le
(1) Ten. spinimanus, Pallas, Icon. Ins. p. 55, Tab. G, f. 23 (Pim. lœvigata, Herbst, Die Kæfer, VIU, p. 56, pl. 120, £ 12).
144 TÉNÉBRIONIDES.
plus souvent petit et cilié. — Élytres un pou plus ou un peu moins larges que le prothorax en avant, de forme et de longueur variables, atténuées et assez souvent mucronées à leur extrémité; leur repli épipleural commencant toujours au niveau des épaules et s’abaissant par une pente plus ou moins rapide. — Pattes généralement longues, surtout les postérieures ; cuisses antérieures en massue, canaliculées en dessous, ainsi que les autres; jambes arrondies, âpres ou épineuses, surtout sur leur face interne et leur tranche dorsale, échancrées à leur sommet; tarses médiocres, le 1®article des postérieurs aussi long que le 4°; celui-ci souvent sillonné en dessus à son extrémité. — Saillie prosternale fortement recourbée, parfois mucronée au bout, — Mésosternum plan, déclive.
L'un des genres les plus nombreux de Ténébrionides et de ceux dont l'étude est laplus difficile, par suite de la ressemblance qu'ont entre elles beaucoup de ses espèces.
Ce sont de grands insectes d’un noir mat ou peu brillant, et qui émettent une odeur forte et désagréable, laquelle persiste longtemps après les doigts lorsqu'on les à touchés. Presque tous ont le prothorax lisse ou finement pointillé, tandis que leurs élytres sont assez souvent plus ou moins rugueuses ou régulièrement sillonnées.
Outre leur forme, en général plus étroïte, les mâles diffèrent des femelles par leur ponctuation plus fine, la plus grande longueur du mucro terminal des élytres, quand il y en a un, et, dans un assez grand nombre de cas, par la présence d’une touffé de poils d’un roux vif à la base du second segment abdominal (1). Parfois il existe en même temps sur la saillie intercoxale du premier, un tubercule tronqué, dont les individus de ce sexe se servent, dit-on, pour frapper sur divers corps et appeler ainsi à eux leurs femelles.
L’Asie est surtout riche en BLaps (2), puis après elle, la Faune mé-
(1) Quelques auteurs, et en particulier Heineken (Zool. Journ. V, p. 200), ont regardé cette touffe de poils comme l'apanage des femelles, mais certainement à tort, comme le prouvent les observations de M. L. Dufour (Ann. d, Sc. nat. VU, p.47) qui, chez le B. mortisaga, à découvert dans l'intérieur de l’abdomen un groupe, de vésicules blanches, ovales ct très-serrées, correspondant à cet espace tomenteux. Cet appareil est l'analogue de celui qui existe chez les Dermesres mâles; voyez Tome II, p. 462, note 2.
(2) Le genre a besoin d’une révision complète, difficile à faire à cause de la rareté dans les collections de la plupart des espèces asiatiques. Le travail de Solier (in Baudi e Truqui, Studi entom, p. 298) présente, au sujet de ces dernières, le plus triste déficit. Sur les 45 qu’il décrit, il n’en mentionne que cinq (acuminata Fischer, carbo Steven (Jœgeri Hummel), canaliculata Fischer, parwicollis Zoubk. (nec Eschscholtz), rugosa Gebler) de cette partie du monde, et trois (orientalis, spathulata, punclatostriata) du Bengale. Voici la liste de celles qui existent dans les auteurs en dehors de son travail.
Esp. asiatiques (y compris celles décrites par Solior) : B. granulata, rugosa,
BLAPTIDES. 145
diterranéenne ; une seule espèce (mortisaga F.) paraît répandue dans toute l’Europe, et l’on en a également découvert quelques-unes au Bengale.
Gebler in Hümmel, Essais entom.#V, p. 47; Sibérie.—Jœgeri, Hümmel, ibid. VI, p. 40; Russie mér. — gigas (nec Linné), seriata, du pays des Kirguises ; acuminala, de Sibérie; marginata, de la Russie mér.; halophila, de Sibérie; Fischer de Waldh, Entom. d. 1. Russ. I, p. 184, pl. 16. — /œniolata, ominosa, deplanata, murtcata, elongata, scabriuscula (acuminata Fisch.), luctuosa, pterotapha (fatidica Fab.), confusa, Ménétr. Cat. rais. p. 198 3 Russie mér, — armeniaca (gages? Fab.), canaliculata (mortisaga ? Fab), anthracina, Falderm. Faun. entom. Transcauc. II, p. 42, pl.7. — depressa, Gebler in Ledeb. Reise; Ins. p: 121; Sibérie, — parvicollis, Zoubkof, Bull. Mosc. 1829, p. 160; Turcoménie.— Krynickii, Krynicki, ibid. 1829, p.195; mêmeMpays.—pruinosa, Falderm. ibid. 1833, p. 53; Kirguises.— longipes, inflleæa, Zoubkof, ibid. 1833, p: 329; Turcoménie. — mamillata, Falderm. ibid. 1836, p. 382, pl. 7, £.7; Kirguises, — montana, Motsch. ibid. 1839, p. 62; Caucase. — holconota (gigas Fisch.; olim.), scufellata, de Songarie; stenothoraæ, de la Tartarie; corrosa, de Podolie; quinquecostata, de Songarie; antkraæ, d'Ibérie; hians, confusa, de Podolie; refleæicollis, longicollis, de la Russie mér.; Coriacea, seriatimpunctata, de Songarie; microphthalma, de Podolie; carbo (Jœgeri Hümmel), de la Russie mér.; {urcomana, variolosa, de la Sibérie; scabra, de la Tartarie; convexa, plerosticha, de Podolie; Fischeri, de Turcoménie ; intrusa, de Songarie à nitida, N...; brevis, de Podolie; songarica, de Songarie; dorsata, de Podolie; amæna, de Songarie; damascena, de Podolie; rugosa, de la Mongolie ; granulata, miliaria, variolosa, de Sibérie; transversalis, Kirguises ; Clolseri, de la Mongolie; Fischer d, Waldh, ibid. 1844, E, p. 71. — transversalis, caudata, Gebler, Bull. d. l’Acad. d. St-Pétersb. ILE, p. 102; Sibérie.— dariolosa, scabripennis, Falderm. Coll. ab. ill. Bungio, etc.; Mongolie chinoise. —- T'itanus, pulvinata, vicina, obliterata, Ménétr. ns. rec. p. Lehm. IL, p. 18 ; Turcoménie. — granulosa, Ménétr. in Motech. Etud. entom. IL, p. 34; Mongolie. — daticollis, L. Redtenb. Denskr. d. Wien. Acad, I; Perse mér. — longula, indagator, convea, crassa, angulata, sodalis, Reiche et Saulcy, Ann. d, 1. Soc. entom. 1857, p.234; Syrie et Palestine.
Les suivantes, trop imparfaitement décrites par M, de Motschoulsky, ne peuvent être considérées que comme inédites : B. depressiuscula, gigantea, de Turcoménie ; planicollis, de la Géorgie; Titanus, de Perse; rorulenta, de Songarie; obtusangula, de la Géorgie; ensifer, N...; punçtatissima, de la Russie Mér.; putrida, Kirguises; robusta, des bords du Don; orbicollis, conveæicollis, Kirguises; Bull. Mosc. 1845, I, p. 65.
Esp. européennes : B. subquadratu, sublineata, Brullé, Expéd. d. Morée; Eutom. p.203; Grèce. — brachyura, Küster, Die Kæfer Europ. XIII, 66; d’Es- Pagne. — rotundicollis, tibialis, Reiche et Saulcy, Ann. d. 1. Soc. entom. 1857, p.240; de Grèce,
Esp.africaines : B. prodigiosa, stygia, superstitiosa, Erichs. in Wagners Reise, IL, p. 182; Algérie. — alternans, Brullé in Webb et Berthel. Canar.; Entom. P. 68; Ténéritfe.
Pour des observations synonymiques sur un assez grand nombre des espèces décrites par Solier, voyez Reiche et Saulcy, loc. cit, p. 250.
Coléoptéres. Tome V. 10
146 TÉNÉBRIONIDES.
PROSODES.
Escuscu. Zoo!. Atlas, Heft IL, p. 9 (1).
Mêmes caractères que les Bras, avec les différences suivantes :
Dernier article des palpes labiaux brièvement ovalaire. — Jambes intermédiaires et postérieures fortement comprimées, ainsi que les tarses ; ceux-ci très-longs à toutes les pattes. — Sexes dissemblables.
Eschscholtz, en créant ce genre, ne lui avait assigné que des caractères sans aucune valeur (2); les deux premiers de ceux qui précèdent lui ont échappé. Mais il savait que les femelles ne diffèrent pas ou que peu des BLAPS, pour la forme générale, tandis que les mâles sont remarquables par l'allongement et l’étroitesse de leur corps, ce qui a fait que pendant longtemps on les a regardés comme appartenant à des espèces différentes.
Fischer de Waldheim est récemment tombé dans la même erreur. Son genre Dira a été établi sur des mâles, et son genre PELTARIUM sur des femelles inélangées à de véritables BLars. Quant à Solier, ila placé parmi les Nycripares de Dejean, la seule espèce qu'il ait connue, en séparant spécifiquement le mâle et la femelle (3).
(1) Syn. Pecraniuw, Dita, Fischer d. Waldh. Bull. Mosc, 1844, 1, p. 106 et111. — Nycriares (Dej.), Solier in Baudi e Truqui, Studi entom. p. 285.
(2) Les deux seuls caractères qu’il mentionne pour les différencier des BLars, sont d’avoir le menton un peu élargi et épaissi en avant, et la carène qui limite supérieurement le repli épipleural des élytres, située plus bas. Le premier est sans aucune importance, le second est inexact; il y a des BLaps qui ont la carène en question placée de même. <
(3) Fischer de Waldheim (loc. cit.) mentionne six espèces de Pezrarium et dix de Dica. Parmi les premiers, il en est trois (ovatum, caudatum, halophilumi) qui, selon M. de Motschoulsky (Bull. Mosc. 1845, I, p. 69), sont des Brars. . Parmi les seconds, il faut retrancher le lœvicollis de Gebler, qui doit former un genre à part, qu’on trouvera à la suite de celui-ci. Cela fait, le genre Prosongs peut s'établir provisoirement de la manière suivante:
Bl. cylindrica, Herbst, Die Kæfer, VIM, p. 185, pl, 128, f. 4 (© Nyctip. pastica, Sol. loc. cit, p. 290); Russie mér.; type du genre. — B, atlenuata, Fischer d. Waldh. Entom. d. 1. Russ. 1, p, 188, pl, 16, £. 5 (© Peltar. punctatum F. d. W.); Russie mér. — Dil. Bœrii (var. D. Herbstii) Fischer d. Waldh, Bull. Mosc. loc. cit. p.114 (© BI. Karelini, Gebler, Bull. Mosc. 1841, p. 593; Dit. id. F, d. W.); Songarie. — Dil. foveata, Fisch. d. Waldh, loc, cit, p. 116 (9 Péltar. marginatum F. 4. W.) ; même pays.
La Dila sulcata F.d.W. ne semble pas appartenir au genre.—Le Prosodes brevis de Gebler (Bull. d. l’Acad. d, St-Pétersb. III, p. 102),ou Dila philacoides de Fischer d. Waldheim (loc. cit, p.118), me paraît être la femelle de quelque espèce du genre actuel, dont le mâle est encore inconnu, M. de Mots-
BLAPTIDES. 147
Ce genre Nycripates, établi sur le Blaps angustata de Zoubkof (1), ne me paraît, pas plus qu’à Erichson (2), de nature à être adopté. Le mâle, seul sexe qui me soit connu, ne diffère des autres Prosones de
son sexe que par ses élytres carénées latéralement (en outre de la ca-
rène du repli épipleural), ses jambes antérieures un peu arquées, denticulées en dehors, et les quatre postérieures plus planes sur leur tranche externe, avec un double rang de tubercules aigus. Il y a des espèces qui font le passage.
Les Prosones sont exclusivement asiatiques, presque tous rares dans les collections, et l’on est loin d’avoir apparié avec exactitude leurs sexes. Leurs élyttes ne sont jamais mucronées à leur extrémité, et les mäles n’ont ni brosse de poils, ni tubercule à la base de l'abdomen.
DILA.
Fiscu, ». Wazu. Bull. d. Mosc, 1844, I, p. 111.
Parmi les Dira de Fischer de Waldheim, il se trouve une trèsgrande et belle espèce de la Songarie, le Blaps lœvicollis de Gebler (3), qui, à tous les caractères essentiels des BLaps, réunit une forme extrèmement allongée, subeylindrique, fortement atténuée en arrière, et des cuisses antérieures armées’ d’une dent assez prononcée, près de
eur extrémité, au côté interne. Erichson (4) a proposé de lui conserver
le nom générique de Diza, mesure qui me paraît devoir être adoptée.
Ce bel insecte égale en longueur les plus grands Braps, et paraît complètement lisse en dessus, à la vue simple; maïs la loupe révèle sur toute sa surface supérieure, l’existence de points enfoncés et distants. J'ignore à quel sexe appartient l’exemplaire que je possède; il
choulsky (Bull. Mosc. 1845, I, p. 71) en fait un PLarysceuis, mais certainement à tort; il n’a ni la tête ni les tarses des espèces de ce dernier genre.
Germar (Linnæa entom. III, p.496) a décrit, avec doute quant au genre, un Prosodes Behrii de l'Australie. Cet insecte appartient au groupe des Adéliides dans lequel on le trouvera plus loin. -
(1) Bull. Mosc. 1833, p. 239 (Nyctip. carinata Dej., Sol. in Baudi e Truqui loc. cit, pl. 14, £. 1). — Aj.: BL. asperatn, Zoubk. ibid. p. 330 (® Nyctip. coriacea Dej. Sol. loc. cit. p. 289). — Nyct. rugulosa, Gebler, Bull. d. l’Acad. d. St-Pétersb. VIT, p. 374.— Nyctip. costata, Fisch. d. Waldh. Bull. Mosc. 1844, I, p. 120; tous de Turcoménie, sauf ja rugulosa, qui est sibérienne, Les deux derniers font le passage indiqué dans le texte; ils n’ont pas les élytres plus carénées latéralement que les Biars, et chez la cosfata les jambes antérieures ne sont pas denticulées sur leur tranche externe.
(2) Archiv, 1846, IL, p. 116.
(3) Bull. d. V'Acad. d. St-Pétersb. VII, p. 374. (4) Archiv, 1846, IL, p.116.
148 TÉNÉBRIONIDES.
n’a pas de touffe de poils ni de tubercule à la base de l'abdomen. Si c’est un mâle, il est.probable que, comme celles des PRosopes, sa femelle ‘est plus large et doit ressembler à un Bzaps.
ELEODES.
Escusou. Zoo!. Atlas, II, p. 9 (1)
Menton transversal ou non, plus ou moins trilobé en avant; sa partie médiane plus large et plus convexe que les latérales. — Dernier article dés palpes maxillaires fortement sécuriforme, celui des labiaux triangulaire ou pyriforme. — Labre un peu rétréci êt étroitement échancré en avant, avec ses angles arrondis. — Tête plus ou moins prolongée "rière des yeux; épistome confondu avec le front, graduellement rétréci, parfois sinué sur les côtés, échancré en avant. — Yeux assez étroits, transversaux, sublunulés, — Antennes à peine plus longues que le prothorax, assez robustes, à articles 3 allongé, 4-8 obconiques, subégaux ou décroissant peu à peu (8 souvent plus gros), 9-10 transversalement globuleux, perfoliés, 11 obliquement ovoïde, très-rarement aussi long que large. — Prothorax contigu aux élytres, peu convexe, tantôt subquadrangulaire, tantôt cordiforme, légèrement échaneré en avant, finement rebordé sur les côtés et à sa base; les angles de celle-ci très-courts, presque toujours obtus. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres de forme variable, rarement carénées latéralement, souvent mucronées en arrière; leur repli épipleural étroit, remontant au niveau des épaules; celles-ci effacées. — Pattes assez longues ; cuisses antérieures et parfois (armata, femorata) toutes munies d’une dent en dessous, chez les mâles; jambes arrondies, âpres ; tarses filiformes; les deux 1°’ articles des antérieurs parfois un peu élargis. — Corps presque toujours glabre. — Mésosternum et saillie prosternale des BLaps.
Insectes propres à l'Amérique du Nord, où ils remplatent les genres précédents. Ils varient, du reste, tellement sous le rapport du facies, comme sous ceux de la taille et de la sculpture des téguments, qu'il est impossible d’en rien dire de général (?). Les plus grands ont près de quinze lignes de long, les plus petits trois ou quatre lignes.
(1) Syn. Xysta, Eschsch. loc, cit, — Blaps Say. — Pimecia Kirby.
(2) Les plus éloignés du type ordinaire sont quelques grandes espèces remarquables par leur corps large, parallèle, plan en dessus, leur prothorax faiblement rétréci à sa base, leurs élytres carénées latéralement, striées, avec les stries et leurs intervalles plus ou moins granuleux, à savoir : Blaps suturalis, acuta (Elecd. sulcipennis, Mannerh. Mag. d. Zool. Ins. 1843, pl. 128), tricostata (Pimelia alternata, Kirby, Faun. Bor.-Amer. p. 232; El. planata, Solier in Baudi e Truqui, Studi entom. p. 266) Say, Journ. of the Acad. of Philad. I, p. 257 et262. Les deux premières ont leurs élytres en totalité ou en partie d’un rouge
BLAPTIDES. 149
Dans toutes lés espèces, les mâles paraissent être constamment plus étroits et plus sveltes que leurs femelles, mais la présence d’une dent aux cuisses antérieures où à toutes, n’est pas toujours, comme on le croit assez généralement, l’apanage de leur sexe. Quand il existe un prolongement anal (par ex. caudata, acuticauda), il est beaucoup plus prononcé chez eux. Aucun d’eux n’est pourvu d’un tubercule ou d’une brosse de poils à la base de l'abdomen.
Le menton a la plus grande analogie avec celui de beaucoup de Pédinides. 1l est composé de trois parties : une médiane de forme variable, et deux latérales en forme d'ailes, placées sur un plan plus interne, tranchantes latéralement, et d'autant plus larges que la première est moins développée. C’est sur la forme de cet organe qu'Eschscholtz s'était basé pour diviser le genre en deux. Il donnait le nom de Xysra aux espèces qui ont la partie médiane très-développée et arrondie en avant (1), et réservait celui d’Erxopes à celles où son bord antérieur est rétréei et plus ou moins triangulaire. Mais il y a entre ces deux formes des passages qui leur enlèvent la faïble valeur qu’elles pourraient avoir.
Le genre est, après les BLaps, le plus riche en espèces du groupe aotuel. Il est répandu depuis le Mexique jusque dans le territoire du Missouri, et, dans la direction opposée, il s'étend des plaines à l’est des Montagnes rocheuses, en Californie, et dans l’Orégon (2).
sanguin foncé, particularité qui se retrouve également chez l'obscura de Say (ibid. p. 259); elles sont des Montagnes rocheuses et très-rares dans les collections européennes. La troisième, répandue depuis le Texas jusqu’au Canada, est la seule du groupe actuel qui soit pubescente. Solier l'indique, à tort, comme d'Espagne.
(1) Eschscholtz (loc. cit.) en indique quatre espèces (gravida, angulata, rotundicollis, sulcata) du Mexique, mais il yen a beaucoup d'autres, la {ricostata, par exemple, mentionnée dans la note précédente. Chez la plupart de ces espèces, les ailes latérales du menton, étunt petites, paraissent, au premier coupd'œil, ne pas exister, mais, avec un peu d'attention, on les découvre sans peine, Solier n’a pas connu l'existence de ce genre Xysra. Depuis Eschscholtz on a décrit l'espèce suivante : X. s/riata, Guérin-Ménev. Magaz. d. Zool. Ins. 1834; Mélas. p.30; du Mexique.
(2j Aux espèces mentionnées ci-dessus aj. : Blaps hispilabris, earbonaria, ectricata, obsoleta, opaca, Say, Journ. of the Acad. of Philad. IE, p.259; de VArkansas et du Missouri. — Æ. dentipes, marginata, clavicornis, parvicollis, Scabrosa, planata, cordata, tuberculata, quadricollis, de Californie; blapoides, angusla, elongatula, melanaria, du Mexique; Eschsch. loc. cit. p. 12.— grandicollis, gigantea, Fischeri, reflexicollis, producta, intricata, pimeloides, Mannerh. Bull. Mosc. 1843; de Californie; les deux premières et la dernière sont figurées dans le Magaz. d. Zool.; Ins. 1843, pl. 127-130. — obsoleta (nec Eschsch }, distincta, alutacea, melanaria, elongatula, connata, lœvigata, obscura, Aubei, du Mexique; subaspera, de Californie; Maillei, coriacea, Goryi, Spinolæ, spinipes, Eschschol{sii, caudata, du Mexique; Solier in Baudi e Tru-
LD
150 TÉNÉBRIONIDES.
NYCTERINUS. e Escusen. Zoo!. Atlas, Heft UE, p, 9,
Ce genre ne diffère essentiellement des ELEODES que par les deux caractères suivants, dont le premier n’a même qu’une faible valeur:
Epistome séparé du front par un sillon quadrangulaire, bien marqué dans son milieu. — Artiéles 8-10 des antennes transversaux, faiblement perfoliés, 11 tronqué, peu différent du pénultième.
Ses espèces sont aussi constantes dans leurs formes que les ELEoDES le sont peu. Toutes ont le prothorax régulièrement arrondi sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités, et les élytres en ovoïde allongé, avec des stries régulières plus ou moins marquées et ponctuées. Ces insectes habitent plus particulièrement le Chili, où la plupart sont commuus; il y en a également au Pérou, et Solier en a décrit une espèce du Mexique, habitat qui me paraît très-douteux (1). Ce sont évidemment les représentants des ELEoDES dans l'Amérique du Sud.
Note.
Le genre suivant appartient probablement à la tribu nes comme le pense Faldermann.
LEPTOMORPHA (2).
Faznenw. Col. ab ill. Bungio, etc. p.70.
Menton court, large, obtusément arrondi et presque tronqué au bout, bifovéolé sur sa face externe. — Languette subcarrée, oblique-
qui, Studi entom, p.238.—vicina, subnitens, longicollis, femorata, armata, acuticauda, consobrina, 3. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p.133; de Ja Californie mér. et des déserts des Rio Gila et Colorado.—cognata, Haldem. in Stansbury’s Exped. to Utah; Appeud. C, p. 376; des bords du grand Lac-Salé, —sulcata, 3. L. Le Conte, Procced. of the Acad. of Philad. VE, p.67; Missouri.
(1) Esp. du Chili : N. thoracicus, abdominalis, Eschsch. loc. cit, p. 183 le premier est représenté pl. 44, f. 7. — rugiceps, Gurtis, Trans. of the Linn. Soc, XIX, p. 468 (substriatus Doj., Sol). — elongatus, Genei, Mannerheimii, Solier in Baudi o Truqui, Studi entom. p. 273 et in Gay, Hist. d. Chile, Zool.V, p. 213.— Esp. du Mexique (?) : NN. ebeninus, Solier in Baudi e Truqui, loc. cit, p. 269.
(2) Nom employé, plusieurs années auparavant, par M. Curtis (Brit. Entom. VIL, pl. 365), avec la désinence masculine pour un genre de Dipières. — Il y a également un genre Lerrowonpxa, établi par M. Chevrolat parmi les Hispides (in Dej. Cat. 6d. 3, p. 390), mais dont los caractères n’ont pas encore 6té publiés. M. Guérin-Méneville (Icon.; Ins. texte p. 277) en a seulement décrit espèce typique.
LA
BLAPTIDES. 451
ment tronquée de chaque côté, en avant, profondément et triangulairement échancrée. — Dernier article des palpes labiaux obconique, celui des maxillaires fortement sécuriforme.—Labre saillant, un peu rétréci en arrière, arrondi, avec une échancrure étroite et profonde en avant. — Tôte large, très-saillante, rétrécie en arrière, dilatée en avant, avec son bord antérieur largement mais médioerement échancré. — Yeux petits, étroits et transversaux. — Antennes longues grèles, à articles { en massue arquée, 2 très-court, 3 très-long, 44 allongés, cylindriques, égaux, 8-10 beaucoup plus courts, obconiques, 11 ovalaire et acuminé. — Prothorax médiocrement convexe, en carré subéquilatéral, finement rebordé sur les côtés, tronqué à sa base, faiblement échancré en avant. — Ecusson transversal, cilié. — Elytres oblongo-ovales, rétrécies à leurs deux extrémités, carénées latérale-" ment, avec leurs épipleures très-larges, subdéprimées en avant, renflées en arrière, légèrement déhiscentes à leur extrémité. — Pattes longues, grèles. — Les deux pénultièmes segments abdominaux fortement excavés de chaque côté,
Le type du genre (1) est originaire du nord de la Chine, de taille moyenne, d’un noir peu brillant, avec les élytres sillonnées d’une manière presque obsolète. À en juger par la figure qu’en donne Faldermann, il a tout-à-fait le facies de certaines Eropes ; son labre échancré le rapproche même assez de ce genre; mais ses antennes sont voisines de celles des Axis.
GRouPE II. Embaphionides.
Corps concave en dessus, scaphiforme, les bords latéraux du prothorax et des élytres étant foliacés ot redressés; le premier étroitement et profondément échancré en avant, les secondes embrassantfortement l'abdomen. — Tête engagée dans le prothorax jusqu'au-delà des yeux. |
Lo genre Emparnion de Say, l’un des plus singuliers qui existe parmi les Ténébrionides, constitue ce groupe. Ses espèces ne peuvent se comparer qu'aux Eurycnora de l'Afrique, dont elles exagèrent encore la forme générale. Leur corps, en effet, a exactement l'aspect d’un bateau régulièrement ovale et à bords minces et tranchants. Maïs avec co fucies étrange, ces insectes ont toute l’organisation des Blaptides, dont ils constituent seulement une forme aberrante.
RL L. chinensis, Falderm. loc. cit. p. 74, pl. 2, f. 1, avec de nombreux dé- CA
TL
152 TÉNÉBRIONIDES. ;
EMBAPHION.
Say, Journ, of the Acad. of Philad. I, p. 253.
Menton trilobé en avant; sa partie médiane large, presque plane et suborbiculaire. — Dernier article des palpes labiaux triangulaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Labre transversal, à peine échancré en avant. — Tête petite, allongée, rhomboïdäle ; épistome confondu avec le front, assez saillant, trapéziforme et tronqué en avant. — Yeux transversaux, étroits et allongés. — Antennes assez longues, peu robustes, à articles 3 aussi long que 4-8 réunis, 4-8 obconiques, décroissant graduellement, 9-10 plus gros, globuleux, perfoliés, 44 aussi gros que 10, brièvement ovalaire, — Prothorax ample, transversal, plan sur le disque, ayant ses bords latéraux très-largement foliacés, subverticaux, profondément et étroitement échancré en avant, bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs fortement pro-. longés en arrière, et empiétant sur les élytres. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres régulièrement ovales, foliacées et rebordées latéralement, mais moins que le prothorax. — Pattes assez longues, peu robustes; jambes hispides, arrondies; leurs éperons assez longs ; larses épineux au sommet de leurs articles et sur leurs bords en dessous; le 4° article des postérieurs un peu plus court que le 4, — Saillie prosternale recourhée en arrière. — Mésosternum déclive, un peu concave.
Say, après avoir placé, avec doute, parmi les Axis l'espèce (E. muricatum) typique du genre, frappé de ses formes bizarres, a proposé d’en former un genre à part, sous le nom d’Emparxiow, dont il n’a pas donné les caractères, C’est un insecte d’assez grande taille, d’un noir sale, et couvert en dessus de petites aspérités distantes, de chacune desquelles sort un cil roux. Say l'avait découvert à l’est et à peu de distance des Montagnes rocheuses. Récemment, M. J. L. Le Conte en à fait connaître une seconde espèce (1) du Texas, plus allongée que la précédente, et dont les côtés du corps sont encore plus foliacés et plus verticaux, Ces deux insectes sont très-rares dans les collections, et aucun des auteurs récents qui ont traité des Ténébrionides, n’a fait mention du genre.
(1) E. concavum, 3. L. Le Conte, Procced. of the Acad. of Philad. VI, p. 446.
Le Blaps opaca de Say (loc. cit. p.263) me paraît devoir constituer un genre nouveau, voisin de celui-ci, mais formant un troisième groupe dans la tribu actuelle, groupe intermédiaire entre les Blaptides vrais et celui-ci. Sa place n'est certainement pas parmi les Eceopes, où M. Melsheimer (Cat. of the descr. Col. of the Unit. Stat, p. 134) l’a introduit,
ASIDIDES. 153
TRIBU XVIII
ASIDIDES.
Sous-menton muni où non d’un pédoncule (1).— Languette cornée, ne dépassant pas ou que très-peu le menton, toujours échancrée; ses palpes insérés latéralement, plus ou moins près de sa base. — Mächoires entièrement recouvertes, ou visibles seulement à leur base; leur lobe interne muni d’un crochet corné. — Dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme. — Tête courte, presque toujours déprimée, engagée dans le prothorax, au moins jusqu’au bord postérieur des yeux; épistome très-court, laissant le labre et les mandibulesà découvert. — Antennes courtes, de 11 ou 10 articles; dans le premier cas, le 44° petit et plus ou moïns enchâssé dans le 10°. — Prothorax échancré en avant. — Ecusson assez grand, en triangle rectiligne transversal. — Epipleures des élytres assez larges; leur repli nul ou subobsolète.— Hanches postérieures ovalaires, fortement séparées et distantes des élytres en déhors ; éperons des jambes médiocres, généralement robustes ; tarses à peine canaliculés en dessous, fortement ciliés et épineux. — Saillie intercoxale de l’abdomen, large; ses deux pénultièmes segments échancrés en demi-cerele. — Episternums métathoraciques larges; leurs épimères très-rarement (Scorinus) distinctes.— Epimères du mésothorax transversales, atteignant rarement les cavités cotyloïdes intermédiaires. \
Les Asidides forment un groupe très-naturel et que je conserve tel que Solier l’a établi, en en retranchant seulement le genre ANOMALI- PUS (HETEROSCELIS) qui me paraît ne pas pouvoir leur être associé (à). La forme de leur tête suffit à elle seule pour les distinguer des trois tibus qui précèdent, et celle de leurs antennes, de toutes celles qui restent encoré dans la cohorte actuelle, sans parler de l’invisibilité totale ou partielle de leurs mâchoires.
C'est ici qu'apparaît pour la dernière fois, dans la famille, ce caractère qui rapproche ces insectes de ceux de la section précédente. Ce-
(1) Son existence dépend naturellement du plus ou moins de visibilité des mûchoires. On en voit à peine quelques vestiges quand celles-ci sont entièrement recouvertes par le menton; mais, dans ce cas, il reste au moins des traces des deux fissures qui le séparent des dents latérales du sous-menton. . . (2) Ann. 4.1. Soc. entom. V, p. 403. Ce n'est pas sans quelques motifs plau- Sibles que Solier à compris les Anomauteus dans la tribu. Ce sont des insectes d'un classement très-diflicile ; mais si on les place ici, ils entraînent à leur suite Plusieurs autres genres (Gonopus, Srizopus, etc.) qui se confondent peu à peu avec les Oparnum. Du reste, vouloir conserver dans une famille comme celle-ci la série naturelle des groupes, est une chimère irréalisable,
pendant il est rare que le menton recouvre à la fois les mâchoires et la languette. Cette dernière, quoique très-courte, est généralement un peu visible, et les premières sont presque aussi souvent cachées par les dents latérales du sous-menton, que par le menton lui-même, Les mandibules présentent un caractère qui joue un rôle assez important dans la classification. 11 consiste en ce que ces organes laissent souvent entre eux et les dents latérales du sous-menton, un vide considérable qui laisse aux palpes maxillaires un jeu très-facile, et permet même fréquemment de voir en entier, ou peu s'en faut, le bord externe des mâchoires, quand elles sont fermées (1). Sauf une légère différence dans la forme de son épistome, la tête ne varie pas, etne peut servir à caractériser les genres, non plus que les yeux, qui sonttoujours très-allongés, étroits, fortement transversaux, et à peine sinués en avant. La fusion complète des deux derniers articles des antennes est assez rare, et dans ce cas le 41° devient entièrement spongieux et forme comme le couronnement du 10°, dont le sépare une très-fine suture. Les cavités cotyloïdes intermédiaires sont légèrement ouvertes au côté externe, et le vide qui en résulte est presque toujours rempli par les trochantins. J'ai déjà signalé plus haut l’absence de ces pièces chez les Macura. La forme et la vestiture des tarses, qui sont différentes de celles qui existent dans les trois tribus précédentes , se retrouvent dans les trois qui suivent. Il est très-rare que ces organes présentent un vestige de sillon en dessous, et, quand il existe, ce sillon est ordinairement limité au sommet de leurs articles.
Sauf un très-petit nombre d'espèces (par ex. Philolithus angulatus, Euschides blaptoides) dont les téguments sont lisses et d’un noir profond, comme ceux des Blaptides, les Asidides présentent en dessus une sculpture plus ou moins prononcée. Leurs élytres, en particulier, sont ordinairement äpres, granuleuses ou pourvues de côtes, souvent d’un réseau irrégulier. Un assez grand nombre d’entre eux sont revêtus d’une pubescence plus où moins épaisse, parsemée quelquefois de touffes de petits poils. Tous, comme nos AsipA européennes, sont des insectes lourds, lents dans leurs mouvements et lucifuges, mais qui fréquentent plutôt les lieux secs et arides, que les souterrains et autres endroits analogues. On n’a encore décrit aucune de leurs larves.
La tribu se divise naturellement en deux groupes, d’après l’absence ou la présence des trochantins intermédiaires.
I. Trochantins intérmédiaires nuls. MAcnLipes. II. — — présents. ASIDIDES VRAIS;
(1) La découverte de ce caractère appartient à M. J. L.Le Conte (Proceed: of the Acad. of Philad. VI, p. 445). Il est dù à ce que le bord inférieur des mandibules est arqué et au peu d'épaisseur relative de ces organes, Quelque chose d’approchant existe chez les Axis et genres voisins; chez les Nyctéiiides ot les Piméliides, cette forme est constante.
ASIDIDES. 455
GRrouPE I. Machlides.
Cavités cotyloïdes intermédiaires sans trochantins, embrassant étroitement les hanches. — Antennes de onze articles, reçues, au repos, dans des sillons prothoraciques. — Menton recouvrant complètement les mâchoires et la languëtte.
Par le premier de ces caractères, ces insectes appartiennent à la section précédente; mais, à part cela, toute leur organisation est si évidemment celle des Asidides, comme l’a très-bien reconnu Solier, qu’on ne saurait les en séparer sans violer toutes les analogies. Les sillons dans lesquels se logent les antennes au repos, sont de profondes rainures creusées sous les bords latéraux du pronotum. Je ne connais que le genre Macuza de Herbst, qui puisse rentrer dans ce groupe.