TÉNÉBRIONIDES
Dans le nombre il en est qui ressemblent d’une manière frappante à la petite espèce, type du genre suivant.
AMMOPHTORUS (1).
Organes buccaux des Tracuyscezis qui suivent, avec le menton plus long que large. — Tête très-courle, un peu voütée; épistome confondu avec le front, demi-cireulaire et étroitement échancré en avant. — Yeux grands, transversaux, sinués en avant, presque cachés par le prothorax. — Antennes à articles 1 allongé et arqué, 2-7 graduellement transversaux, 8-11 plus larges, formantune massue serrée, — Prothorax transversal, subeylindrique, faiblement rétréci en arrière, à peine échancré en avant, largement arrondi à sa base. —Ecusson très-petit. — Elytres un peu plus larges que le prothorax, globosoovales, largement échancrées à leur base, avec leurs épaules rectilignes. — Pattes courtes; hanches robustes, comprimées; jambes antérieures fortement triangulaires, avec leur angle apical externe largement saillant, dentées en dehors, munies, sur leur face interne, d’un sillon oblique pour la réception des tarses au repos; les autres étroites; los intermédiaires munies de courts cils rigides sur leur tranche externe, les postérieures âpres; tarses courts, le 4° article des postérieurs aussi long que le dernier. —Mésosternum très-déclive, plan. —Saillie prosternale lanciforme, atteignant le mésosternum. — Corps hrièvement ovalaire, convexe, ailé (?), hérissé de longs poils.
Pendant longtemps ce genre a été confondu avec le suivant, dont il est très-distinct par la forme de la tête ot les tarses antérieurs rétractiles au repos. Il ne comprend que le Trachyscelis rufus de Latreille et Dejean (2), petit insecte répandu depuis le midi de la France jusqu’en Algérie inclusivement. Latreille l’a nommé d’après des exem= plaires d’un fauve plus où moins vif; mais on en rencontre aussi sOuvent qui sont d’un noir mat, avec les passages intermédiaires. Il est rugueux en dessus, et les longs poils redressés dont il est revêtu sont disposés sur les élytres en rangées assez régulières.
TRACHYSCELIS.
Larn. Gener, Crust. et Ins. IV, p. 379.
Menton en carré transversal. — Languette saillante , entière. — Palpes très-courts; le dernier article des labiaux conique, celui des
(1) Syn. Amwosius, Guérin -Ménev. Iconogr.; Ins. texte p. 121; et Mulsant, Col. d. France; Latigènes, p. 186; nom employé longtemps auparavant par Robineau-Desvoidy, avec la désinence féminine, pour un genre de Muscides.
(2) Dej. Cat. éd. 8, p.216; figuré par M. Lucas, Explor. d. l’Algér.; Entom. pl. 30, f. 3. Û
TRACHYSCÉLIDES. 285
maxillaires ovalaire et tronqué au bout. — Lobe interne des m4choires inerme. — Labre peu saillant, faiblement sinué et cilié en avant. — Tôte très-courte; épistome séparé du front par un profond sillon transversal, muni à sa base d’une carène transversale, déprimé ettronqué en avant. — Yeux ovalaires, transversaux, cachés par le prothorax. — Antennes à articles 4 allongé, en massue arquée, 2-6 fortement transversaux et serrés, 7-11 formant brusquement une massue ovalaire, déprimée et perfoliée. — Prothorax très-court, à peine échancré en avant, arrondi sur les côtés, y compris les angles postérieurs, largement en arc de cercle à sa base, —Ecusson en triangle curviligne. — Elytres brièvement ovalaires, convexes, aussi larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base. — Pattes courtes; jambes triangulaires, les antérieures sinuées en dehors, avec leur angle apical externe prolongé en oreillette; les quatre autres tronquées au bout et couvertes de petites épines sur leur face externe ; tarses courts, hérissés de cils spiniformes ; le 17 article des postérieurs aussi long que le dernier. — Métasternum un peu allongé. — Mésosternum étroit, très-aigu postérieurement. — Saillie prosternale comprimée, recourbée en axrière. — Corps brièvement ovalaire, ailé,
Le type du genre est un petit insecte (1) commun sur les bords de la Méditerrannée et du golfe de Gascogne. Il est glabre et d’un noir brillant en dessus, plus ou moins varié de testacé pâle en dessous, avec les côtés du corps et les pattes ciliés d’assez longs poils. Ses téguments sont très-lisses supérieurement, et ses élytres présentent chacune neuf stries ponctutes, dont les deux internes sont plus marquées que les autres. L'Amérique du Nord en possède une seconde espèce (2) tout dussi petit, découverte par M. Melsheimer en Virginie.
Le
Groupe Il. Phalériides.
Antennes beaucoup plus longues que la tête. — Yeux non débordés par les joues. — Saillie intercoxale tronquée en avant.— Mésosternum déclive ou horizontal, fendu jusqu’à sa base et recevant imparfaitement la saillie prosternale. — Prothorax et élytres sans franges de poils sur les côtés.
Ces insectes ne se rattachent réellement aux Trachyscélides vrais que par la structure de leurs pattes et leur genre de vie. Les caractères qui précèdent et qui les en distinguent se retrouvent presque tous chez les Diapérides qui suivent. Ce sont par conséquent des insectes intermédiaires entre ces dernières et les précédents.
/ (1) T. uphodioides, Latr. loc. cit. ; figuré dans Germar, Faun. Ins. Europ. XI, 11; et Guérin-Ménev. Icon. ; Ans. pl. 31, f. 3.
(2) T. flavipes, Melsheim, Procced, of the Acad. of Philad. IN, p. 61.
dl À LA L D. | 7
286 TÉNÉBRIONIDES.
Leurs mœurs ne diffèrent pas de celles dos TRACHYSOELIS et des Ay- MOPHTORUS ; comme ces derniers, ils s'éloignent peu des bords de Ja mer; ils sont seulement moins fouisseurs et plus agiles dans leurs mouvements. Mais leur taille est plus grande et leur distribution géographique beaucoup plus étendue, car ils sont disséminés sur la plus grande partie du globe.
A l’ancieh genre Paareria de Latreille, qui les comprenait tous, M. A. White en a ajouté, il y a quelques années, un autre qui m'est inconnu et qui présente un caraclère insolite et douteux; ses antennes seraient composées de douze articles,
I. Antennes de onze articles : Phaleriar Il. douze — Chœrodes.
PHALERIA.
Larn. Hist. nat. d. Crust. et 4. Ins, X, p. 300 (1).
Menton plus ou moins trapéziforme et conyexe.en dehors. —Dernier article des palpes en triangle très-allongé. = Lobe interne des mhchoires muni d’un court crochet corné, parfois bifide. — Labre saillant, transversal, entier, cilié. — Epistome confondu ou non avec le front, Wrès-court, arrondi où subtronqué en avant. — Yeux médiocres, transversaux, lunulés, tantôt libres, tantôt en partie cachés par le prothorax. — Antennes de longueur variable, mais toujours plus courtes que le prothorax, à articles 4 plus long que les suivants, en cône renversé, 2-5 où 2-6 obconiques, les suivants grossissant peu à peu, plus où moins transversaux et subperfoliés, le dernier suborbiculaire (2). — Prothorax contigu aux élytres, tantôt plan, tantôt convexe rcdrenniaite ou rétréci en avant, médiocrement échancré antérieurement, tronqué à sa base, avec ses angles postérieurs un peu embrassés par les épaukes des élytres, finement rebordé, sauf sur son bord antérieur. — Ecusson assez grand, en triangle rectiligne. — Elytres peu convexes et elliptico-ovales ou hemisphérico-ovales. — Pattes au plus médiocres; jambes antérieures élargies, triangulaires, parfois terminées en dehors par une oreillette, les autres grossissant peu à peu à leur extrémité, plus rarement triangulaires, plus ou
(1) Syn. Texepnio Fab., Herbst, Panzer, Illiger, Schœnh., etc. — CARABUS Fab., olim.
(2) Ces organes varient presque dans chaque espèce, La forme décrile dans le texte est celle qu'ils affectent chez celles d'Europe et la plupart des exotiques ; mais parmi celles-ci, il en est chez lesquelles leurs six ou sept articles terminaux s’élargissent bien davantage, J'en possède une inédite du Pérou dont les antonnes et les jambes sont presque pareilles à cellos des ThAcHYSCELIS, tandis que pour tout le reste c’est bien une Puazenta.
TRACHYSCÉLIDES. 287
moins âpres, les postérieures au moins hérissées de courtes épines; les éperons de toutes bien distincts; tarses assez grêles, ciliés; le 42 article des postérieurs au moins aussi long que le dernier. — Métasternum très-court. — Saillie prosternale prolongée en arrière, souvent fléchie au bout et pénétrant imparfaitement dans le mésosternum, — Corps ovale, ou globoso-ovale, ailé, presque glabre.
On voit par cette formule, que ces insectes varient ässez sous plusieurs rapports et en particulier sous celui de la forme générale, Ils sont, au contraire, fort homogènes pour ce qui concerne la couleur et la sculpture de leurs téguments. Tous sont d’un fauve testacé plus ou moins brillant, que relève ordinairement sur chaque élytre une tache noire ou brunâtre, mal limitée et sujette à se réunir à sa correspondante ou à disparaître complètement ; quelquefois il en existe une pareille sur le prothorax. Les élytres sont toujours striées, mais en gé-
néral finement, et leurs intervalles sont lisses on légèrement rugueux.
Une quinzaine d’espèces du genre, originaires tant de l’ancien que
du nouveau continent, ont déjà été décrites (1).
CHÆRODES.
A. Ware, Voy. of the Ereb. and, Terr.; Entom. p. 12.
Tête petite, plus large que longue. — Antennes de douze articles : 1 lo plus gros de tous, oblong, 2 très-petit, presque indistinct, ar-
(1) Esp. européennes : P. cadaverina Fab., Panzer, Herbst, etc., type du genre; figurée dans J. Sturm, Deutscbl. Ins. IL, pl. 47, f. à A (la figure B, qui représente une antenne grossie, est peu exacte), et Cuvier, Règne anim. illustr. Col. pl. 50, f. 1, avec des détails; de l’Europe mér. et d'Algérie. — hemisphoærica, de la France mér.; acuminata, de. Sardaigne ; oblonga, d'Espagne ; Küster, Die Kæf, Europ. XXV, 67-69. —Esp. de la Caramanie : P. nigriceps, Muls. et Wachanr. Mém. d. l’Acad. d, Lyon; Scienc, Sér. 2, I, p. 10. — Esp. des les du Cap-Vert: P. Clarkit, Wollast. Ann, and. Mag. of sat. Hist. Ser. 2, XX, p.505. — Esp. de Madagascar : P. cistelina, crenata, Klug, Ins. v. Madag. p.92. — Esp. américaines : P, cayennensis, humeralis, de Californie ; brasiliensis, Gayi, au Chili; Casteln. Hist. nat, d. Coll. IL, p. 219; la Gayi a été figurée par Solier in Gay, Hist. d. Chile, Col. pl. 20, f. 10 a-d. — testacea, Say in Long's Exped. II, p. 280; Montagnes rocheuses (an huj gen?).—picta, Mannerh. Bull. Mosc. 1843, p. 277; Sitkha. — rofundata, S. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 148; Californie.
La P, capensis de M. De Castelnau (loc. cit. p. 219) doit former un genre à Part très-distinet de celui-ci. Elle a en effet le dernier article des palpes maxillaires fortement sécuriforme ; les épaules des élytres très-arrondies; le repli épipleural de ces organes incomplet en arrière; les tarses antérieurs logés äu repos dans un sillon superficiel situé à l'extrémité de la face interne des Jambes antérieures ; la saillie intercoxale très-large, parallèle et tronquée en avant; le mésosternum déclive et plan; la saillie prosternale recourbée en.ar-
nn enfin le corps hérissé sur les côtés do poils longs, très-fins et peu abon- 8,
288 TÉNÉBRIONIDES.
rondi, 4-9 très-serrés, un peu cupuliformes, 10-12 larges, eupuliformes, subégaux. — Prothorax transversal, très-convexe, arrondi sur les côtés et.légèrement anguleux en arrière. — Ecusson très-petit, — Elytres en carré ovalaire, acuminées à leur extrémité, très-arquées en dessus. — Pattes robustes; jambes antérieures un peu aplaties, profondément sinuées en dehors et terminées par un lobe assez long et obtus au bout; les quatre jambes postérieures terminées par deux éperons obtus; tarses antérieurs velus, leur dernier article plus large que les autres; les quatre postérieurs cylindriques et un peu allongés avec leur 4° article le plus long.
Si les antennes ont réellement douze articles (1), le genre, que M. A. White dit voisin des PrazerrA, en est très-distinct; dans le cas conlraire, il semble l'être fort peu, malgré la combinaison particulière que présente la grandeur relative des trois derniers articles de ces organes. L'espèce (2) de la Nouvelle-Zélande sur laquelle il a ét6 établi, reproduit complètement le système de coloration des Pazerra; elle est d’un jaune pâle, avec deux grandes taches obscures sur le prothorax ; le disque des élytres estcouvert de petites taches semblables, sujettes à se confondre. En dessus, l’insecte est couvert d’une ponctuation serrée, et ses quatre jambes postérieures sont hérissées de cils nombreux à leur extrémité.