I. Métasternum allongé; des ailes
Mésosternur horizontal, fourchul: Encephalus. — déclive, concave : P{erohelœusr IL. Métasternum très-court; point d’ailes.
Tête recouverte par les angles antér. du prothorax: Helœus. « — libre : Saragus,
ENCEPHALUS.
De Brême, Mon. d. Cossyph. part. 1, p. 23 (1).
Tête entièrement engagée dans l'échancrure du prothorax, petite, carrée, — Yeux très-grands, presque contigus supérieurement, larsement séparés en dessous.—Antennes plus courtes que le prothorax ; leurs trois derniers articles déprimés, formant une petite massue peu distincte, — Prothorax fortement transversal, paraboliquement arqué sur les côtés, assez étroitement et profondément échancré en avant, imparfaitement contigu aux élytres et coupé presque carrément à sa base, avec un lobe médian lârge et peu saillant; sa partie foliacéo
reportés (p. 208) parmi les Mélasomes, tandis que les Heræus sont fort loin de là (p: 220), dans Ja famille des Ténébrionides.
(1) M. de Brême attribue à tort la création de ce genre à Kirby, qui n’ena Conuu aucune espèce ni fait mention nuHe part. Ilexiste de lui un genre En- CEPIALUS dont Stephens a exposé les caractères; mais il appartient aux Staphyliniens et est synonyme des GyRonLEnA ; voyez tome IE, p. 43. — Syn. Cuine, Boisduv. Faune de l'Océan. IL, p. 262.
346 TÉNÉPRIONIDES.
très-large et presque plane. — Elytres largement et régulièrement ovales, arrondies en arrière, convexes sur le disque ; leur partie foliacée large et plane. — Pattes longues ot grêles ; jambes lisses; leurs éperons presque invisibles. — Métasternum allongé. — Mésosternum horizontal, fourchu. — Saillie prosternale comprimée, obtusément oarénée, pénétrant dans l’échancrure du mésosternum, — Corps ovaleorbioulaire, ailé.
Genre très-distinet, et dont M. De Brême a passé sous silence les principaux caractères, à savoir : la contiguité des yeux en dessus, l'allongement du métasternum et la réception de la saillie prosternale dans le mésosternum. Il se compose en ce moment de deux espèces (1) de l'Australie, d'assez grande taille, d’un jaune-ferrugineux plus où moins rembruni, surtout sur le disque. Leurs élytres présentent des rangées assez régulières de points enfoncés, et, de plus, chez l’une d'elles (Westhwoodü) deux côtes et quelques gibbosités. Pendant la vie, ces insectes sont recouverts d’une sécrétion blanche, à la fois filamenteuse et pulvérulente, analogue à celle des EurxcaoRA de l'Afrique australe.
PTEROHELÆUS,
De Bnève, Mon. d. Cossyph. part. 1, p. 27.
- Tête engagée dans le prothorax jusqu'au niveau de l'insertion des antenhes, légèrement rétrécie et largement tronquée ou sinuée on avant, — Yeux plus ou moins prolongés sur le front, mais au moins assez fortement séparés.—Antennes aussi longues où un peu plus longues que le prothorax; leurs quatre ou cinq derniers articles suborbiculaires, déprimés et formant une massue peu apparente.—Prothorax très-fortement transversal, paraboliquement arrondi sur les côtés, largement et fortement échancré en avant, contigu aux élytres et légèrement bisinué à sa base; sa partie foliacée médiocrement large et plane. — Elytres amples, médiocrement convexes , allongées, plus ra rement ovales; leur partie foliacée étroite et relevée dans le premier cas, aussi large que celle du prothorax dans le second. — Pattes longues ; jambes lisses, aciculées; un seul éperon aux antérieures, deux très-petits aux quatre postérieures. — Métasternum allongé. — Mésosternum horizontal et rétréci en arrière, déclive et largement concave
{1) 2. Westwoodit, Boisduv. loc. cit. (Z. gibbosus, De Brème loc. cit. pl: 5, f. 5; M. De Brême attribue ce nom spécifique à Kirby dans les Trans. of the Linn. Soc. XL, p. 469, pl. 23, f. 8; cette citation concerne l'Helœus Brown ; il n'y a pas d’Hel. gibbosus dans aucun des écrits de Kirby.) — 2. submacur latus, De Brême, loc. cit. p. 25, pl. 7, f. 4.
Je crois qu’il faut rapporter au genre l’Helœus Bremoi de M. Hope, Trans:
of the entom. Soc. V, p. 53, pl. 6, f, 4.
HÉLÉÏDES. 347 en arc de cercle antérieurement. — Saillie prosternale plane, bisillonnée, lanciformo et déclive en arrière. — Corps ovale ou allongé, ailé, *
Ce genre ne peut être confondu qu'avec le précédent , le seul qui ait comme lui, le métasternum allongé et des ailes inférieures ; il s’en distingue par un grand nombre de caractères. Ses espèces sont généralement plus grandes et affectent deux formes différentes, dont la plus commune est la forme allongée; dans toutes deux les élytres sont remarquables par leur ampleur comparativement au prothorax et à la tête pris ensemble. Ces insectes sont tous d’un noir tantôt mat, tantôt assez brillant, et leurs élytres présentent un grand nombre de rangées de points enfoncés, qui parfois (par ex. sériatopunctatus) deviennent presque confuses. Il est assez rare (par ex. Walkerü) que quelquesuns des intervalles entre ces rangées deviennent costiformes (1).
HELÆUS.
Larn. Règne anim. 6, 1, IE, p. 301.
Tète entièrement engagée dans le prothorax, à peine rétrécie et coupéé carrément en avant, déprimée sur le front. — Yeux de grandeur variable. — Antennes en général aussi longues où un peu plus longues que le prothorax ; leurs quatre derniers articles subglobuleux, perfoliés et formant une massue assez distincte. — Prothorax médiocrement transversal, paraholiquement arrondi sur les côtés, assez étroitement et profondément échancré en avant, avec Fe à antérieurs prolongés en dedans et se croisant au-dessus de la tête, parfois (Spinolæ) restant séparés; sa base imparfaitement contiguë aux élytres, bisinuée, avec un large lobe médian de forme variable; sa partie foliacée très-large et plus ou moins redressée.— Elytres oblongo-oyales Où ovales, très-convexes sur le disque; leur partie foliacée de largeur variable et redressée , au moins à sa hase. — Pattes longues; jambes finement Apres; un seul éperon aux antérieures, deux aux quatre postérieures, parfois très-petits. — Métasternum très-court. — Mésosternum déclive , largement concave. — Saillie prosternale recourbée en amière, puis quelquefois prolongée en un court muéro. — Corps
aptère. à
De tous les Héléïdes, ceux-ci sont les plus remarquables par suite de la forme de leur prothorax. Ils varient, du reste, beaucoup sous le l'apport de la forme et de la sculpture des élytres, qui sont tantôt lisses, tantôt munies de côtes ou de tubereules ; chez plusieurs (per-
(1) M. De Brême en décrit neuf espèces : P. Walkerii B., piceus Kirby, sularis B., striatopunotatus Boisduv., Kolarii B., parallelusB:, peltatus B., Reichei B., Guerinii B.; loc. cit. pl. 2et7.
in
348 TÉNÉDRIONIDES. P
foratus, Kirby, colossus, etc.), leur disque est couvert de longs poils redressés, disposés en rangées régulières. En général le rebord foliacé des élytres égale en largeur celui du prothorax et le continue directement, de sorte que le corps affecte la forme d’un bateau; mais il existe un petit nombre d'espèces (tuberculatus, Peronti) chez lesquelles ce rebord n’est saillant qu’à la base des élytres et va en se rétrécissant peu à peu, Toutes ces différences permettront de diviser le genre en sections naturelles, ce que n’a pas cru devoir faire M. de Brème (1).
SARAGUS, Enicns. Archiv, 1842, I, p. 171 (2). F4
Tête engagée dans le prothorax jusqu’à l'insertion des antennes, un pou rétrécie et largement tronquée ou sinuée en avant; épistome séparé du front par un sillon souvent presque obsolète.—Yeux médiocre= ment prolongés sur le front.—Antennes plus courtes que le prothorax; leurs trois, quatre ou cinq derniers articles suborbiculaires , perfoliés et formant une massue peu distinete.—Prothorax transversal, paraboliquement arrondi sur les côtés, largement et fortement échancré en demi-cercle, contigu aux élytres et bisinué à sa base, avec ses angles postérieurs saillants en arrière ; sa partie foliacée assez large, plane ou concave, et relevée sur ses bords. — Elytres ovales, plus ou moins convexes, leur partie foliacée de largeur variable, souvent étroite dans toute son étendue. — Pattes assez longues; jambes finement âpres, les parfois (lœvicollis) denticulées sur leur tranche externe; un seul OÙ deux éperons aux mêmes, deux aux quatre jambes postérieures. — Métasternum très-court. — Mésosternum et saillie prosterpale des Hezæus. — Corps ovale, aptère.
Erichson, en fondant ce genre sur le Sipha lævicollis de Fabricius et d'Olivier, l’a placé parmi les Pédinides. M. De Brême a mieux reconnu ses analogies, et l’a classé dans le genre Cuir, qui me parait ne pas pouvoir rester tel qu’il est composé en ce moment. Je n’y comprends qu’un petit nombre d’espèces dont on trouvera la définition générique plus bas; toutes les autres qu'y à fait entrer M. De Brème, sont pour moi des SaraGus. Ainsi entendu, ce genre comprend des insectes de formes aussi variées que les Hezæus, sous le rapport do la
(1) 12 espèces sont décrites par lui : H. perforatus Latr., Kirbyi B., Spencei B., colossus B., intermedius B., Brownii Kirby, echidna White, Mac-Leayi B., Peronii Boisduy., Hopei B., ovatus Guérin-Ménev., tuberculatus B.— Aj: : H princeps, Spinolæ, echinatus, Hope, Trans. of the entom, Soc. V, p. 52, pl. 6 et°7.
(2) Syn. Siveua Fab., Oliv. — Cuusr pars, De Brême, Solier, Germar, Erichs., etc.
+ HÉLÉÏDES. 349 forme et de la sculpture des téguments, ainsi que de l'étendue du rebord foliacé du prothorax et des élytres.
Chez le lœvicollis et espèces voisines l'angle terminal des jambes antérieures forme une saillie obtuse en dehors, ét leur éperon externe est très-robuste , tandis que l’interne est très-court ou absent. Je n’ai pas vu assez d'exemplaires de ces insectes pour affirmer si ce caractère est sexuel ou spécifique (1).
GROUPE IE, Nyctozoilides.
Prothorax et élytres non foliacés ni dilatés latéralement. — Saillie intercoxale de forme variable. — Métasternum très-court. — Corps aptère.
Ces insectes sont, à proprement parler, des Héléïdes dégradés. Leur prothorax et leurs élytres ne sont pas plus dilatés latéralement que chez le commun des Ténébrionides. En même temps le premier est médiocrement échancré en avant. Néanmoins ses angles antérieurs recouvrent les yeux ou peu s’en faut, lorsque la tète est contractée. Le groupe se réduit aux deux genres suivants.
I. Saillie intercoxale en triangle aigu : Cilibe. II. — très-large, subparallèle : Nyclozoilus.
CILIBE.
(Larn.) De Bnème, Mon. d. Cossyph. part. 1, p. 37.
Tète engagée dans le prothoräx jusqu'aux yeux’ inelusivement, ceux-ci parfois en partie libres; rétrécie graduellement et largement échanerée en avant ; épistome confondu avee le front. — Yeux étroits, rétrécis dans leur milieu, très-peu prolongés sur le front. — Antennes presque aussi longues que le prothorax ; leurs trois derniers articles subglobuleux, perfoliés, formant une faible massue. — Prothorax transversal, régulièrement arrondi et étroitement rebordé sur les côtés,
(1) Sipha lœvicolis, Fab. Syst. El. I, p. 338; Oliv. entom. Il, 11, pl. 1, £. 5 (Cilibe costatus, Solier in Baudi e Truqui, Studi entom. p. 355, pl. 13, £ 10) ; M. Hope en a donné une belle figure dans les Trans. of the entom. Soc. V, pl.7, f.5.— Les Crime suivants de M. De Brème (loc. cit. p.37 sq.) doivent ètre rapportés ici : C, brunnipes B., carinatus B., silphoides B., australis Boisduv., interruptus B emarginalus Guérin-Ménev. (cassidoides Boisduv.), unicarinalus Boisduv., subrugosus B., rotundutus B., orbicularis B., gagates B , tricostellus White. — Aj. : Hel. contractus, testudineus, simpleæ, tarsalis, mar- Yineilus, Hope, loc. cit, p. 53, pl. 6,7. — Où tristis, granulata, Germar, Linn, entom. II, p. 197. — Qi. peltata, Erichs. Archiv, 1842, L, p. 175.
350 TÉNÉBRIONIDES. rétréci en avant et en arrière; son bord antérieur largement ot médiocrement échancré en demi-cerele; sa base fortement contiguë aux élytres et faiblement bisinuée. — Elytres oblongues, rétrécies dans leur tiers postérieur; leurs épipleures assez étroites. — Pattes longues; jambes presque lisses; deux éperons inégaux aux antérieures et aux quatre postérieures. — Saillie intercoxale de l'abdomen en triangle aigu. — Mésosternum largement concave en avant, — Saillie prosternale fléchie en arrière. — Corps oblong, médiocrement convexe.
Ce genre est le seul parmi les Héléïdes qui ne soit pas propre à l'Australie. Il ne comprend en ce moment que trois espèces (1) trèsvoisines les unes des autres. Ce sont des insectes de taille moyenne, ressemblant assez, au premier coup-d’œil, à certaines Asipa, d’un noir-brunûtre presque mat et criblés de petits points enfoncés en dessus ; des sillons superficiels et assez nombreux se voient sur leurs élytres.
NYCTOZOILUS:
Guérin-Ménev. Voy. d. l. Cog.; Entom. p.92 (2).
Tête engagée dans le prothorax presque jusqu'aux yeux inclusivement, un peu convexe en arrière; ses joues arrondies; épistome brusquement rétréci et faiblement échancré en avant. — Yeux petits, allongés, étroits, lunulés, à peine prolongés sur le front. — Antennes inconnues (3). — Prothorax fortement transversal, médiocrement convexe, rétréci en arrière, arrondi et un peu épaissi en bourrelet sur les ‘côtés, largement et médiocrement échancré en arc antérieurement, très-contigu aux élytres et coupé carrément à sa base, avec ses angles postérieurs épineux.—Elytres amples, assez convexes, oblongo-ovales, arrondies aux épaules. — Pattes assez longues; hanches antérieures globuleuses ; cuisses assez robustes, comprimées ; jambes lisses, toutes munies de deux éperons; l’interne des antérieures presque obsolète.— Saillie intercoxale de l'abdomen large, subparallèle, arrondie en avant, — Mésosternum horizontal, coupé verticalement et largement excavé en arc antérieurement, — Saillie prosternale robuste, plane,
(1) C. elongatus, de la Nouvelle-Guinée; granulosus, de la Nouvelle-Zélande; De Brême, loc, cit, p. 88, pl. 7, £.6,5. — C, phosphugoides (granulosus?) À. White, Voy. of the Ereb. and Torr.; ; Entom. p. 11; Nouvelle-Zélande. 11 serait bien possible que ces trois espèces n’en formassent qu’une seule. :
(2) Syn. Senexocenius, Solier in Baudi e Truqui, Studi entom. p. 351.
(3) J'ai entre les mains l’exemplairé décrit et figuré par, M. Guérin-Méneville ; il ne lui-reste plus que les quatre premiers articles des antennes qui sont absolument pareils à ceux des autres Héléides. Ces organes manquaient dans l’exemplaire que Solier a eu à sa disposition.
COSSYPHIDES. 351
dépassant un peu les hanches antérieures et obtuse au bout.— Corps massif, oblongo-ovale, très-inégal.
Letype des Héléïdes arrive à son maximum de dégradation dans ce genre, et si les Cnasew'existaient pas, il serait difficile defreconnaître qu'il appartient à ce groupe. Mais cela tient uniquement à la forme massive et à la sculpture de l’unique espèce (1) qui le compose. Ces deux points supprimés par la pensée, il ne reste plus qu’un Crrrer'de forme robuste. Les deux seules particularités étrangères aux Héléïdes que présentent cet insecte, sont l’élurgissement de la saillie intercoxale de l'abdomen et la forme globuleuse des hanches antérieures.
Il est de grande taille, d’un noir profond ét mat, rugueux sur la tête et le prothorax, avec les élytres couvertes d’un réseau irrégulier de lignes très-saillantes, sur lesquelles se détachent assez visiblement trois côtes flexueuses.
Solier, qui l’a connu, ayant à tort des doutes sur son identité avec l'espèce décrite par M. Guérin-Méneville, a fondé sur lui un nouveau genre, qu'il a nommé SPHENOGENIUS, et qu'il a placé dans sa tribu des Blapsites. Dejean (2}ne s'était pas trompé sur ses analogies, et l'avait placé immédiatement à la suite des Ces.
TRIBU XXXIIL COSSYPHIDES.
Lobe interne des mâchoires inerme. — Tête petite, entièrement cachée sous le prothorax et fortement débordée par lui. — Antennes grossissant peu à peu, ou terminées par une massue de quatre articles; le 42 assez long et inséré à découvert. — Prothorax et élytres largement foliacés et débordant le corps ; celui-ci étroit et faiblement embrassé par les secondes. — Pattes grêles ; hanches antérieures et intermédiaires très-petites, globuleuses ; les premières situées à une grande distance du bord postérieur du prosternum, les secondes sans tochantins; les postérieures très-brièvement ovalaires; jambes sans éperons terminaux ; tarses légèrement villeux ou ciliés en dessous. — Saillie intercoxale en triangle aigu, — Métasternum assez long; ses épisternums étroits, parallèles ou atténués en arrière; ses épimères Wès-pétites. — Epimères mésothoraciques ne contribuant pas à clore les cavités cotyloïdes intermédiaires; mésosternum horizontal. — Saillie prosternale étroite, non libre en arrière. — Corps déprimé, peltifonne, ailé ou aptère.
. () N. obesus, Guérin-Ménev. loc. cit. p. 93, pl. 4, f. 2 (Sphen. clathratus, Solier, loc. cit. p. 352, pl. 14, £. 10).
(2) Cat. éd. 3, p. 208.
352 TÉNÉBRIONIDES.
L'un des groupes les plus isolés de la famillo et qui ne s'associe naturellement à aucun autre, C’est, avec les Ulomides, le seul de la cohorte actuelle dans lequel les trochantins des hanches intermédiaires aient complètement disparu, ce qui a entrainé, comme conséquence, que ces dernières sont étroitement embrassées par leurs cavités cotyloïdes, La petitosse de toutes les hanches, la grande distance à laquelle les antérieures se trouvent du bord postérieur du prosternum, le défaut de liberté de la saillie prosternale, sont également des caractères qui lui sont exclusivement propres. Quant aux expansions foliacées du prothorax et des élytres, on retrouve quelque chose d’approchant chez les Héléïdes qui précèdent, mais c’est tout ce qu’il y a de commun entre les deux groupes. Par tout le reste de leur organisation, ils sont profondément distincts. Les tarses des Cossyphides ne diffèrent guère de ceux de plusieurs espèces de la section précédente; les poils qui les revêtent en dessous sont peu abondants, souvent assez rigides et semblables à des cils, sans cependant que ces insectes fassent, sous ce rapport, une véritable exception dans la section actuelle. Tous sont d’assez petite taille et propres à l’ancien continent.
Latreille (1) en avait fait le genre typique de sa seconde tribu des Taxicornes, celle des Cossyphènes. M. De Brème, dans sa Monographie citéo plus haut (2), les a répartis dans les deux genres suivants :
L Tète non rétractile dans une cavité du prothorax : Cossyphus: IL. — rétractile — Endustomus.
COSSYPHUS.
Ouv. Entom. I, n° 44 bis.
Menton plus ou moins évasé et tronqué en avant, souvent caréné sur la ligne médiane ; ses angles antérieurs parfois amincis et subfoliacés. — Languette sinuée en avant. — Lobes des mâchoires petits, fortement ciliés. — Palpes labiaux courts, leur 3° article ovalaire; les maxillaires longs, leur 4° article en fer de hache plus long que large. — Mandibules courtes, bifides, irrégulièrement dentées au côté interne. — Labre transversal, un peu arrondi ou tronqué en avant. — Tête peu mobile, plane sur le front; épistome confondu avec ce dernier, parallèle sur les côtés, plus ou moins échancré en avant.— Yeux ovalaires, transversaux, peu saillants, fortement granulés.—Antennes dépassant en général un peu le bord postérieur du prothorax, à atticles 1 allongé, cylindrique, 2 très-court, 3 plus long que les suivants, 4-7 obconiques ou submoniliformes, grossissant pou à peu,
({) Règne anim. éd, 2, V, p. 32.
(2) P.-344, note 1.
TT 1 7 : es * à
COSSYPHIDES, 353
8-11 plus gros que les précédents, de forme variable. — Prothorax ample, étroitement convexe sur le disque; sa partie foliacée demicirculaire antérieurement, droite sur les côtés; sa base coupée presque carrément, — Ecusson en triangle curviligne, — Elytres étroitement convexes sur la ligne médiane, aussi larges que le prothorax et tronquées à lour base, arrondies et parfois un peu déhiscentes en arrière. — Pattes médiocres; jambes linéaires, un peu comprimées, coupées obliquement à leur extrémité ; tarses médiocres, comprimés; le 42 article des postérieurs aussi long que les deux suivants réunis. — Corps très-déprimé, oblong, également arrondi à ses deux extrémités, glabre,
Ces insectes remarquables sont au plus de taille médiocre, d’une couleur de feuille morte, plus on moins rembrunie sur la partie non foliacée du prothorax et des élytres. Ces dernières ont la suture plus oumoins carénée, et chacune d’elles est, en outre, assez souvent munie d’une côte qui est ordinairement abrégée en arrière. Leurs expansions foliacées, ainsi que celles du prothorax, sont finement chagrinées, et tantôt presque planes, tantôt plus ou moins concaves.
On n’a ajouté qu’une seule espèce aux quatorze décrites par M. De Brème (1), et parmi lesquelles dix habite sud de l’Europe ou le nord de l’Afrique, trois les Indes orientales, une les parties méridionales de la Russie, et la dernière l'Afrique australe.
D'après des renseignements transmis à ce savant entomologiste et confirmés depuis par M. Rosenhauer (:), les Cossypnus sont des insectes épigés vivant dans les crevasses du sol ou sous les pierres; on en trouve même, parfois, dans l'intérieur des mottes de terre. Ils se réunissent assez souvent en petites sociétés, sont très-lents dans leurs mouvements, el ceux qui sont pourvus d'ailes n’en font presque jamais usage.
ENDUSTOMUS.
De Bnème, Essai s. l. Cossyph. part. 2, p.11.
Ce genre ne diffère des Cossypaus que par les deux caractères suivants :
. Tête entièrement rétractile dans l’intérieur d’une cavité formée inférieurement par une mentonnière qu’envoie en avant le proster-
(1) C. depressus Oliv , des Indes or.; fauricus Steven, de la Russie mér.; insularis Casteln., moniliferus Chevrol., Hoffmanseggiü Herbst, Dejeanii, ovalus, d'Europe et d'Afrique ; punclatissimus, de Natal; barbarus (substriatus? Casteln.), incostatus, d'Europe et d'Afrique; sériatus Wiedem., de Java; tuberculatus, Pygmœus, d'Europe et d'Afrique; Edward$ii, des Indes or. — Àj:: C. rugulosus, Peyron, Rev. et Mag. d. Zool. 1854, p. 227; Caramanie.
(2) Die Thiere Andalus. p. 216.
Coléoptéres. Tome V. 23
334 TÉNÉBRIONIDES.
num ; cette mentonnière entièrement libre sur les côtés (1). — Antennes grossissant peu à peu sans former de massue; leur dernier article arrondi au bout.
On n’en connaît qu'une espèce du Sénégal, le Cossyphus senega- Tensis de M. De Castelnau (1), de la taille des plus grands Cossypnus, brunâtre sur le disque du prothorax et des élytres, avec le bord dilaté de ces deux partiés d’un brun-fauve et moucheté de taches obscures, médiocrement distinctes. En arrière, celui des élytres est un peu déhiscent. :