‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 32 sur 123 · MACHLA · texte numérisé non relu

MACHLA

Henssr, Die Keæfer, VU, p. 152 (1).

Sous-menton sans pédoncule; ses dents latérales tronquées. — Menton en carré transversal, arrondi aux angles antérieurs et faiblement échancré dans son milieu. — Palpes maxillaires robustes, leur dernier article en triangle subéquilatéral. — Mandibules laissant entre elles et le sous-menton un vide notable. — Labre rectangulaire, assez fortement échancré en avant. — Tèle engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux inclusivement; épistome échancré en demi-cercle. — Yeux très-allongés, transversaux. — Antennes courtes, hispides, à articles 2 très-court, 3 du double plus long, cylindrique, 4-5 plus courts, obconiques, 6-8 moniliformes, 9-10 transversaux, plus larges que les précédents, 40 petit, enfoncé dans le 41°, — Prothorax fortement contigu aux élytres, transversal, échancré en demi-cercle antérieurement, dilaté, anguleux ét renflé sur les côtés en un fort bourrelet, bisinué à sa base. — Ecusson triangulaire. — Elytres courtes, peu convexes sur le disque, graduellement élargies et verticalement déclives en arrière, pas plus larges que le prothorax et tronquées à leur base, carénées latéralement ; leurs épipleures assez étroites, munies d'un repli très-étroit. — Pattes robustes, hispides et ciliées; jambes antérieures terminées par une dent apicale externe; tarses presque d’égale longueur; le dernier article de tous notablement plus long que le 1°"; los intermédiaires courts; égaux. — Saillie prosternale plane, lanciforme, s'appuyant sur le mésosternum ; celui-ci subhorizontal, Concave en avant. — Corps court et massif.

(1) Syn Prarynorus Fab, — Oparnon Oliv. — Asia Wiedem.

156 TÉNÉDRIONIDES.

Ces insectes sont de la taille des Asia. Leurs téguments, d’un noir sale, sont ordinairement revêtus de petits poils squammiformes, auxquels s'ajoutent, chez quelques espèces (par ex. willosa), de longs poils redressés, et plus ou moins abondants. Chaque élytre est munie de deux ou trois carènes, souvent tuberculées, ainsi que la carène latérale et les bourrelets latéraux de ces organes,

Toutes les espèces sont propres au cap de Bonne-Espérance et peu communes dans les collections (1).

Groupe II, Asidides vrais.

Trochantins intermédiaires, distincts. — Antennes libres au repos.

À l'exception des Asipa, les huit genres qui suivent sont propres à l'Amérique. Celle du nord, dans ses régions centrales et occidentales, est la patrie de la plupart d’entre eux; dans celle du sud, ils se réduisent aux CARDIGENIUS et aux Scorinus. La plupart de ces genres sont très-voisins les uns des autres, et établis sur des caractères d’une faible valeur. Ë

I. Antennes de onze art.; mâchoires rarement visibles à leur base,

a Jambes antér. cylindriques ; leur angle apical externe non gaillant. b Un vide notable entre les mandibules et le sous-menton.

Elytres échancrées en arc à leur base : Microschalia.

— tronquées ou sinuées — Philolithus.

bb Mandibules et sous-menton subcontigus : Ologlyptus. aa Jambes antér. comprimées; leur angle apical externe saillant.

Angles postér. du prothorax distinots : Pelecyphorus, Asida.

— nuls : Euschides.

I. Antennes de dix art.; mâchoires en partie découvertes. Jambes comprimées, terminées par une dent externe : Cardigenius: — arrondies: Scotinus.

(1) Opatr. villosum, Oliv. Entom. I, 56, p. 5, pl. 1, f. 2. — M. carinala, nodulosa, Herbst, loc. cit. p.156, pl. 126, £. 9-10.— As. pilosa, Wiedem. Zool. Mag. IL, 1, p. 31 (villosa ?) — M. rauca, Duponti (serrata var.), Solier, Ann.d. J. Soc. entom. V, p. 478.

Je ne connais qu’une partie de ces espèces, et il est possible que quelquesunes d’entre ellès, possédant des trochantins intermédiaires, doivent rester parmi les Asidides vrais. Tel est le as pour la Machla rugosa de Herbst (loc. cit. p. 159, pl. 126, £. 11), qui est, en outre, dépourvue de sillons prothoraciques pour la, réception des antennes, et pour une espèce connue dans les coilections de Paris, sous le nom de M. Buquetii. Toutes deux doivent former, dans les Asidides vrais, un genre nouveau dans lequel rentreront plusieurs espèces inédites.

ASIDIDES. 157

MICROSCHATIA.

Soutien, Ann. d. d. Soc, entom. V, p.474.

Genre à peine distinct des PaiLorrraus qui suivent, et n’en différant essentiellement qu’en ce que les élytres embrassent faiblement l’abdomen, et sont conjointement et assez fortement échancrées à leur base pour recevoir celle du prothorax, qui est largement lobée et arrondie.

Solier, qui n’a connu aucune espèce de PHiLoriTaus, a comparé ces insectes aux PeLECYPHORUS ; il n’en avait vu, du reste, qu’une espèce. Récemment, M. J. L. Le Conte en a publié trois autres (1). Leur distribution géographique est la même que celle du premier des genres en question; mais ils sont généralement plus petits, de forme plus ramassée, et leurs élytres sont plusrugueuses. La plupart ont un facies singulier et fort laid.

PHILOLITHUS (2).

Dents latérales du sous-menton larges, tronquées ou échancrées, séparées des mandibules par un vide notable. — Menton transversal, évasé en avant, puis obliquement rétréci et plus ou moins échancré, cachant les mâchoires et en grande partie la languette. — Dernier arücle des palpes maxillaires en triangle, le plus souvent transversal.— Labre rectangulaire, échancré en avant.—Tôte en général anguleuse au niveau des antennes; épistome court, brusquement rétréci et échancré. — Antennes médiocres, hispides, à article 3 plus long que 4-8, ceux-ci obconiques ou sûbmoniliformes, 9-10 ou 9 seulement plus larges qu'eux, transversaux ou non, 11 petit, engagé dans le 10°. — Prothorax de forme variable, plan sur le disque, rebordé latéralement, tronqué ou un peu échancré à sa base, avec ses angles postérieurs distincts, échancré en arc de cercle antérieurement. — Ecusson triangulaire. — Elytres de forme variable, tronquées à leur base, carénées latéralement (angulatus excepté) ; dans ce cas leurs épipleures larges, avec (carinatus, confluens) ou sans repli. — Pattes assez longues; jambes arrondies, les antérieures sans dent apicale externe; 1° et dernier article des tarses de longueur relative variable. — Epi-

(1) M. punctata, Solier, loc. cit. p. 475, pl. 11, f. 22; Mexique (?).— inœqualis, puncticollis, J. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 129; sn —contorta,Ÿ. L.Lo Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p.446;

exas,

NE. Perecypnorus, J. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, Vs pe .

158 TÉNÉBRIONIDES.

sternums métathoraciques arrondis au côté interne. — Saillie proster= nale recourbée ou déprimée en arrière. — Corps glabre, rarement villeux, plus ou moins allongé.

Solier n’aconnu aucune des espèces de ce genre, qui ont toutes été découvertes dans les régions occidentales de l'Amérique du nord, par M. J. L. Le Conte. Ce savant entomologiste les a placées parmi les Pe- LEGYPHORUS. Elles en sont en effet très-voisines, et n’en diffèrent essentiellement que par leurs jambes antérieures, aussi arrondies que les autres, et dont l'angle apical externe est complètement effacé.

Ce caractère, assez faible, est absolument le seul qui les distingue du genre en question. Ce sont des insectes de grande taille, de formes souvent bizarres, mais du reste tellement variables sous ce rapport, qu'il est impossible d’en rien dire de général. Quelques-uns (carinatus, confluens) ontune ressemblance assez prononcée avecles Axis; Ün autre (angulatus) a,complètement le facies de certaines ELEoDEs; tandis que la plupart sont glabres, il en est un (hirsutus) qui est hérissé de toutes parts de longs poils roux, etc.

Le genre est répandu depuis le Texas jusqu’en Californie, et l’un des plus caractéristiques de la Faune de l'Amérique du nord, en fait . de Ténébrionides (1).

OLOGLYPTUS (2).

Dents latérales du sous-menton trigones, obtuses, presque contiguës aux mandibules. — Menton transversal, évasé, et débordant en dehors le sommet des dents latérales du sous-menton, faiblement sinué où tronqué en avant, cachant les mâchoires et la languette. — Dernier article des palpes maxillaires en triangle subéquilatéral. — Labre transversal, entier. — Tète et antennes des PriLoziraus. — Prothorax presque aussi long que large, cordiforme, légèrement rebordé sur les côtés, tronqué ou un peu bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs rectangulaires. — Ecusson à peine distinct. — Elytres pas plus

(1) Je ne connais que quelques-unes des espèces suivantes, et il est possible

que plusieurs soient de vrais Pececypnonus. — P. angulatus, de San-Diego en Californie ; hispidulus, hirsutus, parallelus, marginatus, confluens, carinalus, obsoletus, muricatutus, des déserts du Gila et du Colorado; J. L. Le Conte, Aon. ofthe Lyc. of New-York V, p.127. — elatus, sordidus, J. L. Le Conte, Proceed. of the Acad. of Philad. VI, p. 445; des frontières du Texas et du Nouveau-Mexique. — rimatus, difformis, J. L. Le Conte, ibid. VIL, p.223; mème pays.

(2) Syn. Srexoswes, Solier, Ann. d. 1. Soc. entom. V, p.484; nom trop voisin de celui de Srenosis de Herbst, et presque identique avec celui de STENOsipa, imposé par Solier lui-même à un genre de Tentyriides (Voyez plus baut, p. 62). Il peut d'autant mieux être changé, qu'il donne une idée inexacte des espèces du genre, qui ne sont rien moins que sveltes. —Asipa Say.

ASIDIDES. 159

larges que la base du prothorax, en avant, avec les épaules obtuses (graciliformis), où rectangulaires (anastomosis), oblongo-ovales, assez convexes, carénées latéralement ; leurs épipleures assez larges, sans repli. — Pattes médiocres; jambes arrondies : l’angle‘apical externe des antérieures brièvement dentiforme; les autres grêles; dernier article des tarses postérieurs plus long que le 1°. — Prosternum recourbé en arrière des hanches antérieures.—Parapleuresmétathoraciques trèslarges, arrondies au côté interne. — Corps villeux, oblong.

Ces insectés, très-voisins également des Parxoziraus, s’en distinguent par leur menton appuyant sés angles sur les dents latérales du sous-menton, etl’absence de. vide entre ces dernières et les mandibules. Sous le rapport de la sculpture et de la vestiture des téguments, ils se rapprochent des Asida grisea, sabulosa, et espèces voisines.

On n’en connaît que deux espèces de moyenne taille, l’une (S. graciliformis Sol.) originaire Gu Mexique, l’autre découverte, il y a longtemps, par Say (1), dans le voisinage des Montagnes rocheuses, et que Solier n’a pas connue. ‘

PELECYPHORUS.

Soir, Ann. d. 1. Soc. entom. V, p. 467.

Genre très-voisin des Asia qui suivent, et n’en différant que par les faibles caractères que voici :

Prothorax presque plan, plus où moins cordiforme, étroitement aminci et rebordé sur les côtés, fortement échancré en arc antérieurement; sa base tantôt coupée carrément, avec ses angles non saillants (mexicanus), tantôt (foveolatus) échancrée en arc, avec ses angles aigus et spiniformes, mais n’empiétant pas sur les élytres. — Celles-ci rétrécies et de la largeur du prothorax en avant, s'élargissant peu à peu, puis rétrécies de nouveau, et fortement déclives en arrière.

Cette forme du prothorax et des élytres donne à ces insectes un facies différent de celui des Asipa, et c’est là tout ce qui les en sépare, quoi qu’en dise Solier (2). Comme chez beaucoup de ces dernières, il

(1) Asida anastomosis, Say, Journ. of the Acad. of Philad. UL, p. 256.

(2) Suivant lui, ils s’en distingueraient par le dernier article des palpes maïillaires plus transverse et irrégulier, les articles 4-8 des antennes plus cylindriqués, les articles intermédiaires des tarses postérieurs beaucoup plus Courts, enfin par leurs prosternum et mésosternum pouvant s'appuyer l'un sur l’autre, sans intervalle entre eux dans le bas. Ce dernier caractère est complètement inexact, et les autres ne sont vrais que pour certaines espèces; le Pél. foveolatus, par exemple, a les palpes maxillaires et les turses des Asina, et il €n est de même, pour ces derniers organes, de l’asidioides que Solier com- Prenait dans le genre. Non-seulement il a omis de dire que les jambes antérieures des Pececyruonus sont un peu comprimées et saillantes en dehors à

160 TÉNÉBRIONIDES.

euste un vide notable entre leurs mandibules et le sous-menton, e leurs jambes antérieures sont médiocrement comprimées, avec leur tranche externe arrondie.

Dans ces termes, le genre ne comprend plus que deux (mexicanus, foveolatus) des quatre espèces que Solier y à comprises (1). Toutes deux sont de la taille des plus grandes Asipa et ont une sculpture analogue ; les élytres de l’une (mexicanus) étant couvertes d’un réseau saillant très-irrégulier; celles de l’autre (foveolatus) de côtes qui se rejoignent en arrière et sont réunies entre elles par des élévations transversales. Ces insectes sont du Mexique.

ASIDA.

Larr. Hist. nat. d. Crust. et d. Ins. X, p.269 (2).

Dents latérales du sous-menton grandes, triangulaires, laissant souvent entre elles et les mandibules un vide notable. — Menton évasé dans ses deux tiers basilaires, puis rétréci obliquement, et plus ou moins fortement, mais assez étroitement échancré, recouvrant les mäâchoires, sauf parfois à leur base (3). Languette à peine visible, fortement échancrée. — Palpes maxillaires robustes ; leur dernier article fortement sécuriforme, subéquilatéral. — Labre transversal, légèrement arrondi et à peine sinué en avant, — Tête anguleuse au niveau des antennes ; épistome tantôt brusquement, tantôt peu à peu rétréci en avant, échancré en demi-cerele. — Antennes courtes, peu ou médiocrement robustes, hispides, à articles 2 très-court, 3 allongé, 4-9 tantôt obconiques et décroissant peu à peu, tantôt submoniliformes, 10 plus large qu'eux, en général transverse, 11 subglobuleux, subovalaire ou transversal, plus ou moins engagé dans le 10°. — Prothorax assez ample, le plus souvent transversal, fortement échancréen

leur extrémité externe, mais dans son tableau synoptique des genres du groupe, il dit que ces organes sont entièrement filiformes, erreur difficile à comprendre. L

(1) Des deux autres, l’une américaine (asidioides) est pour moi une ASipa très-voisine, mais bien distincte de l’opaca de Say; l’autre du Cap (capensis) présente à peine quelques caractères qui permettent de l’exclure du même genre, et, à mon avis, elle doit y rentrer.

(2) Syn. Oparnow Fab., Herbst, Oliv., ete.— Piweura Fab., Panz. — PLaTYnorus Fab.— Tenesrio Geoffr., De Géer.— Sirena Linné.

(3) Solier (Ann. d. 1. Soc. entom. V, p. 408), dans sa formule caractéristique du genre, dit, d’une manière générale et sans faire aucune exception, que le menton laisse un vide peu notable de chaque côté. Bien loin d’être la règle, ce cas est très-rare et pourrait bien être accidentel. J'ai, en effet, sous les yeux des exemplaires de la grisea et d’une demi-douzaine d'autres espèces, où il existe d’un côté et pas de l’autre. En tous cas, ce vide est si peu de chose, qu’on peut à peine le regarder comme une exception.

Page 1