‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 62 sur 123 · TRIBU XXX · texte numérisé non relu

TRIBU XXX

PHRÉNAPATIDES.

Sous-menton muni d’un pédoncule rectangulaire très-saillant, — Languette cornée, très-saillante; ses palpes insérés sur sa face extorne, médiocrement séparés. — Lobe interne des mâchoires inerme, — Palpes filiformes. — Mandibules plus longues que la tête, bifides à leur extrémité. — Tête transversale, convexe en arrière. — Yeux entiers, en général saillants et débordant leé joues. — Antennes tantôt en entier moniliformes, tantôt terminées par une massue de trois articles. — Prothorax transversal, de la largeur des élytres à sa base. — Ecusson distinct. — Elytres embrassant faiblement le corps; leur repli épipleural entier en arrière. — Pattes courtes; hanches antérieures cylindriques et transversales; jambes plus ou moins triangulaires, pluridentées en déhors; tarses courts, faiblement villeux en dossous;

(1) Syn. Mvcerocernacus Fab., Panz., Gyllenh.—Teneento Geoffroy.

(2) Myc. testaceus, Fab. Entom. Syst. II, p. 499; de toute l'Europe. — P. melanophthalmus Meg., Mus. Col. d. France; Latig. p.197; plus particulièrement de l’Europe mér.

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leurs articlos intermédiaires moniliformes, le dernier au moins aussi grand que les précédents réunis. — Saillie intercoxale triangulaire. — Métasternum allongé, ses épisternums étroits, parallèles; ses épimères allongées, en partie externes. — Celles du mésosternum concourant rarement à clore les cavités cotyloïdes intermédiaires. — Corps ailé.

Le genre PareNapaTes de Kirby est un des plus remarquables qui existent dans la famille, et jusqu'ici Dejean est le seul qui ait reconnu sa véritable place (1), laquelle est à côté des Ulomides. Il n’a en effet d’insolite que les organes buccaux; la tête qui, au premier coup-d’œil, est très-anormale, affecte des formes aussi singulières chez quelques Ulomides. Le reste est construit exactement sur le même plan que chez ces dernières. Ce genre, du reste, n’est pas absolument isolé. Il existe quelques espèces qui s’y rattachent de très-près et dont une figure, dans le dernier Catalogue de Dejean, sous le nom générique de Decoënarna. Ces dernières, à leur tour, sont voisines d’autres espèces inédites qu’on trouvera en tête des Ulomides sous le nom de Pexera, également emprunté à Dejean, mais pris dans un sens autre que celui qu’il a dans cet auteur.

I y a, par conséquent, un passage presque insensible de la tribu à celle des Ulomides, et elle ne diffère rigoureusement de cette dernière que par la structure des organes buccaux. Ce passage est si réel, qu'on le retrouve même dans les trochantins des hanches intermé-

diaires, qui sont indistincts chez les DerocNaTHA comme chez les Ulo-.

mides, tandis qu’ils existent chez les PHRENAPATES. Ces insectes ressemblent beaucoup plus à des Lucanides qu'à des Ténébrionides. Ils sont propres à l'Amérique du Sud.

L. Sous-menton profondément échancré ; ses dents latérales recouvrant en partie les mâchoires : Phrenapates.

Il: Sous-menton médiocrement échancré; mâchoires découvertes: Delognatha.

PHRENAPATES,

Kimey, Faun. Bor.-Amer. p.188.

Sous-monton profondément échancré; ses dents latérales larges, obliques ct cachant en partie les mâchoires.—Menton en carré trans-

(1) Kirby le regardait comme rattachant les Passacus aux Scolytides. — Solier (Ann. d. 1. Soc entom. IL, p. 488) en a formé une famille à part qu’il placée en‘tète de tous les Hétéromères et dans laquelle il comprenait les Tric- TENOTOMA, Îl à en même temps altéré le nom du genre en l'écrivant Pare- PATES. — M, De Castelnau (Hist. nat. d. Col. IL, p. 217) l'a mis daus son gronpe des Chiroscélites, entre les Toxicum et les Boros. — Enfin, le dernier auteur qui en ait parlé, M. Imhoff (Versuch ein. Einführ. in d. Stud. d. Coleopt., P. 234), l'a classé à la suite des Zopnenus.

314 TÉNÉBRIONIDES,

versal, impressionné sur sa face externe, tridenté en avant. — Languette myrtiforme, carénée sur la ligne médiane, acuminée et aiguë en avant, — Lobe externe des mâchoires très-long, subeultriforme, cilié ; l'interne très-petit, lamelliforme. — Palpes grèles et allongés; leur éernier article un peu plus long que le précédent, légèrement fusiforme, celui des maxillaires arqué. — Mandibules au moins aussi longues que la tête, horizontales, un pou arquées en dedans, larges en dehors, avec leur bord supérieur largement aminci, fortement trifides au bout. — Labre plus ou moins saillant (1), tronqué et fortement cilié en avant. — Tôte transversalo, renflée en arrière, déclive et trilobée en avant (2), munie d’une corne médiane arquée, dirigée antérieurement, et d’une forte et courte crête oblique au-dessus de chaque œil. — Yeux distants des orbites antennaires, médiocres, oyalaires et saillants, — Antennes robustes, grossissant peu à peu, à articles 2-10 subégaux, transversaux, perfoliés, 14 plus long que 40; les trois derniers formant une massue plus ou moins distincte. — Prothorax imparfaitement contigu aux élytres, transversal, cylindrique, fortement et largement prolongé au milieu de son bord antérieur, tronqué à sa base, avec ses angles arrondis, rebordé partout, sauf en avant. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres médiocrement allongées, subeylindriques, tronquées à leur base. — Pattes courtes; cuisses robustes, comprimées; jambes assez grêles, triangulaires, avec leur angle apical externe saillant ; les quatre antérieures denticulées en dehors; les éperons de toutes robustes et assez longs; 1°* article des tarses court, obconique, le dernier muni d’un onychium portant deux soies. — Mésosternum fortement rétréci en arrière, subvertical etun peu concave. — Saillie prosternale prolongée en un court MUC 00 nique. — Corps robuste, cylindrique, glabre.

La forme du cadre buccal et l’occlusion partielle des mächoires par ses dents latérales, méritent surtout d'attirer l'attention parmi les caractères de ce genre remarquable. Rien de pareil n’existe dans tous les groupes qui précèdent ou qui suivent immédiatement celui-ci. Pour trouver quelque chose d’analogue, il faut remonter jusqu'aux Elénophorides et groupes voisins. Quant aux mandibules, aux mächoires et aux palpes, ils se retrouvent dans le genre suivant.

(4) Il n’est pas raro de rencontrer des exemplaires chez lesquels il est plus où moins et parfois complètement rétracté sous l’épistome. Ce dernier est trèsgrand et séparé du front par un fin sillon arqué. La corne mentionnée dans le texte est située à sa base et n'appartient par conséquent pas au front.

(2) Le lobe médian est formé par l’épistome qui est transversalement qua= drangulaire ; les latéraux le sont par les orbites antennaires qui sont larges, dirigées obliquoment en dehors et tronquées au bout. Les mandibules oCcur pent des deux sinus qui séparent les trois lobes, ou, si l'on aime mieux, l'épistome fait saillie entre ces organes.

PHRÉNAPATIDES, 315

Celui-ci a pour type un grand insecte (1) de Colombie qu’on prendrait , au premier coup-d’œil, pour un Passazus de forme cylindrique. Il est en entier d’un noïr brillant, avec les élytres finement striées et à peine visiblement ponctuées dans les stries; celles-ci sont parfaitement droites à leur base, et il n’y en a pas près de l’écusson. Les nombreux exemplaires que j'ai vus de ce bel insecte étaient tons pareils, ce qui rend assez probable que les deux sexes ne présentent aucune différence entre eux.

DELOGNATHA.

Des. Cat. 6, 2, p.200 (2).

Sous-menton médiocrement échancré. — Menton assez ample, en trapèze renversé, plus ou moins échancré en avant, présentant sur sa face externe un triangle rectiligne très-régulier. — Languette large, anguleuse dans son milieu, en avant. — Mächoires et palpes des Parenarates, le lobe externe des premières seulement plus court. — Mandibules plus longues que la tête, assez épaisses, avec leur bord supérieur tranchant, un peu évasées et tridentées au bout. — Labre en carré transversal, cilié en avant, saillant entre les mandibules. — Tête fortement transversale, convexe en arrière, déclive en avant; épistome confondu avec le front, coupé carrément au niveau de l'inserlion des antennes; orbites antennaires en forme de tubercules aigus, dirigés en avant. — Yeux distants du prothorax, petits, ovalaires, transversaux où subarrondis, munis d’une forte orbite en arrière. — Antennes terminées par une petite massue de trois articles ; le 4er assez prolongé, les intermédiaires transversaux ; très-serrés. — Prothorax transversal, subeylindrique, finement marginé sur les côtés et à sa base, celle-ci ainsi que le bord antérieur coupés presque carrément, avec ses angles arrondis. — Ecusson petit, curviligne. — Elytres plus où moins allongées, assez convexes, parallèles, tronquées à leur hase. — Pattes courtes; cuisses comprimées; jambes en triangle allongé, les quatre antérieures denticulées en scie sur leur tranche externe. — Mésosternum étroit, vertical et presque plan. — Sailiie prosternale recourbée on arrière. — Corps cylindrique et un peu déprimé, glabre.

(1) 2. Bennetii, Kirby, loc. cit. On n’en a aucune figure, que je sache; quelques détails concernant les parties, de la bouche, la tête et les tarses, ont été seulement donnés dans L’ «Animal Kiugdom » de Griffith, pl. 60, £. 1 a-i.

Les collections renferment une seconde espèce du genre, connue sous le nom de P, Latreillei Dej., qui diffère de la précédente par sa taille un peu plus belite, son menton uon bi-sinné en avant, sa languette en ellipse allongée et plane Uxlérieurement, l'absence de crêtes au-dessus des yeux et de massue distincte aux antennes, ses élytres plus fortement striées, et quelques autres Particularités de moindre importance. Elle est également de Colombie.

(2) Syn. Peners, Dej. Cat. éd. 3; p.221:

316 TÉNÉBRIONIDES.

Comme on le voit par cette formule, ce genre à conservé les organes buccaux des Panenapares, sauf la forme du sous-menton; il a pris en même temps les antennes des Pengra de la tribu suivanto. Il est par conséquent, dans toute la rigueur du mot, intermédiaire entre les deux genres. J’en connais deux espèces américaines inédites, mentionnées par Dejean, qui a placé l’une (Lacordaïrei) dans le genre actuel, tandis qu’il a fait de l’autre (auriculata) un genre à part sous le nom de Pexera, quoique toutes deux soient exactement congénères et différent même très-peu. Ce nom de PENETA se trouvant ainsi disponible, j'ai cru pouvoir l'appliquer à des insectes qu'on trouvera plus loin en tête des Ulomides.

Les Decocnarma ressemblent complètement, au premier abord, au Ceruchus tenebrioides d'Europe, de la famille des Lucanides; leur taille est seulement un peu plus petite. Ils sont d’un noir brillant, lisses, avec les élytres assez fortement striées et très-distinctement ponctuées. Comme chez les Parenarares, les stries sont droites à leur base, et il n’y en à pas près de l’écusson. Pas plus que chez ces derniers, il ne paraît y avoir de différences sexuelles. Ces insectes sont du Brésil et inédits (1).

TRIBU XXXI

ULOMIDES.

Palpes labiaux assez fortement séparés à lour base. — Lobe interne des mâchoires tantôt inerme, tantôt muni d’un crochet corné. — Dernier article des palpes de forme variable. — Mandibules bifides à leur extrémité — Labre en général complètement à découvert. — Tête presque toujours très-courte, munie d’un col en arrière, engagée dans le prothorax, avec son épistome largement tronqué à peu de distance de l'insertion des antennes. — Yeux variables, débordés par les joues ou de niveau avec elles. — Antennes le plus souvent en partie perfoliées, grossissant peu à peu ou terminées par une massue de trois

(1) D. Lacordairei. Nigra, nitida, orbitis ocularibus externe prominulis, au= riculoformibus, capite prothoraceque subtilissime punctulalis, elytris striatopunetatis, interslitiis lævibus. Long. 4 1/2 lin. — Brasilia prope Scbastiano= polim.

M. Sallé en à rapporté de Venezuela des exemplaires plus petits, dont on à fait dans les collections une espèce à part, sous le nom de Del. Fabrioit. part leur taille moindre, je ne leur trouve aucune différence essentielle avec ceux du Brésil.

D. auriculata. Præcedenti simillima at minor; differt oculorum orbitis mious prominulis nec avriculatis, capite, prothorace interstitiisque inter strias elytrorum distincte punotulatis, Long. 3 1/2, 4 lin. — Brasilia mer.

ULOMIDES. 317

ou quatre articles. — Prothorax de forme variable, aussi large que lesélytres à sa base. — Ecusson très-rarement indistinct, — Elytres embrassant faiblement le corps.— Pattes courtes; hanches antérieures transversales chez presque tous; trochantins des intermédiaires trèsrarement visibles; cas dernières étroitement enchâssées dans leurs cavités cotyloïdes; éperons des jambes distincts, courts; tarses faiblement villeux en dessous; leur dernier article au moins aussi grand que les précédents réunis. — Saillie intercoxale triangulaire ou ogivale, jamais très-large. — Métasternum allongé (Oricocara excepté); ses épisternums étroits, parallèles ou graduellement rétrécis en arrière; ses épimères distinctes. — Celles du mésosternum concourant rarement à fermer les cavités cotyloïdes intermédiaires. — Corps ailé.

Les Ulomides constituent le groupe le plus important de l’assemblage hétérogène d’espèces que Latreille et Dejean avaient réunies dans leurs Taxicornes, etils s’y distinguent entre toutes par un facies particulier qui les fait reconnaître sans peine. Mais jusqu'ici on n’a pas remarqué le caractère essentiel qui les isole de tous ces insectes, à savoir, l'absence des trochantins aux hanches intermédiaires (:). Je ne connais que le seul genre Toxicum qui fasse exception parmi eux à cet égard ; mais c’est un genre ambigu, intermédiaire entre la tribu actuelle, à laquelle je crois qu’il appartient, et les Ténébrionides vrais parmi lesquels le placent la plupart des auteurs. En en faisant abstraction, la tribu tout entière est, rigoureusement parlant, étrangère à la section actuelle et devrait. être reportée dans la seconde cohorte de la première.

Dans les premiers genres du groupe, la tôte affecte des formes plus où moins anormales; chez les autres elle a, en général, la plus intime inalogie avec celle des Diapérides, et souvent n’en diffère en rien. Pas plus que chez ces dernières, les antennes ne sont stables dans leurs formes. 11 y a même des cas (quelques ULosonrA ) où elles sont composées en entier d'articles obconiques, sans aucune trace de perfoliation. Les yeux varient beaucoup et arrivent parfois au niveau des joues, de telle sorte qu’ils ne sont pas débordés par elles ni ne les dépassent pas. Les jambes sont assez souvent dentées en dehors, et, Sauf chez les très-petites espèces, leurs éperons sont bien distincts. La véstiture de ces organes en dessous est rarement abondante et a, en général, beaucoup d’analogie avec celle des Ténébrionides vrais. Il existe un genre (AzeGoriA) dans lequel leur pénultième article est

(1) Ce caractère leur est commun avec les Cossyphides; mais ceux-ci ont les dualre hanches antérieures extrèmement petites, tandis qu'ici elles sont de gros- Seur ordinaire, D'ailleurs les deux groupes sont trop différents sous tous les autres rapports, pour qu’il soit possible de les confondre. Chez tous les autres Taxicornes que j'ai exuminés j'ai rencontré, sans aucune exception, les trochantins en question, quoique souvent fort réduits. ;

CR RO t - = bi.

318 TÉNÉBRIONIDES.

subbilobé, c'est-à-dire cordiforme et excavé en dessus comme chez les Hétérotarsides. Enfin, la livrée de ces insectes est toujours uniforme et varie du noir profond au jaune ferrugineux.

Sous leur dernière forme , la plupart des Ulomides vivent sous les écorces et se nourrissent de toutes sortes de détritus ligneux; d’autres attaquent indifféremment les substances végétales et animales; quelques-uns recherchent de préférence les céréales réduites en farine, Parmi ces dernières il en ost qui doivent à ces habitudes, d’être devenues cosmopolites, du fait de l’homme. A l’éxception de celles des Hvroracœus qui sont carnassières, leurs larves, dont on connaît déjà un assez grand nombre, ont, comme cela est de règle ‘dans la famille, les mèmes mœurs que les insectes parfaits.

Ces insectes sont nombreux et disséminés dans toutes les régions du globe. Ils me paraissent devoir être répartis dans les cinq groupes suivants :

Ï. Trochantins intermédiaires nuls.

a Yeux recouverts par des orbites, invisibles d’en haut. PÉNÉTIDES.

aa Yeux sans orbites, visibles en dessus.

b Antennes terminées par uno pelite massue de

3 art. Trisonipes.

bb Autennes grossissant peu à peu.

Pénultième article des tarses subbilobé. ALÉGONIDES. — — de forme normale. ULominEs vRaïs.

HI. Yrochantins intermédiaires distincts. Toxicines,

GROUPE I. Pénétides,

Trochantins intermédiaires nuls. — Yeux entiers, latéraux, recouverts par des orbites et invisibles d’en haut (1). — Antennes eourles, rigidules, terminées par une petite massue de trois articles, — Tête anormale. — Jambes dentées en dehors.

Ces insectes font le passage le plus évident des Phrénapatides aux Ulomides; leur tête est au moins aussi anormale que celle des premiers. Deux de leurs espèces sont, en outre, remarquables par les longues cornes verticales dont leurs mandibules sont pourvus, Gomme chez les GnarHocenus du groupe suivant, L'intérêt particulier qu'ils présentent, m'a engagé à en exposer les caractères génériques, comme pour les DELOGNATHA.

(1) Ceux de la P. Sommeri sont très-légèrement visibles en arrière, Jours orbites étant incomplètes dans cette direction; mais ils n’ont pas cessé pour cela d’être complètement latéraux.

ULOMIDRS. 3419 PENETA.

Menton en carré transversal, muni sur sa face externe d’un triangle rectiligne à surface plane, s'étendant de sa base à son bord antérieur. — Languette tronquée ou sinuée en avant. — Lohe interne des màchoires inerme. — Palpes grèles, le dernier article de tous légèrement fusilorme et notablement plus long que le précédent. — Mandibules tantôt inermes, tantôt surmontées d’une corne verticale. — Labre saillant ou non. — Tête de forme variable, transversale, non rétrécie en arrière, plus ou moins dilatée latéralement. — Yeux petits, ovalaires, distants du prothorax (Sommeri excepté). — Antennes à articles 2-8 courts, serrés, décroissant graduellement; les articles de leur massue notablement plus gros, transversaux.— Prothorax transversal, plus ou moins convexe, faiblement ou non échancré en avant, tronqué à sa base; celle-ci ainsi que les bords latéraux rebordés.—Elytres de forme variable. — Pattes peu robustes; les quatre jambes faiblement triangulaires, munies tout le long de leur tranche externe de dents aiguës, ivégulièrement espacées, avec leur angle apical externe dentiforme ; les éperons de toutes très-petits; tarses très-courts et grèles, leur dernier article aussi long que les précédents réunis. — Saillie intercoxale en triangle aigu.—Mésosternum très-étroit en arrière ({aurus excepté). — Saillie prosternale assez large, recourbée en arrière.

Je connais quatre espèces de ce genre, toutes américaines, dont au- Gune n’est mentionnée dans le Catalogue de Dejean, mais dont il a Connu deux depuis la publication de la dernière édition de cet ouvrage. Ce sont des insectes de taille voisine de celle des DELOGNATHA, d’un noir ou d’un ferragineux brillant, avec les élytres fortement striées et ponctuées dans les stries. Tous les exemplaires que j'ai sous les yeux ne présentent pas de différences sexuelles, mais il est probable qu’il en existe au moins chez deux d’entre elles (taurus, Goudotii). Ces insectes pourront peut-être former par la suite trois genres distincts (1 Lebasi, 2 Sommeri, 3 taurus, Goudotü); en attendant, je me bornerai à les répartir dans deux sections basées principalement sur la forme de la tête et des mandibules.

Dans la première, la tête est presque quadrangulaire, largement concave; son épistome est tronqué en avant; les mandibules dépas-

sent à peine l’épistome et ne présentent rien de particulier (1). (1) Cette section se partage en deux ‘divisions qu'on peut caractériser ainsi ;

A. Tête rebordée en avant, munie au-dessus ct un peu en arrière dé chaque il, d une grande et large corne dirigée eh arrière et profondément bifide 5 Yeux distants du prothorax ; celui-ci simple ; un écusson distinct ; corps allongé, régulièrement cylindrique.

P. Lebasii. Rufa, capite subtiliter aciculato, prothorace lævi angulis anticis

ER d NN Ps =

320 TÉNÉBRIONIDES.

Dans la seconde, la tête est convexe, son épistome brusquement rétréci en une saillie transversale, renflée et échancrée en avant; les mandibules se comportent comme chez les Gnarmocenus mâles, c’est- ‘à-dire sont munies chacune, avant leur sommet, d’une longue corno verticale recourbée en dedans à son extrémité (1).

Ces insectes rattachent manifestement les Phrénapatides au genre Gnarmocerus placé en tète des Ulomides. Ils en ont les antennes, et plusieurs d’entre eux, les mandibules munies de cornes.

Groupe I, Triboliides.

Trochantins intermédiaires nuls. — Yeux découverts, peu prolongés sur le front, presque toujours en partie divisés par les joues. — Antennes terminées par une massue plus où moins brusque de quatre articles.—Tète le plus souvent anormale.—Jambes grèles, rarement un peu triangulaires, dans ce dernier cas denticulées en dehors. — Lobe interne des mâchoires grèle, inerme.— Corps étroit, linéaire.

Ce groupe se compose de quelques espèces qui sont à la fois les plus petites et les plus étroites des Ulomides. Sur les qualre genres qu'elles forment, il n’y en à qu’un seul (Parora) dont la tête soit à l'état normal, c'est-à-dire qui ait l'épistome à peine prolongé en avant de l’insertion des antennes. Chez deux autres (TRIBOLIUM, ANEPSIUS), s0n épistome est saillant, trapéziforme et ressemble beaucoup à celui de certaines Sténosides. Enfin, chez le dernier (GNarmocerus), là tête à quelque analogie avec celle de certaines Penera. Les antennes ressem blent, dans tous ces genres, à celles de ces dernières. Ces deux carattères distinguent très-bien ce groupe de tous ceux qui suivent.

Les larves de trois des quatre genres en question sont aujourd'hui

prominulis, elytris fortiter striato-punctatis, interstitiis lævibus. Long. 4 lin.— Columbia.

B. Tête non rebordée en avant; ses angles antérieurs fortement redressés; yeux engagés dans le prothorax; celui-ci très-convexe, Jargement et fortement excavé en avant, avec la partie médiane supérieure de l'excavation obtusément saillante; écusson indistinet; élytres très- courtes et très-c0nvexes.

P. Sommeri. Nigra, capite prothoraceque subtiliter punctatis, elytris fortiter striato-punctatis, interstitiis lævibus. Long. 3 lin.— Mexico.

(1) P. taurus. Subeylindrica, nigra, mandibularum cornubus apice integris; fronte corou parvo simplici armata, capitis lateribus explanatis supra excavalis; prothorace evidenter punetato; elytris profunde striato-punetatis, interstitiis lævibus. Long. 3 1/2 lin. — Columbia. .

P. Goudotii. Subeyÿlindrica, fulva, mandibularum cornubus apice dilatatis ac emarginatis, capiteinermi, lateribus vix explanatis; prothorace vix punotu lato; elytris minus profunde punctalo-striatis, interstiliis lævibus, Loug à 1/# lin, — Columbia.

ULOMIDES, 321

connues; mais deux d’entre elles, celles du Gnafhocerus cornutus et du Tribolium ferrugineum, exigent de nouveaux détails.

La première, dont on doit la description à M. De Motschoulsky (1), vit exelusivement dans la farine, Elle possède de chaque côté de la tête un ocelle allongé, et son dernier segment abdominal, de forme conique, présente de chaque côté, sur son bord postérieur, deux petites dentelures,

La seconde, décrite en peu de mots et figurée par M. Westwood (2), est de forme plus courte que la précédente, et son dernier segment est armé de deux épines divergentes et recourbées en haut; en dessous il est muni de deux saillies charnues et rétractiles. On la trouve nonseulement dans les substances farineuses, mais fréquemment dans l'intérieur des insectes conservés dans les collections mal soignées.

La larve de la Phtora crenata à été, au contraire, parfaitement décrite par M. Ed. Perris (3) qui l’a trouvée dans les souches et les troncs des vieux pins en décomposition. Elle est très-allongée, grêle, cylindrique, sans stemmates, et s'éloigne notablement des précédentes par la forme de son segment anal qui est plus grand que les autres, déclive et creusé supérieurement en forme de cuiller; de la base de la déclivité naissent deux crochets cornés qui, à la différence de ceux des autres larves de la famille, sont recourbés en bas et ne dépassent pas le milieu du segment. Sous ce dernier il n’existe qu’un seul mamelon rétractile, très-petit et parfois invisible. Cette larve creuse dans l'aubier des galeries étroites dirigées en tous sens, au fomd desquelles, sa croissance terminée, elle se change en nymphe dans une cellule. Le cours de son développement s’accomplit dans l’espace d’une année.

Sauf un seul (Anersrus), qui est propre à la Californie, les genres qui suivent sont représentés en Europe; mais deux d’entre eux (Gna- THOCERUS, TRiBoziuM) y ont été sans aucun doute importés et sont d’origine exotique.

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