‹ Histoire naturelle des insectes (volume 5)Chapitre 70 sur 123 · TÉNÉBRIONIDES · texte numérisé non relu

TÉNÉBRIONIDES

Dernier artielo des palpes labiaux triangulaire. — Labre à peine saillant, entier. — Tète plane, presque aussi large que longue, coupée obliquement de chaque côté en arrière des yeux; épistome confondu avec le front, graduellement rétréci et largement tronqué en avant.— Yeux transversaux, presque entiors. — Antennes plus courtes que le prothorax, grossissant graduellement, à articles 2 court, 3 allongé, obconique, ainsi que 4-5, ceux-ci égaux, 6-7 triangulaires, 8-11 carrés, transversaux, 11 un peu plus grand que 10. — Prothorax un peu plus étroit que les élytres, plan, fortement transversal, arrondi et crénelé sur les côtés, tronqué à sa base, à peine échancré en avant. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres planes, carénées latéralement, avec leurs épipleures verticales, assez allongées, subparallèles, rétrécies dans leur quart postérieur. — Pattes médiocres ; cuisses grossissant peu à peu, canaliculées en dessous; jambes subquadrangulaires, munies d’éperons à peine distincts; les quatre antérieures un peu arquées ; tarses longuement villeux en dessous; leur dernier article plus long que les précédents réunis. — Corps allongé, large, trèsdéprimé, plan.

L'espèce typique (1) de ce genre très-distinct, habite Java, où elle est commune. Elle est, relativement à sa taille, aussi déprimée que les Cueurus. C’est un assez grand insecte, brun en dessus, rougeûtre en dessous, présentant trois dépressions longitudinales sur le prothorax, et sur chaque élytre, neuf sillons, dont les trois externes sont placés sur les épipleures; le rudiment d’un dixième se voit, comme de coutume, près de l’écusson. Ces sillons sont assez fortement ponctués et leurs intervalles transversalement rugueux.

Le mäle n’a pas les pattes antérieures plus longues que la femelle; ses cuisses sont seulement munies en dessous d’une petite dent médiane qui manque chez cette dernière, et ses jambes sont plus arquées.

M. Guérin-Méneville en a décrit une seconde espèce (2) de Bornéo, plus petite et dont le prothorax n’est pas crénelé latéralement.

GRouPE III, Calocarides.

Lobe interne des mâchoires muni ou non d’un crochet corné.— Dernier article des palpes maxillaires non sécuriforme (CALGAR excepté). — Tète régulièrement rhomboïdale. — Antennes grossissant peu à peu. — Prothorax plus long que large. — Prosternum et mésoster-, num de largeur normale. — Corps étroit, linéaire.

La création de ce groupe est due à M. Mulsant (3). Il est fort naturel (1) C. piceus, Perty, loc. cit. p. XXXIX, f. 7 (P. orientalis Casteln.).

(2) C. mediocris, Guérin-Ménev. Rev. zool. 1841, p. 124. (3) Col, d. France; Latigèn, p. 268.

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et ne comprend que des espèces de taille tout au plus moyenn toutes remarquables par l’étroitesse de leur corps. Aux caractères qui précèdent, on pourrait en ajouter quelques autres. Les yeux, par

exemple, ne sont pas toujours transversaux comme dans les deux

groupes précédents; assez souvent ils s’arrondissent. Les pattes, au contraire, sont toujours courtes, et les antérieures n’ont aucune tendance à s'allonger. La distribution géographique de ces insectes est également assez intéressante. Les quatre genres qui suivent sont tous propres à l’Europe; quelques-uns seulement étendent leur habitat eu Algérie ou jusque dans l’île de Madère.

I. Dernior article des palpes max, sécuriforme : Calcar. IL — — non — a Youx étroits, transversaux: Bius.

aa — arrondis, Saillie intercoxale en triangle aigu : Boros. — large, parallèle : Boromorphus.

Gevre incertæ sedis : Sifophagus.

CALCAR.

(Des.) Larn. Règne anim. 64.2, V, p. 25 (1).

Menton plan, subcordiforme, légèrement échancré en avant. — Languette évasée et tronquée en avant. — Lobes des mâchoires inermes; l’externe grand, cilié, l’interne petit. — Dernier article des palpes labiaux faiblement triangulaire, celui des maxillaires grand, Sécuriforme, — Mandibules bifides au bout. — Labre assez saillant, 'onqué en avant. — Tête assez fortement (elongatus) ou à peine (procerus) prolongée en arrière des yeux ; épistome confondu avec le front, Court, graduellement rétréci et légèrement échancré en avant. — Yeux de forme variable, — Antennes aussi longues que le prothorax, subfiliformes, à articles 3 un peu plus long que les suivants, 4-8 obconiques, décroissant peu à peu, 9-11 submoniliformes. — Prothorax Mès-allongé, faiblement et peu à peu rétréci on arrière, à peine échancré en avant, tronqué à sa base, celle-ci rebordée ainsi que les côtés. — Écusson transversal. — Elytres un peu plus larges que le protho- Tax, allongies, parallèles, échanerées en are à leur base, — Pattes assez courtes ; cuisses robustes, atténuées à leur base, les antérieures et parfois les intermédiaires renflées en massue, surtout chez les

(1) MM Wollaston (ins. Maderens. p.494)et Mulsant (Col, d. France ; Latigèn. p.272) ont donné, presque en même tempscet très en détail, ies caractères du Benre, — Syn, Tenkpnio Herbst, Schœnh, — Trocosira Fab,

À pre .< " CRE, RE Cr ” :

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es; jambes de la même paire un peu arquées; les éperons de toûtes distincts ; dernier article des tarses plus long que les précédents réunis, le 4e des postérieurs à peine allongé. — Saillie intercoxale de l'abdomen assez large, un peu rétrécie et tronquée au hout, — Mésosternum plan, en forme de V.— Saillie prosternale déprimée et tronquéeau bout. — Cotps très-allongé, linéaire, déprimé.

Les deux espèces typiques du genre forment autant de sections basées sur la forme de la tête et des yeux. :

Dans la plus anciennement connue (1), la première est prolongée en arrière ; les seconds sont, par suite, distants du prothorax, et en même temps étroits et transversaux. Dans la seconde (2), la tête est engagée dans le prothorax presque jusqu'aux yeux; ceux-ci sont subarrondis et presque entiers. M. Mulsant en a formé un sous-genre qu’il nomme CENTORUS.

Ces insectes sont de taille moyenne pour le groupe actuel, d’un brun noirätre, finement pointillés sur la tête et les élytres, avec ces dernières régulièrement striées et ponctuées. Ils sont propres à la Faune médi-

terranéenne et épigés. On en connaît quatre espèces.

BIUS, (Des.) Murs. Col. d. France; Latigèn. p. 266 (3).

Menton trapéziforme. — Languette peu saillante, tronquée, avec ses angles arrondis. — Lobe interne des mâchoires muni d’un crochet corné bifide. — Dernier article des palpes labiaux ovalaire; celui des maxillaires un peu déprimé et tronqué au bout, — Mandibules bifides. — Labre court, entier. — Tôête brièvement rhomboïdale, engagée dans le prothorax presque jusqu'aux yeux, présentant une dépression transversale entre ces derniers ; épistome peu saillant, graduellement rétréci et largement tronqué en avant. — Yeux transversaux, médiocrement larges, presque entiers. — Antennes notablement plus courtes que le prothorax, à articles 3 un peu plus long que 4, 4-6 0bconiques, égaux, 7-11 déprimés et graduellement plus larges. — Prothorax carré, subéquilatéral, très-légèrement rétréci en arrière, trons qué à sa base, à peine échancré en ayant, finement rebordé, sauf en

(1) Ten. elongatus, Herbst, Die Kæf. VIL, p. 259, pl. 112, f. 2 (Trog. calcar, Fab. Syst. El. I, p. 153); répandu depuis le midi de la France jusqu’à Madère.

C’est à cette section que semblent appartenir les C. crassipes et suloalus de Fischer de Waldheim (Bull, Mosc. 1844, I, p. 123), tous deux de la Russie méridionale.

(2) C. procerus (Dej.), Muls. loc. cit. p. 272; Russie mér., midi de la France, Péninsule ibérique,

(3) Syn. Tnocosira Fab., Herbst, Schœnh. — Bonos Gylleuh., Germar, Zetterst., etc.

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avant. — Ecusson transversal, curviligne. — Elytres à poine plus larges que le prothorax, allongées, parallèles; leur repli épipleural incomplet en arrière. — Pattes médiocres; cuisses assez robustes, comprimées, subparallèles; jambes sublinéaires, droites; leurs éperons très-petits; 1% article des tarses postérieurs assez allongé, le dernier de tous plus potit que les précédents réunis. — Saillie intercoxale de l'abdomen en triangle aigu. — Mésosternum faiblement déclive, un peu concave en avant. — Saillie prosternale fléchie en arrière. — Corps allongé, parallèle, déprimé.

Genre confondu avec les Boros par les anciens auteurs, mais qui en diffère par la forme de la tête, des yeux, du prothorax, des antennes, eo. Il a pour type une petite espèce (1) originaire du nord de l'Europe et des régions montagneuses de ce continent, d’un brun-marron plus ou moins rougeûtre et couverte én dessus de petits points enfoncés; quelques vagues traces de sillons se voient sur ses élytres.

BOROS.

Henpsr, Die Kœfer, NI, p. 318 (2).

Menton en carré transversal. — Languette évasée et échancrée en

avant. — Lobe interne des mâchoires inerme. — Dernier article des palpes labiaux brièvement ovalaire , celui des maxillaires légèrement triangulaire. — Mandibules bifides au hout. — Lahre très-court 5

tronqué et cilié en avant.— Tête dégagée, saillante, prolongée et rétrécie en arrière des yeux; épistome séparé du front par un sillon arqué à peine distinct, court, graduellement rétréci et tronqué en avant. — Yeux assez grands, arrondis, à peine sinués. — Antennes courtes, assez robustes, à articles 3 un peu plus long que les suivants , 4-8 obconiques, subégaux, grossissant peu à peu, 9-10 brusquement dilatés, en triangle curviligne, 11 ovalaire ; presque aussi large que 10. — Prothorax un peu plus long que large, rétréci et tronqué à ses deux extrémités, arrondi sur les côtés. — Ecusson médiocre, en triansle curviligne.— Elytres plus larges que le prothorax, allongées, pa- 'allèles et un peu sinuées sur les côtés, peu convexes, — Pattes médiocres; cuisses assez robustes; jambes arrondies, droites; dernier article des tarses plus court que les précédents réunis, le 4°* des pos-

(1) Trog. thoracica, Fab. Ent. Syst. I, p. 116; on en ‘a deux figures dont la meilleure est celle de Germar, Faun. Ins. Europ. IX, 9; celle donnée par M. Guérin-Ménev. (Icon.; Ins. pl. 30, f. 7 a-b) est médiocre, — M. L. Fairmaire (Ann. d. 1, Soc, ent. 1856, p. 534) en a décrit une seconde espèce ({etraphyllus) des environs de Pise, qui diffère de la précédente par sa forme Plus cylindrique, et surtout par sa massue antennaire, composée de quatre articles seulement.

(2) Syn. Hezors Panz, — HyropuLoeus Fab., Illig., Latr, — Trocosira Payk.

Coléoptéres. Tome V. 26

386 TÉNÉBRIONIDES, .

térieurs assez allongé. — Mésosternum plan, légèrement déclive, sillonné sur ses bords. — Saillie prosternale recourbée en arrière des hanches antérieures. — Corps allongé, parallèle, peu convexe.

On n’en connaît qu’une espèce (1) d'assez grande taille, découverte primitivement en Suède, et retrouvée depuis dans les régions montagneuses d’une partie de l’Europe. Elle est d’un brun rougeñtre brillant, assez fortement ponctuée sur la tête et le prothorax, avec de vagues sillons sur les élytres qui sont finement pointillées.

BOROMORPHUS.

WorLasr. Ins. Maderens. p, 492 (2).

Menton subquadrangulaire, tronqué et étroitement échancré dans son milieu en avant. — Languette coupée carrément. — Lobe des mâchoires inerme ; l’externe grand, arrondi, l’interne petit. — Dernier article des palpes labiaux ovoïde et acuminé, celui des maxillaires allongé et faiblement triangulaire. — Mandibules bifides au bout. — Labre très-court, entier. — Tête assez prolongée et cylindrique en arrière des yeux, ses joues minces, subfoliacées; épistome confondu avec le front, faiblement rétréci et subarrondi en avant. — Yeux arrondis, déprimés, faiblement entamés par les joues. — Antennes trèsgrêles, plus courtes que le prothorax , grossissant très-légèrement à leur extrémité , à articles 3 un peu plus long que les suivants, 4-9 obconiques, subégaux , 9-10 un peu plus gros , 41 plus grand que 10, suborbiculaire. — Prothorax un peu plus long que large, légèrement et graduellement rétréci en arrière, tronqué en avant , faiblement arrondi à sa base; celle-ci finement rebordée ainsi que les côtés. — Ecusson très-petit, transversal. — Elytres allongées et très-régulièrement oblongues, à peine plus larges que le prothorax et échancrées en arc à leur base. — Pattes médiocres ; cuisses robustes, oblongues, comprimées ; jambes et tarses très-grèles, le dernier article de ceuxci plus long que les précédents réunis, le 1° des postérieurs un peu allongé. — Saillie intercoxale large , parallèle, arrondie en avant. — Mésosternum à peine déclive et faiblement concave. — Saillie prosternale arrondie en arrière. — Corps allongé, médiocrement convexe,

aptère.

Je no trouve pas ce genre aussi voisin des Boros que son nom l'in-

(1) Décrite pour lapremière fois (1795) par Panzer (Faun, Ins. Germ. XXXIW, 1), sous le nom de Helops Schneideri (Bor. elongatus Merbst; Trog. corticalis Payk.; Hyp. Boros Fab). M. Blanchard (Règne anim. illust.; Ins, pl. 49, f.7, 7 a) en a donné une bonne figure.

(2) Syn. Boros, Lucas, Explor, d, l’Algér,; Entom. p. 338

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dique; du moins l'espèce qui le compose a beaucoup plus le facies d’une SrENosIs que celui du Boros Schneïderi.

M. Wollaston a fondé le genre sur un très-petit et élégant insecte, découvert par lui dans l’île de Madère, et qu'il a nommé B. Maderæ (1), mais qui ne paraît pas différer du Boros tagenioides de M. Lucas (2), insecte de l'Algérie, retrouvé depuis en Aïdalousie par M. Rosenhauer (3). Ce petit Coléoptère varie du brun noirâtre au jaune ferrugineux; il est très-finement rugueux en dessus et revêtu, surtout sur les élytres, de poils très-fins, couchés et peu abondants. Ainsi que l'indique l'absence des ailes inférieures, il est épigé et se trouve sous les pierres. C’est le seul genre aptère du groupe actuel.

. Note.

M. Mulsant place à côté des Bius le genre suivant qui m'est inconnu.

SITOPHAGUS.

Murs. Col. d. France ; Latigèn. p. 264.

Menton trapéziforme, muni d’une saillie sur sa face externe. — Languette saillante. — Dernier article des palpes labiaux subtriangulaire , celui des maxillaires de même forme, chbliquement tronqué au bout. — Tête plus large que longue, presque en demi-cercle, enga-

* gée dans le prothorax jusqu’à moitié des yeux. — Ceux-ci à moitié

entamés par les joues; leur partie supérieure triangulaire. — Antennes arrivant au quart de la longueur des élytres, à articles 3 un peu plus long que 4, celui-ci obconique, 5-10 graduellement comprimés, un peu anguleux en dehors, 11 ovale. — Prothorax transversal , légèrement rétréci et parallèle dans son tiers postérieur, faiblement échancré eu avant, légèrement bisinué à sa base; celle-ci finement rebordée ainsi que les côtés. — Ecusson en demi-hexagone. — Elytres de la largeur du prothorax et tronquées en avant, avec leurs épaules dentiformes, parallèles, puis rétrécies dans leur tiers

(1) Loc. cit. p. 493, pl. 11, f. 9; avec des détails.

(2) Loc. cit, pl. 30, f. 9 a-d. L'identité de l'espèce de M. Wollaston avec cet insecte, a été signalée par M. L. Redtenbacher, Faun. austr.; Die Kæf. éd. ?, P. 615, note 1. Pas plus que ce savant entomologiste, je ne puis découvrir aucüne différence essentielle entre les exemplaires de l’Algérie et ceux de Madère.

M. Lucas a rapporté avec doute au genre Boros, un autre insecte de l’Algérie, qu’il a nommé B.? rufipes (loc. cit, pl. 30, f. 10 a-c). Autant qu’on en peut Juser par la description, il semble former un genre intermédiaire entre celui-ci et les Bonos, Dejean, qui a connu cet insecte, depuis la publication de son dernier Catalogue, lui avait imposé, dans sa collection, le nom générique de Lamus, qui s’est répandu dans quelques cabinets et qui pourrait être consenvé.

(8) Die Thiero Andalus. p. 247.

388 TÉNÉBRIONIDES.

postérieur; leur repli épipleural brusquement incomplet en arrière, — Pattes médiocres; cuisses un peu renflées, surtout les postérieures jambes grêles, droites; 4% article des tarses postérieurs aussi long que le dernier. — Saillie intercoxale en triangle aigu. — Mésosternum en forme de V. — Saillie prosternale faiblement prolongée en arrière, tronquée au botte — Corps presque plan en dessus.

M. Mulsant n’a eu à sa disposition que des mâles de l'espèce (Solieri) typique du genre, qui avait été trouvée par Solier à Marseille, où elle avait été plus que probablement importée. Ce petit insecte est d’un roux ferrugineux, finement pointillé sur la tête, avec des stries fines et ponctuées sur les élytres. Dans le sexe en question, la tête est armée en avant de deux cornes formées par les joues et les côtés de l'épistome, courbées en dedans à leur base, puis redressées.

Grouprz IV. Nyctéropides.

Lobe interne des mâchoires sans crochet corné. — Dernier article des palpes maxillaires sécuriforme. — Tète subcylindrique , très-0btuse en avant. — Antennes terminées brusquement par une mnassue déprimée de quatre articles. — Prothorax beaucoup plus long que large. — Prosternum et mésosternum de largeur normale.

“Les deux genres Dozrcmonerus et NYCTEROPUS de Klug constituent à eux seuls ce groupe. Ces insectes s’éloignent sensiblement des autres Ténébrionides vrais, par la forme de leurs antennes, celle de leur tête et leur facies ; mais, à moins d'en former une tribu à part, je ne vois pas quelle autre place leur assigner en dehors de celle-ci (1).

I. Prothorax presque aussi long que les élytres : Dolichoderus. IL — beaucoup plus court — Nycteropus.

DOLICHODERUS.

(Kzuc) DE Casrgn, Hist. nat. d. Col. IE, p. 202 (2).

Cavité buccale petite. — Menton graduellement élargi, tronqué en avant, convexe sur la ligne médiane. — Languette subarrondie en

(1) Dans un travail cité plus bas, sur ces insectes, M. Guérin-Méneville, se basant sur l'absence d’un crochet corné au lobe interne de leurs mâchoires, à proposé de les placer parmi les Sténélytres de Latreille, à côté des Herors. Le lecteur a déjà pu souvent apprécier, dans les tribus précédentes, la valeur de ce caractère. — Quant à M. de Castelnau (Hist. nat. d. Col. II, p. 202), qui les à mis entre les Xyxsra (Ezeones) et les PsEuDoBLaPs, sou “opinion ne peut natur rellement être rappelée que pour mémoire.

(2) Klug a fondé ce genre en 1833, sans èn exposer les caractères, que M. De

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avant. — Dernier article des palpes maxillaires en fer de hache subéquilatéral. — Mandibules hifides à leur extrémité. — Labre saillant, transversal, entier. — Tête médiocrement longue, non rétrécie en arrière ; épistome confondu avec le front, très-court, trapéziforme et largement tronqué en avant. — Yeux distants du prothorax, transversaux, Obliques, déprimés, munis d’une large orbite en arrière, étroits et peu prolongés inférieurement, élargis en dessus. — Antennes courtes, assez robustes, à articles 2 court, 3 un peu plus long que les suivants , 'eylindrico-conique , ainsi que 4-7, ceux-ci subégaux, 8-41 brusquement dilatés, transversaux, serrés, veloutés et formant une massue lamelliforme, 11 tronqué au bout, — Prothorax très-allongé, régulièrement convexe , atténué et tronqué en avant, avec ses angles antérieurs un peu saillants, légèrement arrondi à sa base, celle-ci fortement contiguë aux élytres; ses arêtes latérales effacées dans leur moitié antérieure. — Ecusson petit, en triangle rectiligne. — Elytres ne formant qu’un peu plus de la moitié du corps, convexes, atténuées, submucronées et légèrernent déhiscentes en arrière, échancrées en arc et rebordées à leur base. — Pattes assez longues; les quatre jambes antérieures un peu arquées; les éperons de toutes presque nuls; tarses villeux en dessous , leur dernier article plus long que les précédents réunis; le 1°" des postérieurs assez allongé. — Saillie intercoxale de l'abdomen assez large, ogivale. — Mésosternum plan, concave en arrière. — Saillie prosternale plane, large, tronquée en arrière. — Corps allongé, glabre, aptère.

Insectes de Madagascar, remarquables par la forme de leur corps atténué au point de jonction du prothorax et des élytres, et qui semble composé de deux cônes presque égaux, réunis par leur base : lun formé par ces derniers organes, l’autre par le prothorax et la tête réunis. Leurs téguments sont d’un noir profond, légèrement brillant, lisses à la vue simple, avec les élytres munies de très-petits points enfoncés, disposés en rangées régulières (acuminatus, Klugü) ou distinctement striées (striatus). Les mâles diffèrent de leurs femelles par leurs pattes antérieures plus longues, dont les cuisses et les jambes sont villeuses au côté interne , avec ces dernières assez fortement arquées et épaissies en dedans. On en connait trois espèces d'assez grande taille (1).

M. Guérin-Méneville (2) a proposé de réunir le genre au suivant;

Castelnau a publiés le premier. En 1831, M. Lund (Ann. d. Se, nat. XXII, P. 130) avait déjà employé le nom de Dozicuopenus pour un genre de Fourmis brésiliennes, mais sans en donner non plus les caractères.

(1) D. acuminatus, Klug, Ins. v. Madag. p. 87, pl. 4, f. 1 a-b; M. Guérin- Méneville a donné égalemeut une bonne figure du mâle dans son travail menlionné ci-dessous. — striatus, Klugiüi, De Casteln. loc. cit.

(2) Voyez sa nolice intitulée : « Observations sur les genres Dozicuoerus et

390 TÉNÉBRIONIDES.

mais les différences entre les de sont trop nombreuses pour que cette mesure puisse être adoptée. On connaît d’ailleurs les deux sexes de la plupart de leurs espèces.

NYCTEROPUS.

(Kzuc) DE Casreun. Hist. nat. d. Col. II, p. 202.

Menton très-petit, suborbiculaire, arrondi, avec une étroite échancrure médiane en avant. — Antennes un peu plus courtes que le prothorax. — Celui-e1 beaucoup plus court que les élytres, un peu plus long que large, médiocrement convexe, graduellement rétréci en avant, légèrement bi-sinué à sa base; ses arêtes latérales entières. — Ecusson assez grand, en triangle curviligne. — Elytres de la largeur du prothorax et sinuées à leur base, graduellement atténutes en arrière, médiocrement convexes. — Pattes assez courtes; jambes presque droites. — Mésosternum plan, légèrement déclive. — Saillie prosternale plane, tronquée en arrière et s'appuyant sur le mésosternum. — Corps ailé. — Le surplus comme chez les DOLICHODERUS.

Ces caractères sont, comme on le voit, trop différents de ceux des DozicHoperus, pour que les deux genres puissent être réunis en un seul. Je ne trouve non plus chez aucun des mâles de celui-ci qui me sont connus, des cuisses et des jambes antérieures villeuses en dessous ; ces organes diffèrent à peine de ceux des femelles. L'aspect des téguments et la sculpture des élytres sont les mêmes dans les deux genres; seulement les espèces de celui-ci sont parfois ornées de couleurs métalliques. Madagascar est également le patrie de ces insectes (1).

GrouPz V. Goniadérides.

Lobe interne des mâchoires sans crochet corné. — Dernier article des palpes maxillaires séouriforme. — Tête subrhomboïdale, munie d’un col épais en arrière. — Antennes cylindriques; leur dernier ar- Nvcrerorus de M. Klug, et réunion de ces deux genres en un seul sous le nom de Nycrenorus. » Mag. d, Zool.; Ins. 1838, pl. 203. Erichson (Arcbiv, 1840, IL, p- 338) a émis quelqnes remarques contraires aux conclusions de ce travail, — Solier, qui a dit, en passant, un mot de ces insectes (Ann, d. I. Soc. ent. Il, p. 497, note 4), regardait les Doricnopenus comme les mâles des NyYcrERopus, et n’en avait fait, par suite, qu'un seul genre auquel il avait imposé le nom de Dicracerus.

(1) N. ebeninus, anthracinus, Klug, Ins. v. Madag. p. 89; le premier est figuré pl. 4, f. 2 c-d, et M. Guérin-Méneville en a donné une seconde figure dans le Mag. d. Zool.; Lns. 1838, pl. 203, £. 2. — rufipes, resplendens, ovalis, Casteln. loc, cit.

TÉNÉBRIONIDES VRAIS. 391

ticle allongé. — Prothorax transversal ou non, beaucoup plus étroit que les élytres, plus ou moins aminci et anguleux sur les côtés. — Prosternum et mésosternum de largeur normale.

Groupe également aberrant, mais moins que les Nyctéropides qui précèdent. Ses espèces ont bien un faces fort différent de celui des autres Ténébrionides vrais, par suite du cou dont leur tête est munie en arrière, de la forme de leur prothorax et de la sculpture de leurs téguments ; mais au fond leur caractère différentiel le plus important réside dans la forme cylindrique: de leurs’ antennes ; Qui ne sont ni dilatées, ni déprimées à leur extrémité. Celles décrites sont exclusi-

vement américaines et rentrent toutes dans le genre suivant de M. Perty.

GONTADERA.

Perry, Del anim. artic. Brasil. p. 62 (1).

Menton quadrangulaire ou trapéziforme et tronqué en avant. — Languette arrondie et sinuée antérieurement. — Dernier article des palpes labiaux subeylindrique et tronqué, celui des maxillaires en triangle subéquilatéral. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Labre fortement transversal, arrondi en avant. — Tête munie d’un col épais en arrière, impressionnée ou non sur le front; épistome confondu avec ce dernier, court, brusquement rétréci et tronqué ou échancré en avant. — Yeux grands ; fortement transversaux , sinués en avant. — Antennes plus longues que le prothorax, assez robustes, à articles 3 plus long que les suivants, 4-10 égaux, subperfoliés , 11 plus long que 10, obliquement acuminé au bout, — Prothorax au moins aussi long que large, plan, tronqué à ses deux extrémités, finement caréné et souvent festonné latéralement, avec ses côtés antérieurs plus où moins dilatés et obliquement tronqués. — Elytres de lon- Bueur variable, un peu élargies en arrière, ou subparallèles, médiocrement convexes, avec leurs épipleures verticales, coupées carrément en avant. — Pattes médiocres, assez robustes ; jambes arrondies, munies d’éperons très-petits; tarses finement villeux en dessous, le 4°* articlo des postérieurs allongé. — Mésosteruum déclive, con- Cave. — Prosternum recourbé en arrière. — Corps allongé, plus rarement court et large.

Il y à dans les collections une douzaine d'espèces de ce genre dont trois seulement sont décrites (2). Elles sont de grande taille et de forme

(1) Syn. Meravpnya, Fab, Syst. El. I, p. 165.

(2) Met. repanda, Fab. loc, cit. (G. angulata Dej.); Brésil. — G. crenata, Perty, loc. cit. p. 63, pl. 13, f. 4; même pays. — impressa, Erichs. Archiv, 1847, 1, p. 119; Pérou.

IN Lécén Lu “hé es ir : É

allongée ; mais parmi celles inédites il en est (par ex. cariosa, œruginea Dej.) qui sont beaucoup plus petites et de forme plus courte et plus large.

Ces insectes sont d’un noir brunâtre ou d’un ferrugineux obscur, en général assez brillant ; un petit nombre (par ex. impressa) présentent sur les élytres quelques poils courts et redressés. Ces organes sont munis de côtes et de lignes élevées, plus ou moins nombreuses, entières ou interrompues , et dont les intervalles sont diversement mais toujours fortement ponctués ou réticulés ; leur tôte et leur prothorax sont rugueux ou couverts de gros points enfoncés, disposés sans ordre.

Le genre est répandu dans la plus grande partie de l'Amérique du sud (1); ses espèces vivent sous les écorces décomposées, et la plupart sont communes.

TRIBU XXXVIL.

HÉTÉROTARSIDES.

Languette saillante; sos palpes peu distants à leur base. — Lobe interne des mâchoires sans crochet corné. — Dernier articlo des palpes maxillaires sécuriforme. — Mandibules bifides à leur extrémité. — Tête libre, brièvement rhomboïdale ; épistome court, séparé du front par un sillon en général peu distinct. — Antennes grossissant peu à peu, rarement cylindriques; leurs articles terminaux non déprimés (Hererorarsus excepté), souvent perfoliés. — Prothorax non ou faiblement échancré. — Ecusson distinct. — Elytres embrassant faiblement le corps ; leurs épipleures rarement (HerEROTARSUS) incomplètes postérieurement. — Hanches antérieures globuleuses ; éperons des jambes très-souvent obsolètes; tarses finement villeux en dessous , leur pénultième article subbilobé. — Saillie intercoxale plus ou moins large. — Métasternum allongé; ses épisternums étroits, parallèles; ses épimères petites. — Celles du mésosternum fermant assez largement les cavités cotyloïdes intermédiaires. —Corps ailé.

Avant d'arriver à ces groupes (Pyenocérides, Cyphaléides, etc.) que j'ai dit plus haut se rattacher de près aux Ténébrionides vrais, il reste un certain nombre de genres qui sont également voisins de ces derniers, Mais qui en sont éminemment distincts par le pénultième ar-

(1) El yen a à Java une grande et belle espèce qui s'éloigne de celle de l’Amérique par ses antennes plus robustes et plus courtes que le prothorax. Ce dernier est régulièrement arrondi et festonné sur les côtés; les élytres.ont chacune quatre côtes fines, entières, dont les intervalles présèntent une triple rangée do petits points enfoncés. C’est bien une vraie GOoNIADERA.

HÉTÉROTARSIDES. 393

ticlo de leurs tarses qui est subbilobé (1}. Ce caractère est en outre renforcé par la forme des antennes qui, à une seule exception près, signalée plus haut, ne ressemblent plus à celle qui est de règle dans la tribu précédente, puis par un factes particulier. L'un de ces

* genres (HereroTaRsus) présente en outre une particularité dont il n’y

a pas un second exemple dans la famille. Le pénultième article de ses tarses est réduit à un petit nœud très-peu apparent , de sorte que c’est en réalité l’antépénultième article qui est subbilobé. Il en résulte en outre que les quatre tarses antérieurs n’ont plus que quatre articles, et los postérieurs trois seulement,

Ces insectes dépassent rarement la taille moyenne et sont assez souvent au-dessous. La plupart ont conservé la livrée sombre des Ténébrionides vrais, mais non la sculpture des téguments de ces derniers. Leurs élytres sont en effet rarement striées; elles sont ordinairement criblées de points enfoncés, comme la tête et le prothorax, ou rugueuses et couvertes de tubercules. Enfin, plusieurs d’entre eux sont pubescents, ce qui, sauf quelques GONIADERA, ne se voit jamais chez les Ténébrionides vrais. :

D’après la structure des tarses et quelques autres caractères, la trib se divise naturellement en deux groupes. :

I 5 art. aux 4 tarses antérieurs, 4 aux postérieurs, Pnosécupes. IL 4 art. 3 HÉTÉROTARSIDES VRAIS.

GROUPE I. Phobéliides.

Cinq articles aux quatre tarses antérieurs, quatre aux postérieurs. — Mandibules bifides au bout. — Antennes non déprimées à leur extrémité. -— Prothorax plus étroit à sa base que les élytres.

Les caractères des quatre genres qui composent ce groupe n’ont encore été exposés que très-sommairement et peuvent presque passer pour inédits. Tous les auteurs qui en ont parlé me paraissent en outre avoir plus ou moins méconnu leurs analogies. Deux d’entre eux (Pay- MATODES, PnoBeLius) ont 6té placés dans la famille des Lagriides par M. Blanchard et par Erichson lui-même (2); mais ce sont incontesta-

(1) J'ai indiqué, dans les généralités de la famille (p. 7), ce que j’entends par cette expression. Ge caractère n’est pas absolument propre à ces insectes. On le retrouvera plus loin, mais associé à un métasternum très-court (Adéliides) Où (Hélopides) à des antennes totalement différentes de celles qui existent ici.

(2) In Agass, Nomenel. Zoo), Col. p. 125 et 127. Les deux genres en question, Surtout les Prxmaropes, ont en effet beaucoup d’analogie avec les Lagnia. Mais ces dernières se distinguent essentiellement des Ténébrionides par leurs hanches antérieures saillantes, cylindriques, contiguës, et leurs antennes insérées complètement à découvert. — Dejoan n’a pasété non plus très-heureux dansle classement des quatre genres du groupe. Il à très-bien reconnu les affinités des PaYmMATODES

394 TÉNÉBRIONIDES.

blement des Ténébrionides, et ils ont même des rapports étroits avec les GONIADERA qui précèdent. Sauf les Lyprops qui appartiennent aux Indes orientales, ces insectes sont américains. I. Prothorax quadrangulaire, tronqué à ses deux extrémités.

Cuisses postér. inermes; corps allongé : Phymatodes.…

— unidentées; — très-court : Phobelius.

I: Prothorax déprimé, rétréci et bisinué à sa base ; corps large : Anœdus.… HI. cordiforme, tronqué — — linéaire: Zyprops. PHYMATODES.

(Der.) Branon. Hist, nat. d. Ins, IL, p.39 (1).

Menton trapéziforme ou subcordiforme. — Languette sinuée en avant. — Palpes robustes; le dernier article des labiaux ovalaire et tronqué au bout, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Labre saillant, transversal, arrondi ou tronqué en avant.— Tète assez courte, munie d’un col épais en arrière; épistome séparé du front par une dépression arquée , court, plus ou moins épaissi, brusquement rétréci et échancré en arc ; orbites anfennaires parfois un peu redressées. — Youx assez grands, transversaux, assez prolongés sur le front, sinués en avant. — Antennes plus longues que le prothorax, assez robustes, cylindriques ou grossissant peu à peu, à articles à plus long que les suivants, ceux-ci cylindriques, perfoliés, subégaux , sauf 41 qui est beaucoup plus long que 10, — Prothorax petit, peu convexe, à peine rétréci en arrière, tronqué en avant et à sa baso, avec ses angles postérieurs échancrés et aigus, festonné ou denticulé sur les côtés. — Écusson grand, en triangle curviligne allongé. — Elytres beaucoup plus larges que le prothorax à leur base, assez convexes, graduellement élargies en arrière, ou (brevicollis) subparallèles. — Pattes médiocres ; cuisses subparallèles, comprimées; jambes arrondies, droites,: sans éperons; le 4° article des tarses postérieurs allongé, le dernier de tous plus court que les précédents réunis. — Saillie intercoxale très-large, arrondie en avant. — Mésosternum un peu déclive, faiblement concave. — Saillie prosternale déprimée et tronquée en arrière. — Corps plus ou moins allongé, atténué en avant.

La Lagria tuberculata de Fabricius, insecte commun à Cayenne, est le type de ce genre. Une seconde espèce du Brésil a ét6 décrite par

et des Pnoneuus, ot a placé ces deux genres à côté l'un de l’autre (Cat. éd. 3, p. 225), mais il les à séparés par vingt-deux genres des Lyrnors (Oriconus) et des AnÆpus (ibid. p. 225), puis il a intercalé entre ces derniérs et les HutEno- Tansus, deux genres (OrLomenus, Gampropracnys) qui appartiennent aux Ténébrionides otidogènes.

(1) Syn. Lacria, Fab. Syst. El. IL, p. 69; Perty.

HÉTÉROTARSIDES. 395

M. Perty (1). Deux autres inédites (2j existent en outre dans les collections. Ce sont des insectes d'assez grande taille, dont la couleur varie du noir bronzé au bronzé clair, au bleu ou au violet cuivreux brillant en dessus. Leur tête et leur prothorax sont couverts de gros points disposés sans ordre ; leurs élytres sont inégales et présentent un grand nombre de tubercules arrondis, la plupart irrégulièrement distribués, et entre lesquels se voient des points enfoncés peu marqués.

PHOBELIUS.

(Der.) Bcancu, Hist. nat. d. Ins. IL, p. 39.

Meuton très-petit, trapéziforme. — Dernier article de tous les palpes sécuriforme. — Labre saillant, carré et arrondi aux angles antérieurs. — Tête munie d’un col très-court en arrière, subtransversale; épistome séparé du front par un sillon arqué, très-court, brusquement rétréci et à peine échancré en avant. — Yeux étroits, transversaux, entiers. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, à articles 3 plus long que les suivants, 4-8 obconiques, subégaux, 9-10 un peu plus gros, subglobuleux, 41 plus grand que 10, ovoïde. — Prothorax petit, en carré transversal , légèrement rétréci à sa base, — Ecusson petit, en triangle rectiligne. — Elytres beaucoup plus larges que le prothorax, convexes, très-courtes, graduellement élargies en arrière, subtronquées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez longues; cuisses assez robustes, les postérieures munies d’une petite dent en dessous, avant leur sommet ; jambes arrondies , sans éperons ; 4% article des tarses postérieurs allongé, le dernier de tous médiocre. — Saillie intercoxale courte, large, ogivale. — Mésosternum subvertical, en forme de V. — Saillie prosternale recourbée en arrière, — Corps court, convexe.

Dejean (3) a fondé ce genre sur un petit insecte (lucifugus) rapporté par moi de Cayenne dans le temps, et qui est encore inédit. M. Blan- Chard en a décrit en peu de mots et figuré une autre espèce (4), dé-

(1) Lagria exsculpta, Perty, Del anim. art. Brasil, p. 66, pl. 13, f. 11,

(2) L'une d’elles, pareille pour la forme à la fubereulata, est connue dans quelques collections de Paris sous le nom de denticollis; elle est de Colombie. L'autre, originaire de Cayenne, est la brevicornis de Dejean (Cat, 6d. 3, p. 225). Eke est plus allongée que les précédentes, avec les élytres sxbparallèles. Son mâle a les cuisses antérieures renflées et fortement canaliculées en dessous 4 leur extrémité, avec une échancrure près de la base qui est atténuée; ses jambes de la même paire sont larges, canaliculées au côté interne, avec la lèvre externe de ce canal formant une saillie en dedans. Je ne trouve rien de pareil chez les autres espèces, mais peut-être n'ai-je sous les yeux que des femelles,

(3) Cat. éd, 3, p. 225.

(4) P. crenatostriatus, Blanch. in d'Orb. Voy.; Entom, p. 198, pl. 14, f. 9.

396 TÉNÉBRIONIDES.

couverte par d'Orbigny dans la province de Corrientes. C’est un insecte de taille au-dessous de la moyenne, d’un noir brunâtre, et dont la sculpture ressemble beaucoup à celle de quelques GonrAnERA, sa tête et son prothorax étant rugueux et ses élytres fortement sillonnées, avec les intervalles entre les sillons costiformes et un peu tuberculeux en arrière ; les sillons eux-mêmes paraissent comme crénelés.

Je connais deux autres espèces du genre, l’une voisine de la précédente et originaire du nord du Brésil ; l'autre, de Cayenne, plus petite et de couleur métallique.

ANÆDUS.

(Des.) Bcancu. Hist. nat, à. Ins. IL, p.35 (1).

Menton trapéziforme. — Dernier article des palpes labiaux subcylindrique et tronqué au bout, celui des maxillaires grand et fortement sécuriforme. — Labre en carré transversal , arrondi ou légèrement échanceré en avant. — Tôte courte, à peine rétrécie en arrière ; épistome séparé du front par un sillon bien marqué et flexueux, tantôt largement tronqué, presque au niveau de l'insertion des antennes, tantôt très-brièvement rétréci et entier. — Yeux assez grands, transversaux et entiers. — Antennes plus longues que le prothorax, cylindriques, à articles eylindrico-obconiques : 3 à peine plus long que les suivants, 5-10 subégaux, 44 plus grand que 10, subovoïde. — Prothorax fortement transversal, notablement plus étroit que les élytres et fortement rétréci en arrière, coupé obliquement de chaque côté en avant ou fortement arrondi, faiblement bisinué près de ses angles postérieurs qui sont aigus et plus ou moins relevés, largement tronqué au milieu de sa base. — Ecusson grand, en triangle curviligne. — Elytres oblongo-ovales, peu convexes. — Pattes assez longues; cuisses assez robustes ; jambes grèles, arrondies, sans éperons; 1 article des tarses postérieurs très-allongé, le dernier de tous médiocre. — Saillie intercoxale largement ogivale. — Mésostermmum déclive , concave en avant. — Saillie prosternale rocourbée en arrière. — Corps oblongoovale, assez large, mtédiocrement convexe, finement pubescent.

Insectes dé taille moyenne, parfois petits et répandus en Amérique, depuis le Brésil méridional jusqu’au centre des Etats-Unis et en Californie. Sauf une seule espèce inédite (2), leurs téguments sont criblés

(1) MM. Blanchard et J. L. Le Conte ont écrit Anogpus; l’étymologie du nom (ävouëñs, impudicus) exige qu’il le soit comme Dejean l'avait fait. — Syn. Aspisoma, Dej. Cat. éd. 3, p. 228. — Panpanus Ziegler.

(2) Elle est connue dans les collections de Paris sous le nom peu convenable d'A. œruginosus Dej. Ses élytres sont plus parallèles que celles des espèces

HÉTÉROTARSIDES. 397

de points enfoncés, en général plus gros et moins serrés sur la tête et le prothorax que sur les élytres ; leur couleur est d’un noir peu brillant. 11 n’y en a encore que trois de décrits (1); les collections e contiennent une huitaine d’autres. *

Lo genre AsrisomA de Dejean me paraît à peine suffisamment distinct de celui-ci. Ses espèces sont un peu plus courtes et plus ovales que les précédents, mais n’en diffèrent essentiellement qu’en ce que le lobe médian de la base de leur prothorax est plus saillant, ou, ce qui revient au même, en ce que cet organe est plus fortement bisinué à sa base. Toutes sont inédites et propres à l'Amérique du sud.

LYPROPS.

Hope, Trans. of the Zool. Soc. I, p. 101 (2).

Menton trapéziforme, caréné sur la ligne médiane. — Palpes labiaux courts et grêles, leur dernier article subfusiforme ; les maxillaires robustes et assez longs; leur 4 article fortement sécuriforme. — Labre transversal, un peu échancré en arc. — Tête subtransversale, non rétrécie en arrière ; épistome confondu avec le front, trèscourt, à peine échanceré en avant. — Yeux assez larges, transversaux, entiers. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, assez robustes, subeylindriques, à articles 3 un peu plus long que les suivants, 4-10 subégaux, obconiques et devenant peu à peu subglobuleux, 11 plus grand que 10, ovoïde. — Prothorax notablement plus étroit que les élytres, transversal, cordiforme, tronquéen avant et à sa base, — Ecusson assez grand, en triangle curviligne. — Elytres allongées, parallèles , rétrécies en ogive postérieurement. — Pattes assez longues; cuisses robustes, atténuées à leur base, les antérieures renflées ; jam- Les ligèrement compriméesé leurs éperons petits, mais bien distinets ; 1‘ article des tarses postérieurs presque aussi long que les suivants réunis, le dernier de tous médiocre. — Saillie intercoxale largement ogivale, — Mésosternum subvertical, concave. — Saillie prosternale recourbée en arrière. — Corps allongé, parallèle, peu convexe, hérissé de poils fins redressés.

Wiedermann a le premier décrit une espèce de ce genre , sous le

sue et fortement striées. C’est la seule également qui soit complètement glabre,

(1) À. punciatissimus, Blanch. in d’Orb. Voy.; Entom. p. 198; pl. 14, £. 10; figure inexacte et aui représente l’insecte trop allongé et trop étroit; du Brésil et de Bolivia. — Pand. brunneus, Ziegler, Procced. of the Acad. of Phiad. II, p. 45; Pensylvanie,— À. rotundicollis, 3. 1. Le Conte, Ann. of the Lyc. Of New-York, V, p. 150; Californie, sur les bords du Rio Gila.

* o Syn. Oriconus, Dej. Cat. éd. 3,p. 227. — Tacenta, Wiedem. Zool, Magaz.

398 TÉNÉBIIONIDES.

nom de Tagenia indica. Celle (1) que M. Hope a eue sous les yeuxme paraît être différente et correspondre à l'Oligorus rotundicollis de Dejean, sans que j'en aie la certitude. Ces deux insectes sont du reste très-voisins; mais les yeux du second ont un reflet doré que ne présentent pas ceux du premier, et c’est ce qui me porte à croire qué c’est lui qu'a décrit M. Hope. Tous deux sont du Bengale, de taille moyenne, d’un noir obseur, et criblés en dessus de très-petits points enfoncés, en partie confluents. J'en connais une troisième espèce de Shangai, plus petite et de couleur ferrugineuse.

GrouPE II. Hétérotarsides vrais.

Quatre articles aux quatre tarses antérieurs, trois aux postérieurs. — Mandibules entières à leur extrémité. — Epistome fortement et triangulairement échancré, logeant le labre dans cette échancrure. — Prothorax presque aussi large à sa base que les élytres.

A la structure anormale des tarses s'ajoute, comme on le voit, celle de l'épistome qui est fait comme celui de la plupart des Pédinides. Le groupe ne comprend que le genre suivant qui est un des plus tranchés de la famille.

HETEROTARSUS.

Larr. Règne anim. 64, 2, V, p. 26,

Menton trapéziforme, fortement convexe sur la ligne médiane. — Languette tronquée en avant. — Palpes robustes ; le dernier des labiaux triangulaire, celui des maxillaires fortement sécuriforme. — Mandibuies très-épaisses, rugueuses en dehors. — Labre entier. — Tête tourte, rétrécie en arrière, coupée obliquement de chaque côté en avant des yeux ; épistome confondu avec le front, entamé par une échancrure étroite, plus où moins profonde. — Yeux libres, assez grands, transversaux, entamés par les joues. — Antennes un peu plus longues que le prothorax, grossissant peu à peu, à articles 4 allongé, 4-1 obconiques, peu à peu élargis, 8-14 plus larges, transversaux, 11 plus grand que 40, arrondi au bout. — Prothorax transversal, un peu rétréci et tronqué en avant, un peu arrondi et finement rebordé sur les côtés, bisinué à sa base, avec son lobe médian large et arrondi. — Ecusson grand, en triangle curviligne. — Elytres sinuées à leur base, ave

(1) L. chrysophthahnus, Hope loc. cit. pl. 14, f.5, avec des détails. M. Hope ne parle pas dans son texte do la forme du pénultième article des tarsesÿ mais la figure qu'il donne de Jun de ces organes représente l’article en quesfjon comme étant bilobé, en quoi il y & une petite exagération : il n’est que subbilobé.

RE 308 leurs épaules MURS peu à RER, élargies en arrière ou parallèles;

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